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Le Pacte du Petit Juge - Mimmo Gangemi (Seuil)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Mar 05, 2016 8:18 am    Sujet du message: Le Pacte du Petit Juge - Mimmo Gangemi (Seuil) Répondre en citant

Après La Revanche du petit juge (en poche chez Points, sélectionné pour le Prix Violeta Negra 2016 de Toulouse Polars du Sud), on retrouve le juge Lenzi dans Le Pacte du Petit Juge, le nouveau roman de Mimmo Gangemi qui vient de paraître au Seuil Policiers, dans une traduction de Christophe Mileschi.
Mimmo Gangemi sera aux Quais du Polar 2016 à Lyon.






Le livre :

Après La Revanche du petit juge, la deuxième enquête d’Alberto Lenzi en Calabre.

Alberto Lenzi, magistrat dans une petite ville de la plaine de Gioia Tauro, aime les restaurants, les jolies femmes et ses parties de poker du vendredi soir.
Mais la belle vie ne saurait durer : des travailleurs journaliers noirs se révoltent contre les conditions misérables dans lesquelles ils ramassent les oranges.
Trois d’entre eux, ayant échappé à la police, sont sauvagement assassinés en rase campagne.
Puis une cargaison de deux cents kilos de cocaïne arrivée au port dans un conteneur de planches d’acajou disparaît de manière inexplicable.
Pas le moindre indice en vue.
Le « petit juge » Lenzi, chargé de régler tout ça, sollicite sa source privilégiée, don Mico.
Mais il soupçonne vite le chef de la famille Rota d’orienter l’enquête où bon lui semble…

Plus noir que le premier volume, Le Pacte du petit juge est aussi l'étude en profondeur d'une mafia qui diffère à bien des égards de sa soeur sicilienne.
Le portrait, d’un réalisme noir et quasi ethnologique, de la 'Ndrangheta fait penser au Romanzo criminale de Giancarlo De Cataldo, la fantaisie et l’humour en plus.

Le Pacte du petit juge a reçu le prix Giovanno Losardo « Il Cristo d’argento » 2013.





« Le Pacte du petit juge a la polyvalence des livres réussis : roman policier qui cloue au fauteuil et récit d'une extrême précision anthropologique dont on doit forcément tenir compte si on veut comprendre le tableau italien dans son ensemble. »
Corriere della sera




>> Lire les premières pages



>> Le site de l'auteur : http://www.domenicogangemi.it/

>> Sa page Facebook : https://www.facebook.com/mimmo.gangemi





L'auteur :

Né à Santa Cristina d'Aspromonte en 1950, Mimmo Gangemi est ingénieur.
Il vit à Palmi, dans la province de Reggio de Calabre, et collabore occasionnellement à La Stampa.
La critique italienne l'a surnommé "le Sciascia de l'Aspromonte" mais l'a aussi comparé à Andrea Camilleri.
Après La Revanche du petit juge, Le Pacte du petit juge a reçu le prix Giovanno Losardo « Il Cristo d’argento » 2013.





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MessagePosté le: Jeu Mar 24, 2016 7:00 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Claude Le Nocher sur Action-Suspense :

Citation:

Mimmo Gangemi : Le Pacte du petit juge (Éd.Seuil, 2016)
[...]

Deuxième enquête pour le “petit juge” Lenzi, autour des réseaux mafieux qui gangrènent cette région du sud de l'Italie, en face de la Sicile.
Le récit nous fait sentir l'omniprésence de la 'Ndrangheta, dont l'atout principal est l'organisation transversale : chaque famille est censée régner sur un secteur, en complémentarité avec les autres.
S'il y a des règlements de comptes entre ces clans, le juge Lenzi s'en réjouit avec hargne.
Cette nébuleuse étant des plus complexes, les paraboles des réponses de don Mico Rota relèvent davantage de la manipulation que d'informations véridiques.
Quant au sens de l'honneur "chrétien" face aux "infâmes", quant au courage héroïque de ces mafieux, rien que de la vantardise !

Si les personnages masculins ne sont pas épargnés, joliment caricaturés, des femmes ont le droit à des portraits sans concession.
La caractérielle compagne du juge, bien sûr.
Mais aussi :
“La mère de Marina, c'était Marina multipliée par deux. Dans le sens de la largeur, car en hauteur, elle était pareille que sa fille. À vue de nez, catégorie des poids lourds-légers, mais tendance graisse ramollo… La dame n'avait pas seulement bon appétit, elle avait aussi la langue bien pendue.”
L'avocate Laura est présentée de manière bien plus vacharde encore, avec son allure ultra-sexy :
“Laura arriva au rendez-vous comme la bombasse qu'elle avait conscience d'être : elle mettait en relief ses meilleurs morceaux dans une robe qui exaltait ses formes.”
Son manque d'intelligence gâche tout contact avec elle.

