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Polars Pourpres

La Nature des choses, de Charlotte Wood

 
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El Marco
Charlie "Bird" Parker (modo)


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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Mer Sep 12, 2018 4:36 pm    Sujet du message: La Nature des choses, de Charlotte Wood Répondre en citant



Citation:
Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien.
Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges.
Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller.
Un jour, la nourriture vient à manquer.
Pour elles comme pour eux.
Et les proies se changent en prédatrices.
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El Marco
Charlie "Bird" Parker (modo)


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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Mer Sep 12, 2018 4:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ma chronique sur Polars Pourpres :

Citation:
De nos jours, dix femmes sont retenues prisonnières dans le désert australien. Trois geôliers pour veiller sur elles : Boncer, Teddy et Nancy. Aucune d’entre elles ne sait pourquoi on les a enlevées ni pour quelle raison elles sont ainsi captives du bush. Une seule certitude : un certain Hardings doit venir. Mais dans cette promiscuité poisseuse et délétère, il se peut que la folie vienne chambouler les pièces posées sur l’échiquier.

Ce premier ouvrage de Charlotte Wood frappe fort. Très fort. Dès les premières pages, et jusqu’à l’épilogue, le lecteur est tenu en haleine. Le degré d’empathie et de sympathie qu’il peut ressentir à l’égard de ces malheureuses victimes, têtes d’un bétail humain séquestré au milieu de nulle part, est exacerbé par le fait que nul ne connaît les raisons de ces enlèvements et claustrations, si bien que tout un chacun peut s’imaginer à la place de ces femmes. L’atmosphère y est bien évidemment lourde, anxiogène, pestilentielle. Ce huis clos s’accompagne nécessairement des tracas, qui deviennent rapidement de terribles tourments, comme le manque d’hygiène, la soif, les envies d’évasions. Et surtout la faim. Car, lorsque les denrées vont venir à manquer, il va bien falloir trouver un moyen de se sustenter. Yolanda apprendra à manier les pièges – quitte à s’en servir comme d’un fléau d’arme pour éloigner un importun, à attraper des lapins et les décortiquer pour qu’ils deviennent la nourriture ordinaire, d’où cette énigmatique image de couverture du roman. Verla sera la proie de songes étranges, souvent en rapport avec un mystérieux « cheval de lune » et se fera une spécialité de la cuisine de champignons. Hetty acceptera un commerce obscène, non sans monter au front accompagnée d’une poupée prénommée « Rançon » et créée de cheveux et de peaux d’animaux. Cet opus de Charlotte Wood est une véritable révélation, d’une rare intelligence, avec ses successions savoureuses et barbares de métaphores et de symboles quant à la féminité, l’espérance, l’humanité, la démence, l’animalité. Les mots de l’écrivaine sont également rêches, abrupts, désespérés, désespérants. Un banquet de mots et de maux, et autour de cette ample table, de pauvres proies, esclaves et pâtures, qui sauront nouer des liens interlopes et dérangeants avec leurs vigiles jusqu’à renverser les rôles. D’ailleurs, il y a tant et tant à dire à propos de cet ouvrage, noir comme une ébène brute, depuis sa construction compacte qui se refuse à toute tentative de séduction du lectorat jusqu’au multiples niveaux de lectures, en passant par cette fin, provocante. Encensé par Paula Hawkins et Megan Abbott, il y a comme ça, entre l’enchantement et le maléfice, des livres qui se soustraient d’eux-mêmes à toute tentative objective d’exégèse. Parce qu’ils parlent plus à l’âme et aux tripes qu’à l’intellect, au-delà des normes préétablies, des éventuelles attentes et autres antécédents littéraires. Un festin de noirceur qui est certes clivant mais profondément marquant. Lisez-le, vous comprendrez pourquoi.

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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Déc 22, 2018 4:29 am    Sujet du message: Répondre en citant




Publié l'an dernier au Editions du Masque dans une traduction de Sabine Porte, La Nature des choses de l'Australienne Charlotte Wood a été repris en Livre de Poche :






>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

La Nature des choses, de Charlotte Wood



Une dizaine de jeunes femmes se réveillent un jour prisonnières dans des bâtiments vétustes perdus dans l’outback australien et entourés d’une immense clôture électrifiée.
Crânes rasés, battues par leurs geôliers, forcées d’effectuer des travaux épuisants, Verla, Yolanda et les autres ont en commun d’avoir été a des niveaux divers des sortes d’icônes féminines, des femmes fortes ou qui ont osé dénoncer les agressions qu’elles ont subies.
C’est tout ce que l’on saura d’elles et l’on n’en apprendra pas beaucoup plus de leurs gardiens et tortionnaires, Boncer le sadique, Teddy le rasta blanc adepte de nourriture macrobiotique et Nancy l’infirmière de carnaval.


Aux travaux forcés succède l’attente.
Celle d’Hardings, propriétaire des lieux censé les réapprovisionner.
Mais Hardings n’arrive jamais, la nourriture vient à manquer, et tandis que les femmes, Yolanda en tête, s’émancipent peu à peu pour assurer la subsistance de tous, ceux qui les gardent glissent lentement de leur piédestal.


L’outback australien, ce désert peuplé de kangourous, de dingos, de serpents, de lapins et de quelques humains étranges est propice aux récits angoissants.
On pense nécessairement, côté roman noir, au Cul-de-sac de Douglas Kennedy, ou, pour le cinéma, à Wolf Creek ou Razorback.
Autant dire des œuvres qui, pour aussi amusantes qu’elles puissent être, ne brillent pas non plus forcément par leur subtilité.
Et c’est un peu la crainte que l’on a en abordant La Nature des choses.
Préventions vite levées toutefois par la direction que prend le roman dès les premières pages en s’attardant moins sur cet environnement qui pour aussi important qu’il soit dans la mise en scène n’est bien que prétexte à évoquer l’enfermement de ces dix femmes et trois gardiens au milieu de nulle part et, pour Verla et Yolanda un enfermement intérieur aussi violent que, paradoxalement et en fin de compte, libérateur.


Charlotte Wood, dans ce roman, a le talent de trouver un parfait équilibre.
Entre, d’un côté un message militant – cette prison comme une parabole à propos de la condition féminine dans nos sociétés qui fait par ailleurs écho, bien qu’écrit avant, au mouvement #metoo, en mettant en avant non seulement le mélange de fascination à l’égard des femmes tant qu’elles ne sont que des corps et de crainte face à leur émancipation, mais aussi la manière dont cela a aussi été intégré par les femmes elles-mêmes – et de l’autre la mise en place d’un dispositif de suspense particulièrement bien troussé.
Enfin, l’ensauvagement de ces femmes livrées à elles-mêmes n’apporte pas de morale toute faite et peut aussi bien être pris comme une sorte de libération qu’un autre emprisonnement.
Surtout, il montre que si des solutions collectives peuvent exister, elles ne peuvent ignorer le libre-arbitre de chaque individu.


Tout cela fait de La Nature des choses un roman mystérieux et fascinant.
Et si l’on pourra peut-être regretter que le mystère initial – qui a enfermé ces femmes, dans quel but – qui plante l’ambiance du roman finisse par affaiblir la conclusion du récit, il n’en demeure pas moins que ce livre arrive avec une véritable virtuosité à conjuguer une forme originale et terriblement efficace et un fond réellement intelligent qui pousse le lecteur à la réflexion.



_________________
« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
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