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Grossir le ciel - Franck Bouysse (La Manufacture de Livres)
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Oct 15, 2014 8:26 pm    Sujet du message: Grossir le ciel - Franck Bouysse (La Manufacture de Livres) Répondre en citant

Le grand roman noir rural n'est plus l'apanage des Américains. Nicolas Mathieu avait déjà brillamment démontré avec Aux animaux la guerre qu'il fallait désormais compter aussi avec les auteurs français..
La sortie de Grossir le ciel, le nouveau roman du talentueux Franck Bouysse, à La Manufacture de Livres en apporte une nouvelle preuve.




Le livre :

« Entre Alès et Mende, au milieu des Cévennes, un lieu-dit appelé Les Doges, deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, de la neige une partie de l'année, deux hommes, un chien, un fusil, quelques mots, des silences et de la roche pour poser le tout. »

L'abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte.
Il ne l'avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant.
Mais sans savoir pourquoi, c'était un peu comme si l'abbé faisait partie de sa famille, et elle n'est pas bien grande, la famille de Gus.
En fait, il n'en a plus vraiment, à part Abel et Mars.
Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu'un voisin et un chien représentaient une vraie famille ?
Juste mieux que rien.
C'est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés.
Il a repéré du gibier.
Mais au moment de tirer, un coup de feu.
Abel sans doute a eu la même idée ? Non.
Longtemps après, Gus se dira qu il n'aurait jamais dû baisser les yeux.
Il y avait cette grosse tache dans la neige.
Gus va rester immobile, incapable de comprendre.
La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute.
Que s'est-il passé chez Abel ?

Écrire la nature, nature writing disent les Américains. Voilà ce qui définit tout d'abord ce roman de Franck Bouysse. Cette nature c'est celle des Cévennes, froide et minérale.
Écrire la solitude de ces hommes, les derniers paysans des montagnes. Écrire aussi les relations profondes mais silencieuses qui unissent ces deux hommes qu'on croit avoir vus dans un film de Depardon, les blessures d'une vie que l'irruption de l'inconnu vient réouvrir.
Franck Bouysse livre là un texte fort et qui s'inscrit dans la lignée de ces nouveaux auteurs du roman noir français.
Donnant aux paysages et à la vie âpre des montagnes un rôle primordial, Franck Bouysse parvient aussi à insuffler une angoisse propre aux intrigues les plus sophistiquées, alliant la finesse des portraits psychologiques et la force des secrets de famille.
Lorsque la violence vient frapper les vies lourdes de non-dits de ces deux personnages complexes et admirablement décrits, le lecteur est pris dans un rythme très maîtrisé.
Evitant tous les travers et les clichés, Grossir le ciel est un grand roman noir à découvrir.




« Ne passez pas à côté de ce roman noir envoûtant. Un grand moment de lecture pour un court texte dont les sombres secrets se dévoilent pendant que le froid spectral de l'hiver s'engouffre en vous. Les Cévennes sauvages, l'isolement de la campagne. Les américains n'ont plus le monopole des grands romans ruraux. Une pépite noire et oppressante. »
Benoît, libraire Fnac La Défense-CNIT

« Belle intrigue pour un roman fort bien écrit, un suspense à découvrir. »
Claude Le Nocher - blog Action-Suspense



L'auteur :

Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges.
Il a publié Noir Porcelaine chez la Geste Noire, et Vagabond et Pur Sang chez Ecorce.
Grossir le ciel est son huitième roman.




