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Janvier Noir - Alan Parks (Rivages)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Mar 14, 2018 4:46 am    Sujet du message: Janvier Noir - Alan Parks (Rivages) Répondre en citant

Acclamé par la critique qui le considère comme le digne successeur de William McIlvanney, l'Ecossais Alan Parks inaugure avec Janvier Noir, son premier roman qui vient de paraître chez Rivages dans une traduction d'Olivier Deparis, une série consacrée à l'inspecteur Harry McCoy dans le Glasgow des années 70.






L'auteur :

« Le regard du gamin se fixa soudain, comme s'il venait seulement de remarquer sa présence. Son bras pivota dans sa direction, le pistolet se braqua droit sur sa tête. McCoy se figea tandis que le gamin affinait sa visée. Une détonation sèche retentit. Une nuée de moineaux s'envola du toit et la foule paniqua pour de bon. »

Dans l'un des secteurs les plus passants de Glasgow, devant la gare routière, un garçon d'à peine vingt ans ouvre le feu sur l'inspecteur McCoy et sur une jeune femme, avant de retourner l'arme contre lui.
La scène se déroule sous les yeux de Wattie, l'adjoint de McCoy.
Qui est ce mystérieux garçon ?
Quel est le mobile de son acte ?
C'est ce que les deux policiers vont s'efforcer de découvrir, malgré l'opposition de leurs supérieurs.

Une enquête en forme de déambulation dans une ville âpre, noire, parfois désespérée et pourtant palpitante d'humanité. Une ville qui vous saute à la gorge et ne vous lâche pas.




« Un roman de flics dans la plus pure tradition - on pense à McIlvanney et au Get Carter de Ted Lewis... Écrit dans un style alerte et dépouillé. »
IAN RANKIN

« Vivant et évocateur. Glasgow, une ville de chair et de sang. »
PETER MAY





L'auteur :

Alan Parks est né en Ecosse et a fait ses études à l'université de Glasgow.
Après avoir travaillé dans l'univers de la musique à Londres, où il s'est occupé de promotion artistique et de la direction du label 679 Recordings, il se tourne vers l'écriture.
Passionné par le roman noir, il a pour ambition de dépeindre la ville de Glasgow à travers une série qui a pour héros le policier McCoy et dont Janvier Noir est le premier volet.



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« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy


Dernière édition par norbert le Mer Mar 14, 2018 12:35 pm; édité 1 fois
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norbert
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MessagePosté le: Mer Mar 14, 2018 5:12 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Claude Le Nocher sur Action-Suspense :

Citation:

Alan Parks : Janvier Noir (Éd.Rivages, 2018)


[...]



« McCoy n’arrivait pas à le quitter des yeux. Il regardait ses gros doigts tambouriner sur ses papiers, les petits mouvements de sa chaussure bien cirée, ses cheveux gominés, la goutte de sueur qui perlait sur son front tandis que le whisky descendait. Il lui rappelait tous les autres prêtres qu’il avait connus. Il y avait aussi l’odeur du bâtiment, la cire et l’encens. Le Sacré-Cœur au mur, Jésus, le regard baissé vers eux, bras écartés, du sang dans chaque paume. Dès qu’il avait sur où ils allaient, ç’avait commencé. La nausée, les mains moites. Il avait tenté de compter à rebours, comme on le lui avait appris. Visualiser une scène paisible dans son esprit. Rien à faire. Lorsque Wattie avait arrêté la voiture devant la chapelle, McCoy avait été tenté de s’en aller, de rattraper Paisley Road West à pieds et d’entrer dans le premier pub qu’il trouverait, de laisser Wattie se débrouiller. Il en avait marre de ressentir ça. Il n’avait pas envie de retourner chez le médecin, il savait pourtant que c’était nécessaire. »


Dans les années 1970, Glasgow traverse une période de mutation, augurant d’un avenir incertain.
Après des décennies fastes, l’économie est beaucoup moins florissante, laissant toute une population dans la misère.
De nombreuses habitations n’étaient plus que des taudis insalubres.
On les a rasées les unes après les autres, afin de tracer des routes et de bâtir des immeubles de type HLM, plus loin vers la banlieue de la ville.
Des chantiers en cours qui dénaturent Glasgow, selon ceux qui en sont natifs.
D’anciens quartiers ont déjà disparu.
Des pubs, qui avaient naguère un certain standing, ne sont plus que des bistrots ordinaires.
Des sans-abris squattent les locaux industriels promis à la destruction.


