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Polars Pourpres

Qiu Xiaolong
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Fab
Serial killer : Le Poète


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Miserere

MessagePosté le: Lun Juin 09, 2014 7:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hoel a écrit:

Qiu Xiaolong sera en France ces jours-ci à l'occasion de la parution de son nouveau roman Dragon bleu, tigre blanc.




il était présent ce week-end à St Malo pour le festival Étonnants Voyageurs et sera à Brest demain soir à la librairie Dialogues où je vais retourner le voir.



mon 1er Qiu Xiaolong.
la contextualisation sociale,politique et géographique m'a permis de prendre le train en route sans soucis alors que je n'avais pas lu les précédentes histoires de l'inspecteur Chen.
sur fond de pollution et lutte pour l'environnement,on a le droit à une intrigue classique et prévisible mais le style subtil et tout en finesse de l'auteur fait de ce livre une lecture agréable.
j'ai été charmé par le rythme,par son personnage philosophe et poète
_________________
À chaque décision que nous prenons, nous créons un nouvel avenir. Et, ce faisant, nous détruisons tous ceux que nous aurions pu avoir à la place.
Lou Berney November Road
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Le Juge Wargrave
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MessagePosté le: Ven Juil 27, 2018 10:38 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai plusieurs romans de cet auteur dans ma PAL, j'ai enfin commencé le 1er de la série dédiée à l'inspecteur Chen :



Cela faisait des années qu'on m'encourageait à découvrir ses romans, surtout pour "quelqu'un qui aime Mankell". Je comprends l'allusion puisqu'on retrouve en filigrane une critique de la société chinoise communiste (les passages sur la Révolution culturelle et ses terribles conséquences sont passionnants), comme Mankell se sert de ses romans pour dépeindre de façon critique la société suédoise qui s'éloigne de l'Etat-providence.
C'est dépaysant, instructif, on avance comme dans une vraie enquête, c'est-à-dire sans retournement toutes les dix pages, bref, une très agréable surprise.
J'en suis à la moitié des 500 pages, j'espère que le plaisir de lecture va durer jusqu'au bout.
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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MessagePosté le: Mer Sep 26, 2018 9:56 am    Sujet du message: Répondre en citant



Mon avis sur ce très bon roman :

Citation:
Premier contact avec cet auteur et belle découverte au final.
Qiu Xiaolong nous amène dans le Shanghai du début des années 90, dans une Chine en pleine mutation bien que toujours marquée par le poids écrasant du Parti, par une corruption omniprésente, et une pollution étouffante. Les passages sur le passé de la Chine sont passionnants (notamment ceux qui touchent la Révolution culturelle voulue par Mao et ses désastreuses conséquences).
Teinté d'humour et d'une bonne (et belle) dose de poésie, le texte de près de 500 pages (format poche) se lit avec plaisir, curiosité (tant pour connaître le dénouement de l'intrigue que pour en apprendre plus sur cette Chine-là) et parfois gourmandise (nombreuses références culinaires).
L'inspecteur principal Chen est un policier original, à la fois poète et flic bien en vu (soutenu par certains caciques du Parti). Cette double étiquette, ce mélange surprenant est un véritable atout (l'auteur est lui-même poète) et me donne envie de poursuivre l'aventure à ses côtés dans les autres titres de la série.

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MessagePosté le: Dim Avr 25, 2021 8:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis sur



le 2e opus des enquêtes de l'inspecteur Chen :

Citation:
Après Mort d'une héroïne rouge, j'ai retrouvé avec plaisir l'inspecteur Chen, l'étoile montante de la police de Shanghai, policier poète aux solides appuis politiques. Il doit accueillir et accompagner Catherine Rohn, une agent sinophone du FBI venue chercher une témoin importante dans une affaire d'immigration clandestine entre la Chine et les États-Unis ; l'enjeu est de faire tomber tout un réseau de passeurs. Mais hélas la femme est introuvable et les triades sont de la partie...
Qiu Xiaolong reprend les mêmes ingrédients que dans l'opus précédent : la Chine des années 1990 de Deng Xiaoping qui s'ouvre doucement mais sûrement au monde, la page cuisante du maoïsme tournée mais qui a laissé des traces durables. Même ingrédients avec de la poésie, de la bonne cuisine et un inspecteur marchant toujours sur des oeufs (car en Chine "tout est politique") pour éviter l'incident diplomatique et froisser les caciques du parti communiste chinois.
Peut-être parfois un peu trop long, c'est du point de vue historique et culturel très intéressant et le dépaysement est assuré pour le lecteur occidental.
L'intrigue n'est pas mal du tout et l'on voit que les triades ont une influence certaine malgré le poids écrasant et l'omniprésence du PCC.
Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi, un coup d'éclat pour hisser ce roman au rang d'excellent polar. Mais ce n'est pas grave, la série dédiée à l'inspecteur Chen comptant de nombreux opus, je vais donc continuer ma découverte en ouvrant "Encres de Chine".

