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Le Bourreau de Gaudí - Aro Sáinz de la Maza (Actes Sud)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Nov 27, 2014 7:24 am    Sujet du message: Le Bourreau de Gaudí - Aro Sáinz de la Maza (Actes Sud) Répondre en citant

Pour cette rentrée, la collection Actes Noirs a misé sur la découverte d'un nouvel auteur espagnol, Aro Sáinz de la Maza, et de son premier roman déjà très remarqué, Le Bourreau de Gaudí, paru dans une traduction de Serge Mestre chez Actes Sud.
Première enquête de Milo Malart, ce roman a reçu le Prix international RBA du roman noir.





Le livre :

Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudí.
Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia.
Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire.
Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui fait la gloire de la ville.
Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence.
La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ?
Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ?
Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudí, aux formes proprement hallucinantes.
Dans une intrigue magistralement tenue jusqu'à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, moeurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudí plante l'envers du décor d'une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale.
Une « Ville des prodiges » terriblement moderne et effroyablement archaïque.




« Une intrigue palpitante, doublée d'une critique acerbe de la société catalane, où les pressions politiques et la corruption semblent être une tradition locale. »
Marc Fernandez - Alibi

« Une vague de crimes, aussi noirs que la montera d'un matador. »
Julie Malaure - Le Point

« Le Bourreau de Gaudí est un roman singulier, inquiétant et complexe, portrait baudelairien d'une ville en charogne, sublime et pourrissante, portant la douleur des hommes au coeur de sa structure. »
Elise Lépine - Transfuge




>> Lire un extrait [PDF] ici



L'auteur :

Aro Sáinz de la Maza est né à Barcelone en 1959.
Il est éditeur et correcteur.
Le Bourreau de Gaudí est sa première incursion dans le genre policier, et a valu à son auteur le Prix international RBA du roman noir.
On retrouvera l'inspecteur Milo Malart dans son second roman, en cours de publication en Espagne.



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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Ven Nov 28, 2014 7:08 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Lucie Merval sur le site Zone Livre :

Citation:



A quelques jours de la venue du Pape pour des célébrations à la Sagrada Familia, un homme est retrouvé brûlé vif sur un des bâtiments emblématiques construits par Gaudi : La Perdrera.

Milo Malart, policier à Barcelone est sollicité par son amie Susana Cabot, juge sur l’affaire.
Peu apprécié par ses collègues, il a été momentanément suspendu des effectifs depuis que son neveu s’est suicidé avec son arme de service.
Particulièrement écorché, solitaire, se fiant davantage à son instinct qu’aux procédures, il va devoir convaincre, aidé en cela d’une nouvelle collègue et d’un adjoint, pro en recherches en tous genres.
L’heure est grave !
Il ne faudrait pas que la presse s’empare de l’affaire pour en faire ses choux gras à quelques jours d’un événement majeur retransmis sur les écrans du monde entier, et qui a de quoi entacher la réputation de la ville dont le niveau de crimes violents est bas comparé à d’autres villes européennes.

Un livre très bien construit qui, malgré ses nombreuses pages, présente peu de longueurs et se lit avec plaisir et facilité jusqu’au dénouement final.
C’est surtout une lecture enrichissante.
Au moment où j’écris, je suis encore totalement immergée dans cette enquête qui mêle avec brio meurtres atroces, art, quête personnelle, personnages attachants, corruption, abus en tous genres, franc-maçonnerie, pouvoir de la presse, état des lieux d’une ville qui sous son aspect idyllique a bien des travers…

Rentrons davantage dans les détails…
Ce crime est d’autant plus atroce que le meurtrier a filmé le corps en train de se consumer.
Et ce n’est malheureusement pas le seul, d’autres suivront…
A chaque fois, la victime est un membre important de la communauté barcelonaise, notamment un homme à la tête de la Fondation Cercle Gaudi, chargée de veiller sur les œuvres du génie (NB : fondation fictive).
Pourquoi ce choix de victimes ?
Quel lien entre elles ?
Personnel, professionnel ?
A-t-on affaire à des revendications politiques ?
En creusant leurs passés respectifs, de sordides affaires risquent de refaire surface…
Les enquêteurs vont devoir négliger aucun détail, se repasser les vidéos des centaines de fois car le tueur est méthodique, organisé…