Qu’il existe encore une classe sociale fortunée à Glasgow, bien sûr.
Ces privilégiés gardent tout leur pouvoir auprès des autorités, aussi discrètement que possible mais avec fermeté.
On ne dérange pas les riches familles pour de banals faits-divers, qui ne sauraient impliquer leur milieu.
À l’opposé, sévissent quelques gangs mafieux, assez bien organisés pour ne pas trop faire de vagues.
Les drogues qui circulent, les maisons closes traditionnelles, les clubs mal fréquentés, ça ne perturbe pas tellement la vie locale.
La police a tout à gagner en négociant avec les caïds : « Il faut qu’il y ait des échanges. Si tu veux tirer ton épingle du jeu, il faut qu’il y ait une porte d’entrée, quelqu’un à qui parler, un contact de l’autre côté de la barrière », explique McCoy à son jeune collègue.


À Glasgow comme ailleurs, malgré le poids toujours présent de l’Église d’Écosse et de la religion catholique, cette époque est celle d’une libéralisation des mœurs, d’une envie de liberté qui passe par le cannabis ou autres substances, ainsi que par la musique.
On aperçoit ici David Bowie, venu faire un show dans cette ville.
Bientôt naîtra le groupe Simple Minds, les frères Mark et David Knopfler y créeront le groupe Dire Straits, et bien d’autres artistes de Glasgow se feront connaître.
À trente ans, Harry McCoy est le témoin de toute l’évolution de sa ville.
Marqué par diverses épreuves, il y a en lui une large part de rébellion contre la société conformiste, mais aussi un besoin de faire correctement son métier de flic.
Quitte à bousculer l’ordre établi.


Ce premier roman d’Alan Parks, doté d’une narration limpide et fluide, est franchement enthousiasmant.
Dans la noirceur d’une ville sale, McCoy est un de ces héros que la vie n’a pas ménagé – un personnage d’une belle humanité – pour lesquels on éprouve vite de l’empathie.
On espère le retrouver dans de futures enquêtes, aussi sombres soient-elles.



>> Lire l'intégralité de la chronique ici


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MessagePosté le: Mer Mar 14, 2018 5:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà un premier roman (et une nouvelle série) plus que prometteurs ! Et en plus Ian Rankin le compare aussi avec l'excellent Get Carter du grand Ted Lewis (certainement mon auteur préféré) ! Smile




Et la trilogie Laidlaw de William McIlvanney (qui nous a quittés il y a peu) :


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Dernière édition par norbert le Lun Mar 26, 2018 8:36 am; édité 2 fois
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MessagePosté le: Lun Mar 19, 2018 6:10 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur Actu du Noir :

Citation:

Un nouvel auteur écossais à suivre



Un nouvel Écossais chez Rivages, avec un avis du maître Rankin disant qu’il fait penser à McIlvanney (père) et à Ted Lewis.
Ça pourrait être écrasant.
Et pourtant Alan Parks supporte la comparaison avec son roman Janvier Noir.


Début janvier 1973.
Dans la gare routière de Glasgow, un gamin abat une jeune femme avant de retourner son arme contre lui et de se suicider.
McCoy et son jeune adjoint Wattie étaient sur place, la veille un prisonnier avait appelé McCoy pour lui prédire qu’une dénommé Lorna allait être abattue prochainement.

De bouge en bordel, McCoy, qui ne peut croire à un meurtre passionnel, commence à remuer la fange.
Et les remous vont vite remonter, très haut, vers la famille Dunlop, une des familles les plus riches et anciennes de la ville.
Une famille intouchable.


Pour une fois, les références annoncées en quatrième de couverture me semblent fort pertinentes.


Oui, il y a du McIlvanney chez Alan Parks.
Pour une première raison évidente : le roman se passe à Glasgow.
Mais pas seulement.
Car on retrouve aussi la description d’un milieu populaire, ouvrier, en perte totale de repères, avec des usines qui ferment, un esprit collectif qui disparaît peu à peu avec la disparition progressive des grosses usines du secteur primaire et, là dessus, l’arrivée massive de la drogue qui va enfermer chacun dans son individualisme.


Et oui, il y a du Ted Lewis.
Avec une police totalement corrompue, par les élites économiques et la pègre ; avec une description du milieu de la prostitution, organisée ou occasionnelle ; et la peinture de l’impunité totale d’une classe dominante insupportable de morgue et de suffisance, qui ne sait plus quoi inventer pour ne pas s’ennuyer et peut se permettre d’avilir et de torturer ceux (et surtout celles) qui n’ont que leur corps comme moyen de revenu.


Ajoutez à cela une critique sans pitié de l’église, des personnages magnifiques, un héros dans la plus pure tradition du flic borderline, un flic en permanence au bord du gouffre qui se heurte à l’impossibilité qu’il y a à toucher certaines personnes, et doit dans le même temps survivre à ses traumatismes et aux boulets que le passé a attaché à ses pieds.


C’est terriblement humain, désespérément noir, la misère et le contraste avec l’insolente et insupportable richesse sont balancés à la figure du lecteur comme un énorme baquet de neige sale fondue, directement en provenance des rues gelées de Glasgow en janvier.
C’est bon parce que ça fait mal.
A lire, et à suivre.



