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Polars Pourpres

Et toujours les Forêts - Sandrine Collette (JC Lattès)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Jan 01, 2020 5:00 pm    Sujet du message: Et toujours les Forêts - Sandrine Collette (JC Lattès) Répondre en citant

Après Animal (qui sort en poche), changement d'éditeur pour Sandrine Collette (qui suit son éditrice Béatrice Duval, nommée directrice du Livre de Poche, chez Hachette) qui publie Et toujours les Forêts, son nouveau roman déjà sélectionné pour le Grand Prix RTL-Lire 2020, demain chez JC Lattès.






Le livre :

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.



« Du post-apocalyptique sans grands effets mais qui sonde les sentiments et les instincts humains. Et pas forcément toujours les plus nobles. Âpre et beau. » Yan Lespoux - Encore du Noir






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norbert
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MessagePosté le: Jeu Jan 02, 2020 6:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant




La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Et toujours les Forêts, de Sandrine Collette


Enfant non désiré, Corentin a passé sa prime enfance balloté d’un foyer instable à l’autre avant d’être définitivement abandonné par sa mère à son arrière-grand-mère, Augustine. Auprès de la vieille femme, dans ces lieux isolés, le garçon trouve un équilibre et la part d’amour qui lui a été refusée jusqu’alors. Parti à la « Grande Ville » pour poursuivre ses études, tout en se promettant de revenir auprès d’Augustine, Corentin découvre une nouvelle vie faite d’insouciance et de fêtes, d’amitiés et d’amours éphémères jusqu’à la nuit de la catastrophe. Descendus dans les catacombes, Corentin et ses amis ressentent une terrible explosion. À leur sortie à l’air libre, ils découvrent un monde calciné. Dès lors, le jeune homme n’a plus qu’une idée en tête : revenir aux Forêts, retrouver Augustine.

« Ce fut la fin du monde et ils n’en surent rien. »

Commencé comme le récit d’une errance affective, d’une vie niée, refusée et qui se construit malgré tout, Et toujours les Forêts, on l’a compris, bascule dans le roman post-apocalyptique.
Pourtant, la quête d’amour de Corentin, presque désespérée, au point de basculer dans la contrainte violente, demeure au cœur de ce récit âpre. Peut-on reconstruire un monde à partir de rien ? Le faut-il même ? Et peut-on en fin de compte en créer un nouveau, meilleur, où sommes-nous condamnés à répéter à l’infini les mêmes erreurs ? Ce sont là, parmi d’autres, les questions que pose Sandrine Collette à travers le destin tragique de Corentin.

Le récit de Et toujours les Forêts se déploie d’une manière bien particulière qui mêle une fausse linéarité à un étrange jeu d’ellipses. On commence ainsi par suivre Corentin à travers différents moments de son enfance et de son adolescence jusqu’à la catastrophe, puis dans les semaines qui suivent celle-ci, presque au jour le jour avant que, de nouveau, les tableaux se fassent plus espacés dans le temps. Cela tient bien entendu à la nécessité de raconter à la fois une vie – et même des vies à partir d’un moment – et une période charnière au centre du récit, mais on ne peut s’empêcher de penser que cette façon élastique de traiter le temps participe autant de l’ambiance étrange de ce roman que le monde mort qu’il décrit. Si elle sacrifie aux passages obligés de ce type de récit post-apocalyptique – errance, recherche de moyens de subsistance, rencontre avec une humanité survivante qui inspire la méfiance – Sandrine Collette fait aussi le choix de ne rien expliquer et de prendre autant de libertés qu’elle le peut : on ne saura pas ce que fut exactement la catastrophe, pas plus que nous n’aurons d’explications sur la résistance d’un certain nombre de personnes et d’objets – à commencer par ces conserves essentielles – à un fléau qui semble avoir calciné le monde entier. Ceci accepté, le lecteur pourra se laisser transporter en ces lieux éteints, privés de soleil où, si la survie prime et si les êtres sont endurcis par l’épreuve à laquelle ils sont confrontés, les humains demeurent ce qu’ils sont : des animaux qui veulent instinctivement perpétuer leur race, mais aussi des êtres qui, d’une manière ou d’une autre, recherchent un amour qui, bien souvent, leur glisse entre les doigts.

