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La Daronne - Hannelore Cayre (Métailié)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Mar 24, 2017 6:29 am    Sujet du message: La Daronne - Hannelore Cayre (Métailié) Répondre en citant

Après notamment Commis d'office ou Comme au cinéma, l'avocate pénaliste Hannelore Cayre est de retour avec La Daronne, son nouveau roman qui vient de paraître chez Métailié.
Hannelore Cayre sera présente aux Quais du Polar 2017.






Le livre :

« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. »


Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau tout en élevant ses enfants… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ?

Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt… disons… un détachement joyeux.

Et on devient la Daronne.



Citation:

DANS LA PRESSE


« Pour la compassion, il faudra aller voir ailleurs. »
Sabrina Champenois, Libération

« A travers cette quinqua culottée, caustique, gouailleuse, humaniste aussi, la romancière en profite pour étriller une justice qu'elle connaît bien. »
Delphine Peras, L'Express

« C'est le grand retour d'Hannelore Cayre... A son habitude, c'est brillant, enlevé, d'une rare acuité sur la justice et sans aucun manichéisme, tout ce qui fait le talent de l'auteure. »
Christophe Dupuis, Sang Froid

« Un ton joyeusement amoral parcourt ce polar persifleur... »
François Lestavel, Paris Match

« La daronne, roman noir, est une œuvre étonnante du début à la fin, une lecture où, tour à tour, Hannelore Cayre nous livre des souvenirs merveilleusement écrits, puis nous entraîne avec elle à un rythme d'enfer dans des situations de danger absolu. »
Catherine Dô-Duc, Le Blog du Polar de Velda





L'auteur :

Hannelore Cayre est avocate pénaliste, elle est née en 1963 et vit à Paris.
Elle est l’auteur, entre autres, de Commis d’office, Toiles de maître et Comme au cinéma.
Elle a réalisé plusieurs courts métrages, et l’adaptation de Commis d’office est son premier long métrage.



_________________
« Les nouvelles sont à la littérature ce que la dégustation est à la gastronomie. »
Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.


Dernière édition par norbert le Mar Avr 04, 2017 9:28 pm; édité 1 fois
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norbert
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MessagePosté le: Ven Mar 24, 2017 3:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Frédérique Franco, de la Librairie Le Goût des mots (Mortagne-au-Perche), sur Page des Libraires :

Citation:

La Daronne - Hannelore Cayre


Elle travaille pour la police en traduisant des conversations de dealers sur écoute. Son statut précaire, sa solitude, la misère qu'elle côtoie font que sa vie n'est pas rose, mais elle a le pouvoir de faire changer les choses.


Patience Portefeux, la cinquantaine, est veuve.
Ses deux filles adultes ont leur propre vie et la sienne est un peu morne.
Elle a d'abord été interprète dans les tribunaux.
Son travail consiste à présent à aider la police dans le cadre d'affaires de stups et de grand banditisme.
Elle doit retranscrire des conversations interceptées et les traduire quand leurs auteurs émaillent leurs propos de phrases en arabe.
« Les Moufti et leurs copains étaient nés en France et ne connaissaient du bled que ses plages. C'était des Marocains produits hors-sol ; des Marocains hydroponiques. »
En plus de son quotidien guère réjouissant, Patience doit s'occuper de sa mère vieillissante placée en maison de retraite.
« Lorsque je n'étais pas en train de suivre le feuilleton des péripéties de ma nouvelle famille marocaine, histoire de me détendre donc, j'allais visiter ma mère dans son mouroir. »
Un déclic se fait lorsqu'elle prend conscience que la femme attentionnée qui s'occupe de sa propre mère est la maman de l'un des trafiquants de cannabis qu'elle suit au fil de ses écoutes téléphoniques.
Elle décide alors d'intervenir en donnant des informations au chauffeur qui convoie de la marchandise depuis le Maroc pour la banlieue.
La drogue échappe à la police et elle la récupère elle-même, puisqu'elle sait où elle est cachée.
Dès lors, elle prend les rennes de l'affaire, seule, sous le pseudo de « la Daronne ».
Une double vie commence pour elle, entre son travail officiel avec la police et son rôle de « Daronne ».


