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Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre (Rivages)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Jan 12, 2017 1:50 pm    Sujet du message: Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre (Rivages) Répondre en citant

Après notamment L'Homme aux lèvres de saphir, Les Coeurs déchiquetés et Après la guerre, Hervé Le Corre fait son grand retour avec Prendre les loups pour des chiens, qui vient de paraître chez Rivages.






Le livre :

Après avoir purgé cinq ans pour un braquage commis avec son frère Fabien, Franck sort de prison.
Il est hébergé par les parents de Jessica, la compagne de Fabien.
Le père maquille des voitures volées, la mère fait des heures de ménage dans une maison de retraite.
Et puis il y a la petite Rachel, la fille de Jessica, qui ne mange presque rien et parle encore moins.
Qu'a-t-elle vu ou entendu dans cette famille toxique où règnent la haine, le mensonge et le malheur ?

Dans une campagne écrasée de chaleur, à la lisière d'une forêt angoissante, les passions vont s'exacerber.
Entre la dangereuse séduction de Jessica, l'absence prolongée de Fabien et les magouilles des deux vieux, Franck est comme un animal acculé par des loups affamés.

Dans le prolongement stylistique des Cœurs déchiquetés, ce nouveau roman d’Hervé Le Corre saisit par son atmosphère et la force de ses personnages, ancrés dans un paysage angoissant, propice à l’épanouissement de passions vénéneuses. Entre le « country noir » des Américains et le roman noir du terroir à la française, Le Corre fait entendre sa voix inimitable.




« Une prose limpide, sèche, qui vous transperce d'émotion. » Michel Abescat - Télérama




L'auteur :

Hervé Le Corre débute à la Série Noire avec trois romans remarqués, puis il publie chez Rivages L'Homme aux lèvres de saphir (Prix Mystère de la Critique), qui le révèle à un large public.
Les Coeurs déchiquetés (Grand Prix de Littérature Policière) puis Après la guerre (Prix du Polar européen du Point) l'imposent comme un auteur de tout premier plan.



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« Les nouvelles sont à la littérature ce que la dégustation est à la gastronomie. »
Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.


Dernière édition par norbert le Dim Jan 29, 2017 4:30 am; édité 3 fois
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Hoel
Patrick Kenzie (modo)


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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Jeu Jan 12, 2017 2:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Norbert, j'ai voulu en parler, tu m'as devancé. Wink
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Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Jan 12, 2017 3:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hoel a écrit:
Merci Norbert, j'ai voulu en parler, tu m'as devancé. Wink


Arff, si j'avais su... Surtout qu'avec Rivages les résumés de 4 de couv complets et/ou exacts sont quasi introuvables sur le net, même sur leur site, donc encore une fois j'ai du... tout recopier à la main ! Twisted Evil Mr. Green
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scarabe
Serial killer : Leland Beaumont


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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Jeu Jan 12, 2017 7:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Poisseux. Un bon livre sûrement.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Jan 29, 2017 3:43 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur Actu du Noir :

Citation:

Hervé Le Corre, grand auteur de roman noir


Après l’excellent polar historique Après la guerre, Hervé Le Corre revient à notre époque avec le non moins excellent Prendre les loups pour des chiens.


Franck sort de prison.
Il s’attend à voir Fabien, son frère avec qui il a commis le braquage qui l’a envoyé au trou.
Et profiter avec lui de l’argent.
Mais c’est Jessica qui vient le chercher.
Jessica et ses yeux bleus gris qui semblent capter la lumière.
Jessica, la copine de son frère, qui lui annonce que Fabien est en Espagne pour affaires et qu’il rentrera dans une ou deux semaines.

En attendant, Franck peut loger dans une caravane, sur le terrain de la famille.
Une famille vénéneuse qui trempe dans des trafics louches.
Le père et la mère, hostiles, la très troublante jeune femme, et Rachel, sa fille, étrange gamine qui ne parle presque jamais.
Dans un no man’s land écrasé par la chaleur estivale, les choses ne peuvent que déraper.


Vous l’avez sans doute lu ici ou là sur les blogs qui ont déjà parlé de ce dernier roman d’Hervé le Corre, il touche ici à la quintessence du noir tel qu’on l’aime quand on aime Jim Thompson, David Goodis ou Harry Crews, pour n’en citer que trois.


Si l’on s’en tient au squelette de l’intrigue, on a tous les clichés : la femme fatale, le looser sortant de prison pris dans une situation à laquelle il ne comprend rien, le personnage (le frère) qu’on attend et qui n’apparaît jamais, l’environnement vénéneux …
Et la situation qui se dégrade inexorablement dès que le personnage principal essaie d’en sortir.


