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Station Eleven - Emily St. John Mandel (Rivages)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mar Déc 27, 2016 2:46 pm    Sujet du message: Station Eleven - Emily St. John Mandel (Rivages) Répondre en citant

Finaliste de tous les plus prestigieux prix littéraires outre-Atlantique dont le fameux National Book Award (le Goncourt américain) en 2014, lauréat du Prix Arthur C. Clarke 2015, Station Eleven, le quatrième roman d'Emily St. John Mandel, paru à la rentrée chez Rivages dans une traduction de Gérard de Chergé, a été élu Révélation étrangère de l'année 2016 par le magazine LiRE.






Le livre :

Un soir d'hiver à l'Elgin Theatre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s'écroule sur scène, en pleine représentation du Roi Lear.
Plus rien ne sera jamais comme avant.

Dans un monde où la civilisation s'est effondrée, une troupe itinérante d'acteurs et de musiciens parcourt la région du lac Michigan et tente de préserver l'espoir en jouant du Shakespeare et du Beethoven.
Ceux qui ont connu l'ancien monde l'évoque avec nostalgie, alors que la nouvelle génération peine à se le représenter.
De l'humanité ne subsistent plus que l'art et le souvenir.
Peut-être l'essentiel.

Entre l'avant et le présent, Station Eleven entrelace sur des décennies la destinée de personnages inoubliables. Élégie sur la condition humaine, ce livre à la construction vertigineuse envoûte le lecteur par sa puissance romanesque et émotionnelle.
Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l'histoire de la littérature d'anticipation.





« Profondément mélancolique, mais magnifiquement écrit, et merveilleusement élégiaque. » George R. R. Martin

« Mandel est capable de faire ressentir l’intense émotion d’existences fauchées par une époque terrible. » The New York Times




>> Entretiens-vidéos avec Emily St. John Mandel



>> Le site de l'auteur : http://www.emilymandel.com/

>> Sa page Facebook : https://www.facebook.com/emilystjohnmandel/





L'auteur :

Née au Canada en 1979, Emily St. John Mandel est l'auteur de Dernière nuit à Montréal (2012), On ne joue pas avec la mort (2013, Prix Mystère de la Critique 2014) et Les Variations Sebastian (2015), tous trois publiés en Rivages/noir.
Succès international traduit dans une vingtaine de langues, finaliste du National Book Award, Station Eleven l'a imposée comme l'une des romancières les plus reconnues d'Amérique du Nord.



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norbert
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MessagePosté le: Mer Déc 28, 2016 6:06 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent sur The Killer inside me :

Citation:

Station Eleven : la grande oeuvre d'Emily St John Mandel



Dans son précédent roman, Les variations Sebastian (Rivages 2015), Emily St John Mandel faisait montre d'un certain talent pour alterner les flash-backs et faire respirer au lecteur la simple ambiance d'un diner.
Cette fois, Station Eleven met la barre beaucoup plus haut, tout en conservant ce type de fondamentaux.


Dès la scène d'ouverture, Emily St John Mandel époustoufle par son sens du rythme.
A Toronto, Arthur Leander, star du cinéma, s'effondre alors qu'il joue le rôle de Lear dans la pièce de Shakespeare.
Jeevan, spectateur du premier rang et aide-infirmier, monte sur scène lui porter les premiers secours.
Kirsten, huit ans à peine, figurante de cette pièce assiste à la scène.
Pour Arthur Leander, le malaise cardiaque se révèle vite fatal.
Pour Jeevan et Kirsten, ils ne le savent pas encore, mais ce sera la dernière soirée "normale" : la grippe de Géorgie vient de s'abattre sur la ville et tout le continent nord-américain.


