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Sirènes - Joseph Knox (Le Masque)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2018 6:54 pm    Sujet du message: Sirènes - Joseph Knox (Le Masque) Répondre en citant

Après un très gros succès critique et public en Angleterre, Sirènes, le premier roman de Joseph Knox, vient de débarquer le mois dernier en France aux Editions du Masque, traduit par Jean Esch.






Le livre :

« Je commençai les patrouilles de nuit en ayant de la vie nocturne une vision romantique qui devint très vite réaliste. Je ne connaissais pas les vampires, les dealers qui sortaient uniquement la nuit, et je ne savais rien des gangs, je n'aurais pas été capable de vous dire qui vendait quoi, je n'aurais pas su les repérer. Les seuls que j'arrivais à identifier du premier coup d'oeil, c'étaient les smileys. Ainsi surnommés à cause des deux centimètres de cicatrice de chaque côté de leur bouche, tailladée par des dealers parce qu'ils avaient payé en retard ou trop parlé. »

Aidan Waits est un jeune inspecteur tombé en disgrâce, en proie aux tentations et aux excès de la nuit.
Zain Carver est à la tête du plus gros réseau criminel de trafic de drogues à Manchester.
Isabelle est la fille d'un puissant homme politique.
Un jour, elle disparaît et Zain n'y semble pas étranger.
Aidan voit là une dernière chance de ressusciter sa carrière naissante.

Mais comment peut-il espérer sauver Isabelle alors qu'il ne peut se sauver lui-même ?



« Un féroce roman noir urbain, d'une authenticité qui vous arrache les entrailles. » Daily Mail

« Il va falloir se souvenir de Joseph Knox comme on n'oublie ni Ian Rankin ou encore John Harvey. Des hommes habités par leur ville elle-même défigurée par la corruption à tous les étages. » Karen Lajon - Le JDD

« Tout ce qu'on aime dans un polar. Le ballet funèbre des truands et des flics, la poésie de la débauche nocturne qui se termine dans le bruit des sirènes. » Philippe Blanchet - Le Figaro Magazine




>> Lire les premières pages



>> Le site de l'auteur : http://www.josephknox.co.uk/

>> Sa page Facebook : https://www.facebook.com/JosephKnoxAuthor/




L'auteur :

Joseph Knox est né en 1986 et a passé son enfance à Manchester.
Après y avoir travaillé comme barman et libraire, il s’est installé à Londres où il est devenu acheteur de polars pour la plus grande chaîne de librairies au Royaume-Uni.
Suite au succès qu'a connu Sirènes, son premier roman acclamé par la critique, devenu best-seller dès sa publication et traduit dans une quinzaine de pays, Joseph Knox se consacre entièrement à l'écriture.



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2018 9:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Karen Lajon dans Le JDD :

Citation:

Les Sirènes maudites de Joseph Knox


LA VIE EN NOIR - Si les Américains sont devenus les maîtres du polar rural gangrené par la dope ces dernières années, les Anglais quant à eux excellent dans le polar urbain vérolé par la même substance.
Joseph Knox vient encore de nous le prouver.
Premier roman, Sirènes est un condensé de noir visqueux, minéral et mordant avec une brillante traduction signée Jean Esch.
Qui dit mieux ?




Au départ pourtant, rien de méga original.
Une ville, Manchester, un caïd type criminel en col blanc que la police voudrait bien mettre au trou.
Un policier véreux, un autre tombé en disgrâce, défoncé aux amphétamines et des filles, des pauvres filles de papa riche ou de papa gangsters.
Mais ça colle et ça marche.
L’auteur a du talent.
Et des idées.
Un prologue d'enfer, un style impeccable, une petite musique dans la tête.

« La première de mes trois fautes éliminatoires étaient mon histoire. Ce que j'étais à l'endroit où j'avais vu le jour. Je me réjouissais de vieillir car chaque seconde qui passait m'éloignait de mon enfance. Du moins le croyais-je. Plus tard, quand Parrs planta ses crocs en moi, je compris que je ne pouvais pas m'en échapper. Les préparatifs d'une putain de plaisanterie qui porte ses fruits au troisième acte. »


Il va falloir se souvenir de Joseph Knox comme on n'oublie ni Ian Rankin ou encore John Harvey.
Des hommes habités par leur ville elle-même défigurée par la corruption à tous les étages.
Un hymne à l'Angleterre d'un Johnny Rotten des Sex Pistols.
Du No Future plein les narines et dans les veines.



