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Gravesend - William Boyle (Rivages/Noir)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Avr 03, 2016 1:34 pm    Sujet du message: Gravesend - William Boyle (Rivages/Noir) Répondre en citant

Ça y est, le tant attendu N° 1000 de la fameuse collection Rivages/Noir est enfin en librairie !
Pour marquer l'aboutissement, rarement égalé, que représente le millième numéro de sa collection culte alors même qu'elle fête cette année ses 30 ans, François Guérif a parié sur le renouveau en publiant un jeune talent américain inédit en France et porteur d'une « voix nourrie de Jim Thompson et David Goodis » qui trouve tout naturellement son ADN chez Rivages/Noir.
Edité aux USA par Broken River Books, maison spécialisée dans le noir fondée par J. David Osborne - l'auteur de Que la mort vienne sur moi, paru en Rivages/Thriller -, Gravesend de William Boyle est traduit par Simon Baril.






Le livre :

Gravesend, une enclave italienne au sud de Brooklyn.
Conway y vit avec son père et, depuis seize ans, il pleure son frère Duncan, renversé par une voiture alors qu'il tentait d'échapper à Ray Boy Calabrese et à sa bande de petites frappes.
Depuis seize ans, Conway attend que Ray Boy sorte de prison afin de lui infliger la seule condamnation valable à ses yeux : la peine de mort.
Mais la vengeance ne prendra pas le tour attendu et, dans ce quartier hanté par la mélancolie et les fantômes, la colère, la frustration et les regrets vont faire leur oeuvre au noir...
Désir, fantasme, désespérance et noirceur sont les maîtres mots de ce roman à la profonde humanité.




« Des échos de Lehane et Pelecanos, mais une musique bouleversante qui n'appartient qu'à Boyle. » Megan Abbott



>> Le site de l'auteur : https://wmboyle.wordpress.com/

>> Sa page Facebook : http://www.facebook.com/wmboyle4





L'auteur :

William Boyle a grandi dans le quartier de Gravesend au sud de Brooklyn, où il a situé son roman.
Très jeune, il s’est intéressé à l’écriture au contact du journaliste Philip Carlo, auteur d’essais sur la pègre américaine.
Il revendique les influences de Flannery O’Connor, Larry Brown, Charles Willeford, Harry Crews, et plus particulièrement de David Goodis et Jim Thompson.
Gravesend est son premier roman.



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Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.
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Alice
Serial Killer : Patrick Bateman


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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 9:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà un résumé qui interpelle vraiment... oh lala faut-il encore que je le rajoute à ma liste des achats prévus...

En plus la couverture est pas mal... sans doute un petit trait d'humour entre ce n°1000 et le nom du bar Wink
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Avr 07, 2016 6:27 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Gravesend, de William Boyle


Bientôt la trentaine, Conway voit enfin sortir Ray Boy Calabrese de prison.
Seize ans auparavant, Ray Boy et sa bande ont persécuté Duncan, le frère homosexuel de Conway, jusqu’à ce que, en essayant de fuir, il soit renversé et tué par une voiture.
Le retour de Ray Boy à Gravesend, ce quartier pauvre italien de Brooklyn fait parler.
Il y a ceux qui pensent qu’il n’aurait jamais dû sortir de prison et ceux qui estiment qu’il n’aurait jamais dû y entrer.
Pour Conway, en tout cas, une chose est sûre : il doit tuer Ray Boy.


Mais Ray Boy Calabrese n’est plus l’adolescent qui, presqu’une vie auparavant, a poussé Duncan à la mort et Conway n’est pas aussi fort qu’il voudrait l’être.
La vengeance va alors prendre un tour d’autant plus inattendu que d’autres acteurs vont venir se mêler à la tragédie.
Il y a McKenna, l’ancien flic alcoolique et ami de Conway, il y a la naïve Stephanie, il y a Eugene, le neveu de Ray Boy qui vit dans le culte du chef de bande qu’a été son oncle et qui rêve de lui succéder malgré sa patte folle, il y a la belle Alessandra, de retour de Los Angeles et, surtout, il y a le quartier.