Des dizaines de polars sont construits sur ce schéma, beaucoup sont sans intérêt, quelques-uns - dont Prendre les loups pour des chiens - sont magnifiques.
Pourquoi ?
Ce n’est pas toujours facile à dire mais je peux avancer quelques pistes.
Et me risquer à mon tour à un cliché : l’écriture.


Parce qu’Hervé le Corre excelle dans la description de lieux étouffants (même en pleine nature), qu’il nous fait ressentir, dans notre chair, la chaleur étouffante, les moustiques, l’ennui, l’odeur des pins et de la terre surchauffée.
Parce que le contraste avec la fraicheur limpide d’une nuit près de la montagne est saisissant.


Parce que son personnage de Jessica, fantasme incarné, est inoubliable.
Ses yeux en particulier hypnotiques, fascinants et effrayants en même temps, vont regarder le lecteur un bon moment.
Parce que l’étrangeté de la gamine prend aux tripes ; et qu’il laisse, jusqu’au bout, des zones d’ombre et de mystère qui vont, longtemps après qu’il ait refermé le bouquin, hanter le lecteur.


Parce qu’il est capable de la plus profonde noirceur, qu’il sait magnifiquement rendre le sentiment d’une famille toxique, mais qu’il n’hésite pas à écrire, du fond de cette noirceur, des pages limpides et étincelantes qui amènent une lueur d’espoir et la possibilité d’une rédemption et d’une sortie.
Et parce qu’il ose terminer de façon ouverte, laissant à ses personnages, et au lecteur, le choix de leur avenir.


La seule chose qui me reste à dire est : Lisez absolument Prendre les loups pour des chiens.



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norbert
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MessagePosté le: Mer Mar 29, 2017 9:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Cédric Segapelli sur Mon Roman ? Noir et bien serré :

Citation:

HERVE LE CORRE : PRENDRE LES LOUPS POUR DES CHIENS.
LES HOMMES VIVENT AINSI.




Lorsque l’on me demande de citer quelques auteurs de polar français que j’apprécie, il me vient spontanément à l’esprit le nom d’Hervé Le Corre, dont l’écriture exceptionnelle se conjugue à la qualité d’intrigues originales qui se jouent toujours dans un contexte social déliquescent que cet écrivain s’emploie à dénoncer au travers d’un texte extrêmement abouti.
Parce qu’il se fait plutôt rare, la sortie de son nouvel ouvrage, intitulé Prendre Les Loups Pour Des Chiens, constitue donc un événement d’autant plus important que l’auteur était très attendu après la sortie de Après La Guerre, un grand roman d’envergure évoquant les contours obscurs de la guerre d’Algérie.


Frank n’a pas parlé et son frère Fabien est parvenu à s’enfuir avec le butin du braquage qu’ils ont commis ensemble. Frank n’a pas parlé et a purgé une peine de cinq ans. Pourtant Fabien n’est pas là pour l’accueillir à sa sortie et c’est sa compagne, Jessica qui le prend en charge pour le conduire chez ses parents. Le père bricole des voitures volées pour le compte d’un gitan tandis que la mère effectue quelques ménages dans une maison de retraite ainsi que d’autres jobs temporaires. Frank fait ainsi la connaissance d’une charmante petite famille de cas sociaux. Dans ce climat délétère, Jessica distille son charme sulfureux et son mal de vivre tout en s’en prenant régulièrement à sa fille Rachel, une jeune enfant mutique qui ne mange pratiquement rien. Entre la séduction de Jessica, les magouilles du père, les rancoeurs de la mère et un gitan hostile, Frank se retrouve rapidement comme un animal acculé, pris au piège. Et Fabien qui ne revient pas.