Malgré la noirceur des situations décrites, La Daronne est un polar original et vraiment réjouissant.
Le style d'Hannelore Cayre est teinté d'humour, l'écriture est pleine d'énergie, et tout dans ce livre captivant sonne très juste (l'auteure, avocate pénaliste, sait de quoi elle parle).



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MessagePosté le: Lun Mar 27, 2017 7:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur Actu du Noir :

Citation:

Hannelore Cayre revient, et c’est bon !



Depuis Ground XO, troisième, et pour l’instant dernier épisode des aventures de l’avocat Christophe Leibowitz, je n’avais pas vu passer de nouveau roman d’Hannelore Cayre.
Et voilà que parait La Daronne, que j’ai dévoré avec toujours autant de plaisir.


Patience Portefeux a eu des parents qui aimaient l’argent, et le gagnaient par des moyens pas forcément légaux.
Son père est mort.
Ainsi que son mari qui lui aussi aimait le luxe et l’illégalité.
Pour survivre, élever ses filles et payer la maison de retraite de sa mère, elle est traductrice assermentée d’arabe en français au service de la justice et de la police.

Jusqu’au jour où, au détour d’une conversation téléphonique, elle s’aperçoit qu’un immense chargement de cannabis se trouve « perdu ».
Elle décide alors de le retrouver et de l’écouler pour retrouver sa vie d’avant.


Ceux qui ne connaissent pas encore Hannelore Cayre risquent d’être surpris.
Car si elle est avocate et connaît parfaitement les milieux qu’elle décrit (juges, avocats, petits et moyens malfrats, flics, pauvres gens et sales cons), ne vous attendez pas à un polar procédural classique.


Un roman d’Hannelore Cayre c’est avant tout un ton, une écriture et un regard.
Et les trois sont sacrément acérés.
Pas de politiquement correct, aucun respect des convenances, des bonnes manières et des conventions, mais un immense respect pour la langue française et l’humanité souffrante.


Ca claque comme du Desproges, un pauvre con est un pauvre con, un abruti, quelle que soit sa classe et son origine sociale, un abruti, et les dysfonctionnements et hypocrisies du système et de la société sont étrillés sans pitié.


En VO ça donne ça :

« Philippe, la probité même, un homme intelligent, cultivé et drôle … croyait en Dieu ! C’est que ça me parait tellement invraisemblable qu’on puisse prêter crédit à des niaiseries pareilles. S’il m’avait confié croire en une destinée humaine gouvernée par un plat de nouilles célestes j’aurais trouvé ça moins ridicule. […] Bref, à part considérer la croyance en Dieu comme une forme de dérèglement mental, je ne vois pas… »


Et comme il y en a pour tout le monde dans la distribution :

« Porsche Cayenne aux vitres teintées encerclée d’emballages de fastfood jetés par terre et garée sur une place handicapés, rap et climatisation à fond, les portières ouvertes – gros porcs avec collier de barbe filasse sans moustache, pantacourt, tongs de piscine, tee-shirts Fly Emirates PSG flattant les bourrelets, et pour la touche accessoires chics de l’été : pochette Vuitton balançant sur gros bide et lunettes Tony Montana réfléchissantes.

La totale. Le nouvel orientalisme. »



Vous aimez ? J’adore.
Si j’ajoute une vraie empathie, pas larmoyante pour un sou (vous vous en doutez après ces extraits de sa prose) pour ceux qui luttent pour rester dignes, un vrai sens de l’intrigue et du rythme, j’espère que je vous ai convaincus de lire La Daronne.



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MessagePosté le: Ven Mar 31, 2017 12:30 am    Sujet du message: Répondre en citant




La Daronne de Hannelore Cayre vient d'être récompensé par le Prix du Polar européen Le Point 2017.



Citation:

"La Daronne" d'Hannelore Cayre rafle le Prix "Le Point" du polar européen 2017 !


Aussi hallucinante que la dealeuse de cannabis de son roman, la lauréate recevra son prix au festival Quais du polar à Lyon ce week-end.



