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Polars Pourpres

David Peace
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kafka65
Témoin



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MessagePosté le: Ven Fév 17, 2017 11:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

En coplément, dans le Temps noir N°15, un très bon dossier sur David Peace : http://rivieres.pourpres.net/forum/revue-temps-noir-vt5882.html

Xavier a écrit:
Nick, Peace est un auteur majeur pour moi. Je fais un cop/coller de ce que j'ai écrit la semaine dernière sur DP

David Peace est un grand, peut-être le plus grand du roman noir actuellement.

Sa carrière prend ses racines dans son Yorskhire natal avec les meurtres de l’Eventreur du Yorkshire, qui ont accablé l’Angleterre de 1977 à 1981. Enfant, il pensait que son père était l’Eventreur et qu’il assasinerait sa mère. Une partie de sa tétralogie 1974,1977, 1980, 1983 retrace la tourmente de l’époque. Peace peint l’Angleterre de l’époque sans concession, noire de noire avec un style et des phrases hypnotisants et déchirants. Le prétexte de ces livres sont des enquêtes sur des séries de meurtres, le cheval de bataille de Peace semble être une peinture effarante de la société de l’époque; on ne sait plus de quels bords sont les ordures; les flics, la pègre, les hommes politiques, les patrons, tous se mélangent dans un décor nauséabond et occupent une place importante dans l’échelle de la pourriture de la société. Un roman d’une noirceur à la limite du réel. Le lecteur reconnaît la touche Peace aussi avec cette négligence du suspense et la difficulté parfois à suivre l’histoire, et peut se trouver désorienté comme le sont la plupart des paumés de ses histoires.

Les romans de Peace ont toujours pour cadre la défaite, le Yorkshire et la grève des mineurs devant leurs bourreaux, l’Eventreur du Yorskhire et Margareth Thatcher sans oublier le Japon avec Tokyo de 1945. Pour l’auteur, la défaite montre les gens dans leurs nudité profonde, leur vulnérabilité, dépouillés de tout, il ne reste que leur essence, leur vérité profonde.

Peace rappelle que les « crime fiction » ont à la fois l’occasion et l’obligation d’être les plus politiques de tous les écrits et de tous les média, le crime étant lui-même le plus manifeste exemple de la politique de son époque ; nous sommes définis et damnés par les crimes de notre temps et de notre environnement , les sociétés produisent les crimes qui leur ressemblent et font partie intégrante de cette société au bord de l’abyme. Ces romans partent de faits divers réels ; l’auteur pense qu’ils parlent de l’histoire cachée.

Il a une écriture difficile parfois, je citerai le jeune auteur français Marin Ledun , qui en parle avec grande émotion :

“David Peace a été ma révélation de l’année. J’ai tranquillement ouvert 1974 un soir et ma vie a basculé. J’ai compris qu’un écrivain avait tous les droits, qu’il pouvait tout dire, tout faire, tout faire faire à ses personnages, qu’il n’y avait aucune limite dans l’écriture polaresque. Le noir, le noir, le NOIR ! Le roman noir permet tous les excès. J’ai compris qu’écrire pouvait faire mal, autant que lire, que l’écriture et la lecture, ce n’était pas seulement des mots savamment alignés, mis en scène, simples illusions spectaculaires, mais bien plus que cela. Un écrivain ne maîtrise pas tout. Bien sûr, il a cette prétention de maîtriser ce qu’il écrit (ou l’illusion de maîtrise), mais il est traversé par son histoire, traversé par la société dans laquelle il vit, et ce qui sort de lui le dépasse complètement. David Peace est indubitablement de ceux-là. Une écriture difficile, habitée, j’ose dire « hantée » par les démons de celui qui, enfant, croyait que son père était l’éventreur du Yorshire. Mais un surtout un mec exigeant, dur, lancinant, énervant, agaçant, crevant, répétitif au besoin, qui a tout compris de sa ville, de sa région, des hommes et des femmes qui la peuplent, et qui renouvelle le genre ».

David Peace, avant de connaître la reconnaissance internationale a traversé un passage difficile, période de 75 à 83 d’errance entre alcool et indigestion de séries télévisées, ses manuscrits étaient refusés par les éditeurs et parfois volés. Il a ensuite enseigné l’anglais en Turquie, puis au Japon où il réside depuis 14 ans. Il a épousé une Japonaise, issue d’une famille communiste.

