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L'Empreinte - Alexandria Marzano-Lesnevich (Sonatine)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Jeu Jan 17, 2019 3:20 am    Sujet du message: L'Empreinte - Alexandria Marzano-Lesnevich (Sonatine) Répondre en citant

Déjà récompensé par le Prix du livre étranger France Inter/JDD 2019, L'Empreinte de l'Américaine Alexandria Marzano-Lesnevich est sorti chez Sonatine, traduit par Héloïse Esquié.






Le livre :

« Ce livre est une merveille. » Celeste Ng (auteur de La Saison des feux)

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l'épouvante et ébranle toutes ses convictions.
Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté.

Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis.
Elle n'aura alors cesse d'enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l'autobiographie et du journalisme d'investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d'éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l'on imagine. Aussi troublant que déchirant.



« Cette alternance entre autobiographie et journalisme, documentation et imagination, témoignage et intuition, tendresse et horreur est d'une intelligence et d'une élégance folles. L'édifice n’aurait sans doute pas tenu dans les mains de quelqu'un de moins profond ou d'un écrivain moins doué, mais Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre une véritable œuvre d’art qui parle autant à notre conscience qu'à notre cœur. »
Maggie Nelson (Les Argonautes, Une partie rouge)

« Complexe et exigeant... un livre qui repousse les frontières de l'écriture du trauma. »
The New York Times



>> Lire les premières pages



>> Le site de l'auteur : http://alexandria-marzano-lesnevich.com/

>> Sa page Facebook : https://www.facebook.com/AMLwriter/




L'auteur :

Alexandria Marzano-Lesnevich vit à Portland dans le Maine et enseigne la littérature.
L'Empreinte est son premier livre.



_________________
« Il vaut mieux cinq mille lecteurs qui ne vous oublieront plus jamais à des centaines de milliers qui vous auront consommé comme une denrée périssable. » Jérôme Leroy
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norbert
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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mer Jan 23, 2019 4:53 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> Entretien avec l'auteure dans Le Parisien :

Citation:

« L’Empreinte », le livre-témoignage d’une vie marquée par deux prédateurs sexuels


L’Américaine Alexandria Marzano-Lesnevich a été abusée par son grand-père dans son enfance, puis a enquêté sur un pédophile tueur d’enfant. Deux histoires qui s’entremêlent racontées dans un livre poignant.




C’est le récit de deux destins, dont l’improbable collision a engendré un objet littéraire aussi original que puissant.
L’Empreinte est le premier livre d’Alexandria Marzano-Lesnevich, 41 ans. Celui d’une vie, que cette Américaine aura mis presque une décennie à accoucher.
Une vie souillée dès ses premières années par un grand-père prédateur sexuel, qui l’a abusée quand elle était enfant.
Devenue étudiante en droit à Harvard, cette fille d’avocats de la côte Ouest, « élevée dans le droit comme d’autres dans la religion », a effectué un stage en Louisiane. C’est là que sa trajectoire et celle de l’affaire Ricky Langley se sont télescopées.


Jeune homme paumé aux penchants pédophiles très tôt avoués, ce dernier a tué en 1992 le petit Jérémy Guillory, 6 ans. Jugé trois fois, condamné à mort, Langley a échappé de peu à la chaise électrique.
Cette peine de mort, Alexandria aurait pu y être favorable, de même que Lorelei, la mère de Jérémy. Or, chacune à leur manière, les deux femmes s’y sont opposées.
Au carrefour du thriller, de l’autobiographie et de l’investigation, comme le décrit son éditeur, Alexandria Marzano-Lesnevich, aujourd’hui professeur de littérature, livre le récit rare d’une victime d’abus sexuels, et ses réflexions sur le sens du pardon, le poids du silence, la prise en charge des victimes mais aussi celle des auteurs.
Nous l’avons rencontrée à Paris.


Pourquoi vous êtes-vous intéressée à cette affaire, vieille de plus de vingt-cinq ans ?

ALEXANDRIA MARZANO-LESNEVICH. Les médias en ont beaucoup parlé, expliquant que la mère de la victime avait pardonné au meurtrier de son fils. C’est faux. Il n’y a pas eu de pardon, mais elle s’est toutefois opposée à ce qu’on lui applique la peine de mort, considérant que ça ne l’aiderait en rien à effacer sa douleur. J’ai voulu comprendre. Et puis, je suis tombée sur cette vidéo du meurtrier, Ricky Langley. Il y raconte ce qu’il a fait à certains enfants qu’il avait agressés avant Jérémy. C’est ce que mon grand-père m’a fait subir. Le choc est venu de là. Je me suis plongée dans le dossier judiciaire. Avec beaucoup de difficultés au regard de mon passé. Il m’a fallu trois ans pour accepter de le lire.


