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Les Enfants de l'eau noire - Joe R. Lansdale (Denoël)
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Sep 04, 2015 1:59 am    Sujet du message: Les Enfants de l'eau noire - Joe R. Lansdale (Denoël) Répondre en citant

Déjà unanimement salué par la critique et les libraires, Les Enfants de l'eau noire, le nouveau roman très attendu de Joe R. Lansdale, vient de paraître dans la collection Sueurs froides de Denoël, traduit par Bernard Blanc.






Le livre :

« Merveilleux et terrifiant à la fois, Les Enfants de l’eau noire est l’œuvre d’un auteur authentiquement génial. » Dan Simmons

East Texas, années 1930.
Elevée dans la pauvreté par son père au bord du fleuve Sabine, qui coule jusqu'aux bayous de Louisiane, May Linn, jolie fille de seize ans, rêve de devenir star de cinéma.
Un songe qui s’achève brutalement lorsqu’on repêche dans le fleuve son cadavre mutilé.
Ses jeunes amis Sue Ellen, Terry et Jinx, en rupture familiale, décident alors de l’incinérer et d’emporter ses cendres à Hollywood.
May Linn ne sera jamais une star, mais au moins elle reposera à l’endroit de ses rêves…
Volant un radeau mais surtout le magot d’un hold-up, la singulière équipe s’embarque dans une périlleuse descente du fleuve, le diable aux trousses.
Car non seulement l’agent Sy, flic violent et corrompu, les pourchasse, mais Skunk, un monstre sorti de l’enfer, cherche à leur faire la peau.
Quand vous décidez de faire vôtres les rêves d’un autre, ses pires cauchemars peuvent aussi profiter du voyage…

Quinze ans après son chef-d'oeuvre "faulknérien" Les Marécages, Joe R. Lansdale renoue avec le souffle de la grande littérature du Sud en livrant cette aventure émouvante et palpitante, parfois onirique, où résonnent des échos des Aventures d'Huckleberry Finn et de La Nuit du chasseur.
Thriller riche en suspense, Les Enfants de l'eau noire est aussi un grand roman américain "Southern Gothic".




>> Feuilleter le livre



>> Le site de l'auteur : www.joerlansdale.com



L'auteur :


Né en 1951 au Texas, Joe R. Lansdale est l'auteur d'une trentaine de livres, pratiquant avec un égal bonheur le western, l'horreur et le thriller.
Révélé par sa série de polars avec le duo Hap Collins et Leonard Pine, comprenant Les Mécanos de Vénus ("Sueurs froides"), L'Arbre à bouteilles, Le Mambo des deux ours, Bad Chili, Tape-cul, Tsunami mexicain, Vanilla Ride et Diable rouge (en poche chez "Folio/policier"), il a aussi signé de remarquables thrillers, parmi lesquels Les Marécages (Edgar Allan Poe Award 2000 du meilleur roman policier), salué comme un chef-d'oeuvre, Sur la ligne noire et Du sang dans la sciure.



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« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy


Dernière édition par norbert le Ven Sep 04, 2015 1:04 pm; édité 1 fois
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Fredo
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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Ven Sep 04, 2015 8:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

Il est dans la pile, ça va certainement être ma première immersion dans l'univers de l'auteur.
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Emil
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Miserere

MessagePosté le: Ven Sep 04, 2015 8:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

"Les marécages" avait été un coup de cœur, je crois que je vais craquer pour celui-ci.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Lun Sep 07, 2015 6:57 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur son blog Encore du Noir :

Citation:


« Ma grand-mère, cette horrible sorcière qui, heureusement, est morte depuis, prétendait que papa avait ce qu’elle appelait le "troisième œil". […] Peut-être que papa avait vraiment le don de voir l’avenir, mais qu’il était juste trop con pour en tirer quelque chose. »