99% de la population va périr en quelques jours de cette pandémie.
Mais pas Jeevan qui va se réfugier chez son frère.
Ni Kirsten, héroïne du roman, qui errera pendant des années avec son frère, dans ce monde sans essence, sans électricité, avant de trouver refuge auprès de la Symphonie Itinérante, troupe d'une vingtaine de personnes qui joue autant du Shakespeare que du Beethoven dans les colonies humaines qui survivent autour de cette grande région des Lacs.
La Symphonie va croiser la route d'un Prophète malsain... qui n'est pas sans rapport avec Arthur Leander.


Dans une construction qui confine à la dentelle, à l'exercice de haute voltige, Emily St John Mandel raconte à la fois la vie d'Arthur Leander, homme qui a tout fait pour devenir célèbre avant de le regretter, puis elle s'attache à Stark, son avocat qui trouvera refuge et vie sauve dans un aéroport abandonné, où il créera un musée de la civilisation avec les objets devenus inutiles, symboles de l'ancienne humanité : une carte de crédit, un téléphone portable, une moto...
Enfin, Kirsten, qui ne se souvient plus vraiment de l'ancien monde, sinon par flashs.
Il y a des millions de tonnes de nostalgie dans ce roman, mais pas en version sepia.
La nostalgie du beau, du simple, comme lorsque Kirsten se retrouve avec Charlie dans cette chambre d'enfant.


L'auteur canadien, comme par le passé, évite soigneusement les scènes de panique collective, de razzias, de meurtres, de violence tout simplement.
La délicatesse est sa marque de fabrique, réunissant ses personnages autour d'une mystérieuse bande dessinée (intitulée Station Eleven), fil rouge du roman, mais aussi autour de la culture.
Avec l'air de ne pas y toucher, St John Mandel nous dit qu'une pièce de théâtre (de Shakespeare qui, lui, joua pendant la peste !), un concert ou encore un musée, donc la culture, sont et seront le moyen de rassembler les Hommes, de les faire se parler.
Parce que, comme l'affiche la Symphonie sur ses chariots, tirant cette expression d'un vieux Star Trek : « Survivre ne suffit pas ».


Station Eleven a une dimension de conte autant philosophique que politique, et c'est assurément l'un des très grands livres de cette année 2016.
L'émotion qui se dégage de ces 475 pages est tout simplement jouissive.
Il y a quelques mois, François Guérif assurait qu'il s'agissait là d'une des voix les plus intéressantes du roman nord-américain.
Station Eleven lui donne mille fois raison.



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norbert
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MessagePosté le: Sam Déc 31, 2016 3:22 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de l'auteur Jérôme Leroy sur son blog Feu sur le quartier général :

Citation:

Emily St. John-Mandel : la fin du monde comme mélancolie



La fin du monde sera un divertissement tragique mais élégant.
Enfin, on peut l’espérer à la lecture de Station Eleven, le roman poignant et étrangement apaisant de la jeune prodige des lettres canadiennes, Emily St. John Mandel.
Oubliez tout ce que vous savez ou croyez savoir sur le traitement littéraire des romans post-apocalyptiques qui connaissent une vogue nouvelle, y compris dans la littérature générale, depuis le chef d’œuvre de Cormac Mc Carthy, La Route.


Ce qui intéresse notre auteur, dans Station Eleven, c’est d’abord d’entrecroiser des destins dans le temps et dans l’espace à travers une scène fondatrice qui se passe la nuit où l’apocalypse, ici un virus mutant de la grippe venu de Géorgie, met fin en quelques mois à la civilisation en exterminant les neuf dixièmes de l’humanité.
Un comédien meurt d’une crise cardiaque lors d’une représentation du Roi Lear, à l’Elgin Theater de Toronto.
Un jeune homme qui suit une formation de secouriste intervient mais il est déjà trop tard.
Parmi les témoins et les personnes que l’on prévient très vite, une gamine qui jouait le rôle d’une des filles du Roi Lear, l’ex-femme de l’acteur qui attendait dans les coulisses, l’homme d’affaires et ami du comédien.


On les retrouvera tous, vingt ans après, dans des lieux différents où ils ne se croiseront pas forcément mais trouveront des signes et des correspondances troublantes, à travers un va-et-vient entre un présent où rôde le désespoir et un passé qu’il n’est même pas besoin de mythifier pour savoir que c’était le bon temps.