Ainsi donc Boyle fait jouer ici une tragédie contemporaine dans laquelle se pose autant la question de la vengeance et de l’expiation que celle de l’impossibilité à échapper à un déterminisme social dans lequel s’enferme toute une communauté.
En seize ans, le quartier que retrouve Ray Boy Calabrese n’a finalement pas changé.
Les mêmes personnes y vivent et y meurent, les plus âgés n’ont pour certains même jamais mis les pieds en dehors de Brooklyn et voient Manhattan comme une terre étrangère et lointaine.
Et les affaires se règlent entre soi.
Mais de la communauté soudée au ghetto, il n’y a qu’un pas.
Aussi voit-on là une société d’ouvriers et de petits commerçants incapables de s’extraire de leur condition et qui accumulent une énorme frustration.
Ainsi en va-t-il du père d’Alessandra :

« Le bac était petit et son père avait fixé des rideaux en plastique sur les quatre côtés, et même autour de la pomme de douche, pour éviter que les joints moisissent. Ne restait plus qu’un espace très sombre et étouffant. (…) Le confinement du bac de douche était - et avait toujours été - le projet d'un homme qui avait connu trop d'échecs dans sa vie et refusait d'être par-dessus le marché vaincu par la moisissure. »


Alessandra, justement, partie à Los Angeles pour poursuivre un rêve d’adolescente, n’a jamais décroché un rôle, seulement fait de la figuration, et revient là sans projet et sans avenir, ce qui ne l’empêche pas de fasciner Stephanie pour qui le simple fait d’avoir quitté le quartier apparaît comme un geste d’une audace folle.


Car si l’intrigue se cristallise autour de Conway et Ray Boy, c’est bien cette impossibilité à s’extraire de Gravesend, qui est au cœur du roman de William Boyle.
C’est la peur du monde extérieur et la haine de celui que l’on ne peut quitter et dans lequel on se trouve sans cesse face à ses propres failles.
Conway ne peut échapper à sa propre lâcheté, Ray Boy ne peut fuir son passé et s’est d’ailleurs fait une raison en espérant que Conway puisse abréger cette souffrance, Eugene ne sait pas encore qu’il ne sera jamais pour tout le monde que le boiteux à grande gueule du quartier, Stephanie ne pourra jamais quitter a mère, et Alessandra a beau rêver d’ailleurs, elle reste collée à Gravesend.
Toute cette frustration, finalement ne se retourne pas contre la société.
Elle vient frapper les personnages et leurs parents à qui ils reprochent de n’avoir pas été différents de ce qu’ils sont eux-mêmes devenus, adultes aux rêves étriqués et égoïstes.
Bref, un cocktail qui, dans le pire des cas, débouchera sur une violence désespérée.


William Boyle méritait bien de décrocher le numéro 1000 de la mythique collection Rivages/Noir.
Non pas parce qu’il propose avec Gravesend un roman exceptionnel mais bien parce que l’on y retrouve en quelque sorte tout ce qui compose la personnalité de la collection (du noir, un instantané de la société, des personnages forts et complexes), et qu’avec ce premier roman l’éditeur montre que le genre est loin d’être mort et que ce millième livre n’est pas une fin mais seulement une étape dans une aventure amenée à durer.
Sans doute que s’il était paru dans la masse des précédents ou suivants Rivages/Noir, Gravesend serait passé inaperçu… pas assez exceptionnel, peut-être un peu trop noir pour le grand public.
Et l’on ne peut donc que se féliciter du coup de projecteur que lui vaut ce numéro 1000 sur la tranche et qui permet de découvrir une belle écriture dans laquelle les phrases chocs mettent en exergue la frustration et l’abandon des personnages.
Bref, un vrai bon roman noir.