« J’ai besoin d’un flic aux mains sales »


Le gangster s'appelle Zain Carter.
Il est propriétaire du Rubik bar, "La Franchise", où la drogue est livrée puis distribuée.
Il possède aussi un cheptel de filles, surnommées les collecteurs, et qui sillonnent son royaume afin de récupérer le fric des transactions de la came.
Et cette came, elle porte un nom, plutôt un chiffre.
Huit pour héroïne, trois pour coke, cinq pour ecstasy et onze pour ket.
Les clients ont juste à montrer un chiffre avec leur doigt et la transaction se fait sans qu'un seul mot soit prononcé.
Carver aime aussi les fêtes, surtout celles du vendredi soir où l'on rentre que si l'on montre patte blanche.
Sa maison s'appelle Fairview.


« J’ai besoin d’un flic aux mains sales », lui glisse le Superintendant Parrs.
Les dés sont pipés dès le départ.
Aiden Wait, anti-héros parfait, a le pire des jeux de cartes en main.
Flic en disgrâce, il est bien obligé d'accepter le job d'infiltré que lui colle sur le dos son supérieur Parrs.
Il a deux missions.
Retrouver Isabelle Rossiter, la fille du député David Rossiter et faire tomber Carver.
L'un prime sur l'autre, cela va sans dire.
Le Superintendant Parrs qui le drive n'entend pas se faire emmerder et encore moins par un de ces politicards qui se croient omniscients.
Waits se coule dans sa double identité et avale les amphétamines comme des smarties.
No good.



Le Virus, un personnage apocalyptique


Celle qui ouvre la porte, c'est Sarah Jane, "la beauté cruelle".
Il y a aussi Catherine et Isabelle, bien sûr.
Des victimes dans un monde de prédateurs.
Chacune joue sa partition comme elle peut.
Elles ont toutes en commun de vouloir sauver leur peau, à l'exception d'Isabelle dont les dix-huit scarifications sur les jambes indiquent le nombre de fois où elle a été violée.
Le monde de l'inspecteur Aiden Wait est un trou noir frelaté où les règles sont celles du plus fort.
Ainsi, Carver est-il contesté par un ancien ennemi bouffé tout cru par le passé et qui vient juste de sortir de tôle.
Sheldon White, un rascal qui ne vaut guère mieux que Carver et qui entend bien se venger.
Son gang les Burnsiders, exangue, ne demande qu'à être réactivé.
Et tous les coups vont être permis.


Dans cet océan de merde urbaine, un personnage apocalyptique porteur d'un surnom à l'évocation diabolique, Le Virus.
Véritable légende au royaume de la sous-culture des bug chaser, les chasseurs de virus.
A savoir des jeunes gens qui trouvaient hyper hype de choper le sida.
Virus se faisait un plaisir d'être leur obligé.
Même Carver ne veut pas s'en approcher comme si rien qu'en posant les yeux sur lui, on contractait toutes les bactéries que les chimistes avaient pu produire dans leurs labos blancs et étincelants.

« Sa principale menace physique était d'être infectieux, littéralement. Il se vantait d'avoir dans le sang toute une série d'hépatites. »

Entre lui et Waits existe une drôle d'amitié, la seule note d'espoir dans ce polar sacrément bien torché.


Sirènes de Joseph Knox, Traduction de Jean Esch, Editions du Masque, 384 pages, 21,50 Euros.



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 8:20 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Catherine sur Le Blog du Polar de Velda :

Citation:

Joseph Knox, Sirènes : Manchester dans le noir



C'est toujours un bonheur que de découvrir un nouvel auteur de l'envergure de Joseph Knox.
La première fois que j'ai entendu sa voix, c'était en 2017 au festival de Harrogate : il faisait partie du "plateau" des espoirs ("New blood") présidé par Val McDermid.
Un plateau qui, traditionnellement, permet de repérer des auteurs prometteurs.
De tous ceux présents lors de cette table ronde, Joseph Knox était celui dont la parole semblait à la fois la plus sincère et la plus tourmentée.