Autre élément troublant, chaque corps est retrouvé sur un bâtiment ayant un lien avec Gaudi.
Est-ce seulement une fascination pour l’artiste ou l’auteur des crimes veut-il aussi frapper le symbole de la ville ?
Gaudi est un personnage qui intrigue et fascine.
Ses bâtiments, les courbes, son histoire personnelle…
Parfois soupçonné d’avoir un lien avec la franc-maçonnerie, serait-ce une des clés pour résoudre ces meurtres ?
Vous l’avez compris, Gaudi et ses oeuvres sont évoqués régulièrement au cours de la lecture mais pour les novices, rassurez-vous, les descriptions ne sont pas interminables, juste ce qu’il faut pour imaginer ou reconnaître (pour ceux qui ont déjà eu l’occasion d’aller à Barcelone).
Je vous conseille, si vous souhaitez approfondir vos connaissances, le livre d’art sur Gaudi aux éditions Taschen et le film documentaire « Gaudi, le mystère de la Sagrada Familia » (2012).

L’intrigue se passe en 2010 mais sera aussi évoquée la transformation de la ville depuis des années, avec les premiers J.O organisés sur le territoire espagnol, en 1992.
Il a fallu construire, arranger afin de favoriser l’essor touristique, parfois au détriment des habitants…
Depuis quelques années, la crise est aussi passée par là.
Les laissés pour compte d’une ville qui ne mise que sur le tourisme, pourraient avoir des envies de vengeance…

Le personnage principal est attachant.
Hanté par le suicide de son neveu, brouillé avec son frère et sa belle-soeur, il vit un peu en marge, perdu dans ses pensées, à exorciser ses fantômes.
Cette enquête va être l’occasion de le remettre en selle mais aussi de pouvoir fouiller dans les affaires de son neveu (c’était en apparence un garçon équilibré, il s’est forcément passé quelque chose), afin de comprendre pourquoi il a commis l’irréparable.
Il aurait dû être là pour lui, voir ce qui n’allait pas…
Sentiment de culpabilité…
Il trouvera les coupables, si il y en a !
Et si cette histoire personnelle avait un lien avec ces meurtres sordides ?

J’ai aimé ce flic écorché, qui a des sensations, des visions, qui essaie de se mettre dans la tête du tueur.
Ses déductions sont logiques, progressives et non pas surréalistes comme dans certaines séries US.
A ce propos, il vanne régulièrement sa coéquipière qui porte fièrement des tee-shirts avec des logos représentant toutes les forces de l’ordre américaines.
Leur duo fonctionne bien, l’ambiguïté n’est jamais loin…
Milo est parfois détestable, lunatique mais il faut croire que ça fait partie de son charme !
Méfiant, il soupçonne qu’une taupe soit dans le service, que sa coéquipière soit aussi là pour l’espionner…
En qui peut-on faire confiance dans cette société où l’argent et l’image sont rois ?
C’est un personnage que j’aurai plaisir à retrouver dans un autre enquête, si c’est dans les projets de l’auteur.

Je crois vous avoir livré quelques clés importantes pour avoir envie de dévorer ce livre.
Jusqu’au bout, je ne savais pas où m’emmenait l’auteur (que ce soit dans Barcelone ou dans l’enquête – la vérité est effroyable) mais j’y ai pris un plaisir fou, j’ai appris énormément de choses, je me suis attaché aux personnages…
L’auteur maîtrise son intrigue jusqu’au bout [/b(même si vous avez peut être l’impression en me lisant, que cela part dans tous les sens) tout en dénonçant pas mal de choses.
Ce premier roman est à mon sens complet, brillant.

Incontestablement, un des meilleurs livres que j’ai lu cette année !!!



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MessagePosté le: Sam Déc 06, 2014 6:10 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur son blog Actu du Noir :

Citation:

Aro Sáinz de la Maza, nouvel auteur barcelonais.


Voici donc le premier roman d’un nouvel auteur catalan que je vais bientôt rencontrer à Ombres Blanches : Le bourreau de Gaudí de Aro Sáinz de la Maza.