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MessagePosté le: Ven Mai 14, 2021 5:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai bien aimé la 3e enquête de l'inspecteur Li avec



Mon avis :

Citation:
Troisième tome et on tourne toujours autour des mêmes thèmes, à savoir la révolution culturelle de Mao et ses terribles conséquences. Cette fois-ci c'est à travers l'histoire de la mort d'une ex-garde rouge, Yue, ancienne maîtresse d'une écrivain "dissident", Yang. Cette fois-ci cependant l'inspecteur Chen semble déranger son mentor, le secrétaire du parti Li. Plus intéressant est l'autre thème cher à l'auteur, l'évolution vers une Chine capitaliste et les décalages que cela crée, les conséquences de l'exode rural, la pression immobilière très forte, le manque criant de logements (ici à Shanghai). C'est toujours aussi dépaysant pour le lecteur occidental non spécialiste de ce pays. Le point fort de cette série est que l'on s'attache de plus en plus aux personnages récurrents, l'inspecteur Chen bien sûr mais aussi son adjoint Yu Guangming, qui est le personnage que l'on suit le plus dans ce tome, ou encore son épouse qui fait décidément beaucoup de sacrifices par amour pour son mari.
C'est très instructif, vraiment. J'attends maintenant de lire une enquête toute aussi passionnante que l'arrière-plan historique et culturel...


Je me permets de mettre celui de Xavier, très détaillé et très intéressant :

Citation:
Yue Lige, intellectuelle dissidente, est assassinée dans son appartement. Malgré des congés lucratifs, l'inspecteur Chen suivra cette enquête sensible au niveau politique. Qiu Xiaolong a construit une intrigue assez solide pour tenir le suspense tout au long du livre sans qu'une piste prédomine - meurtre crapuleux? littéraire? vengeance? politique? - toutes sont envisageables.
Si l'auteur sino-américain a composé un roman policier, l'ouvrage prend d'autres dimensions avec un engagement politique et une dénonciation d'une société des années 90 où l'argent devient roi, " L'argent est devenu en Chine le seul standard de la réussite". L'aléatoire couverture sociale des années 90 est égratignée, l'inspecteur Chen fait des traductions en dehors de ses heures de travail, une partie est à destination des frais d'hospitalisation de sa mère. "La traduction avait pourtant du bon. L'hôpital réclamait un acompte avant d'admettre un patient. L'avance tombait à pic car elle couvrait largement la somme exigée. Il n'aimait pas cet aspect des réformes économiques de la Chine. Comment se débrouillaient ceux qui n'avaient ni argent ni relations?" On se rappellera des faits rapportés par les journaux locaux, des cas de malades qui sont morts faute de soin ou encore un directeur d'hôpital qui a accepté une paysanne enceinte mais qui l'a menottée après l'accouchement en attendant le paiement; il a répondu aux journalistes qu'il devait gérer un établissement sans le mener à la ruine. Qiu nous montre que les règlements sont flous, au final l'entreprise de sa mère consent à régler les frais en vertu de son ancienneté et de ses bons services. On croise les laissé-pour-compte de la Nouvelle Chine, tel cet ancien professeur réduit à vendre au noir des billets de train.

L'omniprésence du politique est bien marquée, le secrétaire du Parti Li explique que "... les autorités supérieures ont toutes raison de souhaiter que nous résolvions l'affaire sans complications politiques. Aussi, nous avons intérêt à la dépolitiser." On sent bien que le puissant Parti prévaut dans cet état qui cherche son droit.