Son dernier roman paru en France au début de l’année, « Tokyo Année zéro » a pour cadre Tokyo et les jours suivant la défaite de 1945, sujet intéressant du point de vue des vaincus et non des vainqueurs.

Mon premier Peace lu avec allégresse ( c’est un comble pour un roman noir). L’auteur évoque avec sensibilité et tact l’atmoshpère de la période suivant la défaite japonaise sans tomber dans les travers de certains romanciers qui transforment leur histoire en mi-documentaire pour mieux nous faire comprendre ces pays lointains. Le style est envoûtant, le rythme parfois lancinant avec ses répétitions et ses onomatopées s’emboîtent bien avec la pesanteur du quotidien. Pour apprécier le roman, il ne faut pas attendre une intrigue bien ficelée. Les interrogations, les doutes,les incompréhensions et la méfiance du cerveau pulvérisé et parfois groggy de l’inspecteur Minami entretiennent un léger suspense jusqu’au bout dans un monde ou duplicité, traîtrise et cruauté font la danse.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Déc 01, 2017 5:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Rivages vient de publier en grand format (ou format semi-poche) l'intégrale du Quatuor du Yorshire de David Peace :






Citation:


1974 : Edward Dunford, reporter à l'Evening Post, fait ses premières armes dans l'ombre de Jack Whitehead, journaliste vedette de la rédaction.
Il enquête sur la disparition de trois fillettes autour de Morley, dans l'Ouest du Yorkshire.

1977 : dans la région de Leeds, plusieurs prostituées sont agressées ou assassinées.
La psychose gagne la population.
Les femmes n'osent plus sortir le soir par peur de l'Eventreur, un criminel insaisissable qui défie la police...

1974, 1977, 1980, 1983, quatre romans envoûtants qui retracent une décennie de meurtres et de disparitions énigmatiques dans l'Ouest du Yorkshire, une contrée où rôde le mal.
Des temps troublés, dépeints avec une force incantatoire par David Peace, l'un des plus grands écrivains britanniques contemporains.






Un volume qui comprend donc :





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Hoel
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MessagePosté le: Ven Déc 01, 2017 6:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est pas un grand format. Enfin, pas dans la largeur.
Semi-poche mais vrai pavé donc. Mr. Green
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Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Déc 01, 2017 6:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hoel a écrit:
C'est pas un grand format. Enfin, pas dans la largeur.
Semi-poche mais vrai pavé donc. Mr. Green



Oui, clairement !
(mais pour eux, je crois qu'ils le qualifient de "grand format", mais tu as raison, un GROS semi-poche !)
Aux pieds du sapin de Noël, ça va faire impression ! D'ailleurs, ça peut aider à caler le sapin ! Mr. Green
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norbert
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MessagePosté le: Mer Sep 11, 2019 4:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant




J'ai commencé il y a quelques jours 1974 et, même si en ce moment je suis plus séries le soir donc pour l'instant je n'en ai lu qu'une petite centaine de pages, on est très vite pris par le bouquin, son ambiance sombre et poisseuse. Et finalement, une fois commencé, c'est quand même plus facile à lire que ce que j'avais fini par penser à force de lire les divers commentaires sur l'écriture de Peace.
Bref, je commence à avoir hâte d'y retourner ! Et d'ailleurs, je me retrouve déjà dans cet avis publié plus haut par Nick Corey :