Hannelore Cayre déboule sur son vélo électrique, au métro Jourdain, son quartier parisien.
Insolite, mais inratable.
La Daronne, c'est elle.
Une grande tige de 54 ans qui rappelle l'actrice Anémone, avec la coupe juvénile de Jane Birkin.
Qui pose sur la couverture du roman avec deux sacs Tati et signe le personnage haut en couleur de ce fabuleux roman noir qui va chercher, plutôt que du côté de Simenon, chez Balzac, à l'ère de la PlayStation, et Joyce Carol Oates, son idéal littéraire – « parce qu'elle fait palpiter la chair avec les 26 lettres de l'alphabet », nous dit-elle.


La Daronne du livre, au départ, s'appelle Patience Portefeux.
Son enfance se déroule entre caviar et contrebande, son papa prend du cash dans le commerce pas propre organisé avec « les pays dits de merde dont le nom se termine par an, comme le Pakistan, l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan, l'Iran ».
La mère, juive rescapée des camps, n'aimera jamais que son chien.
La vie avance, ou plutôt s'arrête, avec un veuvage et le déclassement social qui s'ensuit.
Patience devient traductrice-interprète judiciaire d'écoutes téléphoniques en langue arabe.
Des heures d'écoutes de dealers (payées au noir par l'État – là, ce n'est pas du roman, mais le vrai système français) lui permettent de récupérer un quintal de cannabis à un go fast arrêté net.
Une fois que la came embaume sa cave, il ne reste plus qu'à l'écouler.

La suite est picaresque, sombre et drôle comme du Iain Levison, mais purement français et fichtrement attachant.
D'autant que la daronne n'aime pas l'argent.
Celui de la drogue sert à payer la maison de retraite de sa mère.
« La classe moyenne étranglée par les vieux », au bénéfice d'un fonds de pension américain…


À part ça, Hannelore Cayre a connu la même enfance que son héroïne, et a échappé à la mort, au Chili, après un grave accident de voiture qui l'a laissée tétraplégique de longs mois.
Revenue chez les vivants et en France, elle exerce le métier d'avocate auprès de son mari de vingt ans.
« Le pénal crade », précise-t-elle, dont elle se passerait aussi bien que des sales types qui « plongent la tête d'un gamin dans un seau d'eau pour racketter les parents ».
Alors, elle écrit.
Des romans, cinq, des articles pour la revue XXI, trois, une BD de science-fiction est en cours – « créative, pas lourde », avec des humains sur des atolls en forme de Cheerios (les céréales) en butte à des Martiens « cornichons télépathes ».
Quant au duo du barreau qu'elle forme avec son mari, il s'interdit seulement de défendre les terroristes.
Des fous de Dieu qui évaluent leur « degré de foi » comme dans un jeu Nintendo (véridique, les écoutes téléphoniques sont une mine  !).
Alors, ça fait du bien d'en sourire, dans le roman de ces dealers inspirés par un « plat de nouilles céleste de niaiseries ».
Cayre fait du bien tout court avec sa Daronne incarnée et si pleine d'humanité.
Lisez, vous verrez.



http://www.lepoint.fr/livres/la-daronne-d-hannelore-cayre-rafle-le-prix-le-point-du-polar-europeen-2017--29-03-2017-2115723_37.php#xtor=CS2-238


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MessagePosté le: Dim Avr 02, 2017 10:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christine Ferniot sur Cercle Polar, le Blog :

Citation:

“La Daronne” d'Hannelore Cayre, une déambulation dans les bas-fonds de la justice


Après avoir brillamment ausculté le monde des avocats “Commis d’office”, l'auteure revient avec une nouvelle héroïne, travailleuse au noir pour le ministère de la Justice.
Réjouissant.




C’est elle qui pose sur la couverture de La Daronne (éditions Métailié).
Hannelore Cayre est partie une nuit avec sa fille Louise dans un parking de Parly 2 flanquée de deux sacs Tati, un imper mastic et des lunettes noires pour illustrer le personnage de Patience Portefeux, traductrice d’un genre particulier.
Hannelore est comme ça, grande bringue aussi sérieuse que drôle, avocate et romancière, observatrice imparable de la justice d’en bas.


