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Corrosion - Jon Bassoff (Gallmeister Néonoir)
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Déc 31, 2015 3:20 pm    Sujet du message: Corrosion - Jon Bassoff (Gallmeister Néonoir) Répondre en citant

Premier roman de Jon Bassoff, créateur et directeur de la maison d'édition américaine New Pulp Press spécialisée dans le roman néonoir, Corrosion vient de paraître chez Gallmeister, dans une traduction d'Anatole Pons.






Le livre :

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar.
Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac.
L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui.
C’était son idée, à elle.
Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat.
Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.



« Un formidable roman noir qui, en infusant de la beauté au cœur de la désolation, fait éclater les limites du genre. Un talent de virtuose. »
JASON STARR

« Imaginez du Chuck Palahniuk dilué dans le langage de Tarantino, puis mélangé à l’acidité de Jim Thompson, dans un livre fait pour être adapté par David Lynch, vous obtiendrez alors un aperçu de l’atmosphère de Corrosion. Le premier roman de l’inimitable Jon Bassoff inaugure un nouveau genre : le noir corrosif. »
KEN BRUEN




>> Lire un extrait



>> Le site de l'auteur : http://jonbassoff.com/

>> Sa page Facebook : https://www.facebook.com/jon.bassoff



L'auteur :


Jon Bassoff est né en 1974 à New York.
En parallèle à son métier d’écrivain, il a crée et il dirige la maison d’édition américaine New Pulp Press.
Il vit dans le Colorado avec sa femme et ses deux enfants.
Corrosion est son premier roman.
Jon Bassoff est invité au festival Quais du Polar à Lyon du 1er au 3 avril 2016.



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Ssarlotte
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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2016 3:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Typiquement le genre de lecture que j'adore.
Je me le note !
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Fredo
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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2016 5:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Lu et approuvé !
Citation:
« Pécheurs, pécheurs, fuyez à toutes jambes, ne regardez point en arrière, fuyez ce monde, sans quoi vous serez consumés ! »

Difficile de parler de cet incroyable roman. Son titre, Corrosion, est parfait puisque le lecteur va faire l'expérience de cette réaction chimique qui consume petit à petit l'humanité de ses personnages.

Expérience, toujours, qui consiste également à déboussoler son lecteur avec une seconde partie faisant office de rupture et nous embarquant vers une autre histoire. Un plongeon dans le brouillard de la folie.

Alors on se questionne, on s'interroge. Et puis on commence à voir les rats apparaitre à la périphérie de notre chant de vision.

Traduit par Anatole Pons, Corrosion de Jon Bassoff est dans le parfait prolongement d'un autre roman de la collection NéoNoir des éditions Gallmeister : L'Enfer de Church Street par Jake Hinkson. Deux romans vénéneux, brûlants qui ne laissent aucune place à l'optimisme. Deux véritables plongées en enfer.

Corrosion est le premier roman d'un auteur dont il faudra retenir le nom : Bassoff, deux S deux F !

« Il était difficile de distinguer le jour de la nuit, difficile de distinguer le sommeil de l'insomnie, difficile de distinguer la folie de la raison. »

http://www.4decouv.com/2015/12/chronique-corrosion-jon-bassoff.html
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Dernière édition par Fredo le Sam Jan 02, 2016 11:08 am; édité 1 fois
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Jan 01, 2016 11:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ssarlotte a écrit:
Typiquement le genre de lecture que j'adore.
Je me le note !


Idem. Je ne le manquerai pas (comme les autres publications de Néonoir, de toute façon).
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Jan 02, 2016 12:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jeanne Desaubry sur son blog :

Citation:

Spoil interdit !


Voilà un roman dont la construction inhabituelle est tout à fait remarquable.
Il parait évident que les impressions de lecture seraient tout à fait différentes si le début ne se trouvait dans la fin et vice versa.
Ou bien encore, les méprises voulues dont découle cette construction interrogent sur les manières de lire.
Sur les images que créent les mots.
Sur la partie de soi qui s’implique dans l’acte de lire.
Les attendus, les présupposés…

Difficile de ne pas paraître confus…
Pour être plus clair il faudrait « spoiler » ce qui serait inqualifiable.

Tentative de dévoilement partiel quand même.