La noirceur étant largement compensée par l'humour, c'est cette alchimie qui séduit et qui offre une très belle qualité aux histoires mettant en scène ce “petit juge”.



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MessagePosté le: Ven Avr 01, 2016 7:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bob Polar sur son blog :

Citation:

DES FAMILLES EN GUERRE


Calabre.
Plaine de Gioia Tauro.
Le récit s'ouvre sur une scène d'émeute.
Trois ouvriers agricoles noirs sont tabassés.
Plus tard, deux cent kilos de coke se volatilisent alors que le petit juge surveillait l'affaire.
Il passe pour un bouffon auprès du procureur, son pire ennemi, et de ses collègues alors que l'on retrouve Spanti, un employé de la Douane, dans un sale état.
Son premier réflexe, qu'il a déjà eu précédemment, est de se tourner vers don Mico Rota, l'un des vieux caïds de la région, qui purge sa peine en détention à domicile.


Force est de reconnaître que lorsque l'on a fait un bout de chemin - La Revanche du petit juge (lire ma chronique ici) - avec un auteur et que celui-ci fut d'une compagnie très agréable, on a plaisir à lui serrer la poigne en le rencontrant à nouveau.
Ainsi, alors que ses pas guident nos pas, on laisse le charme agir et c'est avec entrain et appétit que l'on suit le nouvel épisode de son petit juge.
Ce dernier a toujours des problèmes de cœur.
Non pas des extrasystoles qui font que les battements s'affolent, non plus de l'athérosclérose qui peut rendre morose car l'alimentation est souvent en cause.
Non, sa crise de cœur (ou maladie d'amour) est autre, Marina a quitté son appartement.
Alberto Lenzi est (et restera peut-être) un éternel amoureux des femmes qu'il s'acharne à faire fuir.
La vanité et l'orgueil – dont il s'affuble - ne font pas bon ménage avec le partage, hormis lorsqu'il s'agit de satisfaire sa libido.
Monsieur ne conçoit qu'avec un certain malaise d'officialiser sa relation, monsieur est un butineur.
Perturbé il l'est et ce n'est pas un atout pour diriger efficacement une enquête puis une autre s'y ajoutant.


Car cette histoire de vol de dope met la pagaille dans les clans mafieux.
Le Spanti écorché et pendu comme un goret ça va faire du vilain dans les familles.
C'est bien un signe, un doigt pointé. Alberto a des pistes manifestes - mais aucune preuve -, trop évidentes pour qu'elle soient valables puisque la 'Ndrangheta est à coup sûr dans le coup.
Et puis voilà que ressort par la magie de l'ADN cette histoire des trois blacks.
Don Mico semble en savoir plus.
Cela fait un poids de plus sur les épaules du petit juge, et ce n'est tout de même pas un âne bâté.
Et comme le dit mon proverbe qui convient bien à la situation : « Ici, la Justice a ses raisons que la raison ignore ».


Avec son intrigue, l'auteur met à profit la présence de la mafia et de ses clans pour faire tourner en bourrique le petit juge car cette frange de la société ne fait pas de cadeaux et si, exceptionnellement, elle en fait, ce n'est que pour en retirer des bénéfices.
Souvent est pris qui croyait prendre.
Mais on ne tue pas un juge, ça fait partie des codes.
Avec Le Pacte du petit juge, on ne peut échapper à l'attraction de cette 'Ndrangheta.
C'est une fascination malsaine.
On se régale avec ces confrontations entre Lenzi et Don Mico qui continuent à lui livrer des messages codés – le bureau est peut-être sur écoute.
On piaffe de plaisir en suivant les échanges entre les honorables membres du Club, sphère très privée, qui s’écharpent en commentant les fait divers.


Dans ce deuxième opus, Mimmo Gangemi s'emploie à nous gratifier des répliques savoureuses dont il a le secret.
« Un mois à peine après l'arrivée de Lenzi au Parquet, il y avais huit ans de ça, que déjà ils ne pouvaient plus se sentir. Lenzi, aux yeux du procureur, avait davantage d'affinités avec une moule de bouchot qu'avec le genre humain. Et le procureur, aux yeux de Lenzi, se distinguait à peine d'un chimpanzé en captivité, voire ne s'en distinguait pas du tout, et c'est le chimpanzé qui aurait eu des raison de se plaindre d'un tel comportement. »
On constate que la corruption est toujours au cœur de la société italienne avec cette économie parallèle qui offre à ses détenteurs des pouvoirs considérables.
Et que dire de l'exploitation de ces immigrés qui ressemble à s'y méprendre à de l'esclavagisme moderne.
Le Pacte du petit juge n'est pas seulement un énième roman sur la Mafia calabraise, c'est surtout un récit mené de main de maître par un auteur qui n'a pas fini de nous enthousiasmer.