Le lecteur pourra suivre ainsi les tribulations d’une troupe de théâtre, la Symphonie Itinérante, qui joue du Shakespeare ou du Mozart pour les rares communautés survivantes de la région des Grands Lacs avec des comédiens et des musiciens qui savent aussi bien lire une partition que manier un couteau et où est inscrit, sur la voiture de tête du convoi, un ancien pick-up tiré par des chevaux, une devise qui résume la philosophie du roman, « Survivre ne suffit pas », une devise courageuse et digne qui est pourtant simplement empruntée à… un épisode de Star Trek.


On visitera aussi un aéroport d’importance secondaire où des dizaines de longs courriers ont atterri en catastrophe des années plus tôt et où la vie a continué, vaille que vaille, un aéroport où un nostalgique a patiemment élaboré un Musée de la Civilisation.
Les enfants d’après la fin du monde peuvent y contempler des smartphones et des chaussures à talons aiguilles mais aussi les planches d’une mystérieuse et somptueuse bande dessinée de science-fiction, tirée seulement à quelques exemplaires et qui est l’œuvre prophétique de l’ex-femme de l’acteur foudroyé.


Emily St. John Mandel, et c’est ce qui rend Station Eleven si envoûtant, ne fait que suggérer la catastrophe par des détails violents, réalistes, mais qui ne servent au bout du compte que de toile de fond à une mélancolie bien particulière, suscitant à l’occasion chez ses personnages qui nous ressemblent, des inventaires ayant tout du poème en prose :
« Il savait, et depuis longtemps déjà, que les changements intervenus dans le monde étaient irréversibles, mais cette prise de conscience n’en jetait pas moins une lumière plus crue sur ses souvenirs. La dernière fois que j’ai mangé un cornet de glace dans un parc ensoleillé. La dernière fois que j’ai dansé dans une boite de nuit. La dernière fois que j’ai vu un bus circuler. La dernière fois que je suis monté dans un avion qui n’avait pas été converti en habitation, un avion qui décollait vraiment. La dernière fois que j’ai mangé une orange. »


Oui, Station Eleven est d’abord cela : un grand roman sur cette mélancolie bien particulière qu’il y aurait à faire partie des derniers représentants de cette admirable et étrange espèce qu’on appelait l’humanité.
Et en explorant ce sentiment, en en détaillant tous les aspects, les mécanismes, les couleurs, Emily St. John Mandel se révèle la psychologue sensible de nos désastres futurs, un rôle que seul peut tenir un écrivain de haute-volée, ce qu’elle est manifestement.



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MessagePosté le: Jeu Fév 09, 2017 6:13 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Cédric Segapelli sur Mon Roman ? Noir et bien serré ! :

Citation:

Emily St. John Mandel : Station Eleven.

Ne plus être.



Une fois ce monde éteint qu’adviendra-t-il des survivants ?
Signe des temps, de notre temps, jamais la thématique du cataclysme mondial et de ses conséquences post-apocalyptiques n’auront fait l’objet d’une telle production littéraire traitant le sujet.
Sur les débris d’une civilisation défunte ce sont des hordes déchaînées qui luttent dans un déferlement de violence tandis que quelques survivalistes isolés tentent de surmonter les tourments d’un univers ravagé et sans espoir.
Affrontements et repli sur soi semblent être les deux alternatives majeures que nous offrent les auteurs ayant abordé le sujet.
Bien qu’attachée aux codes du genre, Emily St. John Mandel se distancie subtilement mais résolument de ces visions pessimistes avec son nouveau roman Station Eleven pour se situer bien au-delà des simples questions de survie en suivant les péripéties de la Symphonie Itinérante, une troupe composée d’acteurs et de musiciens qui sillonnent la région du lac de Michigan pour aller à la rencontre des communautés qui se sont constituées sur les reliquats d’un monde décimé par une pandémie foudroyante.