Un vétéran d’Irak au visage abominablement détruit arrive et sème la perturbation dans une petite ville du fin fond de l’Amérique..
Sa laideur, sa folie susceptible, ses délires… tout cela bien retenu, bien ficelé, enfoui dans le silence qui entoure fatalement les gens défigurés comme lui.
Qui est-il ? D’où vient-il ?
Le shérif aimerait bien qu’il reparte.
Peu importe les réponses.
Il pressent le pire… et il a bien raison.

Joseph Downs, à moins qu’il ne soit quelqu’un d’autre ? porte la mort sur lui, et la distribue avec une froideur effroyable.
Pour cela, il a des raisons qu’on découvre dans le seconde partie qui révèle la construction d’un psychopathe dans toute sa désespérance.

Certains auteurs vous bâtissent des climats d’horreur avec des débauches d’hémoglobine.
Jon Bassof œuvre avec une belle économie de moyen, l’ellipse remplaçant la ligne droite dans son raisonnement.
Toujours pris à contre-pied, le lecteur doit s’adapter.

Passées les trente-quarante premières pages, on navigue de stupeur en désolation, et ce n’est pas de la littérature de chochotte !
C’est une peinture de l’Amérique profonde comme écrin de la folie, dont on peine à croire qu’elle ne remonte pas à la préhistoire du Far West.
Mais pourtant non.
C’est aujourd’hui, c’est là-bas, mais ça pourrait aussi bien être ici…



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Ssarlotte
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MessagePosté le: Sam Jan 02, 2016 12:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Super chronique.
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chouchou
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MessagePosté le: Dim Jan 03, 2016 12:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis:
Citation:
Corrosion:Des phénomènes de corrosion peuvent sérieusement nuire à la bonne santé, soit par allergie et/ou pénétration transcutanée de métaux toxiques.
Bouquin en 4 parties.
La première, un homme rencontre une femme accompagnée d'un époux violent confrontation âpre et destructrice ou le chemin vers le néant.
Seconde partie distincte où un ado exprime un amour par un vecteur lytique et immature au sein d'une famille dysfonctionnelle.
Troisième chapitre, amalgame des 2 premiers en une vision schizophrène où les deux protagonistes masculins sont face à leurs victimes féminines "expiatoire".
Enfin l'écrit se conclue par une parabole oecuménique où pointe le désir d'une rédemption bien mal acquise.

Corrosion pourra être une oeuvre créant le dissensus mais force est d'avoué que celui-ci ne me laisse pas indifférent par son écriture à poigne, sa description de cette saloperie de monde putride, avarié, putrescent qui allume notre capteur inconscient aux légendes du Roi jaune... En pleine apnée d'aspirine je me rue vers des liquides anti oxydant pour ressortir indemne de cette lecture abrasive, galvanique qui montre et démontre les faces sombres de l'humain!

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Celui qui affronte les monstres devra veiller à ce que, ce faisant, il ne devienne pas lui-même un monstre.
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Fredo
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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Dim Jan 03, 2016 12:31 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ssarlotte a écrit:
Super chronique.

Oui enfin bon, titrer sans spoil et en balancer un gros dedans, bof bof.
C'est le challenge principal de chroniquer ce roman : en parler sans donner les clés du twist principal.
Du coup, je trouve ça très dommage de céder à la facilité en donnant trop d'info.
Avec tout le respect que j'ai pour les écrits de Jeanne Desaubry, je trouve ça bête de parvenir à écrire un aussi beau billet et de "craquer" sur une ligne.
Donc selon moi, chronique à éviter si vous souhaitez lire le livre.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Jan 03, 2016 11:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur son blog Actu du Noir :

Citation:

Premier roman de l’année, première claque.


Ca démarre très fort chez Néonoir, avec Corrosion de Jon Bassoff.


« Je m’appelle Joseph Downs, et j’ai servi mon pays avec fierté ».
Ainsi se présente ce vétéran d’Irak, le visage dévasté par une explosion, dans le bar minable de la petite ville perdue où il s’est arrêté.
Il boit tranquille jusqu’au moment où une jeune femme entre, en pleine dispute avec son mari.
Quand la dispute dégénère et que l’homme l’attrape violemment, Joseph intervient et le roue de coups.

Peu après la jeune femme le rejoint dans son hôtel.
Sans savoir qu’elle vient de se condamner à mort.


Désolé, ce n’est pas avec ce roman que vous allez commencer l’année dans la bonne humeur et l’optimisme.
Difficile de faire plus noir et plus dérangeant que cette plongée au cœur de la folie.

