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Dedans ce sont des loups - Stéphane Jolibert (Le Masque)
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Lun Jan 04, 2016 11:43 pm    Sujet du message: Dedans ce sont des loups - Stéphane Jolibert (Le Masque) Répondre en citant

Dedans ce sont des loups, premier roman prometteur de Stéphane Jolibert, paraîtra le 6 janvier aux Editions du Masque.






Le livre :

Un premier roman noir aux confins du Grand Nord, inspiré de Richard Brautigan et de Jim Harrison.

Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel.
Nul ne sait à qui appartiennent les lieux mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts.

Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs.
Dès lors, tandis que la neige efface le moindre relief du paysage.
Tandis que la beauté de Sarah chamboule son quotidien.
Tandis que le vieux Tom lui raconte le temps où les loups tenaient les chiens à distance.
L’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.



>> Lire un extrait



L'auteur :


Stéphane Jolibert a grandi au Sénégal et a étudié à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne avant de bourlinguer de longues années du côté du Pacifique Sud où il exerça le métier de directeur artistique.
Il s’établit à Paris à la fin des années 2000, il y enseigne la communication visuelle et la sémiologie de l’image.
Il y rencontre celle qui deviendra sa femme, y rencontre également l’envie d’écrire.
Il vit et travaille aujourd’hui quelque part près de la Belgique.
Dedans ce sont des loups est son premier roman.



_________________
« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy


Dernière édition par norbert le Sam Fév 13, 2016 12:02 am; édité 2 fois
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Le Juge Wargrave
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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Mer Jan 06, 2016 11:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

La couverture est magnifique.
Très tenté par ce premier roman.
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Jan 06, 2016 12:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pareil, j'adore la couverture.
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thibe
Meurtrier


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La Ligne Noire

MessagePosté le: Mer Jan 06, 2016 2:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Acheté il y a 20 minutes (et je n'avais pas vu vos messages!)
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Le Juge Wargrave
Ishigami le Dharma


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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Mer Jan 06, 2016 5:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

thibe a écrit:
Acheté il y a 20 minutes (et je n'avais pas vu vos messages!)


Bonne lecture, tu nous diras si ça vaut le coup. Wink
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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thibe
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La Ligne Noire

MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2016 9:09 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le Juge Wargrave a écrit:
thibe a écrit:
Acheté il y a 20 minutes (et je n'avais pas vu vos messages!)


Bonne lecture, tu nous diras si ça vaut le coup. Wink


Ma PAL compte une bonne centaine de bouquins... il n'est pas au-dessus mais promis, j'en parlerai quand je l'aurai lu (mais ce ne sera pas dans les semaines à venir)
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holden
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Jan 08, 2016 11:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

je vais me le faire
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lisez ce vous voulez . . .

http://unwalkers.com
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Jan 10, 2016 1:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique du blog Au bordel culturel :

Citation:


Le froid. La neige.
Un paysage enneigé huit mois sur douze.
Un lieu où il faut attendre que la neige fonde pour pouvoir enterrer les cadavres.
Et des cadavres, il y en a.
Un lieu, sans doute, au-delà de la frontière septentrionale, où la nature est tellement hostile que seuls les natifs y vivent.
Eux, des criminels en cavale et douze prostituées.
Pas une de plus, pas une de moins.
Le centre de leur vie ? Le Terminus.
Un hôtel qui appartient à un mystérieux propriétaire, tous comme les quelques commerces existants.
Nul ne connaît l’identité de ce propriétaire anonyme et redouté.
Pourtant, ils lui doivent tous leur survie et le droit de libérer leurs pulsions.
Mais au Terminus, on ne touche pas aux filles.
Jamais, car ici, les différends se règlent tantôt à coups de poings, tantôt à coups de pétard.

Dans ce monde hostile, Nats fait consciencieusement son travail de garde-putes jusqu’au jour où il décide d’arrêter.
Un homme débarque alors, afin de prendre la relève.
Un homme au visage familier et avec qui remontent de nombreux souvenirs.
Pourtant, Nats n’est sûr qu’à quatre-vingt-dix pourcents qu’il s’agisse bien du même homme.
Les années sont passées.
Les vingt pourcents restants l’empêchent d’agir, mais Nats est avide de vengeance.
Le duel ne fait que commencer.

