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Edgar Allan Poe, Contes, essais, poèmes
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El Marco
Charlie "Bird" Parker (modo)


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MessagePosté le: Dim Juin 07, 2020 4:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant


Citation:
Le malheur est divers. La misère sur terre est multiforme. Dominant le vaste horizon comme l'arc-en-ciel, ses couleurs sont aussi variées, aussi distinctes, et toutefois aussi intimement fondues. Dominant le vaste horizon comme l'arc-en-ciel ! Comment d'un exemple de beauté ai-je pu tirer un type de laideur ? du signe d'alliance et de paix une similitude de la douleur ? Mais comme, en éthique, le mal est la conséquence du bien, de même, dans la réalité, c'est de la joie qu'est né le chagrin ; soit que le souvenir du bonheur passé fasse l'angoisse d'aujourd'hui, soit que les agonies qui sont tirent leur origine des extases qui peuvent avoir été.


Mon vote :

Citation:
Le narrateur, Egaeus, nous narre son amour avec sa cousine, Bérénice, qui biffe leurs divergences : lui est physiquement fragile et rêveur, elle enjouée et rayonnante. Puis il en vient à devenir monomaniaque, obsédé jusqu’à la névrose pour les objets qui agrippent sans fin son attention, et Bérénice subit des crises d’épilepsie dégénérant en catalepsies, devenant squelettique. Leur curieuse relation va se poursuivre, même par-delà la mort. Une nouvelle très intéressante – même si certains passages, notamment vers la moitié du texte – m’ont semblé un peu redondantes et recyclant des réflexions un peu inutiles, mais la suite m’a emballé. Et puis, il y a ce final, gothique et morbide en diable, avec une pointe de « Horla » et de fétichisme, férocement décrit, et qui me marquera certainement très longtemps.
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El Marco
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MessagePosté le: Dim Juin 07, 2020 4:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Nous percevons le monde par les villes que nous habitons. Notre expérience, notre chemin, nous le mesurons par les villes. Et encore par les villes notre découverte du monde lointain.

Cela a une histoire, et elle naît sur la côte Est des États-Unis. Mais elle naît de la ville-emblème du XIXe siècle, la tentaculaire Londres, telle que Dickens aujourd'hui nous la fait voir. Souvenir d'enfance d'un jeune orphelin américain, qui en rapporte ces images de multitude et labyrinthe ?

Ou bien démarche consciente d'un géant de la littérature, cherchant dans l'héritage européen de la littérature de quoi faire rêver ses lecteurs du nouveau monde ?


Mon vote :

Citation:
A Londres, le narrateur prend plaisir à observer la foule – ou plus exactement les foules, puisqu’il se plaît à classer les individus dans des catégories bien distinctes, jusqu’à ce qu’un « vieux homme », entre soixante-cinq et soixante-dix ans, attire son attention, et il se décide à le suivre. Il en tirera une étrange morale quant à cet être, de prime abord anodin, et finalement très atypique. Une nouvelle sans humour ni fantastique, certes intrigante, mais au début assez longuette (même si c’est brillamment écrit, il faut en attendre la moitié presque exactement pour voir arriver ce monsieur que le conteur va pister), et la chute, particulière, pourra sembler déroutante, voire décevoir.
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MessagePosté le: Dim Juin 07, 2020 5:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Personne ne trouvera donc un système de locomotion plus expéditif ? Ce train de petit trot est, à mon avis, une véritable torture. Sur ma parole, depuis que nous sommes partis, nous n'avons pas fait plus de cent milles à l'heure. Les oiseaux mêmes nous battent, quelques-uns au moins. Je vous assure qu'il n'y a là aucune exagération. Notre mouvement, sans doute, semble plus lent qu'il n'est réellement – et cela, parce que nous n'avons autour de nous aucun point de comparaison qui puisse nous faire juger de notre rapidité, et que nous marchons avec le vent. Assurément, toutes les fois que nous rencontrons un autre ballon, nous avons alors quelque chance de nous rendre compte de notre vitesse, et je dois reconnaître qu'en somme cela ne va pas trop mal.