Le lecteur est happé par une histoire hallucinée et la folie qui s’installe peu à peu.
On étouffe, on est asphyxié par la plongée dans un cerveau malade, définitivement dérangé par la souffrance, la solitude et une religiosité et un nationalisme primitifs.
Plongée dans un monde étriqué et sans espoir, un monde de prédicateurs qui promettent l’enfer et l’apocalypse.

C’est très fort, très habile dans la construction (on se fait bien balader), très fort dans l’écriture qui épouse la pathologie du personnage.

Je ne vous dirai pas que c’est agréable ou aimable, mais c’est assurément une lecture qu’on n’oublie pas.
Après tout, je voulais éviter l’eau tiède en 2016, je suis servi !



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holden
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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2016 2:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

chouchou a écrit:
Mon avis:
Citation:
Corrosion:Des phénomènes de corrosion peuvent sérieusement nuire à la bonne santé, soit par allergie et/ou pénétration transcutanée de métaux toxiques.
Bouquin en 4 parties.
La première, un homme rencontre une femme accompagnée d'un époux violent confrontation âpre et destructrice ou le chemin vers le néant.
Seconde partie distincte où un ado exprime un amour par un vecteur lytique et immature au sein d'une famille dysfonctionnelle.
Troisième chapitre, amalgame des 2 premiers en une vision schizophrène où les deux protagonistes masculins sont face à leurs victimes féminines "expiatoire".
Enfin l'écrit se conclue par une parabole oecuménique où pointe le désir d'une rédemption bien mal acquise.

Corrosion pourra être une oeuvre créant le dissensus mais force est d'avoué que celui-ci ne me laisse pas indifférent par son écriture à poigne, sa description de cette saloperie de monde putride, avarié, putrescent qui allume notre capteur inconscient aux légendes du Roi jaune... En pleine apnée d'aspirine je me rue vers des liquides anti oxydant pour ressortir indemne de cette lecture abrasive, galvanique qui montre et démontre les faces sombres de l'humain!


bien vous faites chiez, je suis obligé de le lire
arghhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
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norbert
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MessagePosté le: Mar Jan 26, 2016 8:39 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent, de Corse-Matin, sur The Killer inside me :

Citation:

Corrosion : quand Jim Thompson croise Donald Ray Pollock


" Tiens dans ta gueule " semble avoir murmuré Jon Bassoff quand il a mis le point final à son premier roman Corrosion.
Indescriptible plongée dans l'enfer d'un chaos psychologique, d'une violence de personnages au jugement altéré, ce nouvel opus de la collection Néo noir de Gallmeister est un bien sombre bijou.
Il y avait quelques mois que l'on n'avait pas lu un tel talent.

Joseph Downs revient d'Irak au volant d'un pick up qui rend l'âme à proximité d'une bourgade du Colorado, Stratton.
L'ex-soldat, au visage brûlé dans une embuscade près de Mossoul, va étancher sa soif dans le bistrot du coin.
Et tombe sur un mari qui tabasse sa femme.
Il la sauve.
Elle le met dans son lit.
Et lui demande de tuer le mari.
Le piège thompsonien par excellence, l'ambiance de Big Jim, la narration à la première personne.
Tout y est.
Avec un supplément de fin du monde.

Deuxième partie.
Benton Faulk, gamin de 16 ans, vit entre sa mère mourante dans la chambre d'à côté, son père qui veut la sauver en testant des médicaments artisanaux sur des rats et une serveuse de dinner qui a 25 ans de plus que lui.
Dans ce bordel émotionnel sans nom, Benton va basculer dans la psychopathie.
Là,le lecteur se retrouve dans le monde de Donald Ray Pollock, ses personnages aux multiples voix intérieures, jouant avec la mort et les morts.

Ces deux parties vont ensuite se croiser.
L'histoire va se coaguler comme sur une vilaine plaie, la croûte va rester molle par endroit, la blessure toujours purulente.
Il y a quelques malaises à affronter dans Corrosion.
Mais tout cela est sublimée par une écriture à la fois acide et magistrale.
Jon Bassof (invité de Quais du polar en avril à Lyon) n'en fait pas des tonnes, il va à l'essentiel, n'épargnant jamais son lecteur pour lui montrer vraiment ce qu'il y a sous le crâne perturbé de Joseph Downs, de Benton Faulk et de ses compatriotes américains.
Car c'est bien de l'Amérique dont parle Bassof, pas celle de Woody Allen non.
Cette Amérique qui vit dans les mythes effondrés de la défense de la patrie et du Christ rédempteur.
Foudroyant.



