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Six Jours - Ryan Gattis (Fayard)

 
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Fab
Serial killer : Le Poète


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Miserere

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2015 5:11 pm    Sujet du message: Six Jours - Ryan Gattis (Fayard) Répondre en citant



Citation:
présentation de l'éditeur:
29 avril-4 mai 1992.Pendant six jours, l'acquittement des policiers coupables d'avoir passé à tabac Rodney King met Los Angeles à feu et à sang.Pendant six jours, dix-sept personnes sont prises dans le chaos.Pendant six jours, Los Angeles a montré au monde ce qui se passe quand les lois n'ont plus cours.
Le premier jour des émeutes, en plein territoire revendiqué par un gang, le massacre d'un innocent, Ernesto Vera, déclenche une succession d'événements qui vont traverser la ville.
Dans les rues de Lynwood, un quartier éloigné du foyer central des émeutes, qui attirent toutes les forces de police et les caméras de télévision, les tensions s'exacerbent. Les membres de gangs chicanos profitent de la désertion des représentants de l'ordre pour piller, vandaliser et régler leurs comptes.
Au cœur de ce théâtre de guerre urbaine se croisent sapeurs pompiers, infirmières, ambulanciers et graffeurs, autant de personnages dont la vie est bouleversée par ces journées de confusion et de chaos.

Six jours est un roman choral magistral, une sorte de The Wire (Sur Écoute) transposé sur la côte Ouest, un texte provocant à la croisée de Short Cuts et Boyz N the Hood.
Un récit épique fascinant, une histoire de violence, de vengeance et de loyautés.

_________________
Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
Warren Ellis Artères souterraines
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Hoel
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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2015 4:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Interesting. Tu l'as acheté Fab ?
_________________
Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

http://hanniballelecteur.wordpress.com/
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Fab
Serial killer : Le Poète


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Miserere

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2015 5:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

oui
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
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Fab
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Miserere

MessagePosté le: Sam Sep 26, 2015 2:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant


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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
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Fab
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Miserere

MessagePosté le: Jeu Oct 01, 2015 2:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

http://abonnes.lesinrocks.com/2015/09/22/livres/ryan-gattis-six-jours-11775432/
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
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chouchou
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MessagePosté le: Mer Nov 11, 2015 7:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je l'ai enfin, il me faisait terriblement envie... Le fond, la narration... Merci Fab Wink
_________________
Celui qui affronte les monstres devra veiller à ce que, ce faisant, il ne devienne pas lui-même un monstre.
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Fab
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Miserere

MessagePosté le: Mer Nov 11, 2015 7:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

faut que je le lise avant la fin de l'année quand même (à défaut d'avoir pu le mettre en avant pour la sélection)
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Jan 16, 2016 9:57 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Cédric Segapelli sur Mon roman noir et bien serré :

Citation:

RYAN GATTIS : SIX JOURS. LE MAINTIEN DU DESORDRE.


Manifestations sauvages, émeutes, elles sont comme des montées de fièvre d’une société malade qui tente de cacher ses symptômes dans les draps froissés du conformisme.
Manifestations sauvages, émeutes, elles incarnent les divers malaises qui sapent les fondements des démocraties en suscitant embarras et indignations sans pour autant trouver de remèdes aux questions qui dérangent.
Commissions d’enquêtes, interpellations politiques, rien n’y fait, car ce sont bien souvent ces manifestants dégénérés ou cette police incompétente qui fait office de bouc émissaire permettant ainsi d’occulter les problèmes de fond.
La culture à Genève, les questions raciales à Los Angeles tout est question de perspective comme l’évoque Ryan Gattis avec son roman intitulé Six Jours qui nous immerge dans la périphérie des émeutes qui ont secoué la Cité des Anges en 1992 suite au verdict d’acquittement de quatre policiers accusés d’avoir fait un usage excessif de la force sur un certain Rodney King.


A Lynwood, dans le South Central de LA, ne comptez plus sur la police pour vous protéger. Depuis l’issue du procès Rodney King elle est complètement débordée. Ernesto Vera est l’une des premières victimes à en faire les frais. Assassiné dans une ruelle du quartier, aucune enquête ne sera menée, pas même une ambulance ou un fourgon du coroner ne se rendra sur les lieux du meurtre. Les services de secours sont désormais occupés à tenter de gérer les interventions sur les lieux des émeutes qui secouent la ville en délaissant les autres quartiers. Loin de rester impuni le meurtre d’Ernesto Vera sera le déclencheur d’une succession de règlements de compte entre ces gangs hispaniques qui profitent de cet abandon pour piller, vandaliser et abattre leurs congénères dans un déluge de feu et de sang. Durant six jours l’enfer d’une guérilla urbaine va déferler dans les rues de Lynwood, sous les yeux incrédules d’une infirmière, d’un commerçant, d’un pompier ou d’un graffeur, tous témoins hallucinés de ce chaos indescriptible qui bouleversera leurs vies à jamais.


