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Parmi les vivants - Charlotte Farison (Super 8)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Mai 17, 2017 9:44 pm    Sujet du message: Parmi les vivants - Charlotte Farison (Super 8) Répondre en citant

Il aura fallu attendre leur quatrième année d'activité pour que les éditions Super 8 trouvent enfin un roman français qui s'inscrivent à la fois dans leur ligne éditoriale tout en satisfaisant toutes leurs exigences de qualité, mais aussi surtout, qui réussisse à déclencher leur enthousiasme.
Voici ce qu'en disait, il y a quelques semaines, Fabrice Colin, directeur éditorial de Super 8 : « C'est notre premier roman français chez Super 8 Editions, et je suis extrêmement fier de le publier. Charlotte Farison pourrait en être très fière aussi si c'était, par exemple, son sixième ou septième texte.
Mais c'est son premier.
C'est un livre qui ne ressemble à rien de connu. Un voyage définitif. Un uppercut.
Merci à Stéphane Legrand et à Sarah Chiche, sans qui ce bijou ne serait jamais tombé entre nos mains. »


Parmi les vivants, premier roman de Charlotte Farison, a paru en mars chez Super 8.






Le livre :

Personne ne tourne impunément le dos à son passé.

2002, Paris.
Engagé au sein de l'entreprise Hermonia pour s'occuper du mécénat, Arturo remplace une certaine Lise Marshall, décédée a priori dans un accident de voiture.
Problème : il n'a aucune idée de l'identité réelle de son patron ni de la véritable raison pour laquelle il a été embauché.
Le fait est que ce genre de choses lui arrive régulièrement.
Docile, le jeune homme tente de se couler dans le moule.
Assailli par les brûlants souvenirs d'une enfance passée sous les tropiques, cependant, il sent bien qu'il ne pourra se contenter éternellement de cette vie factice.

Vienne, même époque.
Jeune call-girl à l'intelligence acérée, Shula est embauchée par un certain Victor Khan, obsédé par son amour de jeunesse disparu.
Ashis, son ex-mercenaire d'associé, s'efforce de le mettre en garde : il est en effet convaincu que Shula n'est pas qui elle prétend être.

De Vienne à Paris, de la jungle étouffante et létale à l'île mythique qui hante les rêves d'Arturo, une redoutable toile se tisse.
Mais qui est la proie, et qui est le prédateur ?
Comment distinguer les morts des vivants, les souvenirs de la réalité ?
L'heure est bientôt venue de tomber les masques...

Thriller corporatiste hors-normes, hymne déchirant à l’innocence perdue, Parmi les vivants sidère jusqu’à la toute dernière page, tant par son écriture que par son art presque instinctif de brouiller les pistes. Entre Denis Johnson, John le Carré et Extension du domaine de la lutte, une romancière est née.





L'auteur :

Charlotte Farison vit à Paris et travaille comme analyste pour un grand établissement financier.
Elle complète sa production de fiction institutionnelle par l'écriture romanesque.
Parmi les vivants est son premier roman.



_________________
« Les nouvelles sont à la littérature ce que la dégustation est à la gastronomie. »
Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.


Dernière édition par norbert le Jeu Mai 18, 2017 7:05 pm; édité 1 fois
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Mai 17, 2017 10:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Cécile Desbrun sur Culturellement Vôtre :

Citation:

Parmi les vivants - Charlotte Farison



Une intrigue en forme de puzzle à reconstituer


Analyste pour un grand établissement financier, Charlotte Farison écrivait principalement de la fiction institutionnelle jusque-là.
Parmi les vivants, publié ce mois-ci chez Super 8 Éditions, son premier roman, prouve qu’elle est aussi une auteure prometteuse, capable de s’inspirer (très librement) de son expérience dans le milieu corporate pour tisser un récit prenant et original, où le lecteur est amené à reconstituer pièce par pièce un étrange puzzle, celui de la jeunesse du héros, Arturo, jeune intellectuel sans le sou propulsé du jour au lendemain à la tête du mécénat d’Hermiona, une entreprise qui semble avoir des choses à cacher.