Surfant régulièrement sur la variété des thèmes propre aux romans noirs, Hervé Le Corre a opté, cette fois-ci, pour la mise en scène d’un drame contemporain se déroulant dans l’intimité d’un cadre familiale où le piège s’installe impitoyablement pour broyer les différents protagonistes.
Des hommes et des femmes prisonniers des liens qui les unissent et dont ils ne peuvent se défaire, à l’instar de Frank passant d’une prison à une autre forme d’enfermement pour s’empêtrer dans une inextricable logique de confrontations de plus en plus violentes qui semblent le dépasser.
Même s’il en a l’apparence, Prendre Les Loups Pour des Chiens s’éloigne résolument de ce fameux courant rural noir pour n’exploiter que l’atmosphère étouffante de ce coin de campagne brûlé par la chaleur estivale.
Un climat malsain, permettant à l’auteur de mettre en place les rouages d’une folie ordinaire qui se mue peu à peu en un véritable cauchemar sordide.
Hervé Le Corre n’a pas son pareil pour désagréger ainsi le quotidien de ses personnages afin de les bousculer avant de les mener vers la tragédie impitoyable du fait divers.
Et dans le registre de la femme fatale, c’est Jessica qui est le mieux à même d’incarner le titre du roman, extrait d’un poème d’Aragon, car au-delà du charme toxique dont elle abuse pour séduire Frank, la jeune femme draine un indéfinissable trouble que l’on décèle notamment dans les rapports tourmentés qu’elle entretient avec ses parents et sa fille Rachel.
Ainsi la trame de l’intrigue se noue autour cette relation houleuse qui s’instaure entre Frank et Jessica en les emportant vers une succession de confrontations toujours plus conflictuelles.


Ainsi Prendre Les Loups Pour Des Chiens se concentre essentiellement sur les interactions entre les différents personnages qui évoluent au gré d’une dramaturgie somme toute assez classique.
Néanmoins, on aurait tort de sous-estimer cette capacité de l’auteur à se démarquer des stéréotypes propre à ce genre de récit car avec cette écriture redoutable, Hervé Le Corre nous entraîne dans les vicissitudes de personnages qui se révèlent bien plus surprenants qu’il n’y paraissent.
C’est d’autant plus frappant que dans la banalité des scènes, l’auteur instille des éléments de tensions qui prennent de plus en plus d’ampleur pour nous emporter, sans qu’il n’y paraisse, vers un dénouement final qui se révèle extrêmement abrupt.
Et puis on se laisse rapidement séduire par un texte tout en maîtrise qui se dispense d’esbrouffe et d’artifice pour permettre au lecteur de se plonger dans ce fragile équilibre du verbe toujours bien calibré, précis et inspirant.


Résolument ancré dans l’incarnation du roman noir social, Prendre Les Loups Pour des Chiens dépeint cette frange des laissés-pour-compte qui se déchirent pour maintenir un semblant d’illusion se dissolvant dans la cruauté des ressentiments.
Ainsi, les chiens deviennent des loups féroces prêts à s’entretuer.



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Sep 03, 2017 8:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean Dewilde sur Jack Is Back Again :

Citation:

Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre



Franck, vingt-cinq ans, sort de prison après avoir purgé cinq ans pour un braquage commis avec son frère aîné Fabien.
Il n’a jamais avoué qui était son complice et espère ainsi retrouver Fabien et l’argent que ce dernier a dû dissimuler.
Il s’attendait à voir Fabien venir le chercher mais c’est sa petite amie Jessica qui se présente aux portes de la maison d’arrêt.
Un trajet de plusieurs heures dans la fournaise d’une Renault Clio surchauffée, quelques rares mots échangés.
Entre la jeune femme dont le lecteur devine qu’elle est à tout le moins lunatique et Franck, en manque de tout et les nerfs à vif, la tension est déjà palpable.


Nous sommes quelque part dans le Sud-Ouest, non loin de Saint-Symphorien, Langon ou Biscarosse.
Le lieu vers lequel Jessica emmène Franck est décrit de la plus belle des façons par celui-ci.

« Après être sortis de l’autoroute, à Langon, ils ont roulé sur une route de campagne au milieu d’une morne forêt de pins dont les têtes d’un vert sale luisaient au soleil. Par moments, des parcelles nues montraient le sable noirâtre, comme calciné, envahi ça et là d’ajoncs vert-de-gris. La chaleur était plus forte ici, sèche et poussiéreuse, et une odeur âcre de terre brûlée et de résine envahissait la voiture. Franck se demandait comment on pouvait habiter ici, loin de tout, et il eut peur de ce désert hérissé de troncs noirs d’où surgissait parfois un bosquet rond et touffu de chênes tassés les uns contre les autres, survivants sur un pré funèbre planté de hallebardes après une bataille. »


Un endroit désolé, hors du temps.
Pour sortir de la Clio, Franck devra attendre que Jessica éloigne Goliath, chien monstrueux noir à poils ras bosselé de muscles.
Le genre de bête dont on se demande ce qu’elles ont fait pour attirer la sympathie de leurs propriétaires.
Pour le coup, le monstre a été recueilli, ce qui ne le rend pas moins menaçant ou dangereux pour autant.