Ce qu’il n’a pas vu venir, le père de Sue Ellen, c’est le cadavre qu’il va sortir de l’eau avec sa fille et Terry, l’ami de cette dernière.
May Linn, seize ans, l’âge de Sue Ellen, rêvait de devenir une star à Hollywood, mais tout ce qu’elle a obtenu, c’est de finir au fond de la Sabine River, dans un coin paumé et miséreux de l’East Texas, les pieds lestés par une machine à coudre.
Sue Ellen, Terry et Jinx, les seuls amis de May Linn vont finalement décider de réaliser le rêve ultime de la jeune fille et de convoyer ses cendres jusqu’en Californie.
Sue Ellen parce qu’elle en a assez de se faire tripoter par son père sous les yeux hagards de sa mère alcoolique, Terry parce qu’il ne supporte pas son beau-père et parce que son homosexualité supposée en fait un paria, Jinx parce que dans cet East Texas des années 1930 il ne fait pas bon être noire et avoir une grande gueule.
Ajoutez à cela un magot sur lequel les trois adolescents mettent la main et un shérif corrompu et un tueur tout droit sorti de l’enfer que sont les marécages texans lancés à leur poursuite, et vous obtenez une fuite épique le long du fleuve.


Les Enfants de l’eau noire, malgré le fait qu’il constitue une histoire à part entière, vient s’insérer dans le cycle des romans de l’East Texas des années de la Grande Dépression que Joe Lansdale a inauguré avec Les Marécages et poursuivi avec Du sang dans la sciure.
C’est donc sans surprise que l’on y retrouve les thèmes chers à l’auteur, la condition féminine, celle des noirs, et plus généralement des minorités, la pauvreté et l’inhospitalité des lieux, ainsi que toute une série de personnages que l’on a aussi l’habitude de croiser chez Lansdale : les hobos fuyant le Dust Bowl, le prêcheur, les hommes bas du front et forts de la supériorité qu’est censée leur donner leur sexe, le tueur fantomatique et, bien entendu, la Sabine, personnage à part entière qui traverse toute l’œuvre de l’écrivain texan, se faisant tour à tour nourricière, tueuse impitoyable, barrière ou issue.

Surtout, peut-être plus encore que dans Les Marécages, Joe Lansdale s’appuie sur les ressorts du conte traditionnel dans sa fonction de récit édifiant et d’initiation.
Il y a là les méchants chasseurs, le monstre de la forêt, la sorcière dans sa maison isolée qui prend au piège les enfants… autant d’éléments qui montrent combien Lansdale s’appuie sur cette littérature populaire pour, avec ses exceptionnels talents de conteur, créer sa propre mythologie au cœur de cette région aussi fascinante qu’inquiétante.

Ce faisant, il propose une nouvelle fois un roman passionnant, une descente de fleuve mythique quelque part entre Tom Sawyer et Léthé, fleuve de l’oubli et donc pour Sue Ellen et ses amis de l’espoir d’une vie nouvelle, mais aussi un affluent du Styx et, peut-être donc, une voie directe vers les Enfers.
Tout cela porté par la verve de Lansdale personnifiée ici dans la bouche de Jinx (qui pourrait, pourquoi pas, être une aïeule de Leonard Pine, un autre de ses héros doté d’un sens inné de la métaphore et de la répartie cinglantes) et l’intelligence du récit qui saisit le lecteur et lui interdit de lâcher le roman sans savoir ce qu’il va se passer.
Bref, Joe Lansdale prouve une fois encore qu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs conteurs, au sens strict, américains sachant allier tradition, suspense, aventures, réflexion sociale et humour.


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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2015 11:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur son blog Actu du Noir :

Citation:

Trois jeunes sur un radeau

Si vous circulez sur les blogs polars (que ce soit Unwalkers ou Encore du Noir), vous savez déjà que Les Enfants de l’eau noire de Joe R. Lansdale est un des romans à ne pas rater en cette rentrée.
Je confirme.