Mon vote :

Citation:
Une nouvelle assez déstabilisante, où le narrateur, voyageant dans un immense ballon, décide d’écrire une série de courriers à un « ami », et qui commence avec les phrases suivantes : « Il faut aujourd’hui, mon cher ami, que vous subissiez, pour vos péchés, le supplice d’un long bavardage. Je vous déclare nettement que je vais vous punir de toutes vos impertinences, en me faisant aussi ennuyeux, aussi décousu, aussi incohérent, aussi insupportable que possible ». Effectivement, à ce niveau-là, c’est du sans-faute. Une série de lettres sans queue ni tête, abordant des sujets aussi variés que l’astronomie, la science, les matériaux du ballon, etc. C’est même tellement émietté que c’est impossible à résumer ou à retranscrire. Son seul intérêt réside dans la vision d’Edgar Allan Poe du futur (plusieurs références à ce prochain et éventuel, comme ces bateaux électriques, ces ballons de transport par centaines dans le ciel, le fait que le train du Canada remonte à 900 ans, le séisme ayant eu lieu en 2050, etc.). Mais à part ça, je suis sincèrement désolé d’écrire ça, mais rarement préambule d’un auteur n’aura été aussi vrai : c’est effectivement « le supplice d’un long bavardage ».
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MessagePosté le: Dim Juin 07, 2020 5:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
"Avec ses romans policiers et sa Philosophie de l’ameublement, Poe est le premier physionomiste des espaces domestiques." Walter Benjamin À cause du sujet traité ainsi que du ton humoristique qui sous-tend - rien de moins qu'une ‘Philosophie’ en quête de la chambre idéale - nous sommes face à un texte atypique dans la production littéraire d'Edgar Allan Poe.


Mon vote :

Citation:
Une nouvelle très courte qui est davantage un essai sur la façon d’aménager son intérieur, avec diverses considérations. Commençant par exposer les goûts de divers peuples (hormis les Anglais, les Européens sont bien ridiculisés…), l’auteur évoque ce qui construit un intérieur de goût, avec l’harmonie, l’éclat, l’intérêt du tapis (si si), les rideaux, le verre, les tissus, etc. Bref, à moins d’être fan absolu d’Edgar Allan Poe au point de le suivre dans tous ses textes, indépendamment de l’évidente qualité d’écriture de ce récit, je pense sincèrement que celui-ci ne présente qu’un intérêt très modéré, voire n’en présente aucun.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Supposons, gracieux lecteur, que nous sommes en l'an du monde trois mil huit cent trente, et, pour quelques minutes, transportés dans le plus fantastique des habitacles humains, dans la remarquable cité d'Antioche. Il est certain qu'il y avait en Syrie et dans d'autres contrées seize villes de ce nom, sans compter celle dont nous avons spécialement à nous occuper. Mais la nôtre est celle qu'on appelait Antiochia Epidaphné, à cause qu'elle était tout proche du petit village de Daphné, où s'élevait un temple consacré à cette divinité. Elle fut bâtie (bien que la chose soit controversée) par Séleucus Nicator, le premier roi du pays après Alexandre le Grand, en mémoire de son père Antiochus, et devint immédiatement la capitale de la monarchie syrienne. Dans les temps prospères de l'empire romain, elle était la résidence ordinaire du préfet des provinces orientales ; et plusieurs empereurs de la cité-reine (parmi lesquels peuvent être mentionnés spécialement Vérus et Valens), y passèrent la plus grande partie de leur vie. Mais je m'aperçois que nous sommes arrivés à la ville. Montons sur cette plate-forme, et jetons nos yeux sur la ville et le pays circonvoisin.


Mon vote :

Citation:
Une histoire très étrange, presque baroque, où il est question du roi Antiochus Epiphanes, dont deux observateurs aux sensibilités bien différentes scrutent le règne durant, au final, un court instant. Un entrelacs de moments durs (à propos du massacre des Juifs), cocasses (les instants avec les animaux), socialement féroces (quand il est question de la « populace ») ou acides quant au peu de loyauté des suivants du monarque. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce récit, et tout autant à le suivre, peut-être parce que je n’étais pas préparé à cette satire où se mêlent éléments historiques et éléments fantasmés, et je tâcherai de la relire, dans quelques mois ou années, après qu’elle aura un peu reposé dans mon esprit.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
La Mort rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, — la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le progrès, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure.