Avec ce premier roman, Stéphane Jolibert nous entraîne dans un western enneigé.
Sa plume – parfois féroce, parfois poétique – offre une intrigue entre mystère et suspense, menée d’une main de maître.
L’atmosphère est oppressante ; la violence ne demande qu’à se déchaîner.
L’image du loup en filigrane du récit, sans cesse présente, nous rappelle que l’homme reste un animal guidé par sa cruauté, ses impulsions et son instinct de survie, surtout lorsqu’il évolue en milieu hostile.
Pourtant, il y a aussi de la place pour l’amour, l’amitié et même une pointe de solidarité.

Un premier roman puissant, avec une galerie de personnages pour le moins singuliers.
A découvrir absolument !



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mar Fév 09, 2016 5:44 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Véronique de la Librairie Le Failler :

Citation:


Quelque part, dans le grand nord, entre Etats-Unis et Canada vit, ou survit, une curieuse communauté.
Beaucoup de ces gens ont échoué dans ce coin perdu enneigé huit mois sur douze à seule fin de se faire oublier de la justice.
Leur seul point de ralliement et de distractions est un établissement digne des meilleurs westerns: le Terminus, hôtel, bar et bien sûr, bordel.
Si personne ne sait qui en est le très mystérieux boss, tous savent qu'il y a des règles qu'il vaut mieux respecter au risque de terminer en casse-croûte pour les ours...
Les gêneurs ayant la faculté de disparaître promptement dans la plus grande « discrétion ».
Au milieu de cette faune abrutie de violence et de gnôle (distillée localement comme il se doit), vit Nats, garde-putes consciencieux paradoxalement épris d'équité voire de justice.
Mais comme les autres, Nats a un compte à régler avec le passé, un passé particulièrement douloureux qui refait brutalement surface.
L'arrivée de Sarah changera-t-elle le cours des choses ?
Y a-t-il de la place pour l'amitié, la solidarité et l'amour dans cette zone de non-droit où les poings et les colts font la loi ?

Stéphane Jolibert signe un premier roman particulièrement efficace qui prouve, s'il en était besoin, qu'il n'est point nécessaire d'être Américain pour écrire un bon roman noir où la nature tient une place prépondérante.
Dès les premières lignes on est pris par une atmosphère glaciale et oppressante portée par une écriture rapide qui suggère plus qu'elle ne décrit, laissant tous les champs libres à l'imagination.
Le danger peut surgir n'importe où, n'importe quand, pour n'importe qui, ne laissant aucun répit au lecteur, qui de toute façon n'en demande pas, trop heureux de savourer ce roman haletant, et parfois drôle, à la fin totalement imprévisible jusqu'à la dernière ligne.
Les personnages hauts en couleur (j'avoue une certaine sympathie pour Twigs la levrette, pathétique loser et parfait crétin) forment une galerie de portraits inquiétants et intrigants où les rares figures féminines apportent, enfin, un souffle d'humanité.
Tous se démènent avec leur propre histoire, souvent lourde, et leur survie parmi des congénères pour la plupart complètement désaxés dans une nature hostile et sans pitié où les loups – les vrais - rodent peut-être aussi...
Entre Jim Harrison et Ron Rash, une nouvelle plume à découvrir !






>> La chronique de Holden sur Unwalkers :

Citation:


Pas évident de tout lire, et impossible, parfois on est attiré par un titre qui sonne, on va voir la 4eme de couve, et go…
Il en est ainsi pour ce livre, et cela a très bien fonctionné, je n’ai pas été déçu ni déchu.
Blague à part, si déchu je dois être, j’irai au Terminus…

Kaléidoscope de chapitres qui nous tient en éveil, l’auteur parfois ne nous facilite pas la tâche pour savoir quand ou comment, et c’est parfait comme ça.
Plusieurs interlocuteurs sont là, la vie n’est pas simple ou ne l’a pas été pour eux.
J’aime cette écriture, qui contient peu de ponctuations et, sans qui, serait très proche de McCarthy.
La trame aussi.
Le Sud, le Nord, pas de lieu pour se repérer…
Des dialogues sans ouverture de guillemets ou autres, planqués dans la narration…

Violent comme un western de Sam Peckinpah, c’est jubilatoire, seul le Twiggs est là pour nous faire rire, voir éclater de rire parfois…

Play

Nats revient de loin, le dos en feu, le vieux John, aussi, Sarah, Sean, tous ont échoué dans ce lieu de perdition où seul le patron du Terminus fait la loi.
Un patron ou un loup ?
Stéphane Jolibert fera le pendant entre l’animal et l’humain, la différence entre chien et loup…

Nats, animé d’une vengeance qui le consume à 90% de certitude, nous ouvre les portes du Terminus, avec cette fureur qui caractérise le lieu.
Tension permanente d’une trame qui se déploie au fil des pages, le dénouement restera incertain, comme le style dixit l’irlandais…

Vous vous plaignez qu’il n’y a pas de neige dans les stations ?
Je vous invite à découvrir ce livre, où la blancheur est reine et où le roi est noir (ou l’inverse…).