A mesure qu’Arturo se familiarise avec ce nouvel environnement et ses mystérieux responsables, des souvenirs lui reviennent par bribe, et il parle parfois de lui à la troisième personne du singulier, comme s’il n’était pas vraiment cet Arturo, qu’il occupait la vie d’un autre, ou souffrait d’un trouble dissociatif.
Cependant, l’histoire nous amènera bien loin d’une intrigue à suspense autour d’un homme doté de personnalités multiples et, si traumatisme il y a, Parmi les vivants est aussi et surtout un roman intriguant, doté de nombreux rebondissements hauts en couleurs sans pour autant adopter un rythme trépidant.


Un récit à deux voix riche en rebondissements


La couverture conçue par Jeanne Mutrel est pertinente car, outre le fait qu’elle évoque directement la jeunesse d’Arturo sur une île fictive des tropiques, elle traduit bien l’idée de « mise en boîte » et de nostalgie qui émane du récit : il s’agit de l’histoire d’un homme qui vit encore dans un passé qu’il regrette, même s’il a conscience que celui-ci n’avait en réalité rien d’idyllique et s’est achevé de manière brutale et tragique.
Un passé qui va le rattraper, de même que l’énigmatique Shula, dont nous suivons les aventures parallèlement à celles du héros.


En effet, Parmi les vivants est axé autour de ces deux figures que tout oppose et qui, de prime abord, ne semblent pas être liées.
On se doute bien que quelque chose les unit d’une manière ou d’une autre et que les deux récits finiront par se rejoindre, mais Charlotte Farison n’hésite pas à prendre son temps, ne glissant une référence commune qu’assez tard dans le livre, au bout de 200 pages.
Si cela pourra éventuellement frustrer certains lecteurs, il est bon de préciser que cela vaut le coup de prendre son mal en patience, d’autant plus qu’il est fort appréciable de lire un roman où l’on ne voit pas venir ce qu’il va se produire une centaine de pages à l’avance.
L’histoire d’Arturo et Shula a beau comporter, de manière pragmatique, des choses assez fantaisistes pour ne pas dire tout à fait irréalistes, l’auteure sait amener les différents éléments et rebondissements de manière prenante, et, en se concentrant sur la psychologie de ses personnages, assez difficiles à cerner de prime abord, elle rend ce qui aurait pu ressembler à de grosses ficelles crédible, pour un résultat singulier, qu’on aurait du mal à faire rentrer dans une case définie.


Une oeuvre hybride, entre thriller corporate et roman noir


Ainsi, si Parmi les vivants est présenté comme un « thriller corporate », le terme échoue à retranscrire parfaitement le ton et l’équilibre si particuliers sur lesquels repose ce premier roman.
Charlotte Farison alterne, jusqu’au moment où les deux récits se rejoignent vers la fin, un chapitre du point de vue d’Arturo et un chapitre du point de vue de la danseuse-call girl-espionne Shula.
Deux personnages baignant dans des univers complètement différents, à la personnalité opposée.
L’histoire de Shula est sans doute la plus rythmée, la plus riche en action puisqu’elle plonge assez vite la jeune femme au milieu de dangereux mercenaires, tandis que celle d’Arturo tient davantage de l’enquête : enquête sur la mort mystérieuse de sa prédécesseure, Lise Marshall, dont on se demande si elle avait découvert quelque chose au sujet de la firme, mais aussi, en fin de compte, enquête sur lui-même et son identité morcelée par un passé avec lequel il aura peut-être l’occasion de se réconcilier.
Cette seconde « enquête » se dégage du récit de manière implicite et emprunte à la dimension psychologique des romans noirs, plutôt qu’à celle d’un thriller tel que La mémoire dans la peau, dont il diffère radicalement, dans le ton comme l’intrigue.


Au final, Parmi les vivants est une oeuvre hybride empruntant autant au roman noir qu’au thriller corporate façon John Le Carré, mais aussi au thriller psychologique, avec de belles touches d’humour, utilisées avec à propos.
Charlotte Farison invente une étrange histoire, rocambolesque par bien des aspects, mais véritablement prenante, dans laquelle il faut prendre le temps de rentrer, s’immerger.
Par le biais d’une écriture aiguisée comme un scalpel, la romancière y autopsie la psychologie et les rêves de deux êtres opposés et un peu paumés, hantés par un passé qui ne cesse de ressurgir et qui maintient sur eux une irrésistible force d’attraction, comme tous les souvenirs obsédants, qui nous semblent parfois plus réels que la réalité brute et austère.