_________________
« Les nouvelles sont à la littérature ce que la dégustation est à la gastronomie. »
Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.
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norbert
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MessagePosté le: Mer Oct 15, 2014 10:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

>> La chronique de Catherique sur le blog du Polar de Velda :

Citation:

Est-ce un hasard si Franck Bouysse a choisi de situer son roman dans les Cévennes, là où il y a quelques dizaines d'années, un dénommé Roger Louis Stevenson partagea une longue randonnée avec son ânesse ? Ces lieux encourageraient-ils la solitude ? Ou bien seraient-ils consolatoires des grandes peines que la vie nous inflige ?
Gus vit seul dans une ferme délabrée, aux Doges, un lieu-dit perdu au milieu de la campagne rude, où l'hiver la neige persiste. Seul, pas tout à fait : il y a aussi le chien Mars, auquel Gus est fort attaché. Et puis, à quelques centaines de mètres de là, il y a Abel. Abel a deux bonnes dizaines d'années de plus que Gus. Lui aussi vit seul, dans sa ferme.
Et pour tout dire, Gus et Abel sont à peu près la seule société l'un de l'autre, sauf les jours de marché, quand Gus descend au village et en profite pour aller faire un tour au café.
"Que Gus aimait ce pays serait beaucoup dire, mais comme il n'avait rien connu d'autre, il s'était fait à l'idée d'y finir ses jours."
Voilà, les choses sont dites. Gus est né là, il y mourra, et entre les deux il y aura eu une vie, que Franck Bouysse va nous dévoiler, doucement, au fil des événements.

Des événements, rarement il y en aura eu autant que cette année-là, aux Doges.
La vie à la ferme est rude, mais elle est régulière, rythmée par les bêtes, par le temps, la neige, les clôtures qu'il faut réparer, les vaches qui vont véler.
Alors quand, en rentrant chez lui, Gus entend des coups de feu et voit une grande tache de sang, à côté de chez Abel, eh bien ça ne fait pas partie de ses rituels.
C'est l'occasion pour l'auteur de nous montrer ce qu'est cette relation entre Gus et Abel, chien et chat, proches et pourtant toutes griffes dehors à la moindre alerte. Pas question pour l'un comme pour l'autre de laisser quoi que ce soit empiéter sur sa liberté, même si cette liberté est surtout une grande solitude.
Sans doute cette relation est-elle le nœud du livre, puisque c'est d'elle que va naître l'intrigue sombre, insidieuse, mauvaise, qui anime ce livre et qui puisse son venin dans un passé inouï, un de ces passés familiaux que nous autres, hommes civilisés, avons bien du mal à croire et qui pourtant sont plus fréquents qu'on n'imagine.
Beaucoup plus qu'un secret de famille, c'est une sorte de sauvagerie, de grand malheur fou, que nous raconte Franck Bouysse et qui nous emporte au cœur de ce pays de forêts, de ciels et de sols gelés.
Le personnage de Gus est d'une force rare, et son auteur le révèle, au fur et à mesure du récit, de façon à la fois délicate et violente, le dépeignant au milieu de sa solitude, dans ses gestes quotidiens, dans sa difficulté apparente à commercer avec le monde.
Quand vous aurez refermé ce livre, vous aurez du mal à concevoir comment l'auteur a pu vous mener par le bout du nez au cœur d'une histoire aussi terrible, en vous préparant à peine au choc à l'aide d'une tension palpable qui, progressivement, empoisonne littéralement la vie des deux hommes.
Vous n'oublierez pas les paysages des Cévennes, l'air froid, le sol qui craque sous les pieds quand il a gelé à pierre fendre, les grands arbres, au loin, et puis le chien Mars, n'oublions surtout pas le chien Mars.
Écrit avec retenue et élégance, Grossir le ciel se savoure avec une inquiétude douloureuse, et laisse à son lecteur la durable impression d'avoir trouvé en Franck Bouysse un descendant de Ramuz ou un petit-cousin de Chesseix.
Rien que ça.


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MessagePosté le: Mar Oct 21, 2014 6:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

>> La chronique de Holden sur Unwalkers.com :

Citation:

Nature writing…hum…mes c(*)s !!! C’est juste un putain d’excellent roman, noir si vous voulez tout savoir !

Mais juste un excellent roman qui n’a pas son égal actuellement, dans le genre et les sorties.

Et bien sûr cela vient de chez l’ami Pierre, comme d’habitude.