Mon vote :

Citation:
Alors que la peste fait des ravages, le comte Prospero se décide à réunir un millier de ses amis dans « une de ses abbayes fortifiées », tout autant pour faire la fête que pour défier la maladie qui rôde à l’extérieur. Mais au bout du « cinquième ou sixième mois de sa retraite », l’ambiance change : est-ce à cause de cette angoissante horloge, ou de cette septième pièce où elle se trouve, plein ouest, « ensevelie de tentures de velours noir » ? Jusqu’à ce qu’un homme portant un certain masque rouge vienne faire éclater cette bulle fortifiée… Une excellente nouvelle, à l’atmosphère particulièrement bien étayée, où le côté angoissant intervient vite, d’ailleurs bien plus à l’intérieur de l’abbaye qu’à l’extérieur puisque cette histoire d’horloge instaure rondement cette chappe de doute et de prémonition du pire, et l’intervention finale de ce personnage éthéré achève le récit sur une note fantasmagorique bienvenue.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
En Angleterre, près de la Tamise, une nuit d'octobre sous le règne d'Édouard III, deux matelots, Legs et Hugh Tarpaulin, se saoulent dans l'insalubre taverne du « Joyeux Loup de mer ».

Ivres et sans le sou, ils décident de partir sans payer ce qui leur vaut d'être poursuivis par la tavernière. En fuite, ils arrivent dans des quartiers condamnés par ordre royal à cause de la Peste et vont se réfugier dans un atelier de pompes funèbres.

Dans l'atelier ils rencontrent six personnages étranges, en réunion autour d'une table constellée d'alcools. Invités à se joindre aux convives (Roi Peste Ier, Reine Peste, Sa Grâce l'Archiduc Pest-Ifère, Sa Grâce le duc Pest-Ilentiel, Sa Grâce le duc Tem-Pestueux et Son Altesse sérénissime l'Archiduchesse Ana-Peste), leur grossièreté vexe profondément les hôtes qui vont chercher à les punir.


Mon vote :

Citation:
… ou le récit de deux matelots, Legs et Hugh Tarpaulin, en viennent à s’aventurer dans un quartier normalement interdit – car la peste y sévit – pour échapper à leurs poursuivants après un acte de grivèlerie et tombent sur un repas où se trouve une assemblée de six personnages aussi détonants qu’inquiétants. Un récit marqué à mes yeux par l’incroyable qualité des descriptions physiques (d’abord celles des deux marins, puis des six convives), mais aussi par les formulations quant à l’alcool qui transforme ses consommateurs en fous furieux et en grossiers personnages. Mais la fin, à mon goût assez banale et manquant du panache et du gothisme fantastique qui en caractérisent pourtant le début, m’a profondément déçu.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
« Hâtons-nous d'aller aux remparts, dit Abel-Phittim à Buzi-ben-Lévi et à Siméon le pharisien, le dixième jour du mois Thammuz, en l'an du monde trois mille neuf cent quarante et un ; hâtons-nous vers les remparts qui avoisinent la porte de Benjamin, qui est dans la cité de David, et qui dominent le camp des incirconcis. C'est la dernière heure de la quatrième veille, et voici le soleil levé ; et les idolâtres, pour remplir la promesse de Pompée, doivent nous attendre avec les agneaux des sacrifices. » Siméon, Abel-Phittim et Buzi-ben-Lévi étaient les Gizbarim, ou sous-collecteurs de l'offrande, dans la cité sainte de Jérusalem. « En vérité, répliqua le pharisien, dépêchons-nous ; car cette générosité dans les païens est chose rare, et l'infidélité a toujours été un attribut des adorateurs de Baal. Qu'ils soient infidèles et trompeurs, cela est aussi vrai que le Pentateuque, dit Buzi-ben-Lévi, mais c'est seulement envers le peuple d'Adonaï. Quand a-t-on vu que les Ammonites fussent infidèles à leurs propres intérêts ?