Quitte à se répéter, quelques années après Il reste la poussière, on retrouve dans ce nouveau roman de Sandrine Collette ce qui nous avait déjà séduit dans sa manière de décrire le monde avec simplicité et poésie, de faire émerger les non-dits, de dire en fait le silence.
Et si les sujets qu’elle aborde semble être encore les mêmes, ces lieux hostiles qui apparaissent comme de potentielles prisons autant qu’ils ouvrent des possibilités d’évasion ou d’émancipation, l’ambigüité et la violence des relations familiales, elle arrive pourtant à se renouveler et à surprendre.


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Ironheart
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MessagePosté le: Ven Jan 03, 2020 7:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Norbert ! Du post-apocalyptique associé à du Sandrine Colette, je sens que je vais encore pleurer comme une madeleine moi !
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clémence
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MessagePosté le: Dim Jan 05, 2020 11:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

C'est sûr !!!! Fonce Smile
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norbert
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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 7:29 am    Sujet du message: Répondre en citant




Déjà un beau 8/10 de la part de Clémence sur PP :

Citation:


On ne reste jamais insensible aux romans de Sandrine Collette.
L'histoire de Corentin, cet enfant non désiré, malmené, est l'histoire de ce livre post apocalyptique.
Le sujet est cher à l'auteur. Il est traité avec de la lumière là où le soleil a déserté la Terre. Ce défaut de lueur marquera tout le roman qui s'inscrit dans le clair-obscur permanent: par exemple, Corentin déniche un chien aveugle dans la forêt dévastée, ce paradoxe est d'une émotion indescriptible.
La réflexion que génère la lecture de ce roman à l'heure où l'Australie brûle dans une atmosphère de fin du monde laisse perplexe sur notre course à la consommation de nos ressources.

Sandrine Collette signe un livre atemporel et dense, qu'on referme la boule au ventre.





La chronique de Christine Ferniot dans Télérama :

Citation:

Et toujours les Forêts

Sandrine Collette



Sandrine Collette cherche toujours en l'humain la part animale. Depuis Des noeuds d'acier (2013), dans lequel un jeune homme se retrouvait enchaîné dans une cave, traité comme une bête par deux vieillards, et jusqu'à ce huitième opus, Et toujours les Forêts. Cette fois, c'est Corentin, un garçon mal-aimé, ballotté de foyer en foyer, qui se retrouve au fond de la vallée des Forêts, en compagnie de la vieille Augustine, bien moins mauvaise qu'il n'y paraît. Né dans la solitude et le refus maternel, Corentin préfèrera toujours les sous-sols aux grands espaces, les catacombes aux rues de la ville. C'est peut-être cette attirance qui va le sauver quand la nature deviendra cendre et la terre, un immense incendie...

La romancière pourrait se contenter d'une dystopie de plus, d'une histoire de fin du monde où un ultime survivant marche dans le désert. Mais elle se concentre sur la démence d'un solitaire en quête d'impossible - puisque Corentin veut croire en un possible lendemain. Elle modifie l'environnement dévasté en un huis clos effroyable, où la poussière vous tue, où la lumière n'existe plus quand le silence envahit tout. Corentin n'est jamais un héros, plutôt un pauvre garçon qui cherche un avenir parce qu'il faut garder espoir dans ce pays anéanti. Bien sûr, il y aura d'autres péripéties, des lueurs dans la brume, et des renaissances sentimentales, mais Sandrine Collette ne nourrit guère d'illusions sur la nature humaine quand cette dernière lutte pour simplement boire et manger.

Derrière la fiction au cordeau et le salut à l'écrivain américain Cormac McCarthy, auteur de La Route, il y a de la colère devant une société qui gaspille et détruit sans appel. Cependant, Et toujours les Forêts n'est pas une parabole écologiste, une oeuvre à message ou une prophétie : c'est un grand roman noir, écrit au couteau et bouleversant d'humanité.



