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Le sympathisant - Viet Than Nguyen (Belfond)

 
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Fab
Serial killer : Le Poète


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Miserere

MessagePosté le: Jeu Nov 02, 2017 2:46 pm    Sujet du message: Le sympathisant - Viet Than Nguyen (Belfond) Répondre en citant



Citation:
Présentation de l'éditeur
« Je suis un espion, une taupe, un agent secret, un homme au visage double. »

Au Vietnam et en Californie, de 1975 à 1980.

Avril 1975, Saïgon est en plein chaos.
À l'abri d'une villa, entre deux whiskies, un général de l'armée du Sud Vietnam et son capitaine dressent la liste de ceux à qui ils vont délivrer le plus précieux des sésames : une place dans les derniers avions qui décollent encore de la ville.
Mais ce que le général ignore, c'est que son capitaine est un agent double au service des communistes.

Arrivé en Californie, tandis que le général et ses compatriotes exilés tentent de recréer un petit bout de Vietnam sous le soleil de L.A., notre homme observe et rend des comptes dans des lettres codées à son meilleur ami resté au pays.
Dans ce microcosme où chacun soupçonne l'autre, notre homme lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, parfois au prix de décisions aux conséquences dramatiques.
Et face à cette femme dont il pourrait bien être amoureux, sa loyauté vacille...



_________________
Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
Warren Ellis Artères souterraines
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Nov 02, 2017 2:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En plus de son Prix Pulitzer et son Edgar Award du meilleur premier roman, Le Sympathisant vient d'être récompensé en France par le Prix du Meilleur Livre étranger 2017. Smile
_________________
« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
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Fab
Serial killer : Le Poète


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Miserere

MessagePosté le: Lun Nov 06, 2017 10:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Magistral!!
De la chute de Saïgon à son retour au "pays" l'histoire d'une taupe nord-vietnamienne chez ses frères du Sud en passant par le tournage du film non nommé Les Bérets verts. Un homme coupé en 2 comme son pays,fils illégitime d'un prêtre français , exilé chez l'allié américain vaincu. Un récit passionnant et rythmé qui défile comme les phrases du narrateur.
Beaucoup d'humour et de finesse d'analyse jusqu'à l'absolue horreur des agissement des 2 adversaires.Que l'on appelle ça technique d'interrogatoire ou camp de rééducation .
Au propre comme au figuré une formidable confession historique et politique.
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Une heure plus tard,je suis entré dans un bar de Bleecker Street et j'ai hurlé: "Allez,cent verres,c'est pour moi! J'ai dit pour moi,tout seul!"
Oh,qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule.
Warren Ellis Artères souterraines
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Déc 31, 2017 6:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Petit récapitulatif des différents prix littéraires remportés par Le Sympathisant de Viet Thanh Nguyen :

Prix du Meilleur Livre Etranger Sofitel 2017
MacArthur Foundation Fellowship, "Genius Grant", 2017
Lauréat de l'Association for Asian American Studies Award for Best Book in Creative Writing (Prose) 2017
Prix Pulitzer 2016
Prix Edgar 2016
Andrew Carnegie Medal for Excellence in Fiction 2016
Prix Dayton Literary Peace for Fiction 2016
Asian/Pacific American Award for Literature (Adult Fiction) 2015-2016
California Book Award for First Fiction 2016
Prix Center for Fiction First Novel 2015

et finaliste du Prix PEN/Faulkner.
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Dim Déc 31, 2017 6:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> Un superbe article du Washington Post traduit par Laureline Chaplain pour le site de Belfond :

Citation:

Viet Thanh Nguyen transcende l’Histoire



Il y a quarante ans, les États-Unis, au terme d’une longue et mortelle flatulence des politiciens américains, évacuaient leur personnel de Saigon. Le nom de code de l’opération, « Vents Fréquents », était approprié. Qu’on soit né au moment des faits ou non, les images de vietnamiens paniqués s’écrasant aux portes de l’ambassade américaine sont gravées dans la conscience collective.

Dans les premières pages de l’extraordinaire premier roman de Viet Thanh Nguyen, Le Sympathisant, cette terreur est si réaliste que vous prendrez les battements de votre cœur pour le fracas d’un hélicoptère fendant les airs. Nguyen nous immerge dans la maison cernée par les barbelés d’un général du Vietnam du Sud, tout juste désabusé de sa foi en la ténacité américaine. Alliés et agents le harcèlent pour négocier leur survie : qui s’échappera ? qui sera abandonné aux mains de leurs inexorables ennemis ?

