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J'irai mourir sur vos terres - Lori Roy (Le Masque)

 
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Lun Mar 13, 2017 5:04 am    Sujet du message: J'irai mourir sur vos terres - Lori Roy (Le Masque) Répondre en citant

Après le très réussi Bent Road (Edgar Award du meilleur premier roman) et De si parfaites épouses (tous deux en poche chez Points), l'Américaine Lori Roy nous revient avec J'irai mourir sur vos terres, son troisième roman récompensé par le prestigieux Edgar Award du Meilleur Roman, encensé par la critique, dont le New York Times qui l’a désigné comme l’un des romans les plus remarquables de l’année, et qui vient de paraître aux Editions du Masque, traduit par Valérie Bourgeois.






Le livre :

« La richesse de la narration et la musique de cette voix sont aussi hypnotiques que le parfum de lavande qui imprègne l’histoire. »
The New York Times Book Review



Tout le monde sait qu’il n’y a rien après les champs de lavande des Holleran, si ce n’est la propriété des Baine.
Et tout le monde sait aussi que Juna est à l’origine de la haine entre les deux familles.

Tout a commencé en 1936 dans la petite ville du Kentucky.
Avant qu’il ne rencontre Juna, Joseph Carl était le meilleur des frères Baine.
Mais cette année-là, elle a posé ses yeux noirs ensorceleurs sur lui.
Et le pire est arrivé.

Vingt ans plus tard, Annie Holleran, la jeune nièce de Juna, s’aventure en zone interdite.
Lorsque minuit retentit, elle scrute la surface de l’eau du puits sur le domaine des Baine, pensant, selon une vieille légende, pouvoir y lire son avenir.
Mais au lieu de son futur amoureux, elle découvre, avec horreur, un cadavre.
Et si cette mort annonçait le retour tant redouté de Juna ?
Annie craint qu’une menace rôde de nouveau sur leurs familles, inexorablement liées par les secrets sanglants qui hantent leurs terres.



« Entre Harper Lee et Flannery O'Connor, Lori Roy parvient à teinter de pourpre un champ de lavande. » Jérôme Dejean - Librairie Millepages (Vincennes)




>> Lire un extrait



>> Le site de l'auteur : http://www.loriroy.com/





L'auteur :

Lori Roy est née au Kansas.
Elle est l’auteur de Bent Road (Le Masque, 2013), prix Edgar du meilleur premier roman policier, et De si parfaites épouses (Le Masque, 2015).
J’irai mourir sur vos terres, prix Edgar du meilleur roman policier, a été encensé par la critique, dont le New York Times qui l’a désigné l’un des romans les plus remarquables de l’année.







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« Les nouvelles sont à la littérature ce que la dégustation est à la gastronomie. »
Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.


Dernière édition par norbert le Lun Avr 17, 2017 7:43 am; édité 1 fois
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Le Juge Wargrave
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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Lun Mar 13, 2017 6:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Norbert, il faut aller noter Bent Road ! Il faut soutenir ce super bouquin ! Wink
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Lun Mar 13, 2017 6:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Juge Wargrave a écrit:
Norbert, il faut aller noter Bent Road ! Il faut soutenir ce super bouquin ! Wink


Oui, je vais bientôt aller y mettre quelques mots et une note, comme d'autres bouquins auxquels je pense.
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Le Juge Wargrave
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Les Rivières Pourpres

MessagePosté le: Lun Mar 13, 2017 7:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Non, non, non Norbret, pas de politique (des promesses, des promesses...), des actes !! Laughing Wink
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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norbert
Serial killer : Hannibal Lecter


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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Mar Mar 28, 2017 3:41 am    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Christophe Laurent sur The Killer Inside Me :

Citation:

J'irai mourir sur vos terres : un remarquable prix Edgar



La littérature américaine possède tout de même une extraordinaire faculté à raconter les USA mais aussi l'histoire des USA.
Partir d'un fait, presque d'une anecdote ou d'une époque, et tisser une fiction forte, riche, avec une vraie belle langue.
Pour le lecteur européen, il ne s'agit pas tant d'exotisme ou de voyage, que de dimension, de souffle quand une certaine littérature française, par tradition il faut l'avouer, se regarde plutôt le nombril (et Le Garçon de Marcus Malte est un des rares contre-exemples récents).


J'irai mourir sur vos terres, de Lori Roy, roman passé relativement inaperçu cet hiver, naît ainsi d'un simple événement historique : le dernier homme pendu aux Etats-Unis, en 1936, dans le Kentucky.
C'est mince comme point de départ.
Surtout que Lori Roy ne colle pas du tout à la réalité de ce lynchage, elle invente tout le reste.
Et en fait un roman lumineux.
D'abord sur les croyances populaires (comme Ron Rash sait en parler), sur la Justice, sur la famille et finalement sur les amours de jeunesse.
J'irai mourir sur vos terres est un roman complet, comme on commande un repas gastronomique : il satisfait tous les besoins, les désirs.
Dans une écriture un peu gothique, d'une délicatesse rare, ne négligeant pourtant pas la dureté de la vie rurale dans ce Kentucky abandonné.
C'est ce qui a valu à Lori Roy l'Edgar Award 2012 du meilleur premier roman pour Bent Road et l'Edgar Award 2016 du meilleur roman, tout simplement, pour celui-ci.