Cinq heures du matin, un corps brûle suspendu à un balcon de la Pedrera, une des œuvres emblématiques de Gaudí à Barcelone.
L’homme a auparavant été torturé de longues journées.
A la demande de la juge en charge de l’enquête, Milo Malart, suspendu par mesure disciplinaire est réintégré dans l’équipe des enquêteurs.
Milo et ses méthodes qui heurtent les autres flics.
Quand une personnalité en vue est enlevée, comme la première victime, la pression monte.
D’autant plus que le pape est attendu, quelques jours plus tard, pour bénir la Sagrada Familia.

Entre l’assassin sadique et fantomatique qui semble vouloir punir la ville et ses élites et Milo Malart la course est engagée.


Je ne vais pas vous raconter que c’est le polar de l’année.
Ni même celui de la rentrée.
On peut même lui trouver des défauts : Des personnages avec un air de déjà vu (un serial killer traumatisé dans son enfance, un flic en froid avec ses collègues, et avec un traumatisme qui le fragilise …), des ficelles parfois un peu trop visibles…

Mais ça marche.

Ca marche parce que la balade dans la Barcelone de Gaudí est belle.
Parce l’auteur nous apprend beaucoup sur son œuvre sans jamais paraître didactique.
Parce que la description de la main mise sur la ville par quelques familles, et celle de la chasse aux pauvres et à ceux qui font tâche depuis les JO est intéressante.

Ca marche parce qu’il est toujours intéressant d’avoir une nouvelle vision de Barcelone, une des villes les mieux peintes par les auteurs de polar, de Montalban à Gimenez Bartlett, en passant par Ledesma, Fallaras ou Mendoza.

Ca marche aussi parce que, malgré les quelques ficelles, l’auteur a une bonne maîtrise du tempo, et qu’en particulier l’accélération finale est très réussie.

Donc on prend plaisir à suivre l’intrigue, on apprend, les relations entre les deux flics au centre de l’histoire sont bien croquées, et finalement, c’est un premier essai plutôt réussi et, peut-être, le début d’une série ?

J’aurai l’occasion de la demander à l’auteur le mardi 30 septembre à Ombres Blanches.



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MessagePosté le: Mar Déc 09, 2014 8:49 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Marnie sur le site Blue Moon :

Citation:


Formidable pavé !
Non seulement, l’intrigue commence immédiatement, mais le style vous happe dès les premières lignes.
Mais si l’aspect policier, les personnages, la ville même, et l’aisance naturelle de l’auteur sont passionnants, il faut saluer aussi l’analyse militaro-économique et sociologique qui peu à peu se dégage de l’histoire, avec en toile de fond la crise de 2008 qui a secoué l’Europe et notamment l’Espagne qui souffre toujours autant de ses conséquences.

Ce roman est foisonnant... et se lit sur plusieurs niveaux.
Tout d’abord, nous voici en présence d’un très bon policier psychologique, avec un héros traumatisé et instable comme on les adore... aussi agaçant qu’attachant.
Bien évidemment, on lui met dans les pattes une jeune flic idéaliste qui fantasme sur le thriller à l’américaine comme ses tee-shirts le prouvent.
Là où cela devient original, c’est que le troisième personnage du roman, c’est la ville de Barcelone.
Aro Sáinz de la Maza parle de sa ville avec passion... entre haine et amour, dénonciations et admiration !

Alors que des meurtres ensanglantent les magnifiques édifices de la ville transformée par Gaudi, on attend la visite du pape, la tension est à son paroxysme, puisque les cibles choisies par le mystérieux serial killer mettent en évidence corruption, alors que la presse se déchaîne et que la police montre ses limites...
Le retour tonitruant de Milo fait l’effet d’un chien dans un jeu de quilles.
Il est temps pour lui de régler ses comptes, de surmonter un terrible drame personnel, et d’arrêter le serial killer avant que Barcelone ne s’enflamme... alors que les habitants tentent de faire face aux conséquences économiques d’une crise qui n’en finit pas.

Le résultat est un excellentissime roman policier, où passé et présent ne font plus qu’un... où la magnificence de l’architecture de Gaudi se confronte aux plus noirs sentiments des hommes et des institutions.