Entre 2004 et 2007, avec trois formidables polars, Commis d’office, Toiles de maître et Ground XO, elle a conté les aventures de Christophe Leibowitz, avocat bas de gamme et rebelle, embarqué dans des affaires toujours louches et tirant son épingle du jeu avec un beau savoir-faire.
Puis, en 2008, Hannelore Cayre a voulu passer par la case cinéma et adapter elle même son premier roman, Commis d’office, avec Roschdy Zem.
Elle ne conserve pas un bon souvenir du tournage et comme le film n’a pas bien marché, Hannelore est retournée à son cabinet d’avocate pénaliste qu’elle partage avec son mari, pour tourner la page.


Sombre et drôle


Elle revient aujourd’hui avec La Daronne, talent intact, phrase peaufinée mais directe, histoire malpolie et imparable.
Voici Patience Portefeux, 53 ans, veuve avec un chien, deux filles grandies trop vite, une vieille mère déglinguée en maison de retraite à 3 000 euros par mois, parfaitement bilingue (français-arabe), pour des raisons familiales un peu complexes.
Patience a d’abord été interprète dans les tribunaux mais avec son expérience et sa disponibilité, s’est vue confier les écoutes téléphoniques dans les enquêtes des stups et du grand banditisme.
Ça fait maintenant 25 ans qu’elle traduit à tour de bras des affaires de « go fast », de trafics en tous genres.
Bien payée mais non déclarée par le ministère de la Justice, elle peut arranger la véracité des propos comme elle veut puisque personne ne surveille ce qu’elle traduit.
Alors, un jour, Patience entre à son tour dans le business et devient « la Daronne ».


Dans cette fiction très drôle et très sombre, Hannelore Cayre aborde de nombreux sujets de société sans avoir l’air d’y toucher : que faire de ses vieux parents ?
Comment vivre en femme libre sans un sou en rêvant de mettre ses enfants à l’abri du besoin ?
Comment sympathiser avec ses voisins chinois ?...
Mais surtout, la romancière continue de décrire le monde de la justice et ses aberrations : « On met la sécurité nationale aux mains de gens qu’on méprise et ne déclare pas. C’est une patate chaude cette histoire, et chaque ministre de la Justice se la renvoie car le budget de la justice ne peut pas le prendre en charge », explique-t-elle pour décrire ce métier d’interprète.


Vraies anecdotes et exagérations plausibles


« Au tribunal, je vois régulièrement un couple de libanais de 80 ans qui continuent de traduire parce qu’ils n’ont pas de retraite ».
Le talent d’Hannelore Cayre est dans sa manière de raconter des histoires tragiques en faisant rire son lecteur.
Elle y parvient à coup d’anecdotes (souvent vraies), d’exagérations irrésistibles (et plausibles) et d’une écriture travaillée au millimètre, mais bondissante d’humour et de générosité.


La Daronne pourrait devenir un film mais cette fois, l’auteure ne tiendra pas la caméra.
Elle en écrira sans doute le scénario et surtout les dialogues, car cette romancière a un talent évident pour faire parler les dealers autant que les flics et les avocats.



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MessagePosté le: Sam Mai 06, 2017 3:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Philippe Lemaire sur Onlalu.com :

Citation:

La Daronne lave plus blanc !



Le droit mène à tout.
Au roman noir, par exemple, pour peu qu’on sache scruter la justice sans complaisance et tremper sa plume dans l’acide.
Auteure déjà de quatre romans et d’un long métrage remarqué (« Commis d’office » en 2009, co-écrit avec Roschdy Zem), Hannelore Cayre libère ainsi la rebelle qui sommeillait sous sa robe d’avocate pour nous livrer avec La Daronne un bijou de scénario politiquement incorrect.