Six Jours est un roman choral composé de six chapitres pour autant de journées d’émeutes durant lesquelles se succèdent les dix-sept points de vue de personnages hauts en couleur à l’image de Payasa, cette jeune femme membre de gang qui cherche à venger son frère.
Un portrait tout à la fois poignant et violent où la mort devient un facteur presque secondaire.
Avec Six Jours on assiste à une véritable guerre urbaine où ceux qui ne font pas partie des gangs sont désignés par le terme de « civil », ce qui illustre bien le contexte de violence dans lequel sont immergés ces bandes hispaniques dont les membres estiment que les services du Shérif du comté ne sont rien d’autre qu’un gang adverse auquel il faut faire face.


On découvre ainsi un univers de gangs où le code de l’honneur devient un prétexte obscur pour des actes d’une violence exacerbée par les émeutes qui éclatent un peu partout dans la ville.
On reste toutefois en marge des évènements majeurs qui ont secoué la cité pour s’immerger au cœur des activités connexes d’un quartier désormais livré à lui-même et plongé dans un déchainement de pillages et de règlements de compte parfois extrêmement violents à l’image du meurtre d’Ernesto Vera dont le corps sera traîné derrière le véhicule de ses bourreaux.
Ryan Gattis ne délivre pas de messages sur les conditions raciales ou sur les conditions de travail de la police qui reste très curieusement absente des divers points de vue qui se succèdent tout au long du récit.
En adoptant leur langage, l’auteur donne, avec force de talent, la parole aux différents protagonistes nous permettant ainsi de progresser dans la succession d’évènements tout en s’imprégnant de leurs logiques de pensée et de leurs points de vue.
Des hommes et des femmes dont les destins se frôlent, se croisent et parfois se brisent dans des confrontations d’une brutalité hallucinante, dans un contexte apocalyptique d’émeutes sauvages que les forces de l’ordre auront bien du mal à contenir.


Avec Six Jours, Ryan Gattis illustre les propos du chef de la police de Los Angeles qui déclarait : « Il va y avoir des situations où les gens ne bénéficieront pas de secours. C’est un fait. Nous ne sommes pas assez nombreux pour être partout. »

Un magistral roman qui rend compte des limites d’un système étatique à bout de souffle.



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« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Sam Jan 16, 2016 10:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

Fab a écrit:
faut que je le lise avant la fin de l'année quand même (à défaut d'avoir pu le mettre en avant pour la sélection)


J'étais sûr que c'était toi qui l'avait lu et lui avait mis 9, et je viens de voir que non en fait.
Il faut que je me le prenne, il y a encore quelques titres parus en 2015 qu'il faut que je procure...
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Fab
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Miserere

MessagePosté le: Sam Jan 16, 2016 10:25 am    Sujet du message: Répondre en citant

faut que je le lise,je suis sur un Connelly qui traite de la même période et j'ai envie de prolonger
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Mer Avr 11, 2018 1:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'en suis à la moitié mais je prends mon temps, je savoure.
On suit tour à tour divers personnages (dealers, victime innocente, membres d'un gang, infirmière, pompier...), toujours à la première personne, avec leur langage propre, comme si on était dans leur tête. On revit parfois la même scène plusieurs fois, mais d'un autre point de vue, qui change la donne (comme dans le film Elephant de Gus Van Sant), et de manière très bien foutue.
Effectivement, il y a un côté cru et quasi documentaire qui rappelle The Wire, et ça m'évoque aussi l'excellent 911.


Toujours pas lu Fab ?
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Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

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Fab
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MessagePosté le: Mer Avr 11, 2018 2:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

non toujours pas lu Sad Sad
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
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chouchou
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MessagePosté le: Mer Avr 11, 2018 8:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis:

Citation:
Plongée en apnée dans le quartier de Lynwood aux confluences des émeutes de Los Angeles de 1992 suite au tabassage en règle de Rodney King.

Ryan Gattis est un romancier américain qui vit à Los Angeles. Cofondateur de la société d’édition Black Hill Press, il est également intervenant à la Chapman University de Californie du Sud et membre du collectif d’arts urbains UGLAR.

« 29 avril – 4 mai 1992.
Pendant six jours, l’acquittement des policiers coupables d’avoir passé à tabac Rodney King met Los Angeles à feu et à sang.

Pendant six jours, dix-sept personnes sont prises dans le chaos.

Pendant six jours, Los Angeles a montré au monde ce qui se passe quand les lois n’ont plus cours.

Le premier jour des émeutes, en plein territoire revendiqué par un gang, le massacre d’un innocent, Ernesto Vera, déclenche une succession d’événements qui vont traverser la ville.

Dans les rues de Lynwood, un quartier éloigné du foyer central des émeutes, qui attirent toutes les forces de police et les caméras de télévision, les tensions s’exacerbent.