Mon vote :

Citation:
Une nouvelle qui commence avec un trio composé d’Abel-Phittim, Buzi-ben-Lévi et Siméon le pharisien, en l’an 3941, et où il sera question d’un panier descendu du haut des remparts vers les Romains et… Bon, je ne vais pas spoiler la fin, histoire de conserver le suspense, mais ce récit (particulièrement court) est bouffon en diable, peut-être saturé de références et autres indications religieuses, philosophiques et historiques, mais l’ensemble ne m’a vraiment pas emballé. C’est peut-être très savant, je ne dis pas, mais tout m’est apparu trop dense, trop fouillis presque, et la chute, qui devait en constituer le clou, ne m’a arraché qu’un sourire, uniquement indulgent en raison de ma profonde inclination pour Edgar Allan Poe et son œuvre. Bref, ç’aura été pour moi une incroyable déception.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Que le cas extraordinaire de M. Valdemar ait excité une discussion, il n’y a certes pas lieu de s’en étonner. C’eût été un miracle qu’il n’en fût pas ainsi, – particulièrement dans de telles circonstances. Le désir de toutes les parties intéressées à tenir l’affaire secrète, au moins pour le présent ou en attendant l’opportunité d’une nouvelle investigation, et nos efforts pour y réussir ont laissé place à un récit tronqué ou exagéré qui s’est propagé dans le public, et qui, présentant l’affaire sous les couleurs les plus désagréablement fausses, est naturellement devenu la source d’un grand discrédit.


Mon vote :

Citation:
… ou l’expérience de magnétisme pratiquée par le savant P… sur le corps à peine décédé d’Ernest Valdemar. Une nouvelle sombre et fantastique, où ce qui m’a le plus frappé, peut-être plus que la chute, est l’angle d’Edgar Allan Poe pour décrire les gestes du narrateur : précis, médicaux, presque naturalistes et chirurgicaux. Une minutie qui rend d’autant plus troublante cette expérimentation occulte.
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Le Corbeau (titre original : The Raven) est un poème narratif de l'écrivain américain Edgar Allan Poe, qui compte parmi les textes les plus forts de ce poète, établissant sa réputation dans son pays et en Angleterre. Il paraît pour la première fois le 29 janvier 1845 dans le New York Evening Mirror. D’une grande musicalité et à l'atmosphère irréelle, obéissant à une métrique stricte, le poème raconte l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, qui se lamente sur la mort de son amour, Lenore. Un corbeau perché en haut de sa porte répète inlassablement "Jamais plus". La répétition de ces mots plonge le narrateur dans un désarroi si fort qu'il sombre dans la folie. Le poème utilise un grand nombre de références classiques et folkloriques.


Mon vote :

Citation:
Un poème que j’avais beaucoup apprécié quand j’étais adolescent et que je viens de retrouver avec enchantement. Ou comment un individu, brisé par le deuil avec sa chère Lénore, en vient à faire la sinistre rencontre avec un corbeau, dont les seuls mots qu’il sait prononcer (« Jamais plus » en français, « Nevermore » en anglais) le feront passer par un enchaînement d’émotions contradictoires, jusqu’au final. Une plume superbe, traduite magnifiquement par Charles Baudelaire, menant vers des rivages très imagés où se côtoient mélancolie, souvenir, désespérance et folie. Quelle beauté !
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MessagePosté le: Mar Juin 09, 2020 5:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Un mot d'abord, mon Una, relativement à la condition générale de l'homme à cette époque. Tu te rappelles qu'un ou deux sages parmi nos ancêtres, sages en fait, quoique non pas dans l'estime du monde, avaient osé douter de la propriété du mot Progrès, appliqué à la marche de notre civilisation. Chacun des cinq ou six siècles qui précédèrent notre mort vit, à un certain moment, s'élever quelque vigoureuse intelligence luttant bravement pour ces principes dont l'évidence illumine maintenant notre raison, insolente affranchie remise à son rang, principes qui auraient dû apprendre à notre race à se laisser guider par les lois naturelles plutôt qu'à les vouloir contrôler. A de longs intervalles apparaissaient quelques esprits souverains, pour qui tout progrès dans les sciences pratiques n'était qu'un recul dans l'ordre de la véritable utilité. Parfois l'esprit poétique, cette faculté, la plus sublime de toutes, nous savons cela maintenant, puisque des vérités de la plus haute importance ne pouvaient nous être révélées que par cette Analogie, dont l'éloquence, irrécusable pour l?imagination, ne dit rien à la raison infirme et solitaire, parfois, dis-je, cet esprit poétique prit les devants sur une philosophie tâtonnière et entendit dans la parabole mystique de l'arbre de la science et de son fruit défendu, qui engendre la mort, un avertissement clair, à savoir que la science n'était pas bonne pour l'homme pendant la minorité de son âme.