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scarabe
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MessagePosté le: Mar Fév 09, 2016 11:58 am    Sujet du message: Répondre en citant

holden a écrit:
je vais me le faire



moi aussi Very Happy
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goudalier
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Fév 10, 2016 10:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

Lu et dévoré ! Un remarquable premier roman. L'écriture y est travaillée juste ce qu'il faut. Un contexte qui pourrait ne pas faire envie et pourtant, on aimerait être aux côtés de Nats et compagnie...
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MessagePosté le: Mer Fév 10, 2016 10:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

goudalier a écrit:
Lu et dévoré ! Un remarquable premier roman. L'écriture y est travaillée juste ce qu'il faut. Un contexte qui pourrait ne pas faire envie et pourtant, on aimerait être aux côtés de Nats et compagnie...


Bon, j'ai envie de dire tant mieux, parce que la couv est en plus tellement belle que ça aurait été dommage que le bouquin soit moyen. Je pense me le faire prochainement... Smile
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norbert
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MessagePosté le: Sam Fév 13, 2016 6:19 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Gwordia sur Adepte du livre :

Citation:


L’on oppose souvent l’humanité à l’animalité ou la bestialité.
Une réalité aujourd’hui galvaudée, si tant est qu’elle fût un temps d’actualité, que Stéphane Jolibert s’attache à faire éclater au grand jour, démontrant l’inversement définitionnel de ces concepts dans un premier roman sombre inscrit au programme de la rentrée littéraire d’hiver 2016, Dedans ce sont des loups.

Spécialiste de la communication visuelle et de la sémiologie de l’image ainsi que scénariste, c’est presque avec évidence que le primo-romancier use d’une écriture très imagée, qui s’anime sous les yeux du lecteur.
Avec une influence de la culture américaine manifeste, entre Faulkner et Leone ou Tarantino teintés de nature writing, Jolibert déroule son western du Grand Nord où santiags et Stetson ont été troqués contre Sorel Conquest (Moon Boot du grand froid) et ouchanka (nul rapport avec la Russie, juste plus élégant qu’une cagoule).

Il construit un no man’s land enneigé huit mois sur douze quelque part au-delà de la frontière septentrionale aux confins du monde civilisé, tellement inhospitalier que la seule population à s’y aventurer en dehors des rares autochtones est constituée de criminels en cavale et de prostituées.
Au milieu, le Terminus.
Ce clandé dans lequel se libèrent toutes les pulsions, appartenant comme tous les rares commerces du coin à une mystérieuse figure tutélaire que nul ne connaît mais que tous redoutent, leur survie dans ce bout du monde hostile reposant entre ces mains anonymes toutes puissantes.
Parce que dans cette contrée sauvage, les différends se règlent à coups de poings au mieux, à coups de revolvers au pire.
Et les cadavres de disparaître facilement, enneigés et dévorés par les ours, alors que la police, mise au pas, n’a aucun droit de regard sur cette bourgade où l’on exerce des activités aussi fantaisistes qu’hors la loi telles livreur de gnôle de distillerie clandestine, garde-putes ou fossoyeur de comptes réglés.

Et dans le fragile équilibre de cette sphère pour le moins particulière, va se jouer un duel, une obscure histoire de vengeance qui dessine l’inéluctable dénouement violent.

D’une plume tour à tour féroce et lyrique, l’auteur installe une intrigue entre mystère et suspense, parfaitement maîtrisée, prenante, à l’atmosphère oppressante tant tout risque de basculer à chaque instant dans ce trouble et étrange village.
Et au cœur de cette violence latente qui ne demande qu’à se déchaîner, l’amitié, l’amour, la solidarité…

Parce qu’on fond, de cette histoire qui rappelle si besoin était comme son titre l’indique que l’homme est un loup pour l’homme et surtout pour la femme – un parallèle avec une meute renaissante après avoir été décimée (par l’homme !) file superbement le récit – suinte, envers et contre tout désenchantement quant à l’humanité, l’inextinguible espoir immanent à la nature humaine.
En dépit de sa conscience, de sa pensée, l’homme reste un animal avec tout ce que cela implique de cruauté mais aussi d’instinct de survie, de préservation.
Des comportements impulsifs innés que l’auteur met superbement en scène, traduisant littéralement autant que métaphoriquement l’aphorisme de Tourgueniev selon lequel « on a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du côté de la forêt ».
Chassez le naturel, il revient au galop…