Pourquoi avoir voulu écrire dessus ?

C’est comme si je n’avais pas eu le choix. Mon subconscient a pris le contrôle. Et au fur et à mesure que je noircissais des pages, j’ai compris que je n’écrivais pas sur un crime, mais sur deux. J’ai surtout voulu aller au-delà du judiciaire, de la froideur d’un dossier pénal. Aux Etats-Unis, notre système est conçu de manière à ce que deux parties, la défense et l’accusation, s’affrontent. Les avocats, le plus souvent, sont du côté des coupables. Or, la réalité est infiniment plus complexe.


C’est tout le paradoxe de votre livre. Vous vous identifiez à la fois à la victime, mais aussi à l’auteur du crime…

J’ai voulu faire de cet ouvrage un plaidoyer pour la complexité. Ricky a une histoire, tragique elle aussi. Je raconte comment, lors de sa grossesse, sa propre mère était emprisonnée dans un carcan de plâtre, suite à un effroyable accident de voiture. Je ne voulais pas ressentir d’empathie par rapport à ce qu’il a commis. Mais c’est pourtant ce qui s’est produit, quand bien même j’avais en tête l’horreur de ses actes. A plusieurs reprises, conscient de ses penchants, il a tenté de demander de l’aide, sans être entendu. En me penchant sur son cas, j’ai eu le sentiment d’un garçon piégé par lui-même, et rejeté par la société. Il est à la fois un pédophile, et un homme.


Comme votre grand-père…

Oui. Il était à la fois mon grand-père, et mon agresseur. Avec le recul, je ne peux nier qu’il m’a transmis certaines choses. Il était le seul artiste de notre famille, comme moi. Il m’a appris par exemple à dessiner.


Est-ce à dire que vous lui avez pardonné ?

Je n’aime pas ce mot « pardon ». Aux Etats-Unis, il est synonyme d’effacement. Je raconte cette scène, où nous sommes en ligne avec mon grand-père, au téléphone. Il me demande pardon. Et je ne sais plus ce que je lui ai répondu. C’est comme si j’avais été excisée de ce souvenir. Tout est flou. Le pardon, il vient aussi de la reconnaissance, non seulement des faits, mais de leurs conséquences. Et lui en a toujours minimisé l’ampleur.


Pourtant, cette confrontation vous a été nécessaire ?

Elle a été extrêmement importante. Cette verbalisation est indispensable, surtout face au silence. Quand mes parents ont su, ils ont éloigné mon grand-père de la maison, mais sans rompre avec lui. Pour eux, ce silence était nécessaire afin que notre famille reste soudée. C’est pour cela que j’ai voulu écrire sur qui ils étaient, et ce qu’était ma famille à l’époque. Mais ce silence a fait énormément de mal. Même eux, il a contribué à les emprisonner.


Ce livre est une manière de briser l’omerta pesant sur ce type d’abus ?

Complètement. A sa sortie, j’ai croisé ou reçu des mails de la part de nombreuses victimes, qui n’en avaient jamais parlé. Ce silence, c’est une forme de punition qu’elles s’infligent à elles-mêmes. Comme quand, à l’adolescence, je me suis renvoyé cette violence par l’anorexie. Moi, je me suis sentie le droit de parler. J’en avais les capacités. Taire ces abus, c’est empêcher de les prendre en compte, d’identifier le problème et de mettre en place des solutions. Aux Etats-Unis, comme en France, il y a bien, par exemple, un fichier qui recense les prédateurs sexuels. Mais c’est oublier que dans la majorité des cas, les auteurs de ce type de crime évoluent dans un cadre intrafamilial.


Un cadre qui ne vous a pas protégé, alors même que vos deux parents étaient avocats…

Mes parents ont consulté une psychologue, qui leur a conseillé de ne pas évoquer tout cela. Aujourd’hui, ils ont lu le livre. Souvent, ce type de drame est évoqué par les gens, auteurs ou victimes, sur leur lit de mort. C’est terrible de devoir en arriver là. Dans mon cas, il n’y a jamais eu de plainte. Mon grand-père n’a pas eu à rendre des comptes. Peut-être qu’un procès aurait permis de dire les choses, d’obliger mes parents à se positionner. Pour eux, en parler est toujours extrêmement compliqué.