Nick Corey a écrit:
Je viens de terminer 1974, mon premier Peace et surement pas le dernier. je vais me procurer 1977.
Putain, c'est super bien. Putain d'english, putain de boue dégueulasse, putain de journaliste, putain, putain, putain. Plein la bouche. Ah, il y a aussi beaucoup de "merde".
définitivement pas correct, ce portrait de l'angleterre. A 1000 lieux du vert gazon, des bobbies bien proprets, des gentlemans du Scotland yard dont on a l'habitude. il n'y a que le thé, bu chaud, très sucré, qui n'est pas sali par l'auteur (c'est à se demander s'il rêgle des comptes).
en 1974, les journalistes et les flics sont presque tous sans exception des salopards et des porcs, vendus, ripoux.
dans les commisariats, les flics torturent comme des putains de nazis. Et tous s'y mettent. C'est proprement hallucinant.
Dans les rédactions on écrit n'importe quoi. "les anglais ont la vérité qu'ils méritent".
L'angleterre de 1974 que nous montre Peace craint. Ca pue comme les pissotières du Redbeck, triste restau routier. merde jaune dans la cuvette des chiottes, la chasse pas tirée par un de ces gros cons violents de camionneurs qui n'ont que le mot PD à la bouche, merde dans les têtes d'hommes des cavernes.
Le "héros", jeune journaliste surnommé "Scoop", en prend plein la poire.
Le style est particulier. par moment on peut être agacé par un certains systématisme, à d'autres on est estomaqué par l'efficacité.

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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 5:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de finir :



et j'en sors un peu comme Eddie Dunford (les coups et le sang en moins), complètement essoré. Mais partant pour lire bientôt la suite.
Mon avis :

Citation:
Eddie Dunford, « correspondant pour les affaires criminelles dans le Nord » à l'Evening Post, se voit chargé par son rédac' chef d'assister Jack Whitehead, « reporter criminel de l'année », pour couvrir l'assassinat d'une fillette retrouvée violée et torturée. Mais lui, jeune et naïf, cherche la vérité, alors que « les gens n'ont que la vérité qu'ils méritent ». Et il ne tardera pas à s'en apercevoir, au fil d'une descente aux enfers qui lui arrachera des larmes de rage, d'impuissance et de chagrin devant l'impensable putain de corruption et de pourriture qui gangrène l'Angleterre des 70's jusqu'à l'os : police qui incendie des camps de gitans, torture et tabasse de pauvres hères pour pouvoir désigner des coupables à une presse servile dont les plus prestigieux éléments, au courant des secrets, n'en continuent pas moins d'y écrire les mensonges officiels. Pour les autres, les rares qui, comme Eddie, s'accrocheraient un peu trop à la vérité, c'est la mort - accidentelle, bien sûr - qui les attend si jamais les menaces, les coups, les passages à tabac ne suffisent pas. Une police qui fait ce qu'elle veut (« C'est le Nord. On fait ce qu'on veut ! »), tant qu'elle couvre les crimes et délires d'entrepreneurs et d'élus véreux qui n'ont qu'une motivation : « cet argent. Toujours ce putain d'argent. »

En suivant Eddie Dunford, hanté par les images de fillettes disparues, retrouvées violées, torturées et étranglées, auxquelles s'ajouteront bientôt tous les morts qui finiront par jalonner son chemin de croix, le lecteur s'enfonce dans une atmosphère de plus en plus sombre et poisseuse et découvre l'envers du décor, porté par l'écriture radicale et quasi hypnotique de Peace. Les USA ont Ellroy, la Grande-Bretagne a eu Ted Lewis, Robin Cook et David Peace. Qui écrit comme pour décaper l'histoire de son pays de toute cette crasse de mensonges et d'horreurs, de pourriture et de corruption. On en ressort sonné, lessivé, comme passé sous un rouleau compresseur.
Quant à la France, il n'y a aucune raison pour que le système ne soit pas le même. Et pourtant, on attend toujours. Mais un tel auteur serait-il ne serait-ce qu'édité, de nos jours ? Aurait-il au moins l'occasion de percer la chape de plomb du système politico-médiatique ? Poser la question, c'est certainement y répondre. Après tout, « les gens ont la vérité qu'ils méritent ».
En attendant, choisissez la pilule rouge, lisez Peace.


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Le Juge Wargrave
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MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 6:57 am    Sujet du message: Répondre en citant

Oh punaise, un avis de Norbert himself, je vais brûler un cierge ! Laughing Wink
Et du coup, celui sur le Dorothy B. Hugues est dans les cartons ? Very Happy
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MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 7:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le Juge Wargrave a écrit:
Oh punaise, un avis de Norbert himself, je vais brûler un cierge ! Laughing Wink


Laughing Laughing
Faut dire que ça m'a pris d'un coup, je ne m'y attendais pas, moi aussi ça m'a fait tout drôle... Embarassed
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Le Juge Wargrave
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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 7:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

Laughing Laughing Laughing
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