Jean-Christophe Grangé — Polars Pourpres Index du Forum Jean-Christophe Grangé — Polars Pourpres
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Polars Pourpres

La Onzième Plaie, d'Aurélien Molas
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NeoShepard
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MessagePosté le: Mer Fév 10, 2010 12:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a une petite interview d'Aurélien Molas sur YouTube http://www.youtube.com/watch?v=TXFkUnfrDaQ Sympa !
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Dodger
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 9:59 am    Sujet du message: Répondre en citant

Comme promis, je viens apporter ma note discordante au sujet de ce roman... Car, rien à faire, je n'ai pas aimé la Onzième plaie.
Mon avis, un peu plus détaillé que ce que j'ai mis sur PP :

Pour moi, Aurélien Molas signe avec La Onzième Plaie l'archétype du thriller français contemporain de mauvaise facture : allant toujours plus loin dans le glauque et le sordide pour essayer de se distinguer de la concurrence, exploitant les pires sujets possibles (ici, la pédophilie, une fois de plus...) pour garantir l'horreur des situations et tenter de s'assujettir à moindre frais la sympathie des lecteurs, enchaînant les chapitres courts et les crimes atroces sans jamais prendre le recul nécessaire pour réfléchir et faire réfléchir à ce qu'il raconte...

Au moins n'est-ce pas trop mal écrit, bien que sans relief particulier non plus, dans un style visuel plus ou moins inspiré de celui de Grangé, pour ne pas changer. D'ailleurs, Molas recourt à la construction en intrigues parallèles et apparemment indépendantes, qui est précisément l'une des marques de fabrique du maître du thriller français ; même si Molas la possède beaucoup moins bien, les intrigues tirant parfois en longueur ou finissant par créer des répétitions ou des confusions entre elles à force d'être trop proches.

Il faut reconnaître néanmoins à ce jeune auteur (24 ans) un talent certain pour maintenir son roman sous tension permanente, en imaginant notamment un contexte d'émeutes qui secouent Paris et transforment chaque coin de rue de la capitale en poudrière potentielle, ce qui crée un sentiment d'incertitude empêchant le lecteur de s'installer dans le moindre confort. S'il y a une chose à retenir de ce roman, à mon avis, c'est ça.


Pour atténuer un peu, je reconnais tout de même que ce n'est pas un roman qui cède à la facilité. Il y a pour moi du déjà-vu et déjà-lu (dans la construction, la thématique...), mais au moins Molas assume-t-il de bout en bout la dureté de son propos et de son univers. C'est déjà pas mal !
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Nico
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 11:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis étonné par ta perception du roman, Dodger, parce que je ne n'y retrouve pas du tout mes impressions, notamment en ce qui concerne le caractère "glauque" qui t'a choqué. Comparé à d'autres thrillers actuels (cf. par exemple Level 26, ou le dernier Chattam qui allait quand même assez loin dans l'horreur), j'ai trouvé que La Onzième Plaie était loin de faire dans le sordide. Et je ne vois pas personnellement dans ce roman de volonté de faire du "gore" à tout prix comme tu le perçois. Je trouve justement que l'auteur parvient à éviter cette facilité malgré un sujet pourtant dur.

D'ailleurs, quand tu dis que "ce n'est pas un roman qui cède à la facilité" (ce qui semble positif), ce n'est pas quelque part en contradiction avec la perception que tu as du roman (et que je ne partage pas, tu l'auras compris) de vouloir exploiter au maximum "l'horreur des situations" ?
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Dodger
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 1:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Nico a écrit:
D'ailleurs, quand tu dis que "ce n'est pas un roman qui cède à la facilité" (ce qui semble positif), ce n'est pas quelque part en contradiction avec la perception que tu as du roman (et que je ne partage pas, tu l'auras compris) de vouloir exploiter au maximum "l'horreur des situations" ?


Je le dis effectivement comme quelque chose de positif, dans le sens où je reconnais que Molas ne lâche rien de ses positions de départ, qui sont d'imposer un climat très dur, où l'espoir n'a que peu de place (voire pas ?), où les personnages sont tous minés, où tout est sombre et étouffant... Je lui accorde ce mérite, mais je n'aime pas cette façon de faire, d'en rajouter, de vouloir aller toujours plus loin dans l'horreur, qui n'est pas l'apanage exclusif des auteurs de thrillers français mais dont beaucoup abusent, à mon avis, et souvent de la même manière.