>> La chronique de MrK sur Le Capharnaüm éclairé :

Citation:

L'Empreinte d'Alexandria Marzano-Lesnevich



Chronique d'un livre bien particulier aujourd'hui, celui d'un récit mêlant l'autobiographie, l'écrit journalistique, le thriller et le roman noir. L'Empreinte d'Alexandria Marzano-Lesnevich est vraiment marquant à sa façon car l'auteur tout en nous relatant une affaire criminelle atroce fait le lien avec son propre passé, livrant des révélations terrifiantes sur sa famille et ce qu'elle a vécu dans sa jeunesse.
Se basant sur ses souvenirs, sur des témoignages et des documents des tribunaux, elle va poursuivre une quête de vérité éprouvante et tâcher de lever le voile sur les zones d'ombres de sa propre existence.
Le voyage est à sens unique et tout bonnement prodigieux quoique bien rude...


Tout commence avec un stage que l'auteure fait auprès d'un cabinet d'avocats de Louisiane. Elle va y faire connaissance du cas judiciaire Ricky Langley, pédophile condamné à mort pour le meurtre par strangulation d'un petit garçon de six ans. Malgré sa passion pour la justice, sa vision humaniste et progressiste, elle est choquée par ce fait divers épouvantable et tout ce qui l'entoure. Ses convictions profondes s'en voient ébranlées, allant jusqu'à remettre en cause un temps son opposition à la peine capitale.
Mais cette réaction en cache une autre beaucoup plus profonde, cette affaire fait remonter à la surface sa propre vie et notamment les abus dont elle a été victime plus jeune.
Peu à peu, au fil de ses investigations, des parallèles vont se construire entre son histoire et celle de Ricky provoquant la résurgence de sentiments enfouis et refaçonnant sa vision de la justice et de la rédemption.


Durant les deux-tiers de l'ouvrage, on alterne donc les chapitres entre l'enquête type journalistique qu'opère l'auteure et des chapitres plus intimistes où elle revient sur les débuts de sa vie. Très documentée et déterminée à éclairer au mieux l'affaire Langley, tout est détaillé et minutieux comme un travail d'avocat ou de journaliste d'investigation.
Ainsi, on suit heure par heure les recherches entamées suite à la disparition de Jérémy (la jeune victime de Langley), le parcours de Ricky avant le moment fatal depuis sa naissance (et même un peu avant...) avec son lot d'aléas qui forgent une existence et ses différents procès et séjours en prison, les témoignages de sa famille, de ses proches et de ceux qui l'ont connu de près ou de loin.
Certes, il a fallu broder un petit peu en terme d'expression des sentiments, des vêtements portés, des attitudes mais Alexandria Marzano-Lesnevich a tout fait pour rester collée à son sujet sans en rajouter.
Cela donne des pages écrites de manière simple et efficace, sans recherche de stylistique particulière. L'objectif est pleinement atteint avec un portrait et une biographie complète, oscillant entre banalisation du mal et pathétisme, laissant le lecteur circonspect et un peu paumé face à la figure de Ricky Langley qui n'est finalement qu'une chose : un homme. Un homme malade, mais un homme quand même...


On retrouve le même sens de la nuance et de l'analyse dans la partie plus intime du livre qui relève, je trouve, du tour de force.
On va très loin dans l'introspection et l'analyse de soi et des siens.
Issue d'une famille plutôt aisée (ses deux parents sont avocats), tout semble sourire à l'auteure mais un mal profond la hante depuis toute petite. Abusée régulièrement par un membre de sa famille, elle cachera longtemps son traumatisme et quand celui-ci sera révélé, certains membres de la famille feront comme si rien ne s'était passé.
Ce récit est donc une fenêtre ouverte sur la formation de soi malgré les obstacles, la quête de son identité et de sa liberté.
Par petites touches successives, en faisant le lien avec des choses lues ou apprises sur Ricky, l'auteure cherche à comprendre avant tout qui elle est et comment on essaie de se comprendre les uns les autres.
Vous admettrez que le sujet est passionnant et il est très bien relevé dans cet écrit à la fois pudique, froid et où la subjectivité est écartée au profit de la raison. Certes cela donne des passages assez éprouvants à lire (il y a des choses du domaine de l'indicible pour moi) mais on ne perd aucunement son temps avec cette lecture, on s'enrichit et l'on s'interroge comme jamais.