J’ai loupé un livre de l’auteur chez l’ami Ecorce Editions.

Sans oublier la selflist de Benoît sur Facebook de mes c(*).

Alors voilà, me voilà en dernière position pour vous parler de cet excellent livre dont on me vante le nature writing ^^

Si vous voulez ! Mais c’est avant tout un écrivain puissant dans la force des descriptions, de la nature, de l’émotion, de la trame et d’une belle plume dont il va falloir parler.

Déjà arrêtons-nous un peu sur le temps, le récit qui commence à la mort de l’abbé Pierre.

Nous découvrons Gus, sa vie, son chien dans un lieu des Cévennes, ou il ne reste plus beaucoup d’habitant.

Gus marqué par la mort de l’abbé, gus et ses réflexions pleines de bon sens, Gus qui va se prendre une déflagration type force 10 sur 10 du début jusqu’à la fin du récit, sur sa vie, son histoire.

Je ne dévoilerai rien de la trame, je vais juste essayer d’attirer, votre attention sur la qualité de l’écriture, pour maitriser un récit aussi parfaitement. Un auteur qui nous plonge dans le froid des Cévennes, descriptions d’un environnement et d’une vie, ancienne, actuelle.

C’est une grande réussite, qui ne souffre d’aucun complexe avec les écrits noirs Redneck en vogue, ou noirs tout court.


Un fabuleux pari d’écrire une trame qui vous saisit à la gorge et vous laissera agonisant, crachant un dernier souffle sur les derniers mots du livre.

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MessagePosté le: Mar Oct 21, 2014 6:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

>> La chronique de Léon-Marc Lévy sur La Cause Littéraire :

Citation:

Franck Bouysse construit de livre en livre un lien littéraire vivant et passionné. Nourri de littérature américaine, de ses espaces sans fin et de ses personnages hauts en couleurs, de son art de la narration, il nous offre des œuvres dont l’univers, l’écriture, la musique font passerelle entre son Limousin natal et les Terres d’Amérique chantées depuis toujours par les écrivains-mangeurs d’espaces : Thoreau, London, McLean, Harrison, Bass, tant d’autres encore.
Il avait donné une matérialité fictionnelle à ce rapprochement dans son dernier opus avant « Grossir le Ciel » : dans « Pur Sang » (Editions Ecorce) le héros indien du Montana se découvrait des ancêtres Haut-Viennois !

Rien de plus naturel donc que le chemin qui l’a conduit à ce livre, « Grossir le Ciel ».
Nous sommes dans les Cévennes – terre de contes et d’écriture, terre de nature sauvage et de solitude.
Et Franck Bouysse nous emmène aux côtés de Gus – homme de terroir taiseux, solitaire – dans une histoire sombre et fascinante.

Franck Bouysse est un raconteur d’histoires dans la grande tradition. Américaine ? Oui mais pas seulement.
Sur les traces de Gus, dans le cadre rude des Cévennes, c’est aussi Jean Giono qui nous hante. Notre grand-à-nous du panthéisme, de la Nature déifiée, sacralisée, matrice de vie et de mythes, annoncée dès l’entrée du livre par une épigraphe magnifique de James Agee :

« Le terre aveugle elle-même et l’eau aveugle, le ciel et sa bombarde d’étoiles comme les colombes, l’air, sombre, les essaims de civilisations endormies de la terre végétale, certains reptiles certains oiseaux, et des personnalités vêtues de fourrures, dont le sommeil est de jour, mais que l’obscurité appelle à leurs affaires, ceux-là jouissaient de tout leur aplomb »

C’est là comme une revendication de filiation littéraire qui trouve tout au long de ce roman son prolongement. Ecoutez-en plutôt l'écho profond, dès les premières pages :

« Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles. »

Hymne à la Nature sauvage et à la solitude. Hymne à l’homme, aux hommes. La littérature n’a pas d’autre message – ne devrait pas avoir d’autre message.
Gus est fermier, il se lève avant le soleil tous les jours, et commence son travail – non, sa lutte quotidienne - contre la terre, le temps, la pauvreté, la solitude, les hivers glacés et les étés torrides.
Un seul voisin. Ami ? Si peu.
Et c’est bien chez lui, Abel, qui soudain a changé de comportement, que les choses vont mal tourner pour nous mener dans une noire affaire.