Pour développer un peu, je pense que cette tendance est la conséquence du triomphe de Grangé depuis la fin des années 90. Son succès est vraiment à double tranchant : d'un côté, il a permis à un certain nombre d'éditeurs de faire un peu de moins de complexes par rapport aux maîtres américains du thriller, et d'accorder du crédit à de jeunes auteurs français cherchant à s'imposer dans ce genre ; d'un autre côté, beaucoup de ces auteurs ont du mal à s'affranchir du "modèle" JCG, aussi bien sur la forme (la fameuse construction en parallèle, que Grangé n'a pas inventée par ailleurs, mais qu'il manie avec une habileté confondante) que sur le fond (meurtres atroces, psychopathes plus effroyables et en même temps moins crédibles que les vrais, flics ravagés et plutôt solitaires, etc.)
Pour moi, Molas est un héritier direct de Grangé, une sorte de "disciple" plus ou moins avoué, jusque dans son style - phrases courtes, retours fréquents à la ligne, langage visuel prédominant. C'est pour cela que je le juge avec une sévérité peut-être un peu trop appuyée : parce que je trouve qu'il n'apporte rien de très nouveau, qu'il ne me surprend pas, que j'ai le sentiment d'avoir déjà lu ce genre de choses mais en mieux.

Après, je le répète parce que c'est important, je ne suis pas un inconditionnel des thrillers, et mes préférences vont de plus en plus à ceux qui parviennent à faire bouger les lignes, à m'amener dans des territoires inattendus, imprévisibles : les Marin Ledun, Antoine Chainas, Bretin & Bonzon... Ainsi que Catherine Fradier, dont, sur le même thème, j'ai infiniment préféré la Colère des enfants déchus, plus original (bien que peut-être plus violent, comme quoi ce n'est pas forcément le problème), grâce notamment à l'utilisation de la culture Star Wars en contrepoint bienvenu à l'horreur des situations.

A part ça, j'ai une question, sincère car je ne me souviens plus assez du livre (et ne l'ai pas sous la main actuellement pour pouvoir y trouver moi-même la réponse) : Molas justifie-t-il le titre de son roman d'une manière ou d'une autre ? Je sais que c'est un détail, et ce n'est pas là-dessus que je vais décréter que son livre est mauvais ou non, mais c'est tout de même important, un titre... J'imagine qu'il fait référence aux dix plaies d'Egypte, mais mentionne-t-il cette référence dans le roman ? Je demande ça, juste par curiosité Wink
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MiKa
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Miserere

MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 2:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu une interview concernant le titre justement (je me suis posé la même question vu que je suis en train de le lire), ici !

Voici le passage en question :
Citation:
L'Égypte a subi 10 plaies dans la « Bible ». Quelle est cette 11e touchant la France, selon vous ?

Il me semble qu'il y a un déclin en France et qu'il y a là matière romanesque. C'est un titre métaphorique : une première génération est en révolte, la mienne, et la génération suivante, voit son innocence sapée à la base, c'est la métaphore de la pédophilie. Comment une société, avec deux générations sacrifiées, peut-elle survivre ? C'était çà l'idée de départ.
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mouchette
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 3:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous !

J’ai hésité à intervenir sur ce forum pour deux raisons, la première, c’est que je déteste entrer dans la polémique, la seconde c’est que j’ai un profond respect pour la toute puissante opinion du lecteur.
Ces lignes que j’écris, et j’espère être assez limpide pour qu’elles ne soient pas interprétées de la sorte, ne sont pas une remise en question d’un avis sur mon roman, ni une défense face à une critique. J’insiste là-dessus. Ce n’est aucunement mon ego qui entre en jeu. Ce livre ne m’appartient plus, et c’est au lecteur de se l’approprier. Lui existe ; moi je ne suis rien. J’admets la critique négative et, encore une fois, je ne monte pas au créneau pour contrer un désaccord.
Ces précautions posées, si j’interviens aujourd’hui c’est qu’il y a dans les arguments évoqués par monsieur Dodger des points précis qui m’ont tout d’abord agacé, puis franchement mis en colère.
Je cite son avis, ne souhaitant pas être soupçonné de travestir ses propos :

Pour moi, Molas signe l'archétype du thriller français contemporain de mauvaise facture : allant toujours plus loin dans le glauque et le sordide, exploitant les pires sujets possibles
(ici, la pédophilie, une fois de plus...) pour garantir l'horreur des situations et tenter de s'assujettir à moindre frais la sympathie des lecteurs, enchaînant les chapitres courts et les crimes atroces sans jamais prendre le recul nécessaire pour réfléchir et faire réfléchir à ce qu'il raconte... Au moins n'est-ce pas trop mal écrit, bien que sans relief particulier non plus, dans un style visuel plus ou moins inspiré de celui de Grangé, pour ne pas changer. Bref : franche déception en ce qui me concerne.