Le général n’en a pas conscience, mais le capitaine qu’il a chargé de ces décisions est un espion Viet Cong. « Chaque nom que je rayais au stylo me faisait l’effet d’une condamnation à mort », écrit ce narrateur anonyme. « Mais je ne pouvais m’empêcher d’être ému par le calvaire de ces pauvres malheureux. Peut-être n’était-ce pas correct de ma part, politiquement parlant, d’éprouver de la compassion pour ces gens, mais ma mère eût-elle été en vie qu’elle en aurait fait partie. »

Au cours des 450 pages suivantes, ce murmure conflictuel nous entraîne dans ce qui est certainement un nouveau classique de la littérature de guerre. Nguyen, qui est né au Vietnam et a grandi aux États-Unis, fait de l’histoire désespérée d’un expatrié un thriller cérébral, qui s’attaque aux dilemmes existentiels de notre époque. D’abord instructive et dangereusement candide, la narration prend la forme d’une confession, écrite et sans cesse réécrite, dans une cellule d’isolement. Le capitaine emprisonné se remémore sa fuite auprès du général sud-vietnamien et son intrusion dans la communauté de réfugiés installée près de Los Angeles. De là, il continue d’espionner les infatigables soldats qui s’évertuent à bâtir un plan chimérique pour libérer leur pays natal des communistes.

Après cette explosive scène d’ouverture, rythmée par les balles et les bombes, le reste du roman aurait pu paraître tiède, mais ce n’est jamais le cas, tant la voix sinueuse du capitaine nous hypnotise et tant les événements qu’il nous conte captivent. Étudiant attentif de la littérature américaine, particulièrement sensible au pathos, à l’ironie, et à la musique de la langue anglaise, il manie aussi bien des scènes comiques d’automutilation à la Philip Roth, qu’un magnifique éventail whitmanien de la souffrance. Ses ravisseurs veulent une confession écrite, mais il résiste, convoquant des principes stylistiques qu’il élève au rang d’impératifs moraux : « Il me paraissait aussi criminel de coucher un cliché sur le papier que de tuer un homme… »

Une sympathie sans limites. Voilà le lourd fardeau du capitaine, car ce qui fait de lui un excellent espion est aussi ce qui fait de lui un homme rongé par la culpabilité. C’est un brillant observateur, comme un piètre assassin.

Une fois aux États-Unis et libéré des exigences de la guerre, il concentre son esprit incisif sur la culture américaine et son joyeux racisme. Parfois, il prétend être un innocent à l’étranger, comme lorsqu’il regarde Les Jeffersons, « une série comique sur les descendants noirs et non reconnus de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis et père de la Déclaration d’indépendance ». Mais il est généralement plus direct. Sans attendre de réponse, il demande : « Même si chaque pays se croyait supérieur à sa manière en existait-il un seul qui avait forgé tant de mots en « super » dans la banque fédérale de son narcissisme, qui n’était pas seulement super-confiant, mais super-puissant, et qui ne serait pas satisfait tant qu’il n’aurait pas infligé à toutes les nations du monde une clé de bras pour leur faire crier Oncle Sam ? »

L’arrivée d’un congressman de droite cherchant à s’attirer les faveurs des militaires sud-vietnamiens exilés est un tableau savoureusement satirique, mais les formes les plus complexes d’humour et de critiques sociales surviennent lorsque le capitaine travaille pour un film hollywoodien intitulé Le Sanctuaire. Engagé en tant que « consultant technique chargé de l’authenticité », notre narrateur génial se voit rapidement embrigadé pour les Philippines, réduit à l’esclavage sur un projet que vous reconnaîtrez à coup sûr, Apocalypse Now. Aussi drôle que tragique, ce passage pourrait porter à lui seul tout le roman (le comédien, de toute évidence Marlon Brando, fait une apparition aussi hilarante qu’odorante avant la mort de son personnage, filmée à répétition, pendant laquelle il crie « La salope ! La salope ! »).

Par touches, Le Sympathisant donne à voir comment cette propagande qui se fait passer pour de la pop culture, réduit au néant les populations « non blanches ». Dans la version de Nguyen, le personnage de Francis Ford Coppola est non seulement un sacré connard, mais également un raciste latent, déterminé à faire un film qui prétend s’endeuiller des combats de l’Amérique, mais qui ne fait en réalité que réaffirmer sa pureté grandiose. « Le Film n’était qu’un sequel de notre guerre et le prequel de la prochaine guerre que l’Amérique était condamnée à faire ». Le capitaine se lamente : « Le massacre des figurants était soit une reconstitution de ce qui nous était arrivé, à nous les indigènes, soit une répétition générale du prochain épisode similaire, le Film étant l’anesthésiant local administré à la mentalité américaine, pour la préparer à la moindre irritation bénigne avant ou après. » Avec ces explosions cinématiques, ces violences et ces meurtres, la déconstruction d’un classique récompensé aux Academy Awards est une théâtralisation choc d’un mécanisme bien particulier : quand l’hégémonie et le romantisme américains font partie intégrante de nos plus populaires exportations…