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JohnSteed
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MessagePosté le: Ven Mai 15, 2020 4:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Livre qui vient d'obtenir le Grand Prix RTL-Lire 2020 !!!
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Ironheart
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MessagePosté le: Mer Juil 29, 2020 11:04 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de terminer l'écoute de ce déchirant et sublime roman, magistralement interprété par François-Éric Gendron.

Et qui c'est qui pleure encore une fois toutes les larmes de son corps après un roman de Sandrine Collette ? C'est Bibi !
Au moins une semaine pour m'en remettre, c'est malin, tiens !

Si on lui file pas le Prix Polars Pourpres cette année...Enfin, j'dis ça, j'dis rien ! Wink

Ce que je retire des romans de l'auteure, c'est que la patate est l'avenir de l'humanité. (Celles et ceux qui ont lu Juste après la vague ainsi que Et toujours les Forêts comprendront de quoi je parle).
Mr. Green

En fait, j'en retire infiniment plus que ça, bien sûr, mais là, tout de suite, ma lecture m'a claqué le beignet. Je ne sais plus quoi dire.

Et c'est midi et je n'ai pas du tout faim.
Les bouquins de Sandrine me coupent l'appétit, un truc de dingue. Tu as l'estomac tout contracté et la boule dans la gorge, y'a plus rien qui passe.
Mieux que n'importe quel régime : une oeuvre de Madame Collette.
Si avec ça, je ne lui fais pas une pub d'enfer ! Twisted Evil
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Cicéron.
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JohnSteed
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MessagePosté le: Sam Aoû 08, 2020 10:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

Etant un grand amateur de patates (Wink), et appréciant fortement autant l'auteure que l'enthousiasme d'Ironheart, je vais lire très rapidement "ce sublime roman"...
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charlice
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MessagePosté le: Sam Aoû 08, 2020 3:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ironheart a écrit:

Ce que je retire des romans de l'auteure, c'est que la patate est l'avenir de l'humanité.

Laughing Laughing Laughing

PS: j'ai aussi lu "Juste après la vague", mais je n'ai pas été marqué par les patates. Rolling Eyes
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Promis, ce soir je ne lis pas et me couche plus tôt.
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Ironheart
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MessagePosté le: Sam Aoû 08, 2020 6:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, mais j'ai lu dans ta critique que ce roman n'était pas inoubliable pour toi voilà pourquoi tu as zappé le champ de patates salvateur ! Very Happy

J'espère, JohnSteed que tu apprécieras cette lecture !
Les deux titres sont assez proches finalement donc je pense que le ressenti doit être similaire pour les deux.
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JohnSteed
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2020 4:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ironheart a écrit:
J'espère, JohnSteed que tu apprécieras cette lecture !

Oh lalalala... ces 50 premières pages d'une tristesse sans nom... Crying or Very sad
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norbert
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2020 4:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

JohnSteed a écrit:
Ironheart a écrit:
J'espère, JohnSteed que tu apprécieras cette lecture !

Oh lalalala... ces 50 premières pages d'une tristesse sans nom... Crying or Very sad



Moi, ça me donne envie ! Laughing
Mais je ne comprends pas ce qui se passe entre Sandrine et moi depuis quelque temps : j'ai Juste après la vague depuis sa parution, et pourtant je ne l'ai toujours pas lu. De même que j'ai fait l'impasse sur Animal et sur ce nouveau roman.
Il faut vraiment que je remédie à ça prochainement.
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JohnSteed
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MessagePosté le: Mer Aoû 12, 2020 8:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis : 9/10



Citation:
« Et qu’était devenu l’homme pour que, dans un monde où presque tout avait disparu, il s’obstine à détruire ses semblables un à un, à les dépouiller, à les achever ? » peut on lire page 300 de ce livre aussi angoissant que prenant. Je trouve que cette phrase résume bien l’esprit de Et toujours les Forêts, avec son ambiance post-apocalyptique sombre, triste et désespérante.
Oui, pourquoi l’être humain cherche-t-il, voire coure-t-il, à son anéantissement ? Sandrine Collette a-t-elle voulu nous faire prendre conscience de notre destin fragile sur une Terre qui peut imploser à tout moment ? A-t-elle souhaité tirer de ce livre une leçon écologique, proposer une approche philosophique d’une société déchue, démontrer les instincts primaires et primitifs de l’espèce humaine,… ?