L'homme, né en 1986, a travaillé huit ans sur Sirènes, son premier roman, profitant des moments de temps libre que lui laissait son job d'acheteur et vendeur au rayon polar d'une librairie de chaîne ; son exigence envers lui-même était sans doute à la mesure de sa connaissance du polar contemporain...
C'est ce qu'il explique, entre autres, dans une interview accordée au site Crime Fiction Lover :
« Je pense que la meilleure chose qui puisse arriver à un jeune auteur - surtout s'il écrit de la littérature noire -, c'est une rupture sentimentale dramatique. C'est ce qui m'est arrivé : pendant des années, j'ai mené une vie de misère et j'ai pourri l'existence de mon entourage : je buvais, je pleurais, je prenais des pilules, je travaillais dans des bars épouvantables, j'habitais des appartements humides, tristes, minuscules, me spécialisais dans les relations minables et sans issue, j'ai perdu beaucoup d'amis, et - surtout - j'ai lu tout ce que je pouvais lire. A l'époque, je ne pensais pas que cette lecture compulsive était en fait un travail de recherche, je pensais que j'avais raté ma vie et que rien de changerait. Sirènes m'a servi à y déverser tout ce noir. Sans ce roman, je n'ose même pas imaginer où j'en serais aujourd'hui. »


Il fallait que Sirènes soit réussi.
C'est le cas, et au-delà de toute espérance.
En plus, le roman a remporté un grand succès commercial, ce qui n'est pas forcément le cas des romans aussi originaux et résolument noirs que celui-ci.
Car autant le dire tout de suite, dans Sirènes, il n'y a pas beaucoup de place pour l'espoir.


Manchester, nord-ouest de l'Angleterre, plus de 500 000 habitants.
Ville industrielle, elle a souffert de la crise de l'industrie à partir des années 60 et été la cible de plusieurs attentats revendiqués par l'IRA, notamment en 1996.
Depuis les années 2000, le centre ville connaît un renouveau spectaculaire, beaucoup de quartiers populaires sont rasés.
Manchester peut se vanter de faire partie des villes qui présentent les contrastes les plus importants : entre les quartiers du centre, largement "gentrifiés", et les quartiers pauvres, on n'est pratiquement plus dans le même monde...
Manchester, c'est aussi, bien, sûr, la musique.
De Joy Division et New Order à Oasis en passant par les Smiths, la ville peut se vanter d'avoir généreusement nourri la culture rock du Royaume-Uni.
Les années 80, en particulier, ont donné naissance à ce qu'on appelait "Madchester", avec les groupes emblématiques de l'époque, et une vie nocturne qui connaîtra son point culminant avec la célèbre Hacienda.
On ne s'étonnera donc pas que, malgré son jeune âge, Joseph Knox commence son roman par une citation de Joy Division.
Enfonçant le clou, chaque partie de Sirènes porte le titre d'un album de Joy Division : Joseph Knox assume l'héritage, la noirceur, et son style leur rend justice.


L'inspecteur Aidan Waits ne va pas très bien...
De sa courte vie de flic, il n'a conservé qu'une sale expérience où il s'est mouillé dans une vilaine affaire, et surtout une situation où il est pratiquement forcé de jouer les sous-marins de certains gros bonnets de la police auprès des milieux de la politique et des affaires de sa bonne ville de Manchester.
Patrouilles de nuit - voilà qui convient bien à Aidan.
Dormir le jour. Errer la nuit.
Se retrouver au petit matin étalé sur un trottoir gelé avec une belle bosse à l'arrière du crâne.
Assommé, récupéré par un homme et une femme en BMW.
On est à Deansgate, la rue qui traverse toute la ville et qui symbolise à elle toute seule le Manchester d'aujourd'hui :
« Sur cette distance, on trouve de tout, des restaurants sur invitation uniquement aux soupes populaires miséreuses, et tout ce que vous pouvez imaginer entre les deux. »
Au bout du chemin, la Beetham Tower, 47 étages de verre et d'acier, un hôtel et des appartements de luxe.
Sale souvenir pour Aidan : un an tout juste auparavant, Dasa Ruzicka, travailleuse du sexe, s'est tuée en sautant du 19e étage - suicide, a-t-on conclu...