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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2016 1:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:


Il y a d’abord Joseph Downs en 2010.
L’ancien marine défiguré pendant la deuxième guerre du Golfe tombe en panne dans la petite ville de Stratton perdue au milieu de nulle part.
Ambiance John Ridley car ici aussi commence l’enfer.
La voiture au garage, un arrêt au bar, un couple entre, l’homme bat sa femme, Downs intervient, la femme le suit au motel et va bien vite le convaincre qu’il serait bon de la débarrasser définitivement de son mari.
Le piège est en place.
Mais qui de Joseph ou de la vénéneuse Lilith va tomber dedans ?

Il y a ensuite Benton Faulk, seize ans en 2003.
Le lycéen vit avec sa mère mourante et son père bien décidé à la sauver en créant lui-même un remède qu’il teste sur des rats dans la cave.
Benton n’a que deux refuges : les aventures de Soldat, héros américain qui découpe de l’irakien et de l’afghan à la chaîne dans un comics patriotique, et Constance, la belle serveuse du dinner, qui est le seul être humain à lui accorder un peu d’attention.
Ah. Oui… il y a aussi cette cabane de mineur dans la montagne dans laquelle Benton entassera bientôt les aventures de Soldat et où il va prendre soin de creuser une cave avec une trappe solide et un gros cadenas.

Et quelque part entre 2003 et 2010 ces deux-là vont finir par se croiser. Pour le pire, on s’en doute.

Si Joseph Downs aime à écouter The Handsome Family, si Benton Faulk se plaît à chanter de vieilles rengaines country, c’est plutôt à un furieux air de psychobilly que fait penser Corrosion, roman noir hallucinatoire sur une Amérique pourrissante bien loin des lumières des mégapoles des côtes est et ouest.
Corrodée jusqu’à la moelle, l’Amérique de Downs et Faulk a même fini par perdre le semblant de vernis de civilité que pouvaient lui conférer la religion et l’esprit de communauté.
Ici c’est chacun pour soi, les hommes d’Église sont soit des charlatans, soit des lâches et personne, à part les cadavres bouffés par les asticots, n’est vraiment ce qu’il paraît être.
Pas étonnant que là-dessous la rouille avance et que l’armature de cette société ne cesse de se ruiner au fur et à mesure que le métal s’effrite inexorablement, plaque par plaque.

Atmosphère de fin du monde et délires psychotiques rendus par une écriture rentre-dedans sans fioritures mais ciselée sont au programme de ce roman inconfortable et fascinant.



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MessagePosté le: Mar Fév 09, 2016 4:36 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Ferre sur À l'ombre du polar :

Citation:


Le piège s’ouvre, et on tombe dedans, de suite.
Dès le premier chapitre sec comme un coup de trique.
Un type rentre dans un bar, au beau milieu de nulle part.
S’assoit, commande une bière.
Entre une grande rousse.
Avec son gars sur les talons.
Un redneck à moustache.
Qui vocifère contre sa jolie. L’attrape par les cheveux.
Le type pose sa bière, se lève et s’en mêle.
En met plein la gueule au ducon.
La fille en reste béate.
Demande le nom du type.
« Je m’appelle Joseph Downs, et j’ai servi mon pays avec fierté ».
Fin du chapitre.
On apprend ensuite que le gars est un vétéran d’Irak, traine depuis son retour son visage en charpie, la faute à une méchante explosion.
On voit le truc.
Le roman social, sur ces bougres revenus de l’enfer et tombé dans un autre, leur pays qui s’en contrefout, la dérive en solitaire, le cerveau en marmelade.
On veut bien suivre la piste, même si on la sent balisée.
Sauf que très vite quelque chose cloche.
Les traumatismes de l’ancien combattant, d’accord.
Mais ce Joseph Downs trimballe autre chose.
La corrosion du titre, c’est pas la guerre.
C’est un autre mal.
Sortie de piste.
La deuxième partie en ouvre une autre.
La meilleure. Sous le signe de Faulkner.
« Il y avait quelque chose de terrible en moi », avertit l’exergue du Bruit et la fureur.