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MessagePosté le: Sam Mar 24, 2018 2:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Catherine sur Le Blog du Polar de Velda :

Citation:

Alan Parks, Janvier Noir :

l'Écossais nouveau est arrivé, et il est coriace




Janvier Noir est le premier roman d'Alan Parks, ex-promoteur artistique et directeur de label.
On ne s'étonnera donc pas que l'un des exergues du roman soit signé Rod Stewart : "Every picture tells a story, don't it?".
L'autre étant signé... Platon.
La reconversion d'Alan Parks dans la littérature noire est sans aucun doute une bonne idée : Janvier Noir est l’œuvre d'un homme qui connaît son affaire, dont on imagine qu'il a de bonnes lectures et en tout cas qu'il sait les mettre à profit sans pour autant faire dans la pâle copie.
Car si, comme beaucoup de ses lecteurs, on pense à un bel hommage à William McIlvanney, en ce que Janvier Noir est un vrai roman "de flics", un roman de ville, écrit dans une langue populaire, directe et sans fioritures, à aucun moment on ne songe à une vaine imitation du "grand ancien".
Car Parks a sa personnalité, forte et vigoureusement affirmée, et Janvier Noir en est l'expression radicale et étonnante pour un premier roman.


Alan Parks a choisi sa ville de Glasgow comme décor, et les années 70 comme cadre temporel.
Janvier Noir se déroule tout entier pendant les 20 premiers jours de janvier 1973.
Quand le roman commence, l'inspecteur McCoy sort de Barlinnie, la prison située à quelques kilomètres de Glasgow et qui est aujourd'hui la plus grande prison d'Ecosse.
De sinistre réputation...
Il y a été convié par un des prisonniers, Howie Nairn, qui a quelque chose à lui dire.
Et ce n'est pas la bonne année qu'il va lui souhaiter, même si on est le 1er janvier.
Le message est simple : une certaine Lorna, qui travaille dans un restaurant chic de Glasgow, va mourir assassinée le lendemain.
Pourquoi, par qui, où, quand, comment ?
Nairn n'en dira pas plus.
C'est agaçant.
Et ça agace considérablement McCoy.
Voire ça l'empêche de dormir à tel point que le lendemain matin à l'aube, à peine sorti des bras de Janey, prostituée de son état, il se lance avec Wattie, la bleusaille de service, celui qu'on a attaché à ses basques, à la recherche de cette fameuse Lorna.
Qu'il ne tarde pas à retrouver, à une station de bus, tombée sous les balles tirées par un jeune homme qui, aussitôt la jeune femme abattue, se donne la mort.


Qui sont ces deux malheureux ?
Quel rapport y a-t-il entre eux ?
Telles sont les deux premières questions d'une longue série.
McCoy et Wattie vont avoir fort à faire pour venir à bout des multiples obstacles qui vont se dresser devant eux tout au long d'une enquête tortueuse, dure, violente, qui va les mettre face à la famille Dunlop, riche dynastie locale.
Pour McCoy, ça n'est pas la première fois, hélas.
Le contentieux est lourd, le danger permanent, à tel point qu'il faudra bien que McCoy se rapproche d'un des types les plus violents et les plus puissants de la ville, Stevie Cooper.
Ce qui n'est pas si compliqué vu que McCoy et Cooper ont partagé une enfance difficile, et que Cooper a sauvé la peau de McCoy dans des circonstances particulièrement pénibles lorsqu'ils étaient très jeunes.


L'intrigue ne manque pas de ressorts, comme on voit.
Et c'est là l'une des forces du roman : éveiller la curiosité du lecteur sur la personnalité et l'histoire de McCoy qui, à trente ans, semble avoir vécu le double et eu largement son compte de déboires.
Suivre sa relation cocasse mais tutélaire avec le naïf Wattie, qu'on voit progresser au fil du roman, gagner en duplicité et en finesse.
L'intrigue est classique tout en étant originale, elle dévoile, sans concession, le système de classes qui pèse sur la justice et la vie sociale ; le décor est planté de façon réaliste et puissamment évocatrice, la ville de Glasgow, son hiver glacé par la neige et le vent, ses taudis et ses quartiers chauds gagnent avec Alan Parks un portraitiste de plus, et pas des moindres.
Avec des scènes particulièrement âpres, Janvier Noir est aussi saisissant qu'un bon épisode de Life on Mars, les années 70 y sont évoquées avec beaucoup d'authenticité, y compris dans une scène où David Bowie fait une brève apparition.
Un premier roman impressionnant, et qui laisse espérer qu'on n'en a pas fini avec Harry McCoy.


Alan Parks sera présent à Quais du polar, notamment le 8 avril à 11:30 pour une rencontre avec Ian Rankin animée par Alain Léauthier.



