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norbert Serial killer : Hannibal Lecter
Age: 49 Inscrit le: 18 Avr 2007 Messages: 12204 Localisation: Rhône-Alpes

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Posté le: Sam Avr 04, 2026 8:20 pm Sujet du message: Nos derniers jours sauvages - Anna Bailey (Sonatine) |
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Après son superbe premier roman, Une pluie de septembre, véritable pépite de noir psychologique et atmosphérique, la jeune et (très) talentueuse Britannique Anna Bailey est de retour avec Nos derniers jours sauvages, paru la semaine dernière chez Sonatine, dans une trad. de Héloïse Esquié.
Le livre :
« Un thriller âpre, à l'atmosphère envoûtante. » Chris Whitaker, auteur de Toutes les nuances de la nuit
Jacknife, une petite ville oubliée au fin fond des bayous. Sous la chaleur moite de la Louisiane, les habitants vivent au rythme de la nature – et de ses menaces. Marécages dangereux, reptiles venimeux, cyclones dévastateurs... Mais aussi sauvage soit ce monde, le pire des dangers, ici comme ailleurs, vient souvent des hommes. Loyal le sait trop bien. À dix-sept ans, elle a fui Jacknife après un drame qu'elle porte encore en elle. La voilà contrainte d'y revenir, pour s'occuper de sa mère malade. Plus que tout, elle appréhende ses retrouvailles avec les Labasque, une famille de parias qui gagne sa vie en chassant les alligators des marais.
Elle les connaît en effet comme personne. Cutter Labasque a longtemps été sa meilleure amie. Lorsqu'un des Labasque est retrouvé mort dans des circonstances troubles, Loyal se jette à corps perdu dans une quête de vérité. Pour comprendre. Pour réparer. Pour se libérer, peut-être. Mais à Jacknife, les secrets sont nombreux et rien ne se passe jamais comme prévu.
Avec ce portrait d'une femme rongée par la culpabilité dans un environnement hostile, Anna Bailey livre un récit déchirant, vibrant hommage à la nature et à la solitude. À la façon de Delia Owens dans Là où chantent les écrevisses, elle se fait autant anthropologue que romancière pour dépeindre l'atmosphère oppressante qui règne au cœur des marais. Un monde dur, sans compromission, où la vie est synonyme de survie, dans lequel les femmes doivent sans cesse lutter pour s'accomplir.
« Un roman gothique du sud des États-Unis littéralement ensorcelant. »
- Paula Hawkins
« Un thriller âpre, à l'atmosphère envoûtante : Anna Bailey écrit avec une grâce remarquable sur la famille, l'amitié, la loyauté et la trahison, nous offrant un de ces romans gothiques du Sud des Etats-Unis aussi audacieux qu'implacable. »
- Chris Whitaker, auteur de Toutes les nuances de la nuit
L'auteur :
Née en 1995, Anna Bailey est une auteure et journaliste britannique. Après une enfance dans le Gloucestershire, elle étudie l'écriture et la littérature à la Bath Spa University. Une fois diplômée, elle déménage au Texas puis dans le Colorado, dans une petite communauté religieuse qu'elle quittera bien vite. En 2018, elle retourne au Royaume-Uni et s'inscrit au cours d'écriture de roman Curtis Brown Creative. Aujourd'hui, elle travaille comme journaliste indépendante à Cheltenham. Après Une pluie de septembre (Sonatine, 2021), unanimement salué par la critique, Nos derniers jours sauvages est son deuxième roman.
_________________ « Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
Dernière édition par norbert le Mer Avr 15, 2026 10:16 pm; édité 3 fois |
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norbert Serial killer : Hannibal Lecter
Age: 49 Inscrit le: 18 Avr 2007 Messages: 12204 Localisation: Rhône-Alpes

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Posté le: Mer Avr 08, 2026 8:59 pm Sujet du message: |
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L'avis de Laurence sur Evadez-moi :
| Citation: | Nos derniers jours sauvages - Anna Bailey - Sonatine
Ce mois de Mars 2026 nous a offert beaucoup de très bons romans et Nos derniers jours sauvages en fait partie.
Traduit par Héloïse Esquié et après Une pluie de septembre en 2021, Anna Bailey délivre cette année un thriller aussi étouffant que l'atmosphère du bayou louisianais. Pas l'ombre d'un souffle de fraîcheur tout au long de la lecture de ce roman où les bikers et les chasseurs de crocodiles se disputent le territoire avec les reptiles qui ne seront pas forcément les plus dangereux.