Monsieur Dodger, vous avancez un argument que je trouve infect.
Vous écrivez noir sur blanc que le choix délibéré d’aborder la question de la pédophilie dans La Onzième Plaie fut pour moi un exercice marketing, mais pire que ça vous laissez entendre que j’ai traité ce thème dans le seul but de susciter la sympathie des lecteurs (à moindre frais, je vous cite). C’est d’une bêtise et d’un cynisme écoeurant.
Je ne sais par quel truchement de la pensée vous en êtes arrivé à la conclusion et aux accusations mensongères que durant les années solitaires d’élaboration et d’écriture de ce roman je n’ai fait que chercher quel pouvait être le sujet choc, le thème le plus noir à « exploiter » comme vous dites.
N’avez-vous jamais songé que si j’avais écrit ce texte de 20 à 23 ans, c’était peut-être pour questionner certaines fêlures personnelles ? N’avez-vous jamais songé que ma démarche était sincère, mais que la pudeur et le respect du lecteur m’interdisaient de prendre à témoin ? Et croyez-vous honnêtement que l’on passe des années seul devant un clavier à ressasser les souvenirs des témoignages de victimes avec pour unique objectif de grimper un échelon dans la description de l’horreur ?
Ce n’est pas parce que mes personnages sont des flics, ce n’est pas parce que je n’ai pas écrit ce manuscrit à la première personne du singulier qu’il n’y a rien derrière, que je ne fais que brasser du vide pour, je vous cite encore, « garantir l'horreur des situations ». Bien que n’étant pas partisan du « il faut l’avoir côtoyé de prés pour avoir le droit d’en parler », il me semblait opportun de le préciser pour expliquer mon agacement.
De même, et ce qui précède l’induit, je n’ai pas cherché, ni voulu aller toujours plus loin dans le glauque et le sordide. Je m’érige contre cette affirmation péremptoire, cette phrase à l’emporte pièce. Aucune scène abordant la pédophilie (qui plus est, ce thème n’est pas le sujet central de ce roman), n’est, dans La Onzième Plaie, vue de manière frontale. J’ai choisi l’angle de la vidéo par souci d’installer un filtre, une frontière, une barrière entre l’abjection et le lecteur.
Ce qui me conduit à un point qui m’intrigue.
Vous décriez dans ce roman une surenchère, qui je viens de l’énoncer n’existe pas en dehors de votre imagination, mais quelques pages de forum plus loin vous faites l’apologie de Versus d’Antoine Chainas qui débute, si mes souvenirs de lecture sont bons, sur la recherche d’une clé dans le vagin d’une gamine morte.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, je ne me compare nullement, loin de là, à Antoine Chainas qui est un très grand auteur, et j’admets sans difficulté que son style et sa voix, que je suis depuis Aime-moi Casanova, soient une vraie nouveauté dans le polar et, à mon sens, plus globalement dans la littérature. Chainas est un écrivain, je ne suis qu’un débutant, un primo romancier pour employer un terme pioché dans le vocabulaire médiatique.
Je n’aborde ici qu’une comparaison scénique, purement factuelle, étant donné que je ne comprends pas que l’on puisse faire une dithyrambe de telles scènes et vomir ensuite des paragraphes qui honnêtement se situent à des années lumières d’une telle crudité, d’un tel sordissisme pour reprendre une expression attribuée aux romans d’Hubert Selby Jr. Encore une fois, je ne parle pas du style, de la puissance symbolique, ni de la finalité du propos, mais juste du squelette, de l’action qui se déroule.
Dans votre procès d’intentions, vous avancez que La Onzième Plaie s’inscrit dans une non réflexion sur la question de la pédophilie et que la pédophilie est seulement l’un des pires sujets possibles. Je vous ai déjà répondu sur cet argument fallacieux, mais pas sur la remarque que vous faites : « Ici, la pédophilie, une fois de plus... ».
Vous estimez que la pédophilie est un sujet rebattu, maintes fois traité ? Que la pédophilie est un crime trop souvent « exploité », pour vous paraphraser, par les auteurs de polars ?