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norbert
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MessagePosté le: Jeu Avr 14, 2016 6:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent, de Corse Matin, sur The Killer inside me :

Citation:

Gravesend : le Brooklyn italien loin de tout romantisme


Gravesend, c'est un morceau de Brooklyn, un quartier bien au sud, presque en face de Staten Island.
C'est là que vit une des communautés italiennes de New-York.
Dans ce microcosme fait d'abandon économique et de vieilles familles toujours attachées aux traditions religieuses et culinaires de leur lointaine « botte », voilà que Ray Boy Calabrese fait son retour après 16 années en prison, pour le meurtre de Duncan D'Innocenzio.
Ray Boy, à peine majeur, était un petit caïd, ou plutôt une petite frappe lorsqu'il traquait Duncan, homosexuel.
Il l'a piégé et Duncan s'est retrouvé à fuir au milieu d'une rocade où un camion l'a percuté.
Du Ray Boy grande gueule, il ne reste pas grand chose.
A peine une enveloppe physique.
Alors, quand Conway, le frère de Duncan, vient le chercher pour lui régler son compte, l'ex-criminel se contente de fermer les yeux, d'attendre ce jugement qu'il appelait de ses voeux.
Et face à un tel renoncement, Conway ne peut pas aller au bout de son geste.
La violence ne va pourtant pas s'arrêter.


Gravesend est un vaste propos sur les pulsions destructrices de la société.
Celle d'Eugene, par exemple, qui voit en son oncle Ray Boy, une sorte de héros.
Le gamin, profondément crétin et détestable au plus haut point, n'a pas saisi que celui-ci, justement, est vidé par le remords, la prison.
Autre pulsion, celle de Conway, pas plus sympathique que Ray Boy finalement, mêlant la couardise à la méchanceté sur son pauvre père.
Les personnages de ce roman de William Boyle (édité aux Etats-Unis par J. David Osborne, l'auteur de Que la mort vienne sur moi) semblent tous coincés dans un déterminisme social sombre, incapables de relever la tête, d'imaginer autre chose.
Il y a bien Alessandra, celle qui est partie à Los Angeles pour faire l'actrice mais elle ne fait que se mentir elle aussi, c'est une ratée, une égoïste.
Le lecteur a du mal à saisir comment Boyle va s'y prendre pour nouer tous ces destins, il y a même un moment où on se demande où l'auteur veut aller.
Puis, au milieu de Gravesend, voilà que l'intrigue se dessine plus sûrement.
Le crescendo est suffocant, chaque personnage enfonçant un peu plus l'histoire dans le drame.
Très loin d'un quelconque romantisme sur les Italiens de New-York.


Le numéro 1000 de Rivages est réussi.
C'est le signal qu'il existe une relève du roman noir.
Que les Américains, après 30 ans de bons et loyaux services dans cette maison, ont toujours des choses à raconter.



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MessagePosté le: Dim Juin 05, 2016 11:21 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Cédric Segapelli dans Mon Roman Noir et bien serré :

Citation:

WILLIAM BOYLE : GRAVESEND. L'HYMNE DU DESESPOIR.


Un peu plus d’un millier d’ouvrages.
C’est le nombre de romans qu’a publié la maison d’éditions Rivages/Noir durant 30 ans, devenant ainsi l’une des grandes références mondiales dans l’univers du roman noir et policier.
Une belle collection si l’on prend la peine de consulter la liste où figurent les grands noms de la littérature noire, mais également des auteurs méconnus qui émaillent cet inventaire prestigieux.
Travailleurs de l’ombre, très souvent mis en exergue par son directeur, il faut particulièrement saluer les traducteurs à l’instar de Pierre Bondil, Jean-Paul Gratias, Daniel Lemoine et Freddy Michalsky qui parvinrent à donner une voix française à ces auteurs américains tout en conservant leur petite musique si particulière.
Outre une traduction soignée, l’une des particularités de la maison Rivages/Noir est de remettre constamment l’ouvrage sur le métier avec cette volonté farouche de nous faire découvrir de nouveaux auteurs de qualité.
C’est ainsi, plutôt que de mettre en valeur une de ses têtes de file, que le numéro 1000 de la collection échoit à Gravesend, premier roman de William Boyle.


A Gravesend, quartier italien, au sud de Brooklyn, il y a ceux qui restent et ceux qui reviennent.
Parmi ceux qui restent il y a Conway qui attend son heure afin de venger la mort de son frère Duncan, assassiné sauvagement, il y a de cela seize ans, par Ray Boy Calabrese une des figures du quartier.
Parmi ceux qui reviennent, il y a justement Ray Boy Calabrese qui vient de purger sa peine de prison, mais qui attend désespérément de payer le prix fort de ses actes passés.
Parmi ceux qui restent, il y a Eugene, jeune adolescent boiteux, qui souhaite montrer à Ray Boy, cet oncle déchu qui n’est plus que l’ombre de lui-même, qu’il peut également devenir un caïd du quartier.
Parmi ceux qui reviennent, il y a la belle Alessandra qui traîne dans ses valises ses rêves déchus d’actrice de cinéma.
A Gravesend, il y a des destinées qui s’entrechoquent brutalement dans un mélange acide de regrets, de colères et de désillusions.