Nous sommes dans l’East Texas cher à Lansdale, au début des années 30.
May Linn, très jolie jeune fille rêve d’aller à Hollywood et d’échapper à sa vie misérable.
Elle n’ira jamais.
Elle est retrouvée, assassinée dans la Sabine, la rivière locale.
Ses trois amis, Sue Ellen et Terry, blancs et mal dans leurs familles, et Jinx, noire et mal dans l’East Texas raciste décident alors de la déterrer, de brûler son corps et d’aller répandre ses cendres en Californie.

Ils s’enfuient à bord d’un radeau, après avoir raflé un magot caché par le frère de May Linn.
Mais sur la Sabine, les flots parfois agités et les serpents ne sont pas les seuls dangers qu’ils vont affronter : Le beau-père de Sue, un flic violent et pourri jusqu’à la moelle, et peut-être Skunk, psychopathe légendaire (mais certains y croient) qui vivrait dans les bois sont à leurs trousses.


Du très grand Lansdale, dans la lignée de son chef d’œuvre Les Marécages (que vous allez bien entendu lire sur le champ si ce n’est déjà fait).
Un peu comme une suite (même si cela n’en n’est pas une), avec des héros un peu plus âgés que ceux des Marécages, plus âgés et donc plus enclins à la révolte, à l’indignation, et aux questionnements sur les rôles de leurs parents, sur leur liberté, et bien entendu, sur leur sexualité.
A une époque et dans un lieu où elle se résume, comme le reste des rapports humains, à un rapport de force : les hommes blancs prennent ce qu’ils veulent, quand ils veulent, par la violence si nécessaire.

Mais ce n’est pas tout.
Avec le talent de conteur qu’on lui connait, Lansdale mêle les contes populaires, l’Odyssée (c’est pas moi qui le dit, c’est lui) avec une pincée de Tom Sawyer.
Et beaucoup de Joe R. Lansdale.
Ses personnages hauts en couleur au verbe flamboyant (Jinx est assez enthousiasmante !), ses atmosphères oniriques, sa façon de décrire un clair de lune sur la rivière, son humour …

Et comme dans Les Marécages, Joe Lansdale aime nous faire frémir, et nous adorons frémir grâce à la silhouette longtemps à peine entraperçue du monstre, Skunk …

On sourit, on s’indigne, on s’émeut, on se régale, et on lit le bouquin d’une traite, incapable de le lâcher une fois qu’on l’a ouvert.

Du très grand Joe R. Lansdale.


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Dodger
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MessagePosté le: Ven Sep 11, 2015 7:48 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bon ben ça y est, j'en veux. Norbert, je ne te remercie pas, j'ai tellement de trucs à lire (pour le boulot) en ce moment que me donner envie de me plonger dans tout autre chose ne m'aide pas du tout Laughing

Sérieusement, ça fait longtemps que je n'ai pas lu Lansdale, ce roman-là me semble l'occasion idéale d'y retourner.
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holden
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Sep 11, 2015 9:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

oui , c'est son meilleur depuis longtemps
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lisez ce vous voulez . . .

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norbert
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MessagePosté le: Ven Sep 11, 2015 9:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

Dodger a écrit:
Bon ben ça y est, j'en veux. Norbert, je ne te remercie pas, j'ai tellement de trucs à lire (pour le boulot) en ce moment que me donner envie de me plonger dans tout autre chose ne m'aide pas du tout Laughing


Tu remarqueras qu'au moins ce Lansdale ne fait pas 750 pages, comme un certain pavé que tu m'as convaincu de me procurer il y a quelques semaines... Laughing


Dodger a écrit:
Sérieusement, ça fait longtemps que je n'ai pas lu Lansdale, ce roman-là me semble l'occasion idéale d'y retourner.


D'accord avec toi. Et même plus largement, que l'on connaisse déjà l'auteur ou pas, je pense que de toute façon ce roman est vraiment l'un des incontournables de cette rentrée.
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norbert
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MessagePosté le: Lun Sep 21, 2015 6:36 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> Coup de coeur du libraire et auteur Benoît Minville :

Citation:

Lansdale à son meilleur.