Je pense, et ça n’engage que moi, que vous mettez le doigt sur une piste de réflexion intéressante, mais malheureusement vous passez totalement à coté en ne la prenant pas par le bon bout de la lorgnette.
Il est vrai que depuis plusieurs années la pédophilie est un thème récurent à bon nombre d’ouvrages. (Versus bien entendu, Metacortex récemment, Mystic River, La colère des enfants déchus cité sur ce même forum, Massacre à l’espadrille… je ne poursuis pas cette liste qui s’allongerait indéfiniment si j’y incluais en plus les romans qui approchent le sujet par des biais différents que ce se soit par le passé d’une victime ou d’un coupable ou d’un enquêteur etc.).
Mais permettez-moi, monsieur Dodger, de trouver idiote cette espèce de lassitude dont vous nous faites part. L’emploi de l’expression « une fois de plus » induit que vous confondez deux choses : le viol sur mineur de moins de quinze ans qui est un crime et le sujet médiatique et sensible qu’est la pédophilie.
Le crime est le fondement même du polar. Par conséquent, je ne saisis pas votre échelle de valeur. Selon vous, le meurtre aurait une plus grande légitimité à être abordé dans un roman ? Le meurtre n’est pas un sujet rabâché depuis des lustres ? Idem pour le vol ?
C’est absurde.
Mais c’est précisément dans cet amalgame facile que vous faites entre crime et sujet de société que réside la réflexion. Je suis convaincu que l’apparition plus fréquente de la pédophilie dans de nombreux romans n’est pas symptomatique, comme vous l’écrivez, d’un désir des auteurs de jouer la carte de la complaisance et de la facilité. Au contraire.
La pédophilie est au cœur des médias depuis le début des années 90. Sa présence de plus en plus grandissante (à mettre en parallèle avec la place prépondérante qu’a gagné Internet) n’est pas la conséquence d’une augmentation exponentielle de criminels. Elle est plutôt révélatrice du paradoxe que connaît notre société, c'est-à-dire une hyper vigilance autour de l’enfant (que ce soit pour son bien-être psychique, physique…) qui s’oppose à une sollicitation affolante et dangereuse de ce même enfant, du fait qu’il occupe aujourd’hui une part de marché non négligeable. Ce rôle économique déterminant que joue l’enfant, contre sa volonté, connaît des dérives dont les plus visibles sont le gommage de la période de latence qui sépare l’enfance de l’adolescence, et dont les conséquences directes sont la sexualisation précoce quelle soit vestimentaire (string à neuf ans, c’est un constat facile, mais révélateur), ou même éducative (prévention dès l’entrée au collège).
La fonction du polar, à mes yeux, n’ayant aucune prétention à généraliser, est politique. Non politisée en ce qui me concerne, je tiens aussi à le préciser, bien qu’à la lecture de La Onzième Plaie on puisse facilement subodorer mes opinions. Par politique, j’entends que le polar conduit, s’il est bien mené et je ne prétends aucunement y être parvenu, mais du moins avoir essayé, à réfléchir sur le contexte sociétal et le système dans lequel un crime a pu se produire. A mon humble avis, c’est cette réflexion énoncée ci-dessus sur laquelle se penchent, avec plus ou moins de succès en fonction des lecteurs, les auteurs qui se lancent sur le sujet de la pédophilie. (Ce fut en tout cas la mienne, à laquelle s’ajoutait quelque chose de plus personnel vous l’avez compris, durant l’écriture de ce roman, elle est d’ailleurs évoquée à de très nombreuses reprises dans les pages).
Cette démarche est pour moi à mettre en miroir par exemple avec l’esthétique du serial killer qui a explosé depuis le milieu des années 80 dans la littérature de genre comme au cinéma, et qu’y perdure encore. Personnellement, je n’y vois pas une vogue, ou une énième répétition à partir d’une même partition, mais une recherche qui dépend de la sincérité de chacun ; la mienne étant entière, sinon je ne vois nullement l’intérêt d’écrire et encore moins de soumettre un texte à un éditeur, puis à des lecteurs.