Il y a bien évidemment des classiques immuables, telles la vengeance et l’illusion perdue, qui entrent dans la dynamique du roman noir et que William Boyle illustre parfaitement dans ce premier roman où il met en scène une tragédie prenant pour cadre un quartier modeste de Brooklyn qui devient un personnage à part entière.
Plus qu’un quartier, Gravesend devient une espèce d’espace verrouillé où gravitent, de manière dérisoire, des protagonistes qui ont cessé depuis longtemps d’agiter leurs illusions perdues.
On perçoit ainsi cette colère et cette frustration taraudant chacun des acteurs qui ne parviennent pas à se dégager d’une destinée qui semble gravée dans le marbre glacé de l’amertume.
Mais c’est lors de sursaut, de révolte que les drames se mettent en place dans une explosion de violence qui ébranle toute la communauté assoupie dans une torpeur teintée de nostalgie.


On ressent immédiatement quelque chose d’hypnotique dans l’écriture de William Boyle qui arrive à nous immerger, jusqu’à l’étouffement, dans ce quartier où il dépeint des personnages forts et poignants tout à la fois avec cette propension à mettre doucement en branle la machine infernale qui va broyer les destins dans des scènes d’une brutalité sèche et cruelle.
C’est peut-être parce qu’il n’y a rien de flamboyant et d’épique dans ce roman que William Boyle parvient à incarner, avec une belle justesse, l’état d’esprit d’un pays fatigué de traîner derrière lui cette fameuse illusion du rêve américain.
Finalement Gravesend c’est l’hymne du désespoir qui touche le cœur des hommes avec un roman noir pas comme les autres qui mérite bien cette mise en lumière que lui octroie ce numéro 1000 de Rivages/Noir.



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Juil 01, 2016 12:21 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bob Polar sur Bob Polar Express :

Citation:

BOYLE TAPE DANS LE MILLE - GRAVESEND - WILLIAM BOYLE


New York. Brooklyn. Gravesend.
Ils sont deux à réintégrer le quartier.
Ray Boy Calabrese qui vient de passer seize années en taule et Alessandra qui n'a pas réalisé ses rêves à Los Angeles.
Conway attendait ce moment depuis que Duncan, son frère homosexuel, a perdu la vie en tentant de s'échapper des griffes de Ray Boy et sa bande.
Il veut le flinguer.
Et la vengeance n'attend pas.


Il y aurait mille raisons de lire ce roman.
Il y en aurait trente-six mille de ne pas rater le choix judicieux du maître des lieux.
Mais il y en a au moins une.
Pour ce numéro un peu spécial on pouvait par exemple s'attendre à retrouver le texte inédit d'un auteur renommé mais François Guérif est un explorateur du Noir.
Ainsi, c'est avec le premier roman d'un auteur américain que la célèbre collection Rivages/Noir s'inscrit dans la durée en laissant son empreinte avec ce numéro 1000.


Ce quartier où la communauté italienne a élu domicile ainsi que des russes est la pièce maîtresse de ce roman.
La famiglia y tient une place importante et la quitter est souvent un déchirement.
On constatera un peu plus loin que cette emprise est au cœur du récit.
Force est de constater que les traditions populaires n'ont rien perdu de leur essence.
Malgré ses graves déboires Ray Boy réintègre le giron familial.
Ses potes ne le reconnaissent pas.
Il n'est plus le petit voyou qui semait le désordre et ne cherche même pas à panser ses plaies.
C'est désormais une loque qui aspire à la pénitence, ses années d'enfermement n'ont pas suffi à expurger sa peine et il n'attend qu'une chose : l'ultime punition.
Conway, qui ne se remet de la perte de son frère Duncan, sera son bourreau.
Mais tuer n'est pas jouer et la situation va devenir surprenante.
Les autres personnages qui gravitent autour de cette dégringolade vers la violence sont tout autant perturbés.
Surpris, Eugène, le neveu de Rayboy, va l'être en découvrant que son parangon est devenu un moins que rien.
Et, comme un gamin a qui l'on vole son jouet, il va se vexer le vilain.
Pas besoin de modèle, l'élève boiteux va devenir le maître.
Mais un caïd clopinant.
La malheureuse Stephanie se trouve moche, vit chez une mère ultra protectrice, n'a jamais eu d'amoureux et trouve pour seule bouée de survie une Alessandra totalement paumée avec un père anxieux, seulement anxieux.
Les pérégrinations de chacun vont se rejoindre et il sera temps de passer à l'action.