Le célèbre acteur Arthur Leander s’effondre sur les planches de l’Elgin Theatre à Toronto, en pleine représentation du Roi Lear, victime d’un malaise cardiaque dont il ne se remettra pas. La nouvelle n’aura pas le temps de faire le tour du monde car la grippe de Géorgie, une pandémie foudroyante, décime déjà toute la population mondiale.

Que deviendront sa seconde épouse Elisabeth et leur fils Tyler ?

Que deviendra Clark, l’ami fidèle d’Arthur ?

Que deviendra Jeevan, le secouriste qui a tenté de réanimer, sans succès, le célèbre interprète ?

Que deviendra Miranda, la premiére femme d’Arthur, créatrice d’une bande dessinée intitulée Station Eleven ?

Kirsten ne se souvient plus de tous ces noms. Elle n’était qu’une enfant lors de la survenue du cataclysme et le monde d’autrefois n’est, pour elle, plus qu’un lointain souvenir. Elle a intégré la troupe de la Symphonie Itinérante qui parcourt la région pacifiée des Grands Lacs pour dispenser pièces de théâtre et interprétations musicales aux habitants des petites villes et villages qu’elle traverse. La route n’est pas de tout repos et les rencontres sont parfois dangereuses. Kirsten possède deux couteaux noirs tatoués sur son poignet droit.



Station Eleven s’attache sur cet instant tragique qui constitue tout le basculement de l’intrigue où le décès d’Arthur Leander devient le catalyseur d’une multitude de personnages denses, aux caractères habilement étoffés, dont les destinées se propulsent désormais sur les chaos dramatiques d’un monde qui s’effondre.
De l’audace et de l’originalité pour un texte dépassant tous les codes des genres afin de s’ancrer dans une fresque romanesque qui s’étale sur une constellation de temporalité qu’Emily St. John Mandel manie avec une véritable maetria, nous permettant d’appréhender aisément ces alternances entre le monde du passé et celui dans lequel évolue désormais ce fragile reliquat d’humanité.


Avec la Symphonie Itinérante dont les fondements et la motivation s’inscrivent en lettres blanches sur le flanc d’un des véhicule de la caravane : Parce que Survivre ne suffit pas, la partie post-apocalyptique du roman prend une toute autre dimension, à la fois plus mélancolique mais paradoxalement plus réaliste, en s’éloignant des canons hystériques propre au genre sans pour autant mettre de côté des confrontations qui s’avèrent finalement plus dures et plus cruelles dans le dépouillement de scènes extrêmement fortes.
Et puis cette compagnie aux influences shakespeariennes peut s’incarner dans un contexte similaire à celui du célèbre dramaturge anglais évoluant, à l’époque, dans un monde ravagé par la peste.
Le lecteur décèle ainsi l’allégorie de la puissance du verbe et de la transmission orale contre l’obsolescence d’une technologie caduque et muette désormais destinée à alimenter un musée créé par l’un des survivants afin de se souvenir d’un monde défunt.
Mais bien au-delà de cette dichotomie, on perçoit toute la difficulté de ces hommes et de ces femmes à donner du sens à leur vie tant dans l’ancien monde que dans ce nouvel environnement dans lequel évoluent désormais les rescapés et leurs descendances.


Emily St. John Mandel se singularise par le biais d’une écriture subtile, presque fragile, qu’elle met au service de personnages véritablement incarnés dans l’épaisseur de leurs sentiments ainsi que dans les relations subtiles qu’ils entretiennent avec les autres protagonistes.
Dans cette constellation de rencontres, l’auteure met en place une dramaturgie complexe qui contient plusieurs niveaux de lecture, à l’instar de Miranda auteure d’une étrange bande dessinée de science fiction, intitulée Station Eleven.
L’œuvre de toute une vie, destinée à sa seule créatrice, devient le tribut emblématique de deux adversaires qui interprètent chacun à leur manière la quête du Dr Eleven : Nous aspirons seulement à rentrer chez nous.
L’appropriation de l’œuvre et ainsi que sa destinée nous ramènent à nos propres perceptions des différents domaines artistiques et à la valeur que nous leurs accordons.