Loyal revient à Jacknife des années après avoir fui et être devenue journaliste. Son amie d'enfance vient d'être retrouvée morte dans le bayou. Une amie qu'elle a trahi de la pire façon. Une amie dont les deux frères n'ont pas oublié ce que Loyal a fait et ne sont pas décidés à lui pardonner aussi facilement. Anéantie de chagrin et de culpabilité, Loyal ne croit pas à la thèse de l'accident en ce qui concerne la mort de Cutter, son amie, sa soeur.
Comme dans tout bon "rural noir", Anna Bailey dépeint la pauvreté des zones reculées de ce pays qui croit être la plus grande et la plus évoluée des nations. Ce qui ressort c'est avant tout la violence qui caractérise les Etats-Unis, leur protectionnisme poussé à l'extrême dans les zones rurales, les croyances et superstitions qui en font des zones plus "arriérées" qu'en avance sur leur temps. La toxicité, la promiscuité, les vieilles tensions qui se transforment en haine farouche. Les jeunes qui doivent fuir sous peine d'avoir une vie encore plus misérable que celle de leurs parents.
L'écriture d'Anna Bailey est aussi acérée que les crocs des crocodiles et elle arrive sans peine à déployer une tension poisseuse jusqu'au dénouement.
Un roman sauvage, un thriller excellent à découvrir absolument aux Editions Sonatine.
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La chronique de Brother Jo sur Nyctalopes :
| Citation: | NOS DERNIERS JOURS SAUVAGES de Anna Bailey / Sonatine
J’étais passé à côté d’Une pluie de septembre, premier roman de l’autrice britannique Anna Bailey, publié en 2021 chez Sonatine. Tentative de rattrapage de ma part en lisant son second roman, Nos derniers jours sauvages, à nouveau publié chez Sonatine. C’est en voyant l’alligator en couverture que j’ai, comme qui dirait, mordu à l’hameçon…
Ne cherchez pas la ville de Jacknife, aux Etats-Unis, sur une carte car cette ville n’existe pas. Inventée de toutes pièces par Anna Bailey, je présume que c’est plus confortable pour quelqu’un qui n’est pas du pays de créer une ville et de tenter de la rendre la plus crédible possible, plutôt que de situer l’action dans une ville que l’on ne connaît pas assez pour ne pas risquer de se rater. Bienvenue à Jacknife, donc. Une petite ville de Louisiane, en plein Bayou, où une usine pollue allègrement le territoire et empoisonne ses ouvriers, et où les marais et leurs vieilles légendes sont peuplés d’alligators et de serpents. Jacknife est de ces endroits immuables où le temps semble s’écouler plus lentement qu’ailleurs et où les mœurs évoluent peu. Ses habitants, pour certain(e)s ambigus, ne sont pas tous très fréquentables. On y est notamment confronté à la pauvreté, la violence et les ravages de la drogue. Un climat endémique dont les responsables sont à chercher jusqu’à dans les forces de l’ordre où la corruption demeure. C’est dans ce cadre qu’évoluent nos personnages, bien souvent abîmés, où une mort et une disparition font l’actualité.
Là où excelle Anna Bailey avec Nos derniers jours sauvages, c’est dans la mise en place d’une atmosphère où règne une chaleur lourde et humide. Le décor est parfaitement planté. L’immersion est plus convaincante encore quand elle nous emmène à la chasse à l’alligator, qui constitue l’une des forces du livre, et certainement sa principale originalité. Un autre atout de l’autrice est de véritablement prendre le temps de développer ses personnages, même si certains sont peut-être un poil trop stéréotypés. Le récit est très fluide et nous tient sans mal en haleine et ce sans jamais s’enliser, une tension demeurant au fil des pages et l’histoire ne manquant pas de rebondissements. Elle aborde également des sujets pertinents tels que les liens familiaux, l’homosexualité, l’addiction ou la démence, mais surtout les questions du deuil et de comment réparer nos torts.
Si vous aimez le Southern Gothic, il y a peu de chance que vous soyez déçu par Nos derniers jours sauvages, second livre d’Anna Bailey. Un roman noir totalement ancré dans son territoire, hanté par de vieux fantômes et dans lequel les secrets sont parfois lourds de conséquences. Une convaincante plongée dans le Bayou où les hommes sont parfois plus dangereux encore que les reptiles carnivores que l’on y trouve.