Après le chien, Franck fait la connaissance de Rachel, la fille de Jessica.
La fillette a huit ans, bientôt neuf.
Elle ne parle pas beaucoup, une taiseuse, sans contact avec des enfants de son âge.
Et puis, que pourrait-elle bien dire, entourée comme elle est ?
Car si sa mère semble lunatique, ses grands-parents ne présentent pas non plus toutes les garanties d’adultes responsables et équilibrés.
Le grand-père, Roland, retape des voitures volées pour les vendre à des collectionneurs, la grand-mère, Maryse, fait quelques heures de ménage dans une maison de retraite, le reste du temps, elle le passe à boire, fumer, tousser et gueuler.
Le décor est planté, magistralement.
Des personnages en lambeaux, rêches, tout en violence, sans amour.
Un huis clos à ciel ouvert.


La chaleur écrasante est un personnage à part entière de cette histoire, tant elle maltraite, foule aux pieds et agresse jour et nuit les organismes qui ne parviennent à aucun moment à desserrer l’étreinte de cette gangue torride.

« … Un tracteur antique, son capot déteint cuisant sous le cagnard, avec des rougeurs pénibles de coup de soleil, une herse aux longues pointes envahies par des liserons… ». « …Pneus crevés ou entassés au milieu des ronciers. Le ciel était blanc, aveuglant, métal brûlant pulvérisé sur ces amas de ferraille ».

Franck a le privilège de dormir au milieu de ce décor de fin du monde dans une minuscule caravane chauffée à blanc posée sur des parpaings.


Quand elle est venue le chercher à sa sortie de prison, Jessica n’a pas dit grand-chose à Franck de son frère Fabien, hormis le fait qu’il était en Espagne depuis quelques semaines et pour quelques semaines encore.
Les affaires, a-t-elle dit.
Franck s’est contenté de cette explication d’autant qu’elle est la petite amie de son frère.
Mais depuis qu’il a débarqué, son frère est absent des conversations et il s’en étonne ; sans moyen pour le contacter, il s’en remet à cette famille d’accueil qui ne fonctionne que par à-coups : à coup d’insultes, à coup de cris, à coup de gnôle, à coup de coups.
Pire, Roland, le père, duplice et fourbe, l’embrigade dans la livraison d’une BMW, pas vraiment la meilleure idée quand on vient de sortir de taule.


En attendant le retour de Fabien, Franck s’efforce de composer avec ce qu’il doit bien appeler sa belle-famille.
De temps à autre, il bricole avec Roland dans sa grange-atelier, davantage pour passer le temps que par envie.
Avec Maryse, la mère, la seule chose qui passe entre eux, c’est la haine et ce depuis le premier regard échangé.
Jessica, elle, est violente, névrosée, en proie à des pulsions sexuelles à assouvir dans l’urgence.
Un fameux panier de crabes.


Rachel, personnage-clé car elle incarne l’innocence, focalise l’attention et le lecteur a l’envie qu’elle au moins s’en sorte.
Maladroitement, parce qu’il ne connaît ni les codes ni les mots, Franck tente d’établir une relation avec la fillette ; il le fait sans calcul, sans arrière-pensée, simplement pour rendre le quotidien de l’enfant un peu plus léger, le sien aussi sans doute.
Peu à peu, il prend conscience que Rachel n’a plus peur de rien et quand un enfant n’éprouve plus ce réflexe salvateur, c’est qu’il en a trop vu et trop entendu.
Mais qu’a-t-elle vu et entendu pour porter avec autant d’aisance ce masque d’impassibilité ?


C’est pourtant dans sa relation avec Rachel, tout incertaine et fragile qu’elle soit que, que Franck pourrait puiser une énergie positive, il y a à la fois rien et tant de choses à sauver.


Hervé Le Corre aime et surtout s’entend à créer des atmosphères oppressantes et anxiogènes.
Prendre les loups pour des chiens est dans cette veine.
Un cadre désolé, quasi figé par la canicule, des personnages toxiques, haineux et brutaux, incapables de la moindre bienveillance et une intrigue forcément sombre.
Un vrai roman noir.
J’oublie de mentionner Goliath, le monstre canin dont l’apparition régulière et imprévisible au fil des pages vous donnera à chaque fois des sueurs froides.


Je ne vous parle pas de l’écriture, tout amateur de noir et de littérature connaît l’immense talent de l’auteur.
Rien que le titre est somptueux et prend toute sa signification au fur et à mesure que le lecteur avance dans le roman.



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