Pour finir, monsieur Dodger, vous affirmez que je ne prends pas le recul nécessaire pour réfléchir et faire réfléchir à ce que je raconte. Je vous prie sincèrement de prendre à votre tour un certain recul avant de poser par écrit un jugement aussi radical sur un roman.
Je ne me permettrai pas de vous inviter à relire La Onzième Plaie, ce serait prétentieux, vain, et irrespectueux envers votre avis.
J’espère que mes propos ne seront pas travestis. Je ne cherche nullement le débat, ni à remettre en cause le bien-fondé de votre goût (nous partageons visiblement les mêmes amours de lecture). Je souhaitais juste par ce post répondre à votre argumentaire critique qui me semble hâtif et bourré de sous-entendus férocement désagréables.

Cordialement.

Aurélien Molas
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Il était écrit que je fusse loyal au cauchemar de mon choix.
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 6:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Monsieur Molas,

Tout d’abord, je vous remercie sincèrement d’avoir décidé d’entrer dans la discussion et d’avoir pris le temps de formuler cette longue réponse pour défendre votre œuvre. C’est tout naturel et vous n’avez pas à vous justifier à ce sujet, d’autant plus que le motif de votre agacement est parfaitement valide.
Avant de tenter d’éclairer mes propos sur le fond, je tiens à vous présenter mes excuses sur un point bien précis : oui, j’ai trop hâtivement jugé votre travail, et oublié que pour le produire, et pour en arriver à sa publication, vous avez sans aucun doute longuement peiné, hésité, recommencé... Je tiens à m’en excuser fermement, même si c’est un oubli impardonnable auquel, malheureusement, quand on se prend au jeu de donner son avis, on finit par céder trop souvent. Ce rappel m’est d’autant plus précieux que c’est en partie mon métier que de donner mon avis, et que c’est quelque chose qu’on ne doit jamais faire à la légère.
Aussi entends-je parfaitement que vous êtes blessé d’avoir été soupçonné d’une démarche intellectuelle aussi cynique que celle consistant à trouver le pire sujet possible pour être sûr de rencontrer le succès.

Avant de revenir là-dessus, je voudrais m’appesantir sur un point particulier, qui est fondamental avant d’approfondir le débat. En relisant les posts précédents après le vôtre, j’ai réalisé que j’avais laissé passer un amalgame qui est, je crois, la cause de votre colère, ceci par la faute d’une formulation mal choisie et particulièrement maladroite.
En effet, la surenchère que je reproche à votre roman ne concerne pas la pédophilie, et lorsque je mentionne une escalade dans le glauque et le sordide, c’est uniquement dans la violence d’un certain nombre de scènes, dont aucune ne contient la moindre description d’actes pédophiles.
En revanche, il y a, dans votre thriller, une suite de meurtres barbares et de descriptions sanguinolentes qui m’ont à la fois écoeuré et lassé, parce qu’elles s’inscrivent, à mon avis, dans cette logique de surenchère dans la violence que je reproche à pas mal d’auteurs français de thrillers, dont certains n’ont parfois, me semble-t-il, que cette capacité à aller toujours plus loin dans l’horreur pour tenter de se démarquer. Voilà mon principal reproche à votre encontre, et je le maintiens ici et maintenant, non pas dans l’espoir de vous convaincre (sans doute n’est-ce pas votre avis, et il est évident que je le respecte, d’autant plus que j’ai précisé que ce genre de littérature était de moins en moins ma tasse de thé), mais dans celui d’avoir été plus clair.

En toute honnêteté, je n’ai jamais songé à vous adresser ce reproche de surenchère au sujet de la manière dont vous traitez le thème de la pédophilie dans votre roman. Au contraire, vous avez effectivement toujours pris soin de garder du recul, de ne pas sombrer, pour le coup, dans la facilité de descriptions sordides dont personne, du reste, n’a vraiment besoin pour s’imaginer les souffrances qu’endurent les enfants victimes de tels actes. C’est évidemment tout à votre honneur, et j’aurais également dû le mentionner, si je n’avais été si empressé à mettre le doigt sur ce qui m’avait gêné et déplu dans votre roman, et qui ne concerne que le recours à une violence qui m’a paru souvent excessive.

A présent, pour aller plus loin, je vous cite :

Citation:
Vous estimez que la pédophilie est un sujet rebattu, maintes fois traité ? Que la pédophilie est un crime trop souvent « exploité », pour vous paraphraser, par les auteurs de polars ?


Ma réponse est oui.
Comprenez-moi bien : je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas parler de pédophilie, que c’est un sujet tabou. Au contraire, et vous en avez cité quelques-uns, il y a déjà eu des romans, excellents voire nécessaires, sur ce thème – et il y en aura sûrement d’autres, peut-être tout aussi formidables, dans les années à venir. Ce que j’interroge, c’est le nombre sans cesse croissant de romans qui recourent à ce thème (ou à celui, plus large, des différentes formes de maltraitance dont sont victimes les enfants) depuis quelques années, dont pas forcément que des chefs d’œuvre.

Je vous rejoins totalement sur un point, et là je vous cite à nouveau, car je ne saurais mieux dire :

Citation:
La pédophilie est au cœur des médias depuis le début des années 90. Sa présence de plus en plus grandissante (à mettre en parallèle avec la place prépondérante qu’a gagné Internet) n’est pas la conséquence d’une augmentation exponentielle de criminels. Elle est plutôt révélatrice du paradoxe que connaît notre société, c'est-à-dire une hyper vigilance autour de l’enfant (que ce soit pour son bien-être psychique, physique…) qui s’oppose à une sollicitation affolante et dangereuse de ce même enfant, du fait qu’il occupe aujourd’hui une part de marché non négligeable.