En basse continue du récit, Franck Bouysse égrène des thèmes qui lui sont chers, la nostalgie des choses anciennes, l’angoisse du temps qui passe, l’amour des pierres en bâti. Encore une façon de revendiquer des héritages culturels, littéraires. De s’inscrire dans une tradition ancestrale. De dire en sourdine une forme de révolte contre le progrès imbécile à tout prix.

« Gus demeura un long moment à regarder les vieilles pierres encore debout, les murs en partie écroulés et recouverts de mousse, et la roue pourrie par le temps qui partait en lambeaux. Un filet d’eau coulait encore dans le canal, mais il n’y avait plus le moindre poisson pour s’y aventurer, à cause du manque d’oxygène. Il trouvait sacrilège que personne n’ait entretenu l’endroit pour que la mémoire des temps anciens ne se perde pas définitivement, mais c’était plus compliqué que de goudronner une route électorale. »

Beau roman, sombre, poignant, dont la noirceur même porte encore l’espoir, jusqu’au bout du chemin, d’aller « grossir le ciel ».

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MessagePosté le: Jeu Nov 06, 2014 8:10 am    Sujet du message: Répondre en citant

>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur son blog Actu du Noir :

Citation:

Bienvenue chez Gus des Cévennes.

Après Nicolas Mathieu, Frank Bouysse nous entraîne à son tour dans un coin perdu de notre beau pays. Bienvenue dans les Cévennes de Grossir le ciel.

Les Doges, lieu dit perdu quelque part au milieu des Cévennes. Gus s’y occupe de sa ferme et de ses bêtes avec l’aide de son chien Mars. Mis à part un voyage par semaine au village, il ne parle avec personne, sauf parfois avec Abel de la ferme d’à côté. Des discutions le plus souvent très pratiques : les deux hommes s’entraident quand c’est absolument nécessaire, et prennent une cuite chez l’un ou chez l’autre, quand la solitude se fait trop lourde. Tout semble figé à jamais, jusqu’à ce matin d’hiver où Gus entend des cris et des coups de feu chez Abel …

Assiste-t-on à la naissance (ou renaissance) d’une littérature noire des grands espaces en France ?
C’est vrai que depuis la disparition de Pierre Magnan, à quelques très rares exceptions, le polar français c’était peu intéressé à la campagne. Et encore moins à la vie de travailleurs manuels confrontés à une nature belle mais potentiellement meurtrière.
De telles thématiques semblaient l’apanage des américains et de leurs écrivains des grands espaces.

Frank Bouysse que je découvre avec ce roman montre donc, après Nicolas Mathieu, que les français aussi savent prendre la nature à bras le corps.

Superbe description de ce coin perdu, de sa beauté mais aussi de sa dureté. Une dureté qui façonne les personnages, avec ici deux portraits extraordinaires.


Abel, et surtout Gus, dont il dépeint magnifiquement la solitude, le travail quotidien, les joies et les souffrances. Comme il décrit magnifiquement la montée de la méfiance et de la folie. Deux personnages rugueux, durs, rendus dans leur complexité, jamais idéalisés, jamais plaints, capables de grandeur, d’humour mais aussi de méchanceté, de bêtise et de violence.

L’écriture est au diapason, parfois lyrique, souvent sèche et aussi rugueuse que le climat, la vie isolée et le rouge que boivent les deux hommes.

Une superbe découverte de cette fin d’année.
Belle interview chez les Unwalkers.