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MessagePosté le: Jeu Mar 29, 2018 12:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent sur The Killer Inside Me :

Citation:

Janvier Noir :

bastons et pornographie à Glasgow




On aime Glasgow depuis que Brian McClair enquillait les buts sous les couleurs des Bhoys du Celtic à la fin des années 80.
C'est comme ça.
On aime Glasgow parce que c'est une ville qui sent fort, une cité de labeur, d'ivrognerie dégueulasse, un coin d'Ecosse un peu obscur, sans le relief clinquant d'Edimbourgh...
Alan Parks parle bien de tout ça dans Janvier Noir.


L'action s'enracine dans les premiers jours de ce premier mois de l'année 1973 et convoque tous les grands thèmes chers au polar : des puissants qui se croient tout permis, des jeunes victimes exploitées, de la pornographie et un soupçon de messes noires, avec la présence spirituelle d'Aleistair Crowley.
Fidèle donc aux codes du genre, Alan Parks s'attelle à offrir un personnage principal très riche.
Qui a quelque chose du Jack Taylor de Ken Bruen pour sa tendance à la picole et sa capacité à prendre de grosses roustes.
Ce McCoy, accro à une pute shootée à l'héro, aime le silence pour réfléchir et a une aversion profonde pour le sang.
Pas que ce soit une chochotte.
Il y a simplement quelque chose du traumatisme dans cette réaction.
Un traumatisme qui remonte peut-être au foyer pour ados qu'il a fréquenté avec Stevie, un ami de sang, devenu LA crapule de Glasgow...


Ce 1er janvier, Howie Nairn, incarcéré à Barlinnie, a demandé à le voir.
Il lui révèle qu'une jeune fille, Lorna, travaillant dans un des restos chics de Glasgow va être tuée le lendemain.
Drôle d'annonce, mais McCoy fait son job.
Il y a effectivement une Lorna qui bosse dans un restaurant classe.
Il l'attend à la gare routière lorsqu'un jeune surgit, flingue à la main, tire sur une fille avant de suicider.
La fille, c'était Lorna.
Secondé par Wattie, l'inspecteur va fouiller cette drôle d'histoire.
Apprendre que le jeune travaillait chez Lord Dunlop, puissant parmi les puissants.
Les dessous de la bourgeoise locale sont crades.


Un peu de Rolling Stones, du DavId Bowie et même du Hawkwind (!), des pubs à l'ancienne..
Alan Parks dresse un portrait sérieux de Glasgow, de ses dérives, de son état de délabrement, des arrangements de la police avec le milieu du crime et avec les riches industriels du coin.
Janvier Noir possède, et c'est sans doute sa première qualité, le rythme qu'il faut, pétri de castagnes sauvages (à coups de marteaux), de dialogues bien sentis et de face-à-face tendus.


Ce polar est aussi une vision de ces années 70, avec libération sexuelle et drogues, jusqu'à l'extrême.
D'accord des histoires de pornographie clandestine, il y en a eu dans le roman noir, mais encore une fois, si Janvier Noir n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, c'est une solide introduction à une série qui s'annonce, et Parks a su piquer la curiosité autour de cet inspecteur, de ses relations criminelles.
A l'avenir, il faut peut-être que l'auteur se libère justement un peu plus des codes, qu'il trouve sa voix.
En attendant, ceux qui apprécient les ambiances congelées, les villes ingrates et les flics tordus trouveront leur bonheur.



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MessagePosté le: Mer Avr 11, 2018 4:23 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Janvier Noir, d'Alan Parks



Nouvelle série annoncée chez Rivages avec un auteur écossais lancé dans un cycle annoncé d’une douzaine de romans.
Le premier de la série, ce Janvier Noir, se déroule à Glasgow à l’aube de l’année 1973.
L’inspecteur McCoy, alcoolo et porté sur à peu près tout ce qui peut lui permettre de planer un peu pour oublier sa vie merdique de flic mal vu de ses collègues, de père d’un enfant mort et d’orphelin ayant grandi dans une institution tout sauf bienveillante, est appelé à la prison de Barlinnie à la demande d’un détenu.
Celui-ci, psychopathe issu de la pègre de Glasgow, indique à McCoy qu’un meurtre doit avoir lieu sous peu.
De fait, un jeune homme abat peu après, sans motif apparent, sous les yeux de McCoy et de son jeune adjoint Wattie, une jeune femme avant de se suicider.
En enquêtant sur ce meurtre, McCoy se trouve obligé, des bas-fonds de la ville aux quartiers les plus huppés, de marcher sur les pieds d’un certain nombre de personnes influentes, de déplacer des cadavres bien enfouis dans des placards et de réveiller un passé douloureux.