J’ajouterai à cela un point qui me semble encore plus important : la pédophilie n’est pas une nouveauté de la fin du XXe siècle. Elle a désormais cette place aussi importante dans nos préoccupations parce qu’elle a trop longtemps été tu, nié, que ce soit de manière institutionnelle ou dans le cercle fermé de la famille. A partir du moment où les coutures du silence ont commencé à craquer, le trop-plein d’horreurs longtemps contenues a enfin pu se déverser, d’abord indispensable pour exposer et tenter d’apaiser la souffrance des victimes et de leurs proches, puis posant de manière paradoxale d’autres problèmes et ouvrant la porte à d’autres risques – suspicion généralisée, récupération politique, etc.

Pour en revenir à la littérature, il est sans doute vrai que le développement flagrant de cette thématique depuis quelques années est symptomatique de cette inversion du regard sur la pédophilie. Sans avoir de réponse toute faite, je me permets de demander si, après n’en avoir pas, ou très insuffisamment parlé, on n’est pas en train de trop en parler. C’est un débat éthique avant d’être littéraire : peut-on trop parler de quelque chose d’aussi grave ? Après tout, pour évoquer un autre sujet tout aussi sérieux et primordial, la Shoah a plus de 60 ans, et il est pour moi toujours aussi important, voire plus, d’en parler, de rappeler son existence, y compris par le biais de la fiction, qui permet de toucher le plus grand nombre, de rappeler que l’indicible a existé et que rien ne pourrait forcément l’empêcher d’exister à nouveau, sous une forme ou sous une autre. Pourquoi n’en serait-il pas de même avec la pédophilie ?
Donc, oui, je l’admets, ma parenthèse « la pédophilie, une fois de plus… » traduisait ma propre lassitude de trouver une fois encore ce sujet sur ma route dans un polar. Car j’ai lu pas mal de romans tournant autour de ce sujet, depuis de nombreuses années, et je me suis souvent félicité que les auteurs de ces romans aient à la fois le courage et le talent pour en parler correctement. Il s’agit donc d’une lassitude personnelle (même si partagée par d’autres gens, à en croire quelques réactions recueillies régulièrement auprès de mes clients, qui zappent dès que je commence à dire qu’il y a une histoire impliquant des enfants dans le roman que je veux leur présenter.) Je vous en ai fait porter le chapeau, à vous, et c’est assez injuste, à la réflexion. Mais ça ne m’empêche pas de continuer à le penser.

Une autre de vos réflexions sur lesquelles je souhaitais revenir :

Citation:
Le crime est le fondement même du polar. Par conséquent, je ne saisis pas votre échelle de valeur. Selon vous, le meurtre aurait une plus grande légitimité à être abordé dans un roman ? Le meurtre n’est pas un sujet rabâché depuis des lustres ? Idem pour le vol ?


Je n’ai évidemment pas d’échelle de valeur qui légitimerait davantage le meurtre ou tout autre sujet criminel… Ce que je dis, en revanche, c’est que le sujet de la pédophilie est un sujet plus sensible que le meurtre, c’est même probablement le sujet le plus sensible qui soit. Parce qu’il touche les enfants, et que toute violence – pas forcément sexuelle, d’ailleurs – exercée à l’encontre d’individus étant par nature vulnérables et incapables de se défendre seuls, suscite une réaction instinctive, viscérale, chez toute personne normalement constituée d’une morale et d’une conscience.
Estimant à sa juste valeur votre connaissance du sujet, je pense que vous aurez remarqué qu’à chaque crime impliquant un enfant, la presse s’empresse d’en faire les gros titres, et il se trouve toujours quelqu’un – c’en est presque devenu un cliché – pour soupirer après le « bon vieux temps » de la peine de mort, comme si les tueurs et les violeurs d’enfants méritaient plus un châtiment fatal que les tueurs et les violeurs de femmes ou d’hommes ; comme si les mêmes actes étaient plus graves en fonction de l’âge de la victime… Ce n’est pas moi qui le dis, c’est ancré dans l’inconscient collectif, et même si le débat ne revient jamais sur le tapis politique ou législatif (et heureusement), je suis persuadé qu’il y a beaucoup plus de gens qu’on ne pourrait l’imaginer, qui partagent cette opinion à mon sens regrettable.