>> L'excellente interview de Franck Bouysse sur Unwalkers.com à lire en cliquant ici
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MessagePosté le: Mer Nov 12, 2014 4:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

>> La chronique de Yan sur son blog Encore du Noir :

Citation:

Quelques mois après le Petite Louve de Marie Van Moere dont la Corse était un personnage à part entière, la Manufacture de Livre, avec ce Grossir le ciel de Franck Bouysse, renoue avec une littérature française des grands espaces.
En route donc pour les Cévennes, au lieu-dit Les Doges et ses deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres.

C’est là que Gus, malmené par la vie, éduqué dans cette ferme isolée au milieu des montagnes et des bois, partage sa vie avec Mars, son chien. Dans l’autre ferme, Abel, d’une vingtaine d’années son aîné, vit seul. On est en janvier 2007. L’hiver, rude, s’est bien installé et l’abbé Pierre vient de mourir. Allez savoir pourquoi, cette nouvelle perturbe Gus, l’obsède. Et si Abel est ce qui se rapproche le plus d’un ami pour Gus, il commence néanmoins à adopter un comportement étrange ; à se montrer presque menaçant. Comme s’il avait quelque chose à cacher.

Dans ces espaces isolés, dans le silence ouateux d’un hiver neigeux, Franck Bouysse pose tranquillement son histoire.
Sous le quotidien anesthésié par la neige, le froid et aussi, un peu, le gros rouge, de Gus et Abel, l’auteur fait lentement mais sûrement pointer la tension puis monter ensuite une certaine angoisse.

On ne peut qu’admirer la dextérité avec laquelle Bouysse arrive à la fois à nous conter les vies heurtées mais somme toute relativement normales voire ennuyeuses de ces paysans taciturnes tout en les ceignant d’une aura mystérieuse.
Alors que la méfiance s’instaure peu à peu et que chacun commence à se demander ce que l’autre à derrière la tête, alors que de drôles de personnages commencent à apparaître dans cette contrée que l’on aurait pu finir par croire abandonnée des autres hommes, alors aussi que de vieilles rancœurs que l’isolement n’a fait que cristalliser commencent à déborder, les événements commencent à s’accélérer, à bousculer les habitudes de Gus et, finalement, à le pousser à se livrer à lui-même.


Tout cela est porté par l’écriture élégante, riche mais pourtant jamais lourde de Franck Bouysse qui arrive à merveille à rendre l’âpreté des lieux, des hommes et de leurs sentiments tout en dévoilant pudiquement par petites touches ce qui peut se dissimuler sous les carapaces.
C’est là un équilibre entre le fond et la forme qu’il est rare de trouver et qui confère à Grossir le ciel une beauté qu’il n’est pas donné de trouver tous les jours.


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clémence
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MessagePosté le: Mer Nov 12, 2014 9:00 am    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien ! tout cela donne envie ...
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holden
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MessagePosté le: Mer Nov 12, 2014 12:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant

bah woui
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lisez ce vous voulez . . .

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MessagePosté le: Ven Nov 21, 2014 11:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Me voilà, les joues humides, prostrée sur mon canapé avec le livre fermé sur les genoux depuis 10 minutes. Violente beauté que ce roman.

La force épanouie et discrète qui émerge entre les lignes de ce quotidien rural n'a d'égale que l'émotion bien réelle et palpable qui se dégage du combat ordinaire entre les hommes et la nature.

Ce roman me prend au ventre comme rarement d'autres l'ont fait, disons il m'a attrapée au dépourvu là où je ne l'attendais pas, au détour d'un andain de foin en lisière de forêt, au fond d'une poêle où une truite n'en finit plus de frire, entre une volière et des clapiers libres de ses occupants, en levant les yeux sur un soleil qui peine à trouver sa place dans les nuages.

J'admets volontiers que j'ai une tendre affinité avec le roman qui se passe les pieds dans la neige, la tête dans les arbres et le cœur un peu libre et vagabond. Mais Grossir le Ciel, qui trouve sa résonance dans les toutes dernières lignes, relève d'une puissance de frappe incroyable et douce amère, secrète et poignante sans déshonorer la fidélité et la dignité magistrale de ces hommes de la terre. " La liberté, il était persuadé qu'elle se situait entre deux pas, quand on avait la chance de choisir où on allait".