Au 45e étage, un penthouse.
Et dedans, David Rossiter, député.
Monsieur le député est inquiet : sa fille Isabelle s'est fait la belle...
La mission d'Aidan Waits ?
La retrouver, la surveiller, veiller sur elle, faire en sorte qu'il ne lui arrive rien de fâcheux.
Pas gagné, vu que la jeune Isabelle fréquente les milieux de la drogue et en particulier la maison du "caïd" de Manchester, Zain Carver, qui règne sur un monde de l'ombre - sex, drugs and ... plus vraiment rockn'roll, nous sommes dans les années 2010, c'est l'électro qui a pris le relais pour servir de fond sonore aux soirées des braves gens fortunés qui ont fait du centre de Manchester une sorte de Babylone moderne.
Car à Manchester, la gentrification n'est pas l'apanage des "bobos", mais de ceux qui maîtrisent l'empire de la dope, et de leurs adeptes...


C'est donc dans ce monde-là que va devoir s'immiscer Aidan Waits.
Double peine pour Aidan : la dope et l'alcool, il connaît... trop bien.
Dans ce monde-là, les jeunes filles en fleurs ne le restent pas longtemps : elle servent de livreuses de dope, et pire encore.
Dans ce monde-là, on se fiche bien de savoir si les produits qu'on distribue indistinctement aux très jeunes et aux plus vieux sont mortels.
Sauf quand les accidents mettent en péril le business.
Dans ce monde-là, la beauté, l'argent et le clinquant dissimulent les masques grimaçants de la perdition et de la mort.
Double peine donc, puisqu'Aidan s'y trouve à la fois chez lui - il s'enfile allègrement alcool, cocaïne et amphéts, histoire de se fondre dans le paysage - et en danger - après tout, il est encore flic...
A la recherche d'Isabelle, qu'il trouvera très vite, Aidan va rencontrer des êtres fragiles, au bord du précipice, des femmes très jeunes, très belles et très insaisissables, des hommes pourris jusqu'à la moëlle, d'autres qui, derrière des apparences repoussantes, dissimulent une véritable humanité.
Parviendra-t-il à accomplir sa mission ?
A quels obstacles va-t-il se heurter?
Quelles découvertes va-t-il faire ?
Vous n'imaginez même pas...


Il va être le témoin du pire, jamais du meilleur, avec un des points culminants dramatiques du roman lors d'une soirée dans une somptueuse propriété de Sycamore Way, qui va servir de tombeau à une poignée d'adolescents agonisants, victimes de la dose fatale.
Au début du chapitre suivant, Joseph Knox écrit un paragraphe qui résume bien l'atmosphère crépusculaire du roman :
« La lumière du jour était épouvantable. Elle illuminait les fous, les malades au stade terminal, remis en liberté pour la journée, riant, pleurant et pissant dans leurs frocs dans les rues. C'était comme lorsque les lumières des pubs se rallumaient pour la dernière commande : les jolies femmes redevenaient ordinaires et les hommes se montraient tels qu'ils étaient, sous leur plus mauvais jour. Laids, identiques. »
Dans Sirènes, il fait toujours nuit, même quand il fait jour.


L'enquête d'Aidan Waits est une véritable descente aux enfers urbaine, telle qu'on en lit peu par les temps qui courent.
Un style brillant, un vocabulaire et un sens de l'image rares, une narration qui ne cède jamais à la facilité ni au manichéisme, des personnages complexes et bouleversants : Sirènes est une authentique révélation, à ne rater sous aucun prétexte.


Et on est heureux d'apprendre que le deuxième volume des enquêtes d'Aidan Waits paraîtra en 2019 chez le même éditeur.



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