Véritable conteur de l’homme dans son essence la plus brut(e), Stéphane Jolibert érige son page-turner au rang de storytelling, passant par l’affectif – du cœur ou du ventre – pour mieux toucher la raison du lecteur.
Un mythe véritable narration de la société en son chaos et ode à la Nature rappelant que l’humain qui n’en finit pas de faire des ravages a oublié que la terre n’est pas sa propriété mais l’habitat de toutes les espèces dont il est l’unique cas à œuvrer pour détruire ce lieu et ses occupants.

Cette histoire originale et saisissante est servie par une galerie de personnages singuliers – dont les rares représentations féminines sont, dans un cadre dégoulinant de testostérone, forcément les archétypes de la femme vue par le macho -, un éventail de portraits hauts en couleurs qui fait figure d’échelle de l’humanisme sur laquelle l’auteur s’amuse à déplacer son stylo-curseur, n’oubliant jamais de surligner la nuance ténue entre le bien et le mal, parfois chez une même personne.

Avec ce premier roman puissant, brillamment maîtrisé dans son fond comme dans sa forme, venant après celui de Jérémy Fel Les loups à leur porte paru aux Éditions Rivages à l’occasion de la rentrée littéraire 2015, l’on se plaît à imaginer qu’on assiste à l’avènement confirmé d’une nouvelle scène littéraire française se définissant par la pleine intégration des forces du thriller américain et du roman noir français.
Intensément recommandé… sauf aux âmes chastes et sensibles.



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MessagePosté le: Ven Fév 26, 2016 6:29 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Laurent Greusard sur K-libre :

Citation:

Sensations pures


Il est utile parfois de renverser les perspectives.
On connait tous le proverbe "L'homme est un loup pour l'homme", un poème qui est le plus souvent injurieux pour le loup.
Stéphane Jolibert nous propose une autre version : dans une meute, un loup dominant, certes, commande, mais il ne dirige pas pour lui, mais pour le bien-être de la meute.
Tous se plient à cette loi car elle est garante de l'ordre social.
Certains préfèrent devenir des chiens, se domestiquer ou se civiliser, ce qui revient à dire qu'ils préfèrent perdre l'intérêt du collectif.

Avec Dedans ce sont des loups, l'auteur nous emmène dans le Grand Nord.
Dans des régions si froides que lorsque vient l'hiver il est impossible d'enterrer les cadavres et que l'on se contente de les enfermer dans des sacs que l'on accroche sur les toits - pour éviter que les rôdeurs ne viennent se servir.
Il existe une industrie liée aux bois et Le Terminus, un gigantesque hôtel qui sert de supermarché, de bordel et de lieu de rendez-vous pour tout le monde.
Entre les prostituées et les ivrognes, il faut un homme ayant les pieds bien sur terre pour préserver la paix.
Cet homme, c'est Nats.
Un homme qui commence à trouver son équilibre entre son métier et Sarah la rousse, une jeune étudiante, venue de la grande ville voir son oncle, le vieux Tom, un bouilleur de cru local, vieux sage qui a pris sous son aile Nats et d'autres villageois.
Autour d'eux des figures marquent la ville à l'instar de Twigs la Levrette, garagiste et chargé d'enterrer les corps ou encore Leïla, une prostituée...
Au-dessus, un mystérieux inconnu qui gère, en mafieux local, toutes les activités de la région et est le propriétaire de toutes les affaires légales ou non.
Tout cet univers, qui oscille entre le roman noir et le western, va soudain risquer d'éclater lorsqu'arrive Sean.
Ce dernier semble avoir envie de détruire l'équilibre local à son propre bénéfice, et Nats voit en lui un homme qu'il a croisé avant, dans sa vie d'homme du Sud, d'homme du chaud.
Il n'en est pas sûr mais s'il s'avère qu'il a raison, alors il faut sacrément se méfier de ce Sean.