Mention : Je ne peux cacher mon vif intérêt pour le personnage et j'affirme haut et clair – je joue gros sur le coup - qu'Alberto Lenzi va connaître de nouvelles aventures puisque la fin est on ne peut plus ouverte.



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MessagePosté le: Mer Avr 06, 2016 11:55 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur Actu du Noir :

Citation:

Alberto Lenzi s’installe dans le paysage


Avec La Revanche du petit juge on avait découvert un auteur : Mimmo Gangemi et son personnage Alberto Lenzi, juge calabrais haut en couleurs.
Ils reviennent avec Le Pacte du petit juge, pour notre plus grand bonheur.


Vous vous souvenez d’Alberto Lenzi ?
Ce juge indolent d’une petite ville de Calabre, qui court les jupons, mange dans les meilleurs restaurants avec son ami Lucio et semble se moquer de tout et de tous ?
Mais qui sait aussi, quand il le veut, être fort opiniâtre ?
Et bien voilà qu’il vient de passer pour un con : On a signalé une importante livraison de drogue dans le port.
Sur ordre du procureur, et avec l’aide des carabiniers, ils l’ont bien repérée, et l’ont laissée en place pour coincer ceux qui viendraient la chercher.
Sauf qu’au moment de les prendre la main dans le sac, plus de drogue, elle a été subtilisée sous le nez de Lenzi.

Donc Lenzi passe pour un con.
Le procureur tient l’occasion rêvée de l’engueuler, la famille de la ‘Ndrangheta qui s’est faite voler fulmine…
Pour arranger le tout, sa copine du moment, la magnifique Marina, menace de se barrer, et on retrouve dans la montagne le corps de trois noirs assassinés en début d’année, lors de violents affrontements entre ces travailleurs saisonniers exploités et les paysans locaux.
Le voilà en plus avec une enquête insoluble sur les bras, et la une de la presse nationale.

Décidément tout va mal pour Alberto.


J’avais déjà adoré le précédent volume consacré à Alberto Lenzi.
La beauté des paysages, la peinture d’une société gangrenée par la ‘Ndrangheta, la bêtise crasse et la violence des truands, l’hypocrisie de leurs rapports à l’autorité, la corruption, mais aussi le courage de certains, et avec tout cela, l’humour et la vivacité du ton.

Et bien on a de nouveau toutes ces qualités ici.
Dès l’arrivée d’Alberto, c’est un régal :
A propos d’un capitaine de la gendarmerie locale : « Autant il se montrait charogne et venimeux avec ses subalternes, autant il frétillait de la queue devant ceux qui étaient au-dessus de lui dans la hiérarchie. Les primates de son arbre généalogique devaient avoir perdu leur appendice caudal bien plus tard que tous leurs semblables. »

Mimmo Gangemi décrit très bien la fascination et la répulsion envers la ‘Ndrangheta ainsi que les racines paysannes de ce mouvement.
Le jeu du chat et de la souris entre truands et justice est incarné par les dialogues géniaux entre Lenzi et le vieux truand qui l’aide et tente de le manipuler.
Et les conversations entre les pontifiants du cercle de la ville, qui arrivent à parler des familles les plus dangereuses sans jamais les nommer par pure trouille sont des morceaux d’anthologie.

Cette fois, il faut ajouter à cela, en toile de fond, la situation dramatique d’ouvriers agricoles, immigrés clandestins africains, exploités par les paysans locaux, et par certains de leurs compatriotes.
Des rapports complexes que l’auteur analyse et décrit sans tomber dans le manichéisme : les paysans ne sont pas de simples brutes avides, mais des exploités qui ne font que trouver plus fragile qu’eux, non pas pour faire fortune, mais simplement pour survivre.

Passionnant, parfois bouleversant, très souvent amusant et purement réjouissant.
En deux tomes, Mimmo Gangemi s’impose comme une voix à suivre absolument.



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MessagePosté le: Lun Avr 25, 2016 6:15 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Le Pacte du petit juge, de Mimmo Gangemi


Où l’on retrouve Alberto Lenzi.