Station Eleven est un conte sombre et tragique, qui bouleversera immanquablement un lecteur séduit par l’abondance des thématiques soulevées autour d’une fiction aussi brillante qu’inattendue.
Avec une écriture pleine de force et de délicatesse, Emily St. John Mandel transcende le noir pour le rendre plus éclatant.



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norbert
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MessagePosté le: Ven Sep 29, 2017 8:49 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Station Eleven, d’Emily St. John Mandel



Sur la scène d’un théâtre de Toronto, Arthur Leander, célèbre acteur de cinéma et interprète principal d’une adaptation du roi Lear s’effondre sur scène, apparemment terrassé par une crise cardiaque.
Parmi le public, Jeevan, ancien paparazzi en reconversion professionnelle pour devenir infirmier ; il va vainement tenter de réanimer Leander.
Sur scène, la petite Kirsten, enfant actrice pour laquelle Arthur Leander s’était pris d’affection.
De l’autre côté de la Terre, en Malaisie, Miranda, l’ex-femme de l’acteur est sur une plage.
En Israël, Elizabeth, deuxième ex-femme de Leander, et son fils Tyler ne se doutent de rien non plus.
Clark, le meilleur ami d’Arthur est à New York ; prévenu de sa mort, il prend l’avion pour Toronto.


Arthur Leander est en fait l’une des premières victimes d’une pandémie qui va annihiler en quelques semaines la quasi-totalité de l’espèce humaine.
Vingt ans plus tard, La Symphonie Itinérante, troupe d’acteurs et de musiciens, traverse en chariots le Midwest pour jouer devant les communautés survivantes et, dans un aéroport d’une ville secondaire de la même région, des femmes et des hommes vivent reclus dans la peur des dangers que leur réserve l’extérieur et tentent de se souvenir de l’ancien monde à travers un musée d’objets désormais inutiles, voitures, téléphones ou postes de télévisions.


Paru l’an dernier à l’occasion de la rentrée littéraire de 2016 – mais il n’est jamais trop tard pour lire de bons livres – Station Eleven n’est pas un roman post-apocalyptique parmi d’autres, mais un objet littéraire protéiforme aussi riche que beau.
Fait d’aller-retours entre le temps d’avant l’épidémie et celui d’après, et sautant d’un personnage à l’autre pour offrir une vision kaléidoscopique de la manière dont Arthur Leander a bouleversé nombre de vies et celle dont la civilisation s’est effondrée, le roman d’Emily St. John Mandel est aussi un hymne à la force de l’art.
Un art parfois quasi prophétique à l’image de cette bande dessinée qui donne son titre au livre, réalisée par Miranda et qui obsède plus d’un personnage, mais aussi un art qui apparaît également, dans le monde d’après, comme un pilier de ce qui peut rester de civilisation à travers ce qu’il implique de partage et ce qu’il offre encore d’espoir.


Station Eleven, bien entendu, est aussi le récit de l’effondrement d’un monde ; un effondrement d’autant plus effrayant et effarant qu’il est étonnamment rapide et révèle la dépendance de plus en plus grande de nos sociétés vis-à-vis des nouvelles technologies.
Pas de grandes scènes spectaculaires ici, mais plutôt un angoissant silence et tout ce que l’auteur choisit de ne pas montrer, comme cet avion isolé au bout des pistes d’un aéroport avec, enfermés à l’intérieur, des centaines de passagers.
Un effondrement qui va de pair avec un retour bien difficile à la nature – à l’état presque sauvage pour certains – un regain de violence et à l’avènement parfois des faux prophètes.