Une immense belle découverte pour ma part.

(Frédo, remonte d'urgence ce livre sur ta pile, il devrait t'évoquer un de nos favoris. Neige, solitude, un homme et son chien, tu vois ? Y'a pas, la magie située entre Julius et Steinbeck me fait toujours un effet prodigieux.)
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MessagePosté le: Sam Nov 22, 2014 4:06 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis comblé de voir que tu as été toi aussi sensible à la beauté et à la puissance de ce roman, Clémence !
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MessagePosté le: Mer Avr 08, 2015 1:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens, un roman qui se passe chez moi, dans les Cévennes ! C'est rare, je crois que je vais me laisser tenter...M'enfin, c'est surtout parce que vos critiques m'ont sacrément donné envie !
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norbert
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MessagePosté le: Mer Avr 08, 2015 2:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ironheart a écrit:
Tiens, un roman qui se passe chez moi, dans les Cévennes ! C'est rare, je crois que je vais me laisser tenter...M'enfin, c'est surtout parce que vos critiques m'ont sacrément donné envie !


Et il n'y a pas que nous, loin de là ! Fais un tour sur le net, tu verras que depuis sa chronique par Bernard Poirette sur RTL, la presse s'en est emparé aussi, donnant envie à bien d'autres lecteurs et blogueurs, tous unanimes ! Smile
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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2015 7:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'ai pas arrêté d'entendre du bien de ce livre ces derniers temps, il est clair que je vais me le procurer rapidement.
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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Gruz
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MessagePosté le: Ven Avr 24, 2015 5:50 am    Sujet du message: Répondre en citant

Salut !
Voici l'interview thématique réalisée avec Franck Bouysse, auteur du sombre et très beau : Grossir le ciel
https://gruznamur.wordpress.com/2015/04/24/interview-1-livre-en-5-questions-grossir-le-ciel-franck-bouysse/
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Ironheart
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MessagePosté le: Dim Mai 31, 2015 4:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

clémence a écrit:
Me voilà, les joues humides, prostrée sur mon canapé avec le livre fermé sur les genoux depuis 10 minutes. Violente beauté que ce roman.

La force épanouie et discrète qui émerge entre les lignes de ce quotidien rural n'a d'égale que l'émotion bien réelle et palpable qui se dégage du combat ordinaire entre les hommes et la nature.

Ce roman me prend au ventre comme rarement d'autres l'ont fait, disons il m'a attrapée au dépourvu là où je ne l'attendais pas, au détour d'un andain de foin en lisière de forêt, au fond d'une poêle où une truite n'en finit plus de frire, entre une volière et des clapiers libres de ses occupants, en levant les yeux sur un soleil qui peine à trouver sa place dans les nuages.

J'admets volontiers que j'ai une tendre affinité avec le roman qui se passe les pieds dans la neige, la tête dans les arbres et le cœur un peu libre et vagabond. Mais Grossir le Ciel, qui trouve sa résonance dans les toutes dernières lignes, relève d'une puissance de frappe incroyable et douce amère, secrète et poignante sans déshonorer la fidélité et la dignité magistrale de ces hommes de la terre. " La liberté, il était persuadé qu'elle se situait entre deux pas, quand on avait la chance de choisir où on allait".

Une immense belle découverte pour ma part.

(Frédo, remonte d'urgence ce livre sur ta pile, il devrait t'évoquer un de nos favoris. Neige, solitude, un homme et son chien, tu vois ? Y'a pas, la magie située entre Julius et Steinbeck me fait toujours un effet prodigieux.)


Ton commentaire est aussi beau que ce roman, ma chère Clémence.

Je t'embrasse et te réponds dès que possible ! Very Happy
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