On ne s’attardera pas ici sur l’intrigue, on ne peut plus attendue, ni sur les personnages assez archétypaux – le flic rebelle rongé par son passé, son chef sévère mais juste, son adjoint moins benêt qu’il en a l’air, son ami d’enfance devenu un truand de premier plan, les hommes politiques intouchables – mais plutôt sur l’atmosphère que Parks arrive à mettre en place.
En l’occurrence, on pense moins à McIlvanney, cité en quatrième de couverture par Ian Rankin, qu’à un autre écossais récemment édité en France, Gordon Ferris.
Si Ferris, avec finalement à peu près les mêmes motifs, place son personnage dans le Glasgow de l’immédiat après-guerre, on se trouve ici dans une ambiance un peu similaire.
Il est d’ailleurs intéressant de voir à quel point la ville semble n’avoir pas changé en presque trente ans.
Les pubs du lumpen prolétariat écossais, bien crasseux et peuplés de taiseux qui se mêlent de leurs affaires, les immeubles en ruine habités par une faune interlope de camés, clochards, racketteurs et dealers et ratissés par des bandes de gamins en loques… tout est là.
Tandis qu’a l’opposé, la classe dirigeante s’encanaille derrière les murs de ses propriétés.
Mais, pour s’encanailler, il faut à un moment ou un autre trouver des macs, des putes, des dealers et des personnes à cheval entre les deux mondes pour arrondir les angles et protéger les arrières.
C’est aussi à ça que sert ici la police.


Chien dans un jeu de quilles, McCoy, s’il est bien conscient qu’il devra se plier à une autorité qui a le pouvoir – et un peu l’envie – de l’écraser, ne peut bien entendu pas s’empêcher de foncer bille en tête et de regarder comment tout cela va retomber.
C’est là, on ne peut le nier, quelque chose qui est toujours réjouissant, et Parks semble prendre un certain plaisir à malmener ses personnages.


Abordé avec une petite réticence due à cette histoire qui s’annonçait cousue de fil blanc, Janvier Noir, s’il ne brille ni par l’originalité de son intrigue ni par celle de ses personnages, se révèle cependant être un roman noir de bonne qualité, grâce notamment à cette peinture vitriolée de Glasgow qui lui confère un véritable supplément d’âme.
Nul doute que si Parks arrive dans les volumes suivants à sortir un peu des archétypes du polar ou à les utiliser de manière un peu plus originale, on aura là une série des plus plaisantes à suivre.



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MessagePosté le: Jeu Avr 19, 2018 10:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> interview exclusive de l'auteur Alan Parks sur Le Blog du Polar de Velda :

Citation:

Alan Parks, l'interview en roue libre



Avec Janvier Noir, son premier roman qui se déroule à Glasgow dans les années 70 (voir la chronique ici), Alan Parks semble bien faire l'unanimité.
Il était présent à Quais du Polar, c'était donc le moment ou jamais de faire plus ample connaissance.
L'homme est étonnamment truculent et drôle, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre de l'auteur d'un roman très noir, très violent... et très réussi.



Janvier Noir est donc votre premier roman.

Alan Parks : Oui. Je suis rentré à Glasgow il y a 5 ou 6 ans, et j'ai pris des cours du soir sur l'histoire de Glasgow. Dans ce cadre, je me suis baladé dans la ville, et j'ai retrouvé avec émotion des lieux que j'avais connus quand j'étais petit. Au départ, j'avais dans l'idée d'écrire un livre sur l'histoire de Glasgow. Et je me suis vite rendu compte que c'était trop difficile. Alors je me suis mis à écrire en incluant les lieux que j'avais connus, ceux qui existaient encore, ceux qui n'existaient plus, et j'ai construit mon histoire à partir de ça.


La prison de Barlinnie, où démarre le roman, a une grande importance dans votre livre, et est très connue partout en Écosse.

Elle existe depuis plus de cent ans. Au départ, elle était située à une bonne distance de Glasgow, mais avec l'expansion de la ville, elle s'en est beaucoup rapprochée ! On passe devant quand on prend le bus. C'est un lieu plutôt horrible, en fait on y met tous les délinquants, quelle que soit leur faute. Que vous ayez volé quelque chose dans un magasin ou que vous ayez commis un meurtre, c'est là qu'on vous envoie.


Vous semblez être particulièrement préoccupé par les jeunes délinquants.

En tant que bénévole, j'ai beaucoup travaillé pour une banque alimentaire. Et là, j'ai vu tous ces gens, les sans logis, les jeunes paumés. On allait recueillir les provisions dans les supermarchés, puis on les répartissait dans les différentes banques alimentaires. L'idée était d'aider tous ces jeunes qui étaient sans abri, ou qui sortaient de prison : des gens qui n'étaient pas plus mauvais ou stupides que les autres, mais qui n'avaient pas eu la moindre chance au départ. Et tout ça m'a aidé à devenir très réaliste, tout en gardant un certain sens de l'humour. J'imagine que c'est en partie de là que vient cet aspect du livre.