Par conséquent, c’est un thème qu’il faut manier avec toute la prudence nécessaire, y compris en littérature. Et vous ne pouvez pas m’empêcher de craindre que certains écrivains racoleurs, à la manière de certains journalistes tout aussi dénués de scrupules, n’aient pas cette délicatesse…
Ma faute a été de généraliser et de vous soupçonner de ce mauvais procédé. Vous vous en êtes justifié avec une sincérité que personne, je pense, ne pourra remettre en doute. En tout cas ne le ferai-je pas, et je me permets de vous renouveler mes excuses à ce sujet précis. Si, de ce débat (qui ne tournera pas à la polémique, je l’espère, car ce n’est nullement mon intention), vous pouvez tirer une satisfaction en particulier, c’est d’être certain que je prendrai davantage le temps de critiquer les prochains livres qui ne me convaincront pas, en prenant soin – à moins de preuves irréfutables – de ne pas mettre gratuitement en doute les intentions premières de leurs auteurs.

J’espère, par cette réponse, vous avoir cette fois apporté la preuve que j’étais capable (bien que tardivement) de prendre le recul nécessaire au juste exercice de la critique. J’espère que vous voudrez bien au moins considérer cette tentative d’éclaircissement avec bienveillance.
Même s’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je n’ai pas l’intention de relire la Onzième plaie. Peut-être suis-je passé à côté – ce sont des choses qui arrivent – mais je pense tout simplement que votre livre n’est pas fait pour moi, principalement en raison des réserves que j’ai exprimées plus haut au sujet de sa violence.

Connaissant mes camarades du forum, je terminerai en disant que ce débat devrait avoir un effet bénéfique pour vous : c’est qu’ils vont être nombreux à vouloir juger votre roman par eux-mêmes, et sans doute, étant donné le goût prononcé de nombre d’entre eux pour le thriller, à l’apprécier… La conséquence serait involontaire, mais si elle devait se produire, je ne m’en féliciterais pas car tout le mérite vous en reviendrait.
Si vous pensez pouvoir poursuivre cette discussion de manière bénéfique, je suis bien entendu à votre disposition, que ce soit sur ce forum ou ailleurs.

Cordialement,
Dodger (tout court)
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Dernière édition par Dodger le Mer Fév 17, 2010 7:50 pm; édité 1 fois
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Dodger
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 6:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Afin d'être en harmonie avec mes explications, j'ajoute que j'ai modifié le contenu de mon vote sur PP, afin de rendre mon propos plus clair et moins ambigu et de le recentrer sur mon aversion envers la violence contenue dans le roman, ce qui constitue finalement ma critique majeure.
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Ironheart
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 7:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo en tout cas à tous les deux pour la qualité de votre écriture : limpide et parfaitement argumentée (à quand ton premier roman, Dodger ? Wink ).

Aurélien, vous avez parfaitement expliqué votre démarche et je pense que nous l'avons bien comprise.
Quant à toi, Dodger, nous savons, au travers de tes interventions sur le forum, que tu es très respectueux des auteurs, de leur travail et que tu as du être chagriné d'avoir blessé Aurélien. Ton texte en tout cas est impeccable et tu as su détailler et préciser tes critiques et ton jugement.

Je ne vais pas me lancer dans le débat mais juste citer une de tes phrases car elle correspond à ce que je ressens :
Il s’agit donc d’une lassitude personnelle (même si partagée par d’autres gens, à en croire quelques réactions recueillies régulièrement auprès de mes clients, qui zappent dès que je commence à dire qu’il y a une histoire impliquant des enfants dans le roman que je veux leur présenter.)

J'ai aussi de plus en plus tendance à fuir les bouquins évoquant des sévices sur les enfants. D'ailleurs, j'étais très attirée par Monster de P. Bauwen avant de savoir qu'il traitait de pédophilie. Maintenant, je ne suis plus très certaine de vouloir le lire...

En tout cas merci à ce forum de nous proposer des échanges aussi intéressants !
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 7:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je me connecte en passant, peu de temps (pas assez pour vous lire), mais ne serait-ce qu'en survolant vos messages, je suis heureux d'être parmi vous : Merci Very Happy
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 8:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir à tous,

Cher Dodger, vous ne pouvez imaginer à quel point je suis soulagé par votre réponse. Merci pour votre honnêteté, j’y suis réellement très sensible.
Il y a, vous vous en doutez, certains points que vous soulevez avec lesquels je ne suis pas forcément d’accord, en particulier sur la question de la violence, mais je serai heureux de discuter avec vous plus avant ; je vous rassure nous n’évoquerons pas La Onzième Plaie Very Happy ! d’autant plus que je suis bien plus à l’aise pour parler des auteurs qui me passionnent (je crois que nous aimons outre Antoine Chainas, Ellory, Lehane et bien d’autres) que de moi et de mon travail.