Qiu refuse cette amnésie qui consiste à oublier les plaies de l'histoire; la plupart de ses ouvrages évoquent les séquelles de la Révolution non culturelle. « je comprends que l'on souhaite oublier le passé. Mais je n'admets pas qu'on force les gens à ne jamais y penser »

Pour revenir au terrain plus littéraire, Qiu a su construire une galerie de personnages accrochants, notamment cet inspecteur Chen, amateur de littérature, gastronome, presque ambivalent. Il se trouve dans diverses situations où la faille la menace. Succombera-t-il à la tentation d'une corruption passive en faisant jouer ses relations pour l'homme d'affaires qui le paie et le remercie grassement pour une traduction? Parviendra-t-il à se réfréner face à une très jeune et charmante secrétaire envoyée par son second généreux employeur. Une bonne partie du roman est tout en retenue, on guette le craquement à divers endroits mais Qiu préfère rester dans la nuance au lieu de tomber dans la facilité.

Si les journalistes aiment les catégories et les hyperboles, il est difficile de les suivre quand ils célèbrent Qiu Xiaolong comme le maître du polar chinois pour diverses raisons. Un écrivain chinois en pleine Chine écrit rarement des attaques aussi frontales pour éviter les foudres de la censure et de l’autocensure, les critiques sont plus voilées alors que certains blog d’intellectuels montrent plus de latitude. Qiu n’est pas vraiment représentatif du genre chinois. Par ailleurs, nombre de passages semblent plus à destination de l’étranger avec un brin de pédagogie pour expliquer la situation. Je ne retrouve pas du tout le même style de roman et de critiques auprès des auteurs chinois qui écrivent dans leur langue dans leur pays. Qiu n’écrit-il pas en anglais, ces ouvrages sont traduits en chinois par une autre plume.

Peu importe, nous avons un bon roman entre policier et découverte d'une Chine en mutation.

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MessagePosté le: Dim Juin 27, 2021 8:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis sur




Citation:
Xavier a dit beaucoup de choses dans son avis ci-dessous. J'ajouterai simplement que c'est pour moi le meilleur opus de la série (que je lis dans l'ordre) et le fait d'aller aux Etats-Unis (la scène du temple bouddhiste où Chen fait de la divination est géniale) où l'on retrouve Catherine Rohn apporte une plus-value indéniable à une intrigue plus fouillée que d'habitude, dont le thème principal est la corruption qui gangrène la Chine de l'époque. Grand plaisir de lecture, j'apprécie de plus en plus cette série.


L'avis de Xavier que je cite :

Citation:
« Le très corruptible mandarin » de Qiu Xiaolong doit être le quatrième roman de l’auteur sino-américain que je lis. Je n’ai jamais vraiment accroché à ses histoires, peut-être que les séquelles de la Révolution culturelle omniprésentes me fatiguaient un peu. J’ai par le passé beaucoup lu sur cette période et je suis devenu allergique à cette partie sinistre et criminelle de l’histoire chinoise. Cet ouvrage m’a en revanche plutôt emballé, le discours politique n’écrase pas le récit, l’intrigue est davantage travaillée – même si un épisode dans le temple bouddhiste est très risqué - et les personnages principaux et secondaires prennent de l’épaisseur. L’inspecteur Chen doit trouver un fil d’Ariane dans une affaire de corruption impliquant un haut fonctionnaire et en filigrane de très grosses légumes. Investi de tous les pouvoirs, il tentera d’éclairer les méandres sinistres des affairistes et des rats rouges (« Red Rats, A case of Two Cities » est le titre anglais) entre Shanghai et Los Angeles en passant par la Louisiane et le Fujian. Vite, on lui rappellera à mots couverts que l’intérêt du Parti prime sur la vérité ; au final, il s’apercevra qu’il a été astucieusement manipulé. Bien entendu, on ne peut que rapprocher cette fiction à de vraies affaires très similaires quand on suit l’actualité.

Chen bien entendu frappe le système et sa dictature sur la littérature durant l’ère Mao, tout comme le détournement et la prévarication des mandarins rouges actuels « Le socialisme est livré au chien. Ces chiens avides, sans scrupules que sont les cadres du Parti ! Ils mettent tout en pièces et rongent les os jusqu’à la moelle, déclara le courtaud avec indignation. Notre compagnie d’Etat est comme une énorme oie grasse, et chacun veut y planter ses dents, ou lui arracher quelques plumes. Tu sais quoi, le chef du Bureau municipal des exportations prend cinq pour cent en échange de son approbation des quotas d’exportation »

Un excellent roman au final.

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