Court, musclé et hilarant


Couronné du Prix du polar européen Le Point 2017 (remis à l’occasion de Quais du polar), ce livre court, musclé et souvent hilarant, est le portrait désabusé d’une femme n’ayant plus rien à perdre.
Une quinqua lestée d’un excédent de bagage mémoriel, fille d’un truand tyrannique et d’une ancienne déportée cadenassée dans son passé, mère peu maternelle de deux gentilles filles auxquelles elle n’a rien à dire.
Sa parfaite maîtrise de la langue arabe la fait vivoter comme traductrice, à transcrire des dépositions, des interrogatoires ou des heures d’écoutes téléphoniques.
C’est là, dans les coulisses d’une enquête des stups, entre deux visites à sa mère en fin de vie, qu’elle déniche deux pépites.
Une famille de trafiquants marocains en panique a dû se délester d’une cargaison de cannabis près d’une sortie d’autoroute.
Et le chauffeur n’est autre que le fils de la brave aide-soignante qui assiste sa propre mère.


Le droit mène vraiment à tout


Une aubaine pour forcer son entrée dans le business et améliorer enfin son ordinaire : la voici devenue, pour ses associés et les policiers qui les espionnent, « la Daronne », une machine à revendre et blanchir insaisissable.
Le cynisme du personnage, son regard impitoyable sur les dealers à l’intellect déficient, sa relation sans issue avec un policier transi d’amour donnent de la chair à cette histoire où le suspense reste secondaire.
Ce qui n’empêche pas un ultime retournement joliment amené.



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MessagePosté le: Lun Juin 19, 2017 9:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

La Daronne, de Hannelore Cayre



Patience Portefeux a grandi dans une drôle de famille, entre père trempant dans des affaires louches et une mère évaporée.
Quelques revers de fortune familiaux, et en particulier les décès de son père et de son époux ont poussé Patience à abandonner ses rêves d’enfant, une vie dans les palaces qui, à un moment, lui semblait possible.
Elle est devenue une mère seule devant pourvoir à l’éducation de ses filles.
Pour cela, elle a profité de sa connaissance de la langue arabe pour embrasser la carrière précaire d’interprète pour les tribunaux.
Elle a fini par déserter les prétoires – déprimants et révoltants – pour traduire les écoutes judiciaires.
Et l’interprétariat pour la justice française est un drôle de travail :

« Sinon, j’étais payée au noir par le ministère qui m’employait et ne déclarait aucun impôt.

Un vrai karma, décidément.

C’est d’ailleurs assez effrayant quand on y pense, que les traducteurs sur lesquels repose la sécurité nationale, ceux-là même qui traduisent en direct les complots fomentés par les islamistes de cave et de garage, soient des travailleurs clandestins sans sécu ni retraite. Franchement, comme incorruptibilité on fait mieux, non ?

Enfin, moi qui suis corrompue, je trouve ça carrément flippant. »



Corrompue, en effet, ou profitant à tout le moins de sa place, Patience a, durant une de ses innombrables écoutes sans intérêt de petits dealers bêtes comme leurs pieds, fini par tomber sur un vrai réseau bien organisé.
Et elle s’arrange pour que l’arrestation échoue mais, dans l’opération, la livraison disparaît.
Et Patience sait où elle est cachée.
C’est l’occasion pour elle de trouver un moyen de payer l’EPHAD de sa mère et d’assurer l’avenir de ses filles.
Pour cela elle va devenir La Daronne.
Mais il n’est pas toujours simple de traiter la vente de shit avec des trafiquants aussi bêtes qu’obtus.


Roman d’un cynisme achevé qui balance avec humour autant sur le fonctionnement erratique de la justice française que sur les prétentions criminelles de dealers élevés par un étrange mélange de téléréalité et d’islam rigoriste quand ça les arrange, La Daronne est un récit aussi acide qu’amusant.
C’est aussi une charge bien menée sur la manière dont fonctionnent d’une manière générale une société du profit et des apparences dans laquelle on économise sur l’essentiel – la justice, la santé – tout en magnifiant les dépenses ostentatoirement inutiles.
Hannelore Cayre la mène avec une énergie finalement très optimiste et avec toujours et pour chacun de ses personnages une réelle empathie qui n’exclut pas la critique, y compris vis-à-vis de son personnage principal et narrateur doté d’une grande capacité d’autodérision.


Il ressort de tout cela un roman très plaisant qui, sans bouleverser le genre ni être le grand roman que l’on a parfois dit ici ou là, touche juste et se révèle, en ces temps où le politiquement correct rampant ne cesse de gagner du terrain, salutaire par son cynisme enjoué.



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