Toujours juge d’un petit parquet calabrais à la pointe de la Botte, face à la côte sicilienne, Lenzi continue à vivre sa vie de patachon rythmée par les parties de poker et de jambes en l’air.
Mais une affaire le met sur la sellette.
Mandaté pour mener un coup de filet dans le port où sont attendus deux-cents kilos de cocaïne que doit récupérer un clan de la ‘Ndrangheta, il voit à la fois les truands et le colis se volatiliser à son nez et à sa barbe.
Quand quelques jours plus tard un employé corrompu est retrouvé pendu comme du gibier dans la propriété d’une autre ‘Ndrina, il semble qu’une guerre se profile.
Une guerre que Lenzi laisserait bien se dérouler, histoire que quelqu’un fasse le ménage à sa place, mais sur laquelle il se sent obligé d’enquêter, non seulement parce que sa hiérarchie le presse, mais aussi et surtout parce qu’il entend effacer l’humiliation subie au port.
Et quand son informateur de circonstances et pas vraiment de confiance, le chef de bâton Don Mico Rota demande à lui parler, Lenzi se retrouve une nouvelle fois sur le fil, ne sachant pas dans quelle mesure le vieux ‘ndranghetiste le manipule.


En l’espace de deux romans, Mimmo Gangemi a réussi à mettre en place une galerie de personnages que l’on se plaît à retrouver : Lenzi, noceur, fainéant mais opiniâtre, macho mais aussi véritable cœur d’artichaut, Mico Rota, manipulateur au possible et qui aime à s’arranger avec le code d’honneur, Marina et Chiara, femmes fortes dans une administration et une société qui voudraient ne voir en elles que des objets sexuels, et toujours ce club des officiers dans lequel les notables de la ville se retrouvent pour disserter sur la vie criminelle locale et les implications de chacun, non sans rappeler parfois les clients du OJ Bar & Grill de Donald Westlake.


À travers eux et les histoires qu’il met en place, Gangemi parle de la Calabre, de la ‘Ndrangheta mais aussi, plus largement, de l’Italie d’aujourd’hui, de la barrière entre le Nord et le Sud, de la misère des travailleurs clandestins, du poids de coutumes ancestrales et de la corruption.
Et si cela fonctionne bien, c’est qu’il le fait sans manichéisme et avec un sens consommé de l’humour qui lui permet d’allier l’étude précise de cette société et une distanciation de bon aloi.
Avec toujours des intrigues classiques et sans grandes surprises qui ne servent finalement qu’à lui permettre de mettre en branle les jeux de manipulation et de séduction qui animent ses personnages, Mimmo Gangemi offre encore une fois un roman qui en dit beaucoup sur un monde – l’Aspromonte – qui n’est pas aussi clos que l’on voudrait le penser, mais bien intégré à la mondialisation, tout en gardant cette légèreté et cet humour qui en font une lecture toujours instructive et agréable.


Et l’on saluera au passage la traduction de Christophe Mileschi et son idée de rendre compréhensible le dialetto de Calabre en utilisant l’artifice de l’occitan dans sa variante provençale qui permet de faire saisir le sens au lecteur sans avoir à accumuler les notes de bas de page.



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MessagePosté le: Ven Fév 03, 2017 2:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Vient de sortir en poche chez Points :





Et on retrouvera le "Petit Juge" Lenzi le 6 avril prochain au Seuil dans la collection Cadre Noir avec La Vérité du Petit Juge (on en parle ici sur le forum) :





Citation:


Le corps de Marco Morello, fils d’un caïd de la ’Ndrangheta, vient d’être découvert « ligoté comme un capocollo, la tête en bas » dans une fosse, en plein maquis.
En clair, saucissonné avec du fil de fer et pendu par les pieds : que signifie cette mise en scène troublante ?
Tout désigne une vendetta entre familles rivales.
Et personne ne voulant perdre de temps avec ces gens-là, on confie l’enquête au « petit juge » Alberto Lenzi, sa réputation de flemmard le destinant aux cas sans intérêt ni relief.
Or malgré les apparences, Lenzi est consciencieux, intuitif et têtu.
Peu convaincu par la piste mafieuse, il s’adresse à don Mico Rota, le vieux « parrain » roublard qui règne sur la région et sait tout sur tout.
Conforté dans son hypothèse, Lenzi n’est cependant pas plus avancé.
Et moins encore lorsqu’un deuxième meurtre change la donne : celui d'un flic, soupçonné de longue date de corruption et de collusion avec le crime organisé.
La ’Ndrangheta serait-elle dans le coup, finalement ?