Le quartier semble les attirer comme un unique refuge, un nid où la couvée se sent toujours en sécurité.
S'ils l'ont quitté c'est pour mieux y revenir et quels qu’en soient les désagréments, les chagrins ou les malheurs y seront moins pénibles.
La machine à fabriquer la prospérité ne prend pas les chemins de traverse, elle n'est pas passée par là.
Encore un quartier, encore un état de cette grande nation qui ne s'exaspère plus mais qui subit en silence, en spéculant sur les trafics en tout genre, en s'armant de violence, en façonnant le désespoir.
Pour l'auteur la violence n'est pas une fin en soi car elle est inévitable.
Il dessine des portraits au graphite, déformant des visages hantés par leurs tourments.
L'empathie s'empare du lecteur.


Gravesend est un roman noir qui puise profondément dans cette micro société où les étoiles ne brillent pas, ce sont des clins d’œil vicieux qui rappellent à ses habitants que leur destinée ne sera que colère ou lassitude.
William Boyle tape dans le mille en signant cette effrayante tragédie moderne pour son premier coup d'essai.



Mention : Merci monsieur Guérif !



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Dernière édition par norbert le Jeu Fév 02, 2017 6:04 am; édité 1 fois
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Fév 01, 2017 8:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Sélectionné pour le Prix du Polar SNCF 2017, c'est au tour de Gravesend de William Boyle d'être mis à disposition gratuitement à la lecture pendant 1 mois (jusqu'au 28 février) :

Citation:

https://e-livre.sncf.com/page/prix-polar-2017


PRIX SNCF DU POLAR 2017 : GRAVESEND DE WILLIAM BOYLE, ÉDITIONS PAYOT RIVAGES


Le PRIX SNCF DU POLAR se décline en 3 catégories : Roman, Bande Dessinée et Court Métrage. Depuis 17 ans, avec ce Prix 100% public, SNCF permet à tous les amateurs du genre de désigner leur polar préféré dans une sélection établie par 3 comités d’Experts. Découvrez ici à partir de janvier des romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR 2017 gratuitement pendant un mois. Et votez pour le livre du mois !
Découvrez les 2 autres catégories sur www.polar.sncf.com.

Durant tout le mois de février, retouvrez Gravesend de William Boyle aux éditions Payot Rivages dans son intégralité et votez pour ce roman.

Si vous consultez ce polar depuis votre mobile ou votre tablette, effectuez la dernière mise à jour afin de bénéficier du module de vote.


>> Entamer la lecture de Gravesend



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Fab
Serial killer : Jacques Reverdi


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Miserere

MessagePosté le: Dim Fév 05, 2017 4:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

son prochain romain sera publié par Gallmeister
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
Warren Ellis Artères souterraines
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Janjak
Meurtrier


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La Forêt des Mânes

MessagePosté le: Lun Sep 25, 2017 1:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai aimé



Mon vote sur Polars Pourpres : 8/10
Avec ce premier roman William Boyle nous dépeint "Gravesend", un quartier populaire de Brooklyn en plein déclin, lieu de vie d'une importante colonie d'Italiens. Nous suivons les aventures et les déconfitures d'une belle galerie de personnages.
Les chapitres défilent en nous offrant les tranches de vie des uns et des autres, une vis sombre, misérable et sans espoir, c'est glauque et noir à se demander si un jour ils apercevront la lumière.
La collection Rivages/Noir, quant à elle s'est bien mise en lumière, avec ce numéro 1000 éclatant.
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