Ce roman mettra deux lignes à vous happer et vous emmenera dans l'East Texas poisseux, dans l'un des meilleurs livres du maître Lansdale.
Trois ados sur le fleuve Sabine avec le diable aux trousses.
Lansdale manie suspense et aventure comme personne, ses dialogues claquent pareils à des coups de Winchester dans un marais.






>> Et le commentaire d'Ottis Toole sur PP :

Citation:


Je continue ma découverte de l'auteur et je suis une fois encore sous le charme.
Lansdale est un incroyable conteur.
J'ai tout de suite été plongé dans l'ambiance et l'époque et me suis familiarisé avec les personnages.
Entre roman initiatique et conte de sorcière, ce roman ne peut laisser indifférent, tant par l'écriture que par le destin des protagonistes.
Superbe !



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norbert
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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 4:24 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Tasha sur son blog Tasha's Books :

Citation:


Je suis une inconditionnelle de la série de Joe R. Lansdale consacrée à Hap et Leonard: même quand elle faiblit un peu, elle me ravit par son humour et sa castagne jubilatoire.
J'ai lu Les Marécages, qui n'est pas mon préféré de l'auteur (je vous entends hurler d'ici).
Bien que lisant çà et là des comparaisons entre ce nouvel opus et ce roman, je n'ai pu réfréner mon envie de le lire, et j'ai bien fait.
Les Enfants de l'eau noire est un grand livre.

J'ai tout de suite été séduite par le ton de de récit : Sue Ellen, la narratrice de 16 ans, a un regard désabusé sur le monde qui l'entoure, sa mère abrutie par une potion qui lui permet d'oublier, alcool et drogue obligent, ce qu'est devenue sa vie, son père, un bon à rien alcoolique, violent et incestueux, ce Texas profond, sans âge.
Ses amis sont Terry, un jeune homme que tout le monde soupçonne d'être homosexuel, ce qui ne cadre guère avec la conception hyper-viriliste ambiante, et Jinx, jeune fille noire à la langue bien pendue, ce qui n'est pas plus acceptable dans cet état raciste qui s'amuse encore des lynchages.
La partie qui met notre improbable assemblée (je n'en dirai pas plus) aux prises avec le terrifiant Skunk n'est pas celle qui m'a le plus passionnée, mais ce n'est qu'un aspect de ce roman initiatique, parsemée de rencontres étonnantes, de pauses plus ou moins bienvenues dans le périple.

J'ai souvent pensé à La Nuit du chasseur en lisant ce roman, et c'est un sacré compliment.

Le récit file, fluide, captivant, les dialogues claquent, mais Lansdale n'oublie jamais de bousculer ses jeunes personnages, et le lecteur avec eux.
Dans ce périple qui mène les personnages vers ce qu'ils sont au plus profond d'eux-mêmes, il est question de la couleur de peau, du genre et de la sexualité.
Deux catégories d'êtres humains ont rarement voix au chapitre dans l'East Texas des années 1930 : les noirs et les femmes.
Au bout du chemin - enfin, du fleuve - il y a sans nul doute la liberté pour nos personnages, liberté chèrement conquise, pour Sue Ellen, le garçon manqué (je déteste cette expression), pour Terry, le jeune homosexuel, pour Jinx, la jeune fille noire, pour la mère de Sue Ellen, sortie de sa torpeur et de son aliénation.
Mais cette liberté a un prix, que May Linn a payé de sa vie, et nos personnages ne sortent pas indemnes.

Beau, drôle, bouleversant, puissant, Les Enfants de l'eau noire est tout cela: lisez Joe R. Lansdale.


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MessagePosté le: Mer Oct 28, 2015 5:42 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Bruno, libraire à la Librairie de la Renaissance :

Citation:


Un retour aux sources, une claque magistrale !
Pour son nouveau roman, Joe R Lansdale oublie ses deux acolytes Hap Collins et Léonard Pine pour nous proposer un roman noir dans l'esprit de Les Marécages, son chef-d'oeuvre couronné par le prix Edgar Allan Poe (Folio Policier), pour notre plus grande joie.