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_________________ « Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy |
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norbert Serial killer : Hannibal Lecter
Age: 49 Inscrit le: 18 Avr 2007 Messages: 12204 Localisation: Rhône-Alpes

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Posté le: Mer Avr 15, 2026 10:13 pm Sujet du message: |
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Dans la presse :
« Une intrigue envoûtante qui se construit sur fond de chasse aux alligators et de menaces en tout genre, y compris - surtout ? - humaines. Le tout donne lieu à un thriller qui se dévore très vite. Ceux qui ont lu Là où chantent les écrevisses de Delia Owens apprécieront sans aucun doute cette plongée à mi-chemin entre nature et solitude, superbement amenée ici par Anna Bailey. »
- La Voix du Nord
« Anna Bailey coche toutes les cases pour réussir un thriller southern gothic oppressant à souhait : des marigots où grouillent d'atroces bestioles affamées, des brutes pathétiques sorties d'une version cajun de Delivrance, un gang hyperviolent de bikers nazis, de vieilles histoires de sorcellerie, quelques flics pourris jusqu'à l'os, une vaillante héroïne et des kilos de meth. On en oublierait presqu'elle est anglaise... »
- Philippe Blanchet - Rolling Stone
Et la copieuse chronique d'Aude sur Aude Bouquine :
| Citation: | Nos derniers jours sauvages, Anna Bailey.
À Jacknife, petite ville de Louisiane, on ne revient pas de son plein gré. Parfois, on y est reconduit de force par la maladie d’une mère ou une culpabilité trop longtemps différée. « Nos derniers jours sauvages » revient sur ces terres où Loyal May, désormais journaliste, a grandi. Après 10 ans d’absence, Loyal retrouve les bayous louisianais par nécessité. En effet, sa mère se perd dans son passé, et ses souvenirs s’envolent.
Quant à la ville en elle-même, rien n’a vraiment changé… Sauf peut-être le corps de Cutter Labasque, son ancienne meilleure amie, retrouvé sans vie dans le marais. L’hypothèse du suicide ou de l’accident arrange tout le monde. Pas Loyal. Parce qu’elle connaît Cutter. Parce qu’elle sait ce qu’elle lui doit. Le roman suit ainsi cette enquête, mais surtout ce retour forcé dans un monde où les secrets, la pauvreté, les rancœurs et la peur se mêlent à la boue des marais.
Jacknife est une ville pauvre et abîmée. Elle s’inscrit dans l’ombre de l’ouragan Katrina qui a tout ravagé. De là sont nées des cicatrices dans la conscience collective et la certitude qu’une prochaine catastrophe viendra et que la terre elle-même cédera. Car, les industries ont pollué tout ce qui restait. La communauté s’effrite dans un silence de plomb que personne ne trouve urgent de briser. Voilà pourquoi, à Jacknife, les gens ont le regard de ceux qui savent que personne ne viendra les sauver.
Cependant, il reste le bayou qui agit sur « Nos derniers jours sauvages » comme un miroir. L’eau y est trouble à l’instar des vérités que personne ne veut nommer. La végétation prolifère à la manière des secrets, dense, étouffante. La chaleur humide colle comme la culpabilité. Ces paysages ont la faculté de conserver les corps dans la boue opaque des marais. Parfois, dans cette eau noire, on croit percevoir des mouvements. Les alligators rôdent et ont faim.
Parmi eux, la légende d’un alligator blanc est sur toutes les langues, mais personne ne l’a réellement vu. Mythe ou réalité ? Ces étendues sauvages du Sud confèrent au roman une atmosphère singulière et, par la pensée, le lecteur s’y jette à corps perdu. Les endroits qui nous ont formés et abîmés en même temps demeurent toujours en nous, même s’ils sont cachés au fond de nos cœurs…
Pourtant, les alligators ne sont pas les pires prédateurs de Jacknife. En un sens, ils sont plus honnêtes, car ils ne dissimulent pas leur vraie nature. Avec eux au moins, on sait à quoi s’en tenir.
La vraie violence dans « Nos derniers jours sauvages » est ailleurs que dans le bayou… Elle se trouve dans le regard qu’une communauté pose sur ses propres membres, dans sa façon de décider, tacitement et collectivement quelles vies comptent et lesquelles peuvent disparaître.