Chacun pourra faire sa propre opinion à la lecture du 9ème roman de Sandrine Collette, qui, je trouve, prend de plus en plus d’importance dans le milieu littéraire au fil de ses parutions. Quoi qu’il en soit, ce roman est écrit pour être lu, certes, mais surtout relu un nombre de fois incalculable. Il peut être analysé, faire l’objet de discussion (pourquoi dans une grande partie du livre, les questions ne sont pas ponctuées par des points d’interrogation ?)… Bref, le signe d’un immense livre, une fable, que je comparerai à Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel.


Le Goncourt des Lycéens pour ce livre?
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norbert
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MessagePosté le: Dim Fév 14, 2021 2:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de lire un article intéressant de Christine Ferniot dans Télérama sur le classement entre collections "polars" ou collections "blanches", et puisqu'on y parle (entre autres) de Sandrine Collette - et qu'à vrai dire je ne sais pas trop dans quel autre topic le poster - je vous le mets là :

Citation:
La littérature a-t-elle assassiné le polar ?


Romans noirs absorbés dans des collections généralistes, auteurs qui délaissent le polar au profit de la littérature “blanche”, porosité grandissante dans les codes et thèmes abordés par le roman policier et la fiction traditionnelle… Le polar est-il toujours un (mauvais) genre à part ?

En 1986, le romancier et essayiste Michel Lebrun écrivait dans son encyclopédie L’Année du polar : « D’ici dix ans, tous les romans seront policiers. » Ce parrain du polar appréciait les formules à l’emporte-pièce, reconnaissant – déjà – que « les frontières séparant le roman noir et la littérature blanche se fendillent… » au profit du genre « noir ». Mais voilà qu’à présent il semble que la balance penche de l’autre côté, et que le polar soit en train de perdre son statut, enviable, de mauvais genre.

Cela commence par les couvertures, comme le décrit Oliver Gallmeister, patron des éditions du même nom – qui publient, entre autres, Craig Johnson, William Boyle ou David Vann : « Pour moi, le polar, c’est de la littérature, alors pourquoi faire une collection à part estampillée polar ? Depuis trois ans, j’ai une seule collection de romans, et une autre de livres en poche, sans distinction de genre. Le terme polar devrait disparaître et le noir n’est plus un sujet. »

Oliver Gallmeister ne déteste certes pas la provocation, ni dans le domaine de la littérature, ni dans celui du marketing. Mais il représente une tendance, confirmée par un de ses confrères, Pierre Fourniaud, patron des éditions La Manufacture de livres, qui firent notamment connaître Franck Bouysse (Prix des libraires 2019 pour Né d’aucune femme) : « Je culpabilise un peu, car j’ai monté ma maison grâce au polar, face auquel les lecteurs, critiques et animateurs de festivals se révèlent moins hermétiques que pour la littérature dite blanche. Ces lecteurs-là sont passionnés et moins sectaires. Mais pour la suite, le lectorat s’obtient plus largement en littérature blanche. » Pierre Fourniaud a donc, lui aussi, délaissé ses couvertures emblématiques pour lecteurs de polar et, comme Oliver Gallmeister, souhaite que les libraires placent ses romans sur les tables de littérature générale.

Outre ce positionnement commercial, qui touche donc au premier regard, il faut aller voir du côté des auteurs. Là non plus, le voyage d’une couleur à l’autre n’est pas nouveau. Dans les années 1980-1990, Daniel Pennac et Tonino Benacquista quittent la Série Noire pour se glisser dans la Blanche de Gallimard. Plus récemment, Pierre Lemaitre chez Albin Michel et Nicolas Mathieu chez Actes Sud passent du côté « blanc ». Ces écrivains ont des univers bien à eux et ne les abandonnent pas à la faveur de ce mouvement, mais le changement de couverture leur permet d’être inscrits sur les listes de prix littéraires – jusqu’à obtenir le Goncourt, Pierre Lemaitre en 2013 et Nicolas Mathieu en 2018.