Stéphane Jolibert réussit cette première incursion à la fois dans l'écriture longue et dans le roman noir.
Basé sur un décor esquissé - des montagnes, une nature hostile, des animaux carnassiers et de la neige qui recouvre et masque à peu près tout ce qui s'y trouve, il centre son intrigue autour de quelques personnages cabossés par la vie et qui survivent dans une sorte d'équilibre précaire.
Twigs, en ivrogne qui perd les cadavres qu'il doit enterrer, ajoute une petite dose de grotesque qui aide au bon fonctionnement de l'ensemble.
Des moments de tendresse, d'humanité, ponctuent des scènes plus noires et lourdes en un subtil contrepoint.
La morale, qui tourne autour de l'idée qu'il vaut mieux être une meute humaine ensemble que des individus qui s'entre-déchirent, est amenée par certains personnages et quelques paragraphes autour d'un vieux loup mourant qui rôde autour du village, et rappelle qu'un vrai polar en milieu rude, un vrai western, une vraie humanité, c'est avant tout, un rapport sain et honnête avec la nature.



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MessagePosté le: Lun Avr 18, 2016 9:00 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bob Polar sur Bob Polar Express :

Citation:

TERMINUS, TOUT LE MONDE DESCEND ! BANG !


Le Grand Nord. Le Terminus.
Si l'on dit je vais au Terminus, nul ne doutera que c'est pour s'enivrer, se taper une pute ou chercher un job.
Parfois les trois à la fois.
Natsume y a bossé en arrivant dans cet endroit qui héberge un tas d'individus sans foi ni loi.
Sean l'a remplacé.
Il aime ça, se défouler avec les poings sur les clients trop imprudents et, pour ne pas perdre la main, sur sa petite famille.
Quant au vieux Tom, qui a perdu ses jambes, il fait chauffer son alambic pour fournir leur came aux ivrognes.
Dans ce contexte plutôt pesant, au milieu de ce nulle part en grande partie bloqué par les frimas, cherchant à reformer sa meute, le loup erre.


Mon dernier contact en tant que lecteur avec le loup fut celui de Herman Hesse.
Ça date.
Je me suis laissé tenter par ce premier roman de Stéphane Jolibert qui m'a été vivement conseillé – et par quelques glapissements médiatiques prometteurs.
Si la civilisation semble ne pas avoir eu de prise sur cette contrée, cela convient parfaitement à tous ceux qui y posent leurs fesses et y évacuent leurs ardeurs.
C'est le cas de Sean.
Nats, qui fait office de livreur pour Tom, avait pointé du doigt ce trou du cul du monde, guidé qu'il était par une mission.
Il traîne toujours ses stigmates.
Son passage au Terminus en tant que gardien des prostitués est de nature à nous révéler sa personnalité.
La rudesse du climat, l'isolement, la proximité avec la nature, lui conviennent à merveille.
Son affection pour Leïla, l'une des douze locataires du Terminus, puis son amour pour Sarah vont sensiblement perturber ses convictions.


La prégnance du loup dans le récit offre à ce texte sa substantifique moelle.
Le loup qui erre se contenterait d'une moelle non substantifique, d'un os sans moelle, car il crève la dalle, il a les crocs.
La meute, quant à elle, bâfre.
Le loup qui erre est tout à sa quête de nourriture, de survie.
La meute copule.
Les chiens n'ont pas leur place ici.
Le loup Alpha en a décidé ainsi.
Nats est le seul à entendre le loup qui erre, s'approchant de la maison.
Sa perception serait-elle hallucinée ou bien n'est-elle pas plutôt proche de sa lourde réalité ?


Dedans ce sont des loups est un roman d'atmosphère, western nordique, en cela qu'il projette ses personnages dans un cadre de vie rude et brutal.
Sans situation géographique ni temporalité, dans cet espace clos cerné par la neige, les tensions y sont exacerbées, entraînant le déchaînement d'actes abjects - les cadavres jetés dans la nature et seulement enneigés - ou des pulsions fantaisistes – le petit cadeau que s'offre Twigs la Levrette (quel est le coquin de lecteur qui a trouvé illico ?).
Il est bien entendu que c'est Nats avec ses doutes et ses atermoiements qui nous intéresse au premier plan.
Mais qui est ce patron anonyme et si directif du Terminus ?
La place des femmes dans le récit est observée avec justesse.
Putes ou femme battue, elle subissent encore et toujours mais l'espoir de lendemains moins sombres subsiste.
Seule Sarah et sa volonté de bousculer les limites nous offre une parenthèse lumineuse.


Chaque lecteur trouvera peut-être le loup qui est en lui.
En tous les cas, Stéphane Jolibert a engendré un objet littéraire qui nous procure un certain vertige, une réaction salutaire qui ne peut reposer que par la qualité de son récit.



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