« Gangemi écrit avec le souffle et l’authenticité de qui a longtemps respiré son sujet. » (Marianne)



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MessagePosté le: Sam Fév 04, 2017 1:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'adore la couverture.
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MessagePosté le: Sam Fév 04, 2017 3:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ssarlotte a écrit:
J'adore la couverture.


Laquelle ? Celle du grand format ou celle de poche ?
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MessagePosté le: Dim Fév 05, 2017 6:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La poche.
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norbert
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MessagePosté le: Jeu Fév 09, 2017 6:58 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent, de Corse Matin, sur The Killer inside Me :

Citation:

Le Pacte du Petit Juge : la 'Ndrangheta redistribue les cartes


La situation économique de la Calabre est catastrophique.
Avec la chute du prix des oranges, à 6 centimes le kilo, c'est maintenant la main d'oeuvre africaine, essentiellement clandestine, qui manifeste son ras-le-bol de cet esclavagisme moderne.
Dans la région de Gioia Tauro, à quelques kilomètres du détroit de Messine, ils sont plusieurs centaines de ces damnés de la Terre à manifester violemment.
Une nuit, trois d'entre eux, caporaux au service des"blancs", sont violemment assassinés...
Quelques mois plus tard, sur le port, une cargaison de 200 kilos de cocaïne est interceptée par la Justice.
Le procureur demande au juge Alberto Lenzi d'établir une surveillance pour serrer les destinataires.
Lorsque des membres de la 'ndrangheta viennent chercher le container, la police intervient mais la marchandise a déjà disparu !
Deux clans vont clairement se rejeter la faute.
Lenzi passe pour une bille une fois de plus.
Il se tourne vers Don Mico Rota, capo de 80 ans, craint dans toute la région, et pour lequel il a obtenu une détention à domicile.
Les cartes de la pègre calabraise sont en train d'être redistribuées.


Après La Revanche du Petit Juge, Le Pacte du Petit Juge poursuit cette série avec talent.
Le lecteur retrouve la gouaille du sud de l'Italie, le style tellement imagé et franc de Mimmo Gangemi.
La traduction n'est sans doute pas aisée mais Christophe Mileschi laisse, avec raison, quelques expressions propres au parler calabrais fleurir le roman.
C'est l'un des premiers charmes des aventures du petit juge de Mimmo Gangemi.
Ensuite, il faut reconnaître que la plongée dans les méandres de la 'ndrangheta est goûteuse, car l'auteur ne fait pas dans la rédaction journalistique, il se laisse vraiment porter par son histoire, s'offre des digressions passionnantes.

Comme ces scènes dans le cercle des aristocrates de Gioia Tauro, une parenthèse hors de la narration où une dizaine de notables disent du mal les uns des autres, commentant l'actualité meurtrière.
Drôle et précieux.
Et, toujours hors de l'enquête, il y a les péripéties amoureuses du juge Lenzi, quadragénaire divorcé, tombeur sexiste, que la compagne Mariana envoie bouler et qui se console dans les bras de Chiara.
Les pages de Gangemi sur les femmes sont, elles aussi, délicieuses, brutes mais respectueuses, pétries de cette attraction machiste méditerranéenne.
C'est suffisamment bien écrit pour ne pas tomber dans le cliché.


Le Pacte du Petit Juge est donc une réussite, s'efforçant de rester réaliste, d'offrir une vision romanesque mais pas tant que ça, de la main mise du Crime sur toute la région et au-delà.
Car il y a quand même de vraies questions posées sur l'intelligence et le pouvoir de nuisance de la 'ndrangheta, impitoyable et surpuissante, capable de faire taire les administrations, d'oppresser une population et de se sortir blanchie des poursuites de la Justice.
Une série addictive.



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MessagePosté le: Sam Fév 25, 2017 1:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Visuel de promotion de la nouvelle collection Cadre Noir du Seuil (et qui remplace Seuil Policiers), avec un lien vers les premiers titres à paraître :



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MessagePosté le: Sam Jan 26, 2019 6:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis sur ce roman. 7/10
Citation:
J'ai aimé quelques passages savoureux. Quel personnage ce Don Mico Rota! avec ses paraboles pour expliquer les situations, les phrases sibyllines pour révéler sans vraiment le dire, le fin mot de l'histoire, un vrai régal. Et quelle perspicacité ce petit juge Alberto Lenzi pour démêler cet imbroglio. Mais du fait de cette complexité permanente, on échappe pas aux nombreuses longueurs dans ce récit. On a quand même un panorama très bien décrit de ce qu'est la 'ndranghetta et son fonctionnement.

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