C'est donc de là que vient l'idée des deux protagonistes du début, le tireur et la jeune fille.

Oui, sûrement. En fait, les deux sont des victimes... J'ai voulu présenter ces gens-là comme des gens normaux, montrer qu'ils ne sont pas plus mauvais que d'autres, qu'ils sont des personnes comme vous et moi. Et mon enquêteur, McCoy, est là pour essayer d'aider les gens. Il faut dire que beaucoup de policiers ont cette attitude.


Ce qui est étrange, c'est qu'il n'a que trente ans, donc son expérience n'est pas si longue que ça.

Oui, mais il est plutôt intelligent. Il pense qu'il peut faire la différence, changer les choses. Peut-être que dans vingt ans, il aura changé d'avis, il sera plus cynique... Mais pour l'heure, il essaie de traiter les gens avec respect.


La relation de McCoy avec son jeune stagiaire, Wattie, tient une place importante dans le roman. Que représente-t-elle pour vous ?

Il fallait que McCoy aie quelqu'un à qui parler, sans quoi tout le roman n'aurait été qu'un monologue. Et j'aurais pu faire ça, il y a beaucoup de livres qui fonctionnent sur le mode du monologue et qui sont très bons. Mais j'aime que les gens se parlent, échangent. Et le fait que Wattie soit encore plus jeune que McCoy, ça rendait la situation intéressante. Wattie est encore innocent, il est drôle. Le fait qu'il y ait ce dialogue empêche le roman de devenir trop sombre.


Wattie est-il aussi là pour représenter le lecteur ?

[...]


>> Lire la suite ici



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MessagePosté le: Ven Avr 20, 2018 7:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Il me tente bien celui-ci.
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MessagePosté le: Ven Avr 20, 2018 3:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Moi aussi, je languis de le commencer d'ailleurs, je sens que je ne vais pas être déçu !
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mar Mai 01, 2018 4:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Laurence sur Evadez-moi :

Citation:

Janvier Noir d'Alan Parks



J’ai toujours aimé la littérature noire Anglo-saxonne.
Gamine, j’ai lu tous les Agatha Christie ou presque, ado j’ai découvert celui qui reste mon auteur classique préféré Shakespeare.
Dans les romans récents, j’ai beaucoup aimé ceux de Sam Millar, de R.J. Ellory, et aujourd’hui d'Alan Parks.


Nous sommes à Glasgow en 1973.
Tout commence à la prison de Barlinnie.

« Le seul avantage de Barlinnie, c’était qu’on n’avait pas besoin d’aller ailleurs. Tout l’éventail de la criminalité de Glasgow terminait là. »


L’inspecteur McCoy est convié sur les lieux par Howie, un taulard qui a une étrange info à lui donner.
Une jeune femme va bientôt être assassinée.
McCoy repart avec seulement deux indices : le prénom de la jeune femme et deux endroits où elle pourrait travailler.
Mais McCoy arrive trop tard, la jeune femme est abattue en pleine rue et son meurtrier se suicide sous les yeux de l’inspecteur.
Nous sommes le début 1973 et ainsi commence le Janvier noir de Glasgow.


Alan Parks nous offre ici un polar, même s’il reste classique, d’un très très bon niveau.
L’intrigue est parfaitement pensée, son déroulement totalement cohérent.
Tous les ingrédients qui font les bons polars y sont réunis.


Vous avez pour commencer une ville d’Ecosse, en plein hiver, sombre, neigeuse et froide.
Le cadre idéal pour instaurer un climat pesant ajoutant de la noirceur à la trame de l’histoire.


Vous avez un flic (im)parfait.
Un peu camé, un peu paumé, un peu obsédé par une famille qui se retrouve impliquée dans son enquête, il a aussi à supporter un bleu qu’on lui a assigné : Wattie.
Rien de très original me direz-vous ?
Peut-être pas de prime abord, mais le personnage de McCoy est beaucoup plus complexe qu’on ne le croit et il est un élément essentiel dans cette histoire glauque, terriblement noire, outre le fait qu'il soit en charge de l'enquête.


Vous avez aussi des bastons, des règlements de compte, des luttes de pouvoir et l’éternel gouffre entre riches et simples travailleurs.


Alan Parks nous dépeint le pire des instincts humains, la recherche du pouvoir sur l’autre, moral, social ou physique, et ce, jusqu’aux extrêmes.


Sans débordement de violences gratuites comme on peut en trouver dans de mauvais thrillers, ce polar n’en est que plus profond et intense.
Le style est simple mais efficace, l’enquête est fournie en rebondissements, pour un final qui n’est pas forcément explosif mais qui laisse l’espoir de retrouver très vite cet inspecteur écossais tenace et loyal.