Difficile d’aller plus loin s’en trop en dévoiler.
Juste dire que le roman s’embarque dans une caboche malade et qu’à partir de là, le voyage vire au récit d’épouvante.
Jon Bassoff adapte son style.
La sécheresse du début devient torrent déchaîné.
Écriture possédée, formidablement maîtrisée.
Pour un premier roman, champion.
L’affaire monte en puissance.
Le démon pousse sur le terreau fertile de cette Amérique qui patauge dans la bouse, la bondieuserie, le racisme, la gunmania.
Jon Bassoff pousse le bouchon, sa phrase houle, les mots se précipitent, se cognent et dansent de Saint-Guy.
Ces voix dans ma tête, Seigneur, ces voix dans ma tête !
Vite une résurrection !
Un autre corps ou un autre nom, pour que tout cesse enfin, et que tout recommence bien sûr.
En avant pour une troisième partie hallucinée sur un air de revanche.
Le lecteur à ce point est déjà bien essoré.
Au fond du trou.
Mais Bassoff le malin lui tend une main poisseuse en forme d’épilogue.
Celle avec marqué Love sur la main du révérend de La Nuit du chasseur.
Ou peut-être l’autre. Hate.
Ou les deux.
Son « héros » peut s’endormir en rêvant du passé.
Se souvenir des « belles » choses.
Le sourire aux lèvres. Du Diable.



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MessagePosté le: Dim Fév 14, 2016 8:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Pierre Faverolle sur Black Novel :

Citation:


Décidément, cette nouvelle collection Néonoir a le don de dénicher des auteurs différents, pas comme les autres.
Avec Jon Bassoff, dont Gallmeister nous présente le premier roman, vous allez plonger dans un cauchemar, celui de la vie, celui d’aujourd’hui.


Ce roman est construit en deux parties de 100 pages environ.
La première se passe en 2010, la deuxième en 2003.
Deux parties, deux personnages qui vont se rencontrer jusqu ‘à la conclusion apocalyptique.

Joseph Downs est un ancien Marines qui est revenu d’Irak défiguré.
Il arrive aux abords de Stratton, petite ville entourée de derricks et de silos en perdition.
Le moteur de son pick-up vient de lâcher.
Il parcourt les quelques centaines de mètres qu’il lui reste à faire, et entre dans un bar pour boire un coup.
Un couple entre, une jeune femme belle et un vieux bonhomme.
Le vieux l’insulte, la malmène et lui tire violemment les cheveux.
Joseph intervient et tabasse le vieux.
Puis il décide de se trouver un hôtel.
La jeune femme décide de le suivre.
Elle s’appelle Lilith et le vieux est son mari.
Elle a bien tort de jouer avec le Diable.

Benton Faulk a 16 ans.
Ses parents sont quelque peu perturbés car la mère se meurt d’un cancer.
Le père élève des rats dans la cave en espérant trouver le Rat-Christ qui sauvera sa femme.
Alors Benton s’invente des histoires avec un personnage nommé le Soldat.
Quand sa mère meurt, son père décide de garder le corps de sa femme dans leur chambre.
Son beau-frère s’en aperçoit, et fait enfermer le père.
Il récupère aussi la garde de Benton.
Mais on ne joue pas avec le Diable.

La première partie est plutôt classique avec tout ce que j’aime dans les polars américains : cette efficacité, cette économie de mots qui font que l’action coule en fonction des événements et que l’univers de cette partie désolée des Etats Unis est si noire et si stressante.
Mais ce roman ne s’arrête pas là.
On passe à une deuxième partie où tout change : le personnage principal devient un jeune adolescent marqué par son éducation et son environnement familial.
Il passe de passages délirants en passages violents, se fait sa propre vie en s’alimentant de ses propres histoires imaginaires.

Les deux parties sont écrites à la première personne mais malgré cela, nous avons à faire avec deux styles bien différents, deux univers différents.
Dans les deux cas, on y rencontre des gens paumés, des gens simples qui se retrouvent face à quelqu’un qui va bouleverser leur vie.
Dans les deux cas, la vie n’a pas de but, la religion est bien présente mais ce coin paumé des Etats Unis a perdu toute notion de morale.

Et c’est bien là que le roman fait mal, très mal.
L’écriture de Jon Bassoff est prenante, incroyablement hypnotique, à tel point que l’on n’a plus l’impression de lire une histoire, mais bien de plonger dans des psychologies de grands malades ; c’est extrêmement violent dans le propos, sans être sanguinolent, et c’est surtout incroyablement addictif.
Je me suis aperçu avoir ressenti du plaisir de plonger dans une psychologie de malade, de plonger dans le Mal, et j’ai aimé ça.
Clairement, ce roman va en déranger plus d’un et est amené à devenir un livre culte.
C’est en tous cas un premier roman d’une force rare, un premier roman impressionnant.