Parmi elles, les Labasque, cette fratrie de chasseurs d’alligators, ont toujours été perçus comme des étrangers à l’intérieur de leur propre ville. Élevés dans les marais, orphelins jeunes, ils sont devenus des parias. Ils ont été abandonnés de tous, socialement, économiquement et affectivement. Les Labasque portent leur réputation comme une seconde peau, car ils sont synonymes de danger et de déchéance.
« Certaines personnes traversent la vie tels des os cassés qui n’ont pas été correctement remis en place, ils ne se sont jamais vraiment réparés, et se contentent d’accumuler des dégâts pour plus tard. »
Alors, lorsque Cutter meurt, l’hypothèse du suicide arrange tout le monde et a du sens. La fin de sa vie est cohérente avec tout ce que la communauté pense de cette famille. On a ici la confirmation que certaines vies étaient, de toute façon, déjà à moitié perdues. Jusqu’à la mise en doute des causes de ce décès.
Quand Loyal s’intéresse à l’affaire, elle est animée d’une forte culpabilité. Elle ne cherche pas uniquement un coupable, elle essaie de comprendre ce qu’elle a trahi par lâcheté ou en prenant la fuite et ce qu’elle n’a pas su protéger. « Nos derniers jours sauvages » est un roman sur la dette. Celle envers une âme, et celle de la vérité. Le duo culpabilité/loyauté y est omniprésent et apparaît comme une exigence morale qu’on ne peut pas négocier. (Le choix du prénom « Loyal » en est un parfait exemple.)
Mais attention, restons prudents, la signification du mot loyauté n’est pas la même pour tout le monde. Ici, être loyal, c’est parfois mentir, couvrir les siens ou se taire. Ces petites villes fonctionnent sur des fidélités tordues, des chaînes invisibles qui soudent autant qu’elles étouffent. La famille, l’amitié, la communauté servent autant de refuge que de prison.
Malgré le côté antipathique de la fratrie Labasque, le lecteur ne peut s’empêcher d’éprouver une curieuse forme d’indulgence à son encontre.
Loyal, elle-même gratifiée d’un certain capital sympathie, est un personnage trouble. Revenir à Jacknife, c’est revenir vers une faute commise, et retrouver une version d’elle-même qu’elle aurait voulu laisser mourir. D’autant que sa mère vacille dans son identité par une érosion lente de sa mémoire. « Et même maintenant, après toutes ces années, il y a quelque chose dans cette ville, avec tous ses ragots, tous ces crocs acérés, qui fait que Loyal a aussi peur pour elle-même. »
Tout s’abîme dans « Nos derniers jours sauvages » : le bayou engloutit d’un côté, la maladie efface de l’autre, la ville enterre ses secrets alors que les souvenirs se délitent…
Pour raconter les dynamiques qui se jouent, Anna Bailey prend son temps. « Nos derniers jours sauvages » peut s’apparenter à ce que l’on appelle communément un roman à combustion lente. Tout est question d’ambiance, d’atmosphère lourde et l’autrice prend garde à installer son univers avant de serrer le nœud.
J’ai beaucoup aimé cette immersion, très loin d’une machine à suspense calibrée pour l’efficacité, plus proche d’un envoûtement progressif. Quand la tension se noue enfin, j’ai pris conscience que rien de ce qui précédait n’était du remplissage. Tout avait sa raison d’être.
La thématique principale reste pour moi celle de la rédemption à hauteur humaine, toujours douloureuse, souvent incomplète. Pour Loyal, chercher la vérité sur la mort de Cutter, ce n’est pas annuler le passé ni ressusciter l’amie perdue. C’est faire, enfin, ce qui aurait dû être fait. Refuser, par exemple, que la ville ensevelisse encore une fois l’une des siennes sous son indifférence parfaitement rodée. « Nos derniers jours sauvages » dit bien à quel point la rédemption n’efface pas la faute, mais offre une possibilité de ne pas la laisser gouverner tout le reste.
« Nos derniers jours sauvages » est un roman sur la contamination morale, sur ce qu’une communauté est capable de faire à ses membres. Le bayou reflète une humanité marécageuse, composée de silences, de misère héritée et de honte. Les monstres les plus redoutables ne sont pas tapis dans les marécages… Ils sont dans les arrangements que les hommes passent avec leur conscience.
Anna Bailey a écrit un texte qui colle à la peau. À Jacknife, on ne revient pas de son plein gré, mais, dans ce roman, on revient volontiers.
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À recommander visiblement aussi à ceux qui ont aimé :
_________________ « Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy |
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