Mon vote :

Citation:
… ou la conversation entre Monos et Una, amoureux désormais réunis par-delà la mort, tandis que Monos décrit en détails les sensations et autres perceptions qu’il a ressenti sur le seuil du trépas, juste après, puis son arrivée dans les limbes. Un texte élégant, au charme suranné, intelligemment écrit, mais qui m’a laissé assez froid, me laissant presque d’un bout à l’autre étranger à ce dialogue, comme si je n’avais pas été convié à cette discussion et dont les échanges, lointains et intrinsèquement étrangers à ma personne, ne me concernaient pas.
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MessagePosté le: Dim Juin 21, 2020 6:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Je n’ai jamais connu personne qui eût plus d’entrain et qui fût plus porté à la facétie que ce brave roi. Il ne vivait que pour les farces. Raconter une bonne histoire dans le genre bouffon, et la bien raconter, c’était le plus sûr chemin pour arriver à sa faveur. C’est pourquoi ses sept ministres étaient tous gens distingués par leurs talents de farceurs. Ils étaient tous taillés d’après le patron royal, – vaste corpulence, adiposité, inimitable aptitude pour la bouffonnerie. Que les gens engraissent par la farce ou qu’il y ait dans la graisse quelque chose qui prédispose à la farce, c’est une question que je n’ai jamais pu décider ; mais il est certain qu’un farceur maigre peut s’appeler rara avis in terris.


Mon vote :

Citation:
… où il est question du bouffon d’un roi, Hop-Frog, à la fois amuseur de ce monarque aux plaisirs grossiers, boiteux et nain, ami d’une autre naine, Tripetta, qui décide à son public constitué du monarque et de sept de ses ministres, de leur faire la démonstration d’une représentation où l’auditoire est partie prenante après un geste d’exaspération du tyran. Une nouvelle savoureuse, riche en symboliques diverses (j’ai lu ensuite l’article de Wikipédia qui m’a éclairci sur quelques points probablement autobiographiques de l’histoire), et imparable du point de vue du déroulement et de la mise en scène, particulièrement visuelle.
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MessagePosté le: Dim Juin 21, 2020 6:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
C’était une froide après-midi de novembre. Je venais justement d’expédier un dîner plus solide qu’à l’ordinaire, dont la truffe dyspeptique ne faisait pas l’article le moins important, et j’étais seul, assis dans la salle à manger, les pieds sur le garde-feu et mon coude sur une petite table que j’avais roulée devant le feu, avec quelques bouteilles de vins de diverses sortes et de liqueurs spiritueuses. Dans la matinée, j’avais lu le Léonidas, de Glover ; l’Epigoniade, de Wilkie ; le Pèlerinage, de Lamartine ; La Colombiade, de Barlow ; la Sicile, de Tuckermann, et les Curiosités, de Griswold ; aussi, l’avouerai-je volontiers, je me sentais légèrement stupide. Je m’efforçai de me réveiller avec force verres de laffite, et n’y pouvant réussir, de désespoir j’eus recours à un numéro de journal égaré près de moi. Ayant soigneusement lu la colonne des maisons à louer, et puis la colonne des chiens perdus, et puis les deux colonnes des femmes et apprenties en fuite, j’attaquai avec une vigoureuse résolution la partie éditoriale, et, l’ayant lue depuis le commencement jusqu’à la fin sans en comprendre une syllabe, il me vint à l’idée qu’elle pouvait bien être écrite en chinois ; et je la relus alors, depuis la fin jusqu’au commencement.