Pas de personnages donc, il n'y a que des personnes ayant vraiment existé qui hantent littéralement ce volume.
Certains ont vu leur nom changé mais l'essentiel est là : on a affaire à la réalité, à quelque chose qui marque forcément au fer rouge car rien n'est imaginé ou du domaine de l’exagération.
En cela, ce livre est un choc pour moi car je suis un gros amateur et consommateur de fiction, je ne lis que très rarement des documentaires ou des enquêtes. L'empathie fonctionne ici deux fois plus et chaque chapitre est l’occasion de ressentir des émotions fortes.
Au delà de l'affaire criminelle et des abus incestueux, ce livre donne à voir une Amérique en perte de vitesse par rapport à son standing de vie, son rêve américain (toute la partie concernant Ricky) mais aussi sur les difficultés internes à certaines familles US (réaction des parents de l'auteure vis-à-vis de leur fille notamment, les parents de Ricky et leurs proches).
On ressort tout chamboulé de cette lecture et par certains aspects on ne peut que penser à la série documentaire Making a Murderer qui m'avait bien plu lors de son visionnage.


Malgré des thèmes et un fond éprouvants, ce livre se lit très bien et très vite.
L'auteure est douée dans sa manière d'emmener les éléments de réflexions, de les faire se répercuter les uns les autres et de construire une trame globale qui se révèle au final apaisante car dans la colère ne se trouve jamais la solution et dans la compréhension se joue la sérénité des âmes perturbées (même si le pardon n'est pas obligatoire).
Bien écrit, mené de main de maître alors qu'elle parle beaucoup d'elle-même, on aboutit sur une lecture assez incroyable, différente et source de réflexion.



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MessagePosté le: Sam Fév 02, 2019 7:31 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Nathalie Crom dans Télérama :

Citation:

(On aime passionnément)


L'Empreinte

Alexandria Marzano-Lesnevich



Parce qu'elle a voulu que meure un violeur et assassin d’enfant, l’auteure se confronte à ses propres souvenirs de jeune fille abusée. Remarquable.




En 2003, Alexandria Marzano-Lesnevich était une étudiante en droit de 25 ans, en stage dans un cabinet d’avocats de La Nouvelle-Orléans, lors­qu’elle se retrouva face au visage de Ricky Langley. Sur une vidéo datant d’une dizaine d’années, l’homme confessait les sévices sexuels infligés à un petit garçon de 6 ans, Jeremy Guillory, puis le meurtre de l’enfant. Fille d’avocats, intimement révoltée depuis sa prime adolescence par l’idée même de la peine capitale, la jeune femme sentit pourtant monter en elle, ce jour-là, face aux aveux de l’assassin, cette pensée effarante : « Je veux qu’il meure. »


Voilà pour le point de départ de ce livre puissant et chavirant dans lequel Alexandria Marzano-Lesnevich, s’interrogeant sur cet instant qui vit soudainement un désir de vengeance submerger et anéantir ses convictions morales les plus ancrées, remonte le temps et sonde les silences de sa propre histoire familiale.
En quête non pas d’une explication, d’un secret qu’il s’agirait de mettre au jour afin que se dénouent les tensions et les langues, mais plus profondément d’un enseignement sur l’humain d’une portée qui transcende son propre cas d’enfant abusée.


Deux fils narratifs majeurs s’entrecroisent, tout au long des pages de L’Empreinte : la vie retracée de Ricky Langley et celle de l’auteure elle-même, centrée sur son enfance au sein d’une famille d’apparence lisse et ordinaire, en fait percluse de drames sur lesquels il n’était pas question de sembler s’appesantir — « ne jamais regarder en arrière », comme s’il y allait de la survie tant de la tribu que de chacun de ses membres.
Nourri des actes des trois procès au cours desquels comparut le meurtrier (condamné à mort en 1994, puis à la prison à perpétuité) tout autant que des souvenirs personnels d’Alexandria Marzano-Lesnevich, le récit fait surgir peu à peu une multitude de motifs et de thèmes sur lesquels il médite : le poids du silence, la famille et l’appartenance, les violences faites aux enfants, les blessures que se lèguent les générations, la vengeance et la possibilité du pardon.
Tout ceci est articulé par l’auteure avec une précision et une pertinence remarquables. « Ce qui m’a tant séduite dans le droit il y a si longtemps, c’était qu’en composant une histoire, en élaborant à partir des événements un récit structuré, il trouve un commencement, et donc une cause, écrit-elle. Mais ce que je ne comprenais pas à l’époque, c’est que le droit ne trouve pas davantage le commencement qu’il ne trouve la vérité. Il crée une histoire. Cette histoire a un commencement. Cette histoire simplifie les choses, et cette simplification, nous l’appelons vérité. »
Dans L’Empreinte, il est fait place au contraire à « l’ambiguïté constitutive » des êtres, à leurs actes les plus vils et à leurs élans les plus nobles.



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