>> La chronique-vidéo du Rouquin bouquine, libraire à Nancy :



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MessagePosté le: Sam Fév 20, 2016 5:40 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bob Polar sur son blog :

Citation:

LA JEUNE DAME A ENGENDRE DES MONSTRES


2010. Stratton.
De passage dans le patelin, Joseph Downs se retrouve dans un hôtel pouilleux avec Lillith, une épave.
Il vient de casser la gueule à son mari.
Quand à la sienne de gueule de Marines, elle a cramé en intervention.
Lilith a une idée et c'est à partir de ce moment là que ça va déconner.

2003. Silverville.
Le jeune Benton Faulk n'aime pas l'école.
Alors il n'y va pas ou très peu.
Ce qu'il préfère c'est lire les aventures du Soldat, le héros de la BD « Au bout du combat », un vrai dur qui explose facile des barbus.
Et puis il y a Constance et puis il y a sa cabane dans la montagne.
Pendant ce temps son père bosse dur dans la cave pour guérir maman.
Il fait des tests sur des rats et il dit qu'il va le trouver le remède.
Les deux, Joseph et Benton, vont faire route ensemble et l'on sait déjà qu'au bout du chemin il y aura l'enfer.


« Tu dois simplement faire une chose pour moi. Juste une chose. Qu'est-ce que c'est ? Je ferais n'importe quoi pour toi, Joseph, tu le sais bien. Continue juste à me mentir. C'est tout ce dont j'ai besoin. C'est tout ce dont j'ai jamais eu besoin. Je ramassai le flingue et le braquai sur sa tête. D'instinct, elle se plaqua les mains sur le visage. Mais je ne tirai pas. Je ne voulais pas lui faire du mal. C'était un ange brisé et je l'aimais. »
Il y a des jours où Cupidon s'en fout et ces jours-là dans ces coins de merde de cette Amérique qui s'effrite inexorablement « Satan is real », ce vieux morceau de country des Louvin Brothers, ne suffit pas à apaiser les cœurs transpercés.
Seules les pulsions résistent.
Alors ces deux êtres dégénérés tiraillés par un trop plein de foi monstrueuse et maléfique vont faire ce qu'il doivent faire.
Et lorsqu'ils le font, ce sont les ténèbres qui ouvrent grand leurs bras, l'étreinte est sans fin.
Alors on tente l'impossible, on se dit qu'on va s'en sortir, que tout cela n'est finalement qu'un écran noir, que derrière tout cela se planque un malin sorcier, un auteur qui se joue de nous, mais sa patte velue vient finir le boulot avec ses phrases qui écorchent, ses répétitions lancinantes, son style qui ne fait pas de cadeaux.
Alors on prie, comme Joseph et Benton, comme cette population décharnée qui vit dans un monde creux, pour que ça continue, pour que justice ne soit pas faite, on sombre dans la déraison.
[Ça c'est la version trash avant que je plonge dans un état de stupeur catatonique mais je me suis refait la cerise et j'ai repris ma chronique]
Alors ces deux êtres dégénérés tiraillés par un trop plein de foi monstrueuse et maléfique vont faire ce qu'il doivent faire.
L'un brandissant la Bible du roi Jacques et l'autre son immaturité, ils sont tous les deux frappés par l'amour de la patrie – Joseph répète incessamment « 1er Bataillon, 7e Régiment, 1re Division. Stationné à Mossoul » - qui se justifie par ce désir de combattre un ennemi lequel n'est autre que leur névrose.
C'est par des actes barbares et un violent sadisme qu'ils tentent de s'exprimer.
Vengeance aveugle d'êtres décérébrés.
La nation à la bannière étoilée a engendré des monstres.
Ils sont en errance.
« J'avais des pensées horribles. Vous voyez le genre. Mort et destruction. Je passais devant des fûts métalliques rouillés, des piles de pneus usés et des rangées de luzerne agonisante, mais aucun humain. Le ciel était couleur d'os. »
C'est un prophète alcoolisé qui refermera la dernière page.


Nul ne peut lutter.
Corrosion est un roman qui nous entraîne dans un univers ténébreux, un trou noir qui absorbe tout ce qui gravite autour de lui.
On le subit avec cette sensation unique de sombrer dans un abîme sans fond.
Un récit percutant, envoûtant, déroutant.



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« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
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