L'histoire se déroule dans l'East Texas pendant les années 30.
Trois adolescents, Sue Ellen, Terry et Jinx, décident d'amener les cendres de leur amie May Linn à Hollywood.
May Linn rêvait de faire carrière dans le cinéma.
Son rêve s'est brisé lorsque son corps lesté est retrouvé au fond du fleuve.
Pour atteindre discrètement la prochaine ville, ils optent pour la descente en radeau de la Sabine en emportant les cendres et, pour faciliter le voyage, ils dérobent le magot d'un hold-up.
Le voyage ne va pas être de tout repos.
Ils sont pourchassés par l'agent Sy, flic violent et corrompu, mais aussi par Skunk, une créature des bois dont tout le monde parle et relate les pires choses à son encontre.

Avec son style unique (voici un exemple de phrase que l'on retrouve dans le roman : « Chie dans une main et rêve dans l'autre et tu verras bien laquelle est pleine en premier. Elle disait la même chose à propos de la prière... ») et une palette de personnages hauts en couleurs, Joe R. Lansdale renoue avec ses thèmes de prédilection, à savoir le passé de l'East Texas, la jeunesse, l'amitié, la relation tendue entre les blancs et les « nègres » et la place des femmes.
Les Enfants de l'eau noire est une sacrée claque, comme Lansdale a l'habitude de m'en mettre.
Vous n'avez pas fini d'en entendre parler !


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MessagePosté le: Mer Oct 28, 2015 5:52 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique d'Emilie Costecalde pour le site Café Powell :

Citation:

Les Enfants de l’eau noire : coup de cœur !


Encensé par Dan Simmons (dont nous avons beaucoup aimé l’incroyable roman Collines noires), le roman de Joe R. Lansdale, Les Enfants de l’eau noire, vient de paraître aux éditions Denoël : l’occasion pour nous de nous pencher sur l’un des maîtres actuels du Southern Gothic !

Les Enfants de l’eau noire nous entraîne dans le Sud profond et oublié, profondément engoncé dans une misère crasse.
Nous ne sommes que quelques années après le début de la Grande Dépression et pour Sue Ellen, notre narratrice, l’avenir ne s’annonce pas particulièrement glorieux.
L’adolescente vit avec sa mère, alcoolique et dépressive, et son père, un bon à rien aux mains baladeuses quand il a bu (et ça arrive souvent).
Elle ne va plus à l’école et n’a aucune perspective professionnelle : si rien ne se passe, elle sait qu’elle finira par épouser un alcoolique édenté comme sa mère.
Avec ses amis Terry, Jinx et May Lynn, la jeune fille sillonne la région en rêvant d’un destin meilleur.

Mais un jour, alors que Sue Ellen aide son père à pêcher quelques poissons, ils remontent le cadavre de May Lynn.
La jeune fille a les pieds entravés et lestés avec une machine à coudre.
Elle a visiblement été assassinée, mais son meurtre ne suscite qu’indifférence.
L’adolescente, solaire et charismatique, rêvait de devenir une star à Hollywood.
Elle n’ira plus jamais nulle part sur ses deux pieds.

Sue Ellen, Terry et Jinx décide alors de commettre un acte vraiment fou : l’incinérer et transporter ses cendres à Hollywood, pour qu’elle puisse reposer à jamais dans ce lieu qu’elle idolâtrait.
En passant, cela leur permettra de commencer une nouvelle vie loin des bayous sordides de l’East Texas.
A bord d’un radeau volé, transportant l’argent d’un vol qui suscite bien des convoitises, nos trois amis partent pour l’Ouest… avec aux trousses Sy, agent de police ripoux, Gene, l’oncle de Sue Ellen et l’horrible Skunk, terrifiante légende locale…

Car Skunk est un être monstrueux, que n’aurait pas renié les grands maîtres de l’horreur.
Vieux fou hantant la forêt autour des rives de la Sabine, Skunk est un tueur à gages embauché par les gens du coin, qui a pris goût à la traque et au meurtre… avec un penchant certain, en prime, pour la torture.
Véritable être de cauchemar, Skunk aime jouer avec ses proies, et nos trois ados sont dans son collimateur !