“Lorsque Sandrine Collette était labellisée polar, elle n’avait pas autant de lecteurs qu’aujourd’hui.” Véronique Cardi, directrice des éditions Lattès


Sandrine Collette est un autre exemple symptomatique de cette migration. La romancière fait ses débuts en 2013 chez Denoël, dans la collection Sueurs Froides, avec Des nœuds d’acier, un huis clos dans une ferme isolée, entre captivité, violence et vengeance. Elle obtient coup sur coup le Grand Prix de littérature policière et le Trophée 813 du meilleur roman francophone. Deux récompenses reconnues et estampillées polar. Au fil des livres, l’autrice ploie sous les récompenses polar (prix Quais du polar, Landerneau du polar, Sang d’encre…). Jusqu’en 2020 où Sandrine Collette est publiée chez Lattès, en littérature générale, pour Et toujours les forêts, suivi en 2021 par Ces orages-là. Véronique Cardi, qui dirige les éditions Lattès, est la première à dire que Sandrine Collette traite toujours les mêmes thèmes et motifs, et que la frontière est floue. « Mais lorsque Sandrine Collette était labellisée polar, elle n’avait pas autant de lecteurs qu’aujourd’hui », ajoute-t-elle. Pour l’éditrice, le polar permet de faire émerger des œuvres intéressantes qui feront leurs œufs ailleurs.

Le polar en serait-il alors réduit à ouvrir la voie à la fiction généraliste, à labourer le terrain pour les autres ? C’est oublier trop vite le succès du noir et ses « tonalités parallèles », comme le souligne Marie-Caroline Aubert, responsable du domaine étranger à la Série Noire : « Chez nous, ce qui marche le mieux, ce sont des auteurs comme Jo Nesbo, Deon Meyer, Jorn Horst, Dror Mishani et Dolores Redondo. Du pur polar. C’est simple, il ne faut pas mélanger le contenu et le contenant, ne pas brouiller les emballages. » Stéfanie Delestré, patronne de la Série Noire, insiste quant à elle sur la « promesse faite au lecteur ». La couverture de la Série Noire est, note-t-elle, « comme une balise » et les lecteurs inconditionnels savent où ils vont et ce qu’ils attendent : « Il faut continuer les collections, les reconnaître dès la couverture. En Série Noire, ce qui se vend bien, c’est un polar qui respecte les codes. La charte graphique décide pour le lecteur qui achète une Série Noire les yeux fermés. Quand Marcel Duhamel crée la couverture très sobre et typographique de la Série Noire, à une époque où la mode est aux photos de femmes dénudées, tout le monde lui dit qu’il a tort, et c’est lui qui a raison en proposant des points de repère. »

Même conviction chez Natalie Beunat, éditrice de Points/Policier (au Seuil), qui voit dans ce « mauvais genre » une dimension politique et idéologique : « Dans l’histoire du genre, il faut noter l’arrivée d’auteurs comme Dashiell Hammett (1894-1961) ou Raymond Chandler (1888-1959), qui font la révolution avec leurs romans noirs subversifs, mettant en cause la société. Déjà, à cette époque, on dit à Chandler : vous écrivez tellement bien que vous devriez écrire un “vrai” livre. Et lui de répondre : il y a deux sortes de livres, les bons et les mauvais ! » Pour Natalie Beunat, « le polar est un mauvais genre car il s’empare du roman social, il réfléchit sur ce qu’est la quête absurde de l’argent et du pouvoir. Le roman noir aujourd’hui, c’est le roman politique ».