Alors enfilez vos « pattes d’ef » et faites ce voyage dans le temps sans hésiter.
Janvier Noir est un des meilleurs polars que j’ai pu lire dernièrement.



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MessagePosté le: Ven Mai 04, 2018 4:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Guillaume Foussard, de la Librairie Le Méandre à Meudon, sur Page des Libraires :

Citation:

Janvier Noir


Alan Parks, petit nouveau sur la scène du polar écossais, nous livre la première aventure du tourmenté inspecteur McCoy. Entre deux whiskys bien tassés et quelques côtes fêlées, bienvenue à Glasgow !



On est prévenu d’emblée : cet hiver 1973 est resté et restera gravé dans les mémoires de la police de Glasgow.
Pas tant pour le vent glacial et la neige qui balayent la ville mais pour ce lourd bilan de cinq cadavres en une semaine.
Comment expliquer qu’un détenu de la prison de Barlinnie ait informé l’inspecteur McCoy du premier meurtre ?
Une jeune femme abattue au milieu de la gare routière avant que son tueur ne retourne l’arme contre lui.


Suit une série de cadavres, des jeunes femmes gravitant de près ou de loin autour des milieux de la prostitution et des parties fines organisées pour la bourgeoisie locale.
De désillusions en fausses pistes, McCoy et son assistant Wattie vont arpenter les quartiers pouilleux de Glasgow parmi les toxicos et les prostituées, en quête d’un témoin providentiel, quitte à faire entrer dans la danse des relations plus ou moins recommandables.


Avec son talent pour les dialogues finement ciselés et les retournements de situations en série, on a déjà hâte de retrouver Alan Parks et son inspecteur McCoy.



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MessagePosté le: Ven Mai 18, 2018 8:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Typhaine sur Addict-Culture :

Citation:

Janvier Noir, le Glasgow souterrain des seventies



Lorsqu’il s’agit de nous livrer des histoires sombres, poisseuses, buissonnières, les Ecossais sont loin d’être avares, et n’ont pas peur d’aller gratter de leurs plumes incisives les ténèbres intimes de leurs contemporains.
Peter May nous a ainsi offert une trilogie de tourbe et de sang dans l’archipel des Hébrides, Liam McIlvanney puis plus récemment Malcolm Mackay nous ont tous deux inoculé le virus de Glasgow, et, last but not least, Ian Rankin nous a appris tout l’art du cynisme à travers son inspecteur d’Edimbourg, John Rébus.


Chez chacun d’entre eux, les lieux sont importants, car ce sont eux qui tempèrent, agitent, définissent leurs personnages.
Ian Rankin l’exprime d’ailleurs clairement :
« Il y a véritablement deux Édimbourg. Il y a la cité que les touristes visitent, avec son château et ses joueurs de cornemuse, vêtus de kilts. Ça, c’est le côté Disneyland. Mais il existe aussi une cité, qui vit et qui respire sous cette apparence, et que les gens voient rarement. Dans les années 1980, Édimbourg avait de sérieux problèmes de drogue et le pire taux de Sida de toute l’Europe de l’Ouest. J’ai pensé que quelqu’un devait écrire des romans traitant de ces choses de la vie réelle contemporaine. »


Alan Parks semble à son tour partager cette motivation littéraire, puisque c’est Glasgow, sa ville, qui l’a poussé à commettre Janvier Noir, premier volet d’une série en cours.
Son protagoniste, McCoy, est un flic à l’image des années 70, dans lesquelles il évolue de manière erratique : alcoolique au plus haut degré du whisky qu’il puisse trouver, ne rechignant pas à se fourrer dans le nez ce que certains de ses collègues ont confisqué lors de descentes diverses et variées, il paraît pourtant toujours se réanimer à la lueur d’un sentiment (estropié) de justice.


Déclin de l’industrie lourde, misère ouvrière, chômage triomphant, violence urbaine, prostitution, sex, drugs and rock’n’roll… la ville entière est prisonnière d’elle-même, poison et antidote dans un même flacon.
Sinistre et dangereuse, la cité attire des individus de même envergure, et « lorsque les temps sont durs il s’agit d’être aussi durs qu’eux ».
Ainsi McCoy a-t-il appris à fermer les yeux en serrant certaines mains, afin de pouvoir en menotter d’autres en temps voulu.
Son amitié avec un criminel violent et imprévisible, son attachement fébrile à une certaine prostituée tout comme son passé cruellement branlant finissent de saper les possibilités d’une vie personnelle plus simple que son métier.