Tous les personnages forment une galerie de portraits saisissants, riches et pauvres, qui utilisent ou sont broyés par le système.
Alors que le rythme s’intensifie, Milo, lui, renaît de ses cendres !

Brillant, puissant et impeccablement maîtrisé...







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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2016 12:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Fils de lectures :

Citation:

“Tu peux m’appeler Majesté”


Ce qui est terrible avec un roman aussi magistralement mené que celui-ci, c’est qu’il vous attrape par le col et ne vous lâche plus avant la dernière ligne, vous amenant à devenir de plus en plus asocial au fur et à mesure que vous vous enfoncez dans le récit.
Et même, le livre refermé, il vous faut encore du temps pour en sortir vraiment et reprendre pied dans votre propre monde.

C’est le premier roman de cet auteur barcelonais que nous découvrons.
Si celui-ci est sa première incursion dans le monde du noir, l’auteur avait déjà publié une dizaine de titre auparavant.
Depuis 1996, où il publie son premier roman (Nada es azul, chez Montesinos), il a aussi exploré le monde de la littérature pour la jeunesse (avec El jugador de frontón en 2001) et le monde des contes (avec deux anthologies, en 2004 et 2008).

Cela s’ouvre sur un prologue énigmatique (dont on peut se douter qu’il sera important) puis aussitôt l’on est pris dans une intrigue qui va aller s’épaississant.
Notre guide sera l’inspecteur Milo Malart, ou plutôt l’ex-inspecteur, car Milo a été mis à pied pour n’avoir pas su résoudre une affaire à temps, permettant à un tueur en série de faire une victime de trop.

De fait, c’est sans doute son style trop atypique, trop « procéduralement » incorrect qui dérange et le rend suspect de tout ce qui cloche, des erreurs comme des fuites, aux yeux de ses collègues.
Milo est plus qu’un peu au fond du trou, car il n’y a pas que dans sa carrière que rien ne va plus…
Il y aussi Marc, le neveu dont il se reproche la mort.
Il s’en sent pleinement coupable car il n’a rien vu venir, lui qui devinait et sentait venir les choses, qui pouvait s’identifier à l’autre, aux autres, pour deviner leurs réactions, leurs projets criminels, aussi tordus soient-ils.

Voilà que dans une mise en scène des plus macabres, un notable est retrouvé accroché à l’un des plus célèbres monument de Gaudi, la Pedrera, brûlé vif.
Au grand dam de ces anciens collègues, dont certains ne cherchent même pas à cacher leur hostilité, voilà Milo sommé par la juge Susana Cabot de reprendre du service car elle le pense seul à même d’appréhender un crime si audacieux, si fou, si « hors-norme ».
Vu la situation et réputation de l’inspecteur, cela se fera tout de même sous conditions et sous contrôle.
Flanqué d’une sous-inspectrice, fan de série policière made in USA (où elle a été en stage) censée le « chaperonner », Milo mène son enquête, avec ou contre les autres membres du groupe des affaires criminelles.
C’est que le crime de la Pedrera semble d’un genre bien nouveau, par sa radicale et implacable cruauté, par son audace et sa précision aussi.

A peine ouverte, l’enquête patine et va vite semer une vraie panique dans les services de police mais aussi parmi les notables, les grands et les riches, ces quatre cents familles qui entendent régner sur Barcelone et qui en en ont fait ce qu’elle est aujourd’hui : une ville entièrement dévolue au tourisme et à sa propre image, où les victimes de sa folie des grandeurs ne se comptent plus depuis les Jeux de 92.
Tous cela à quelques jours de la visite du Pape qui doit consacrer le grand œuvre de Gaudi, la Sagrada Familia, et que l’on attend un exceptionnel afflux de touristes.
Pour compléter le tout, une chaîne de télévision avide de sensationnel en rajoute, mettant la pression à tous et faisant une publicité énorme à l’assassin qui sait déjà très bien faire sa propre promotion via internet.