Mon vote :

Citation:
… ou comment un homme (le narrateur), tombé par hasard dans un journal sur une mort absurde, en vient à injurier ce journaliste et réfuter la réalité du fait. C’est alors qu’apparaît un être étrange, « L’Ange du bizarre », fermement décidé à lui montrer à la fois sa puissance de nuisance et l’existence concrète d’une forme de poisse qui peut s’abattre sur les individus. Une nouvelle qui mêle fantastique et humour, assez débridée, mais qui a deux écueils à mon avis : une idée fort sympa desservie par une surabondance d’éléments bouffons, voire grotesques, et les mots déformés prononcés par la créature (extraits : « il vaut gué phus zoyez zou gomme ein borgue, bur ne bas me phoir gan dche zuis azis isi à godé te phus » ou « guelle phile esbesse de vaguin mal ellefé haites-phus tongue, bur tementare à ein tchintlemane et à ein anch z’il vait tes avaires ») qui deviennent vraiment soûlants, car il y en a pléthore.
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MessagePosté le: Dim Juin 21, 2020 6:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
Le narrateur est jugé coupable par l'Inquisition espagnole de Tolède d'un crime non divulgué et se retrouve enfermé dans une cellule plongée complètement dans l'obscurité. Il s'évanouit en essayant de délimiter la taille de la pièce en longeant ses murs. Quand il se réveille, il se rend compte, en manquant tomber dedans, qu'un puits large et profond se trouve au milieu de la pièce.


Mon vote :

Citation:
… ou le récit d’un homme, à Tolède, condamné par l’Inquisition, et qui va vivre un véritable cauchemar. La fatigue, la faim, la soif, les rats, les questionnements incessants, bien évidemment, mais également des pièges – très raffinés – imaginés par ses geôliers et bourreaux, pour le torturer plus psychologiquement que physiquement. D’ailleurs, moi qui pensais de prime abord que le titre était purement symbolique, en fait, il n’en est rien : je laisse le soin aux lecteurs de découvrir en quoi consiste les deux des trois principales techniques d’élimination (la première n’étant à mes yeux que d’un intérêt banal) qui sont à la fois très visuelles et diablement originelles pour l’époque (elles ont d’ailleurs été à plusieurs reprises été réexploitées par le cinéma depuis). Et toujours la langue de l’écrivain, remarquable pour sublimer le côté anxiogène de ses récits. Un bémol cependant : la fin, trop en décalage avec le ton global du texte.
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MessagePosté le: Dim Juin 21, 2020 6:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Citation:
La musique, dit Marmontel, dans ces Contes Moraux que nos traducteurs persistent à appeler Moral Tales, comme en dérision de leur esprit, la musique est le seul des talents qui jouisse de lui-même ; tous les autres veulent des témoins. Il confond ici le plaisir d'entendre des sons agréables avec la puissance de les créer. Pas plus qu'aucun autre talent, la musique n'est capable de donner une complète jouissance, s'il n'y a pas une seconde personne pour en apprécier l'exécution. Et cette puissance de produire des effets dont on jouisse pleinement dans la solitude ne lui est pas particulière ; elle est commune à tous les autres talents. L'idée que le conteur n'a pas pu concevoir clairement, ou qu'il a sacrifiée dans son expression à l'amour national du trait, est sans doute l'idée très-soutenable que la musique du style le plus élevé est la plus complètement sentie quand nous sommes absolument seuls.


Mon vote :

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Un texte plaisant où le narrateur, porté sur la contemplation en vient à découvrir une île autour de laquelle passe une femme aux allures de fée dans une embarcation. Des réflexions sur ce qu’est la beauté, notamment dans les arts, avant qu’il ne vienne à nous conter son expérience d’admiration où les ombres et leur pouvoir vont avoir leur importance. Je ne suis pas certain que cette nouvelle me marquera, néanmoins, j’en ai apprécié la lecture.
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