Tout cela, Emily St. John Mandel l’agence avec sensibilité et avec un art consommé de la construction.
On est autant subjugué à la lecture de Station Eleven par la force évocatrice et la sensibilité de l’écriture que par la manière parfaite dont chaque pièce s’emboîte.
Et l’on ressort de ce roman taraudé, poursuivi par l’histoire et les personnages – et même par les personnages parmi les personnages, comme ce Dr Eleven, héros de la bande dessinée de Miranda.
Du grand art.



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norbert
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MessagePosté le: Mar Mai 08, 2018 9:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Vient de paraître en poche :



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JohnSteed
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 8:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Y a-t-il une explication au fait que Emily St. John Mandel, avec ce livre, soit passée de Rivages Noir à Rivages poche?
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Emil'
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Miserere

MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 9:26 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne l'ai pas à la maison mais je l'ai offert, et le grand format fait parti de la collection Rivages pas Rivages noir.
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norbert
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 9:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

JohnSteed a écrit:
Y a-t-il une explication au fait que Emily St. John Mandel, avec ce livre, soit passée de Rivages Noir à Rivages poche?


J'ai posé la question à l'éditrice, ça s'est fait avec l'accord de Guérif et ça concerne spécialement ce roman-là, c'est la suite logique au fait qu'en grand format déjà il était paru dans la coll. de littérature étrangère et pas en « noir ». Je pense que c'est aussi parce que ce roman s'adresse à un lectorat plus large, au-delà du « noir » justement.
Un peu comme le dernier Dolores Redondo, que Fleuve n'a pas publié dans la collection Fleuve noir, par exemple (et qui a reçu le "Goncourt espagnol", là où Station Eleven avait, lui, été finaliste du "Goncourt US").
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norbert
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 9:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Emil' a écrit:
Je ne l'ai pas à la maison mais je l'ai offert, et le grand format fait parti de la collection Rivages pas Rivages noir.


Ah ben voilà, le temps que j'écrive laborieusement la mienne avec mon "clavier virtuel", je n'avais pas vu ta réponse entre-temps. Wink
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Hoel
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 10:06 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne l'ai toujours pas lu mais dès le départ, elle a choisi de le différencier du reste de son oeuvre, notamment en quittant son éditeur précédent.
En librairie, je ne sais plus trop sur quelles tables il était mais en bibliothèque il n'est pas mis avec les polars mais avec la SF/Anticipation.
Dans l'interview qu'elle donne à 813 et Hervé Delouche (n°124 de la revue, avec le dossier Rivages 30 ans), elle dit elle-même qu'il ne peut pas être classé en "noir".

EDIT : Voici le pasage concerné (c'est la fin de l'interview)

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Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

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norbert
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 10:26 am    Sujet du message: Répondre en citant

Hoel a écrit:
Je ne l'ai toujours pas lu mais dès le départ, elle a choisi de le différencier du reste de son oeuvre, notamment en quittant son éditeur précédent.



Tu m'étonnes qu'elle a du avoir un changement de carrière ! Avec un manuscrit vendu aux enchères et le choix entre les plus grandes maisons, elle a en plus choisi Knopf, l'une des plus prestigieuses !
Cela dit, même parmi ses précédents romans, aucun n'avait été publié au Canada ou aux USA (qui n'ont de toutes façons pas l'habitude des "étiquettes" comme en France) en tant que « roman noir ». Dans l'un des entretiens-vidéos qui étaient dispos sur l'ancien site de Rivages, je me souviens qu'elle disait avoir été surprise lors de la parution de son/ses premier(s) roman(s) en France d'entendre parler de polar ou de roman noir.
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Hoel
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MessagePosté le: Jeu Mai 10, 2018 10:29 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu'eux, même dans le "Noir" il faut qu'il y ait un détective privé alcoolique qui écoute du jazz et enquête sur une disparition. Sinon c'est pas dans ce rayon-là. Mr. Green
Plus sérieusement, on a visiblement une acception plus large du "polar" généralement qu'aux US ou au Canada, et Guérif plus que d'autres. Tant mieux !
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