Les membres de gangs chicanos profitent de la désertion des représentants de l’ordre pour piller, vandaliser et régler leurs comptes.

Au cœur de ce théâtre de guerre urbaine se croisent sapeurs pompiers, infirmières, ambulanciers et graffeurs, autant de personnages dont la vie est bouleversée par ces journées de confusion et de chaos. »

Réponse comme un écho des émeutes de Watts du 11 au 17 Aout 1965, la ville des anges s’embrase durant six jours d’un déferlement de violences, d’une implosion de haine. On suit les pérégrinations dans ce cataclysme de différents protagonistes issus de ce quartier où la règle, la loi restent dictées par les gangs.
Projeté de manière abrupte dans ce chaos le lecteur est happé, calotté, déstabilisé dans ce monde désincarné. L’auteur allie qualité d’écriture et analyse sociologique dans ce véritable roman noir avec une puissance inouïe. On perçoit, au fil des pages, des bribes d’explications, d’analyse, de cet embrasement incontrôlé et les acteurs face à ce déchaînement de violences restent aux yeux de l’écrivain et à mes yeux des êtres humains dans leur côté sombre en conservant concrètement les faiblesses, les failles, les fêlures de tout à chacun.

Ryan Gattis a magistralement accouché d’une œuvre écrite parfaitement scénarisée et l’on est ébloui par sa capacité à traduire, de cet environnement, les aspects d’une société en déperdition où les mots construction, émancipation, culture et cadre politique ne conservent plus de sens.

Coup de poing au plexus solaire où, étouffé par le récit, sa lecture est une vraie bénédiction pour le lecteur de noir.

Comme un symbole et pour clore cette chronique, mon illustration musicale vous présente un enfant de South Central, admirable saxophoniste, chantre de la création, s’étant nourri d’une myriade d’influences Jazz, Soul, Hip-hop, Rock. Son triple album « Epic » est une tuerie de conception musicale. Et KAmasi porte le mot Espoir en bandoulière et prouve qu’il est présent dans toutes les têtes et qu’il peut éclore à tout moment , dans n’importe quel contexte !

Chouchou.

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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Dim Juin 17, 2018 10:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis est paru sur Polars Pourpres.



Citation:
« L.A. a complètement perdu la boule. »

Los Angeles, 1992.
Dans un contexte de tensions raciales permanentes se tient le procès très médiatisé de quatre officiers de police, accusés d'avoir passé à tabac un automobiliste noir. Malgré une vidéo amateur accablante où l'on voit les agents rouer de coups de bâton et de coups de pied Rodney King, au sol et sans défense, les quatre hommes sont acquittés par un jury composé à 85% de Blancs.
À l'énoncé du verdict impensable, au soir du 29 avril, la ville laisse soudainement éclater sa colère. Inextinguible. Incontrôlable.

Ainsi débute Six jours. Qui s'attarde d'ailleurs encore moins que nous ici sur le procès lui-même. Ce n'est pas l'objet du roman. Ryan Gattis s'intéresse – à l'instar du récent film Kings, avec Halle Berry et Daniel Craig – au quotidien des habitants de la Cité des Anges durant ces six jours où les autorités, totalement dépassées par la tournure des événements, laissèrent la ville à feu et à sang.
Six jours, 55 morts, 2300 blessés, 3600 départs de feu, 1100 bâtiments brûlés, 800 millions de dollars de dégâts, 11000 arrestations. Les chiffres donnent le vertige.
L'auteur a fait le choix, intelligent, de suivre des personnages très différents les uns des autres mais toujours à la première personne. On est immergé tour à tour dans la peau de dealers et autres membres de gangs, d'une victime qui n'avait rien demandé à personne, d'une infirmière, d'un pompier... À chaque fois, nous observons la désolation dans les rues de Los Angeles avec leur point de vue, et leur langage propre. Le travail sur les différents registres de langue est d'ailleurs assez remarquable, l'infirmière Gloria ne s'exprimant bien sûr pas comme une petite frappe issue de la pègre sud-américaine. À signaler, on revit parfois la même scène plusieurs fois, mais d'un autre point de vue, qui change la donne. Ce procédé assez original (on pense au film Elephant de Gus Van Sant) peut être risqué mais apporte ici un vrai plus.
Dans la peau de ses personnages, Ryan Gattis donne à voir, sans jamais émettre de jugement, ce qui confère à l’ensemble un aspect quasi documentaire qui ne déboussolera pas les aficionados de série type The Wire.

À l'instar du 911 de Shannon Burke, ce Six jours, qui a dû demander un travail considérable mais qui se lit sans effort aucun, est un sommet de noir réaliste. Avec ce roman aussi puissant qu'intelligent, Ryan Gattis marque assurément un nouveau jalon du genre.


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