Merci encore pour votre message.

Aurélien Molas
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MessagePosté le: Mer Fév 17, 2010 8:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dodger a écrit:


Connaissant mes camarades du forum, je terminerai en disant que ce débat devrait avoir un effet bénéfique pour vous : c’est qu’ils vont être nombreux à vouloir juger votre roman par eux-mêmes, et sans doute, étant donné le goût prononcé de nombre d’entre eux pour le thriller, à l’apprécier…
Cordialement,
Dodger (tout court)


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MessagePosté le: Jeu Fév 18, 2010 11:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Juste pour dire que s'il faut parler de pédophilie et de roman noir, il faut connaitre les romans D'Andrew Vachss, notamment " le mal dans le sang" publié aux éditions rivages thriller.

Sinon, à suivre cet interessant débat, il me semble que quand même, parler de pédophilie exige un minimum de délicatesse, délicatesse dont semble être totalement dénué le roman la 11° plaie (Si je m'en tiens UNIQUEMENT à sa présentation publicitaire)
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MessagePosté le: Jeu Fév 18, 2010 3:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Simplet a écrit:
Juste pour dire que s'il faut parler de pédophilie et de roman noir, il faut connaitre les romans D'Andrew Vachss, notamment " le mal dans le sang" publié aux éditions rivages thriller.

Sinon, à suivre cet interessant débat, il me semble que quand même, parler de pédophilie exige un minimum de délicatesse, délicatesse dont semble être totalement dénué le roman la 11° plaie (Si je m'en tiens UNIQUEMENT à sa présentation publicitaire)


yeahhhhhh

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MessagePosté le: Ven Fév 19, 2010 12:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une crise sociale sans précédent brûle Paris... partout, des manifestants, des voitures incendiées, des vitrines fracassées... Dans ce chaos, le commissaire Kolbe, à la tête d'une unité spéciale chargée de lutte contre la pédophilie, est sur la sellette. Ses collègues ont trouvé dans un container des cassettes particulièrement atroces, dans lesquelles les victimes sont de jeunes enfants.

Au même moment, à la Porte des Lilas, deux jeunes filles se jettent sous le métro : mais est-ce bien un suicide ? Blandine, jeune femme policière, n'y croit pas trop... à elle d'identifier les victimes, de visionner les caméras de surveillance des voies du métro, et d'annoncer la mauvaise nouvelle aux parents. Mais tout ne se passera pas comme prévu.

Aurélien Molas a 24 ans, et avec ce livre j'ai découvert un jeune auteur plein de promesses. Il signe là un véritable chef d'œuvre qui m'a fait frissonner du début à la fin. Ce livre parle de pédophilie, mais l'auteur a su suggérer les faits et ne tombe à aucun moment dans le voyeurisme.

Des flics ripoux, des hommes sans conscience, des policiers blessés, le tout dans une France à fleur de peau, ce livre a fait monter ma dose d'adrénaline à de nombreuses reprises. Pour moi il s'agit d'un véritable coup de cœur.

Selon moi, Aurélien Molas parvient à rivaliser avec le talent narratif des plus grands auteurs de thrillers américains. Des chapitres courts, qui donnent envie de tourner avidement les pages afin de savoir la suite.

Les personnages sont attachants, surtout Blandine, à laquelle je me suis facilement identifiée. Les meurtres restent dans le soft, donc tout lecteur peut s'attaquer à ce chef d'œuvre. Les premières pages du récit donnent le ton...des dvd pédophiles sont découverts, et la police est chargée d'authentifier la source du site internet qui les diffuse. Les indices sont semés au fur et à mesure. Je vous assure qu'une fois commencé, il est difficile de décrocher de l'histoire... tant pis pour mon ménage, ça attendra, je voulais savoir la suite...

Il n'y a pas de violence ni de descriptions macabres gratuites. Aurélien Molas a su rester discret sans tomber dans le hard porno, même si j'aurais volontiers apprécié qu'il lorgne du côté de l'horreur, histoire de frissonner davantage. Mais je ne lui en tiendrai pas rigueur, car son style m'a paru incisif, direct, et palpitant.

Il va sans dire que j'attends le prochain roman de cet auteur avec impatience. En tout cas, avec la « Onzième Plaie », Aurélien Molas signe un thriller digne des plus grands écrivains de polars. Je vous le recommande vivement.

Ma note : 9,5/10
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