« – Vous savez ce qui est ironique, monsieur McCoy ? Vous êtes là devant moi qui vous indignez, qui montez sur vos grands chevaux, or tout porte à croire que vous n’êtes qu’un flic véreux de plus. »


Nouvellement flanqué d’un jeune adjoint (Wattie), McCoy, qui est aussi loquace et pédagogue qu’un braqueur pris sur le fait, se retrouve bientôt sur une affaire plus délicate et proche de lui qu’il ne l’avait soupçonné.
Point de départ : un jeune homme tirant sur une jeune femme avant de se faire exploser le crâne, en pleine foule, sous les yeux des deux agents.
Alors que leurs supérieurs souhaitent classer rapidement le dossier, McCoy et Wattie se lance dans une enquête à contre-courant, nichée dans les angles morts d’une ville nauséabonde, véritable bûcher prêt à s’embraser au moindre pas de côté non planifié.

« – Vous aviez déjà vu un truc comme ça ? demanda-t-il.
– Comme quoi ? Quelqu’un qui s’est fait égorger ou couper la langue ?
– Je sais pas, le tout. L’eau pleine de sang, lui qui baigne là-dedans. (…)
– Non, mais j’ai vu différent, et parfois pire. Estime-toi heureux de ne pas avoir voulu devenir pompier. C’est eux qui voient les trucs horribles. Les corps mutilés dans les accidents de voiture, les gamins brûlés dans leur lit, toutes ces merdes. »



Des dialogues bruts et omniprésents se partagent des scènes d’une réalité crue, rythmant ainsi le roman à la manière d’un scénario dont les séquences, avant même d’être filmées, comportent déjà une cinématographie captivante.
L’intrigue est également réglée sur une temporalité qui dépasse la fiction, nous traversons véritablement ce mois de Janvier 1973 sur quelques trois-cent soixante pages.
On y aperçoit d’ailleurs David Bowie, sans doute quelques héros anonymes de Ken Loach et une poignée de détails plus sûrement piochés dans les souvenirs de l’auteur que dans des archives…
Impossible donc de ne pas sentir frémir l’ombre de Glasgow sur sa peau à la lecture de ce Janvier Noir.


Car ce polar est un étau.
Il embrasse vivement votre attention avant de vous enserrer puissamment dans ses mâchoires féroces et efficaces, pour mieux vous relâcher, plein d’hématomes mais parfaitement anesthésié, prêt à en redemander.


« A moitié démoli, vous faites encore le con. Je passe vous prendre à huit heures. »


A l’instar de McCoy qui ne lâche rien et qui n’obtient le dernier mot qu’au travers de ses actes, le défi que s’est lancé Alan Parks nous promet encore pas mal de belles séquelles…
A suivre, donc !



Et pour en savoir plus sur l’auteur mélomane, vous pouvez aller lire les propos recueillis par Yan Lespoux lors de la venue de l’auteur à Lyon en avril dernier pour le festival Quais du Polar.



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MessagePosté le: Mer Mai 23, 2018 12:47 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bernard Poirette dans C'est à lire sur RTL, à écouter en podcast ici :

Citation:

C'est à lire : Janvier Noir d'Alan Parks


Dans ce premier volet d'une série de douze romans, l'auteur écossais nous fait suivre les aventures d'un inspecteur qui enquête sur le meurtre d'une serveuse à Glasgow.




Harry McCoy et Steevie Cooper, un flic et un truand, dans le Glasgow du début des années 70.
Ils ne sont pas dans le même camp et pourtant, il sont amis.
Le second a défendu le premier quand les deux gamins étaient soumis au régime de fer des ensoutanés de la maison de redressement.
Steevie a pris les coups et fait du cachot, en lieu et place d’Harry.
Quinze ans plus tard, Cooper règne sur les filles et la drogue.
Harry enquête sur la mort annoncée de Lorna Skirving, une serveuse de restaurant tapineuse à temps partiel.
Sa mort prochaine a été annoncée par Howie Nairn, un taulard qui l’a dit de vive voix à l’inspecteur McCoy, qui n’a rien pu faire.
L’assassin a abattu Lorna avant de se suicider, au beau milieu de la gare routière de Glasgow.


Ça peut suffire à fermer le dossier et c’est ce que veulent faire les grands chefs de la police, mais pas McCoy.
Parmi ses clients tarifés, Lorna avait Lord Dunlop et son fils, une grande famille d’Ecosse qui est l'une des plus riches du pays.
Et avec ceux-là, Harry McCoy a un compte très personnel à régler.


Autant vous le dire tout de suite : je me suis franchement régalé en lisant Janvier Noir, premier polar de l’Ecossais Alan Parks.
Rien de révolutionnaire dans ce récit dont les héros sont des flics vraiment pas nets, des filles au bout du rouleau et des salauds bien trempés.
Mais qu'est-ce que c'est bien fait, bien écrit et bien mené !
Ça sent le tabac froid et la bière tiède ; la ville est sale et il pleut tout le temps.
Rien que du classique, je vous dis.
Mais pourquoi s’en priver ?
C’est si bon, de temps en temps…


Janvier Noir, signé Alan Parks, est paru chez Rivages.



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