“Tant que le crime ne disparaîtra pas, le polar ne pourra pas mourir.” Jeanne Guyon, éditrice chez Rivages/Noir


La grande différence, c’est le code ! Pas d’infériorité ou de supériorité entre littératures noire et blanche, mais dans le cas de la première, le respect de l’enquête, de la quête, de la résolution d’un crime, qui peut être politique, social, familial. Jeanne Guyon, éditrice chez Rivages/Noir, rappelle que le crime est au centre du polar : « Tant qu’il y aura crime et point de vue moral, il y aura polar. Tant que le crime ne disparaîtra pas, le polar ne pourra pas mourir. » Citant Jean-Patrick Manchette, elle rappelle la colère de l’écrivain lorsque son roman Fatale (1977) avait été édité hors collection noire : « Ça dépolardisait son livre et il répétait en l’occurrence que la ratatouille des labels était inepte. »

En fait, le polar, quelle que soit l’époque, est en embuscade. Tantôt il remplace le roman social qui semble prendre ses distances, tantôt il nous révèle des situations dramatiques, politiques, historiques, par le biais du délit, maître mot dans la fiction noire. « C’est le reste de la littérature qui se sert du polar », insiste Jeanne Guyon. Mais contrairement au roman « blanc », il respecte les codes et les contraintes. Hervé Le Corre, dans son dernier roman, Traverser la nuit, en est l’exemple évident. Un flic, une femme battue, un tueur en série, un crime à résoudre, une enquête dans la ville. « Oui, je travaille sur les codes, je laboure les clichés… Je les crois encore pertinents pour décrire des tragédies intimistes », explique le romancier. Le roman noir doit avoir de l’ambition pour que la qualification s’applique de manière valorisante : « Ça étendra le domaine de la lutte », dit-il encore. « Le polar doit garder son statut d’empêcheur de tourner en rond », reprend Natalie Beunat. Les lecteurs ne s’y trompent pas, puisque un roman vendu sur quatre est un polar.

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patoche77
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Miserere

MessagePosté le: Lun Déc 19, 2022 8:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

mon avis et comme d'hab je me suis fait encore retourner par l'auteur

Citation:
Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, une envie subite et prononcée de revenir dans l’univers dangereusement émotionnel de Sandrine Colette.
Pas la période la plus propice sans doute en ce moment avec ces fêtes de fin d’années qui se rapprochent à grand pas, mais bon j’avais envie.
Pas propice, car pour qui connait La gourgandine de Sandrine, ben ce sont quand même souvent des romans très durs toute en émotion dévastatrice.
Mais bon là, j’étais paré, paquets mouchoirs à proximité, mental de fer, testament à jour et après un dernier regard sur les miens, je montais irrésistiblement dans la fusée Sandrine Colette pour un décollage immédiat vers d’autres contrées sombres.
Des le départ, on sait qu’on est dans du Colette avec cette écriture bien particulière reconnaissable entre toute.
Et çà démarre fort avec une première partie qui m’as scotché racontant la jeunesse de Corentin, enfant non désiré, ballotté par sa mère irresponsable. Ce début m’a profondément touché, pas loin d’être coulé la patoche.
Ce n’est pourtant pas un page turner , mais les pages tournent à une vitesse folle , il faut savoir vite le reste de l’histoire .
Et puis, on passe dans la deuxième partie post apocalyptique, « une chose » comme dirait l’auteur a détruit tout sur notre Terre. Corentin jeune adulte est un des rare survivant .Il décide de retrouver ces origines et une arrière-grand-mère peut-être encore en vie.
Cette deuxième partie est superbe aussi, mais aussi déstabilisante avec un Corentin qui cherche, qui se cherche et qui prends des décisions troublantes.
C’est assez perturbant, car on peut aimer le héros et puis le détester à page d’après et ainsi de suite.
Bah la suite, vous la découvrirez en le lisant, ne vais pas tout vous raconter non plus.
En tout cas, je m’en suis sorti puisque j’écris ces quelques lignes.
J’espère que j’y ai gagné quelque chose, j’ai la drôle d’impression d’avoir envie d’être meilleur, un effet de l’auteur sur mon mental.
Du Sandrine Colette pur jus quoi !

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Je vais toujours bien.....ou presque
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