« J’aime garder mon propre souvenir des choses. Mon souvenir à moi n’est pas nécessairement ce qui est arrivé », déclarait face aux policiers le personnage incarné par Bill Pullman dans le film Lost Highway de David Lynch.
De manière similaire — et même s’il n’est pas question, ici, de folie véritable — la réalité des événements vécus n’empêche pas Arturo de conserver un ressenti particulier, subjectif, de ce passé dont il veut à tout prix maintenir l’éclat dans son esprit.
Parmi les vivants dépasse alors le simple récit noir à la sauce corporate, pour devenir une réflexion singulière autour de la mémoire et l’illusion.
Brillant.



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norbert
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MessagePosté le: Mar Aoû 22, 2017 1:46 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Pedro Zoreyo sur Du Noir mais que :

Citation:

Parmi les vivants - Charlotte Farison


Scotché !




Je suis tombé un peu par hasard sur ce bouquin.
Auteure inconnue, titre pas terrible.
Jolie couverture.
J'attaque sans trop de conviction.
Et là, bam !
D'abord le choc d'une écriture magnifique.
Je sais, c'est toujours compliqué de qualifier le "style" d'un auteur (une fois que tu as dit "captivant", "acéré", "au cordeau", etc. tu n'as pas dit grand chose, finalement).
Alors, pour que tu sentes un peu de quoi je parle, je vais te citer un petit passage qui dès le début du roman m'a posé là.
A me dire : "Ah oui, quand même. La fille sait écrire, putain" (je dis beaucoup de gros mots, et quand je suis touché, encore plus).


Chouffe : « Chaque matin, l'exercice consiste à se réveiller les pieds crispés au bord de l'arrêt cardiaque. Hésiter entre mourir, tant que c'est possible, et se réveiller. Se laisser tomber dans le tout petit abîme entre deux ratés du myocarde. Chaque matin, c'est trop tard, la conscience fauche tout. (...) Chaque matin, je suis vivante. »


Voilà, moi quand on me sert des phrases comme ça, je suis comme un boeuf qu'on mène par l'anneau qu'il a dans le museau : je suis docile.


Le style, donc.
Au service d'une intrigue à la complexité déroutante, foutrement tressée pour te balader, mais pas par le chemin le plus court.
Ca peut rappeler un peu Le Carré dans ses meilleurs jours.


En fait, tu suis les récits parallèles de deux personnages : Arturo et Shula.
Chacun raconté à la première personne.


Arturo, c'est un jeune homme plutôt brillant qui se retrouve embauché dans une super grosse boîte, prestigieuse et tout, de gestion de données informatiques (on est en 2002, on ne dit pas encore "big data" ni "cloud").
De la mémoire, quoi.
Et ce n'est pas par hasard, puisque la mémoire, occultée ou non, est un des thèmes du livre.
Bon, il est embauché, donc, alors qu'il n'est pas spécialement qualifié pour le poste (pas vraiment défini d'ailleurs).
Le méga coup de bol...
Dont il semble coutumier.
Hin, hin...
En plus, Arturo, il a un truc bizarre : des flashs de résurgences quasi somnanbuliques d'épisodes de son enfance passée sur une île tropicale.
Hin, hin, hiiiiinnnn...


Shula, c'est une jeune femme, genre eurasienne ultra-canon, danseuse et escort, parce qu'il faut bien bouffer.
Mais pas franchement neu-neu. (Moi je l'ai imaginée comme la femme de Tyrell Wellick dans Mister Robot).
Comme elle est un peu de classe internationale, elle se retrouve pour un job dans une villa de luxe sur la côte d'Azur, à distraire quelques oligarques de la finance et d'autres trucs nauséabonds qui permettent d'être super-riche.
Mais ça ne tourne pas vraiment comme ça aurait dû, ça vire même carrément violent, l'histoire.
Hin, hin, hiiiiinnn...


A partir de là, tu suis les trajectoires de Shula et d'Arturo, grâce à qui tu navigues dans les eaux mal fréquentées des 1% de winners du monde, et de leur cour immédiate de cadres sup-sup-sup.


Ca mélange donc un peu de thriller corporate, de roman d'espionnage, de peinture limite houellebecquienne du microcosme executive.


Bref, tu ne lâches plus le bouquin jusqu'à la fin, parce qu'il te tient jusqu'au bout le filou.
Charlotte Farison, c'est son premier roman, il ne faudra pas me menacer longtemps pour que je me jette sur son prochain.



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