Mais Nguyen donne encore un autre coup de vis, et les scènes grotesques dans le film entraînent un examen approfondi de la torture dans le monde réel. Oui, il y a des viols collectifs, des électrocutions lentes et toute sortes d’outils sordides de ce genre, mais ce qui frappe le plus est la concentration de Nguyen sur les maltraitances psychologiques que nos avocats inventifs ont réussies à légaliser lors de la guerre d’Irak. Peut-être faut-il remonter à 1984 de George Orwell pour retrouver un livre qui illustre de manière si tangible comment un tyran, dénué de tout scrupule et doué d’une infinie patience, parvient à laver le cerveau d’un être humain.

Si sa résonnance contemporaine ne saurait être ignorée, Le Sympathisant dépasse largement nos considérations actuelles sur l’éthique de la torture. Il dépasse aussi la réflexion pourtant passionnante sur nos errements politiques en Asie du Sud-Est. Viet Thanh Nguyen transcende l’Histoire même pour sonder la solitude de l’existence humaine, les coûts de la fraternité et les limites tragiques de nos sympathies.

The Washington Post
Article traduit de l’américain par Laureline Chaplain



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Hoel
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Le Vol des Cigognes

MessagePosté le: Mar Mai 14, 2019 9:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis vient de paraître sur Polars Pourpres.



Citation:
Confessions d'un espion vietnamien

Ce roman commence en avril 1975. Le tumulte règne à Saïgon et nombre d’Américains décident de fuir le Vietnam tant qu’il est encore temps. Chacun veut sauver ses proches mais aussi des Sud-vietnamiens en bons termes avec la famille. Seulement, les places à bord des avions coûtent cher et il faut faire des choix cruels. Une foule de candidats au départ s’amasse à l’aéroport mais l’attente est interminable et l’issue incertaine. Le narrateur, – un Capitaine dont on ne saura jamais le nom – parvient à décoller in extremis avec le Général et sa famille. Ce que ceux-ci ignorent, c’est qu’ils ont embarqué avec eux un agent double à la solde des communistes.

Le Sympathisant a reçu entre autres prix le Pulitzer et l’Edgar Award du meilleur premier roman. Courant sur plus de cinq cents pages, cet opus est passionnant bien que certains aspects puissent ne pas totalement convaincre les amateurs de polar. Viet Thanh Nguyen accorde ainsi beaucoup de place aux bluettes de l’agent. Aussi bien à la relation libre qu’il entretient avec une quadragénaire de Los Angeles d’origine japonaise qu’à son admiration béate pour la fille du général, magnifique jeune femme souhaitant se lancer dans la chanson. Si le roman comporte bien quelques longueurs, l’auteur fait alterner habilement moments de tension et de réflexion, parfois très intéressants. Les questionnements du Capitaine quant à son identité sont très pertinents, lui qui est né d’un père français et d’une mère vietnamienne. Communiste ayant étudié aux États-Unis où il vit désormais mais continuant à communiquer par messages codés avec les forces Vietcongs, tiraillé par ses origines et quelque part rejeté par les deux camps, il peine à trouver sa place et à s’accepter lui-même. L’exil vietnamien à L.A., qui compte alors une véritable diaspora d’Asie du sud-est, est également l’un des sujets du livre, qui n’en demeure pas moins un efficace roman d’espionnage, le narrateur devant parfois se salir les mains pour ne pas se faire démasquer.
Le temps d’une large parenthèse, l’agent se retrouve consultant pour un film hollywoodien à gros budget, et les cinéphiles reconnaîtront sans doute, même si certains éléments ont été modifiés, le tournage dantesque d’Apocalypse Now aux Philippines. Ce que viennent d’ailleurs confirmer les nombreuses lectures de Viet Than Nguyen qu’il mentionne dans une impressionnante bibliographie prouvant à quel point il s’est documenté pour faire tenir debout ce roman-fleuve et sans doute irréprochable d’un point de vue historique.

Très intéressant et impressionnant à bien des égards, surtout s’agissant d’un premier roman, il manque à ce Sympathisant un petit quelque chose pour en faire une lecture durablement marquante. Peut-être parce qu’on peine à s’attacher à ce personnage, finalement assez lisse malgré sa dualité.


_________________
Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire... J'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard (1864-1910)

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