Terrifié, fasciné, le lecteur se cramponne littéralement aux pages : Joe R. Lansdale parvient à créer une atmosphère véritablement oppressante et très visuelle.
L’ambiance moite du bayou, les flots boueux de la Sabine… et le monstre qui guette dans l’ombre s’imposent dans notre esprit.
Quand Sue Ellen se sent observée, et scrute les environs à la recherche de Skunk, le lecteur ne peut à son tour réprimer un frisson…
Car Skunk, nous ne le dirons jamais assez, est un être vraiment monstrueux : la chose la moins horrible qu’il fait à ses victimes, c’est de leur trancher net les mains… C’est vous dire !

Joe R. Lansdale nous livre donc quelques scènes d’une rare violence, et joue avec nos nerfs.
La violence y est multiple et variée, qu’il s’agisse de découvertes faites par nos trois compères (les victimes de Skunk sont rarement belles à voir), d’histoires qu’on leur raconte (le destin de l’ami du révérend Joy est un bon exemple) ou d’une violence plus latente, comme les menaces proférées par Sy et Gene, ou celle que subissait Sue Ellen au début du roman, en sachant que son père risquait d’avoir un geste déplacé à son égard, ou qu’il irait frapper sa mère…
La violence fait hélas partie du quotidien de nos jeunes héros, ils la constatent, aimerait la remettre en question, mais y sont hélas habitués. Inutile de préciser, donc, que ce roman est très dur !

Il évoque de surcroît les nombreuses discriminations qui existaient alors dans le vieux Sud : Terry est homosexuel, et Jinx est noire.
Dans les années 1930, à une époque où le Ku Klux Klan était une odieuse réalité et où on n’avait guère de sympathie pour tout ce qui sortait de l’ordinaire, nos deux compères étaient en permanence sur la corde raide…

En dépit de cet aspect très sombre, véritablement impitoyable, Les Enfants de l’eau noire s’avère par moment plutôt drôle : en effet, les réflexions désabusées de Sue Ellen et la gouaille provocatrice et pragmatique de Jinx apportent une touche d’humour décalée au récit.
Jinx est assurément un des personnages les plus intéressants du récit !

Autant vous dire que Les Enfants de l’eau noire est un roman que nous avons beaucoup aimé !
Le cadre, le vieux Sud poisseux et rétrograde et l’ambiance délicieusement pesante font de ce livre un véritable coup de cœur.
Dans ce paysage dense et humide, la fuite des personnages prend un tour véritablement effrayant…
Joe R. Lansdale nous livre une sorte de conte perverti dans lequel la princesse meurt au début du récit…
Le roman flirte souvent avec le fantastique, sans jamais franchir véritablement le cap.

C’est définitivement un auteur que nous suivrons à l’avenir !



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Miserere

MessagePosté le: Jeu Nov 12, 2015 2:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une très "belle" histoire, écrite merveilleusement bien. Portraits d'adolescents attachants qui tous trois décident de fuir violence, racisme, soumission ... La Sabine personnifiée, les guidera tout le long de cette aventure qui se révèlera pleine de péripéties.
Une plume délicieuse, une touche d'humour pour dénoncer d'affreux événements, une teinte d'imaginaire pour nous donner le frisson, et une nuance de rêves pour toujours garder espoir.
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MessagePosté le: Jeu Déc 17, 2015 7:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Dès les premières pages, on sait qu'on va accrocher. Le style mi figue-mi raisin, un brin cynique, est vraiment top. C'est tragique, comique, poétique...Un mélange sympa que j'aime beaucoup pour le moment.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Déc 17, 2015 9:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ironheart a écrit:
Dès les premières pages, on sait qu'on va accrocher. Le style mi figue-mi raisin, un brin cynique, est vraiment top. C'est tragique, comique, poétique...Un mélange sympa que j'aime beaucoup pour le moment.


Ah, voilà qui me fait plaisir ! Smile
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