Il y a quelque chose du conte dans Le Bourreau de Gaudí, d’un conte noir et cruel.
Cruellement contemporain aussi.
On y rencontre en effet des enfants livrés à la férocité d’un ogre, un héros qui doit racheter ses erreurs passées au travers d’une véritable quête, d’une sorte de parcours initiatique ou rédempteur où il croisera un sage qui détient quelques-unes des indispensables clés, quelques frères ennemis à force d’être jaloux, un allié fidèle qui ne lui demande rien, des génies déchus, malfaisants et moqueurs…
Tout cela dans une ville qui se révèle aussi être une ogresse implacable qui dévore ses enfants et se nourrit de leurs malheurs, une métropole qu’un célèbre architecte trop génial pour n’être pas aussi un peu fou, a transformée en spectaculaire énigme.

A l’ombre des inquiétantes cheminées-soldats de la Pedrera – celles sur lesquelles s’écrit le premier crime et dont l’image accompagne la figure la plus sombre du récit, mais qui ont aussi accompagné l’auteur dans l’écriture de cet impressionnant conte-roman noir – l’écriture d’Aro Sáinz de la Maza nous entraîne dans un univers tendu qui dérape parfois dans un imaginaire fantastique et effrayant où les plus souterraines obsessions menacent le fragile équilibre des apparences.
L’écriture du roman se fait par ailleurs dans un troublant parallèle avec celle du crime, élaboré avec un souci de l’esthétique, de la plastique, qui démultiplie le malaise et le trouble, installant une morbide fascination à laquelle il faut savoir s’arracher au risque d’en devenir malgré soi complice.
Un risque qu’encourt le principal personnage, Milo, mais aussi – peut-être – le narrateur et écrivain, voire les lecteurs que nous sommes.
Nous croisons en effet dans le récit deux troubles personnages dont l’un se dit écrivain, et l’autre correcteur… et l’auteur de remercier tout ceux qui l’ont aidé dans l’écriture de ce crime… littéraire.
La victime ?
Sans nul doute l’image de la ville-phare, de la cité devenue un jour olympique, puis plus que jamais capitale touristique, cachant ses secrets sous les marbres et ferronneries d’un architecte trop génial et visible, trop ambitieux et démesuré pour ne pas avoir ses parts d’ambiguïté et de mystère.

Au sortir de ce roman, qui n’est, bien sûr, qu’une fiction… on se dit que l’on ne pourra peut-être plus admirer la ville de Barcelone avec le même œil.
L’auteur est amateur de contes et a même publié en Espagne plusieurs recueils de récits collectés à travers le monde.
Or, des contes, il se dit aussi que ce sont des mensonges qui disent la vérité…
Comme cela arrive parfois, l’éditeur a choisi de ne pas être fidèle au titre original.
Lors d’une rencontre, l’auteur nous a dit nettement préférer le titre français, le titre original lui ayant été imposé par son éditeur espagnol.
Le vrai titre de ce roman aurait en fait du être une des phrases clés du roman : “Tu peux m’appeler majesté”.

La couverture de la version originale porte la mention “Un caso del inspector Milo Malart”, nous laissant supposer que nous retrouverons le personnage de Milo dans un prochain volume…
Et c’est bien le cas, le deuxième titre paraîtra sous peu en Espagne et le troisième est en cours d’écriture !
A suivre…






>> On retrouve la deuxième enquête de l'inspecteur Milo Malart dans Les Muselés, le nouveau roman d'Aro Sáinz de la Maza paru en septembre chez Actes Sud (on en parle ici sur le forum) :






Citation:


Dans un sous-bois à la lisière de Barcelone, caché sous des feuilles mortes, gît le corps d’une jeune femme à l’aspect en tout point ordinaire, si ce n’est ses ongles, impeccablement manucurés : une étudiante de famille modeste qui finance ses études au service de recouvrement de créances dans un cabinet d’avocats, et arrondit ses fins de mois en faisant l’escort-girl.
Quelques jours plus tard, un des associés du cabinet qui l’employait est retrouvé mort dans son appartement cossu du centre-ville.
De la chaîne hifi high-tech s’échappent encore des accords de blues, tandis que le champagne s’évente sur le comptoir de marbre noir.
L’enquête s’annonçait déjà ardue quand un sadique entreprend d’exposer dans les squares, à la vue des enfants, des chiens empalés.
Les plaintes fusent et la pression est à son comble pour l’inspecteur Milo, chaque jour un peu plus gagné par la schizophrénie qui a déjà emporté son père et ronge désormais son frère Hugo.
Mais ces troubles psychotiques qu’il essaie d’endiguer sont aussi sa plus grande force : une capacité hors pair à se mettre dans la peau des meurtriers.
Le pouvoir politique veut des arrestations pour ramener l’ordre dans la ville et refuse d’entendre les clameurs d’une cohorte d’Indignés pris au collet par le chômage, la corruption et la misère, prêts à tout pour simplement survivre.
Mais qui sont les coupables ?
Ces victimes ?

Dans une Barcelone en noir et blanc, pétrifiée et transie, asphyxiée par la crise, l’auteur conduit un thriller poignant sur la ligne rouge qui mène au précipice les exclus du système.






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MessagePosté le: Mar Nov 22, 2016 11:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ironheart a écrit:
norbert a écrit:

Je commence :



Ah ! Voilà qui m'intéresse !



Finalement je ne l'ai commencé que hier soir, et j'ai déjà lu une grosse centaine de pages d'une traite.
Pour l'instant, l'intrigue est déjà très prenante, avec une enquête originale, et un inspecteur, Milo Malart, totalement atypique et acariâtre, auquel on s'attache peu à peu.
Mis au placard après le suicide de son neveu avec son arme de service, il est exceptionnellement réintégré pour tenter de trouver des pistes là où tous les autres sèchent depuis plusieurs jours.
Il faut dire qu'il a un esprit assez borderline - conséquences de gênes de schizophrénie dans sa famille - grâce auquel il a développé une intuition et une espèce d'empathie peu ordinaires envers les tueurs, ce qui lui permet d'aborder des enquêtes sous des angles inédits.
Toutefois, non seulement Milo est obligé de consulter une psychologue chaque semaine, mais il doit aussi être chaperonné par une sous-inspectrice formée à Quantico par le FBI.
Même si au début leur tandem fait des étincelles, on devine que celle-ci va sans doute devenir peu à peu la seule à essayer de le comprendre, là où quasiment tous les autres au commissariat le prennent pour un fou...
Pendant ce temps, un (ou plusieurs ?) psychopathe(s) s'en prend à la fois à des membres de l'oligarchie barcelonaise pour d'obscures raisons, mais aussi à Barcelone elle-même, à son âme et à son image, via son plus précieux atout touristique : les monuments du génial architecte Gaudi.
Les victimes sont brûlées vives, suspendues au balcon de La Pedrera, grand immeuble à l'architecture baroque et somptueuse, notamment avec sur son toit ses cheminées en forme de statues de guerriers, qui illustrent la couverture du roman.

Bref, pour l'instant c'est du tout bon, un polar à la fois intéressant et captivant, donc j'y retourne ! Smile
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MessagePosté le: Mer Nov 01, 2017 12:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Sortie poche aujourd'hui chez Babel Noir :



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Fab
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Miserere

MessagePosté le: Jeu Avr 25, 2019 2:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Une plongée dans l'histoire de Barcelone à travers son façonnage par Gaudi, véritable cœur du roman de Sainz De La Maza.
Le reste est assez classique: flic athipique, dissensions avec la hiérarchie, crimes sordides...
L'intrigue est solide et ne va pas autant dans la direction d'un Da Vinci Code catalan que ce que j'ai pu lire ici et là, le style est fluide et malgré quelques petites longueurs on ne décroche pas jusqu'à la fin.
C'est d'ailleurs vachement intéressant de lire Le Bourreau de Gaudí tout en étant soi-même à Barcelone comme ce fut le cas pour moi la semaine dernière. De voir ce que tu viens de lire ou de lire ce que tu as vu selon le prisme du personnage Milo Malart.
C'est du coup en plus une excellente alternative à un guide touristique ordinaire.
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À chaque décision que nous prenons, nous créons un nouvel avenir. Et, ce faisant, nous détruisons tous ceux que nous aurions pu avoir à la place.
Lou Berney November Road
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