En 1936, Sarah et Juna Crowley sont les deux filles d'un fermier, relativement pauvre.
La plantation de tabac, comme celles de ses voisins, est menacée par un été caniculaire.
Ce jour-là, Juna part avec son petit frère, Dale, travailler dans le champ.
A la nuit tombée, ils ne reviennent pas.
Le comté part à leur recherche.
Juna, celle qui a le "don", cette espèce de clairvoyance maudite, assure qu'un homme les a agressé.
Le petit Dale est retrouvé vivant dans un cours d'eau.
Il décèdera quelques jours plus tard.
Tout accuse, et Juna la première, Carl-Joseph, le fils aîné de la famille des Baine.

En 1952, Annie et Carolin Holloran sont également deux soeurs, filles de Sarah Baine.
Comme le veut la tradition, à quinze ans et demi, Annie doit se pencher, à minuit, sur un puits où elle verra apparaître le visage de son futur mari.
Sauf que ce soir là, c'est la vielle madame Baine qu'elle croise, refroidie.
De quoi est-elle morte ?
Juna va-t-elle revenir ?
Et le beau Ellis Baine ?
Le père des deux filles a remplacé, avec bonheur, le tabac par la lavande mais les vieilles histoires, les superstitions refont surface.


Passant de 1936 et de ses événements fondateurs, à 1952, achèvement de ce que l'on peut appeler un destin, Lori Roy développe avec intelligence son intrigue, sa narration, sans jamais être prise en défaut.
Elle raconte autant une histoire familiale, qu'une Amérique rurale.

« Joseph-Carl est toujours assis à la table de la cuisine, les mains sur les genoux, quand je m'avance sur la galerie. Dans sa dernière lettre, il évoquait la poussière. Il disait qu'elle flottait tout le temps dans l'air et qu'elle faisait mourir tout ce qui était vert. Les sauterelles étaient arrivées ensuite. Pour peu qu'une plante ait réussi à grandir, elles s'abattaient dessus et la mangeaient. Et lorsqu'il n'y avait plus rien eu de vivant, elles s'étaient attaquées au manche en bois des râteaux. »


Visiblement Lori Roy aime le Kentucky et les Hommes qui y vivent ou y survivent.
J'irai mourir sur vos terres possède cette poésie âpre des destinées malheureuses, ces vies de non-dits, de renonciation sentimentale, où les vieilles femmes continuent d'accrocher des cadavres de serpent à l'entrée des domaines pour chasser le mauvais sort.
Une lecture admirable.



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Francis Geffard, éditeur, directeur de la collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.
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Le Juge Wargrave
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MessagePosté le: Mar Mar 28, 2017 9:34 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Norbert. Mais le titre n'est pas The Killer inside me (un raté dans le copier/coller sûrement). Wink
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La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment. (Tété, Emma Stanton, 2003).
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norbert
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MessagePosté le: Mar Mar 28, 2017 12:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Juge Wargrave a écrit:
Merci Norbert. Mais le titre n'est pas The Killer inside me (un raté dans le copier/coller sûrement). Wink


C'est le nom du blog de C.L., pas le titre du livre. Wink
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norbert
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MessagePosté le: Mer Mai 10, 2017 8:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Sandrine sur le webzine Tête de lecture :

Citation:

J’irai mourir sur vos terres de Lori Roy



Ce nouveau roman de Lori Roy fera le bonheur des amateurs de littérature noire, psychologique et complexe.
Dans J’irai mourir sur vos terres, elle décortique le destin de plusieurs personnages liés par la famille ou le voisinage et surtout un terrible secret qui pèse sur les jeunes générations.


On suit en alternance Annie et sa soeur Caroline en 1952, et Juna et sa soeur Sarah en 1936, cette dernière étant la seule à s’exprimer à la première personne.
Cette même Sarah qu’on retrouve en 1952 est la mère de Juna et Caroline mais n’est plus alors narratrice.
C’est autour de ces quatre femmes que s’articule le roman, qui compte une pléiade d’autres personnages, tous aussi importants à l’intrigue.


Pour apprécier ce roman, le lecteur ne devra pas être rebuté par les longues errances psychologiques des personnages.
Ce sont elles qui font affleurer peu à peu le passé.
Annie, comme sa tante Juna et sa grand-mère paternelle Mary, a le don : elle voit et sent des choses, peut-être grâce à ses terribles yeux noirs que les gens ont du mal à fixer.
Annie pense qu’elle est la fille de sa tante Juna qu’elle n’a jamais connue, sans en avoir de certitude.
Le lecteur découvre Sarah, Juna et leur frère Dale alors qu’ils vivent avec leur père, leur mère étant morte.
Un jour que Juna était chargée de le surveiller, Dale disparaît.
Elle accuse Joseph Carl Baine, l’ainé des sept frères Baine de retour chez lui.
Sarah ne croit pas sa soeur, Sarah est amoureuse d’Ellis Baine.
C’est pourtant à John Holleran que le lecteur la trouve mariée en 1952, alors qu’Annie et Caroline découvrent le cadavre de Mme Baine dans son jardin, près du champ de lavande.


Si l’on veut le dire trivialement, le tout est de savoir à qui Juna Crowley a ouvert ses cuisses et qui est le père de l’enfant.
En 1952, il n’y a pas de Dale : est-il mort ?
Les fils de l’intrigue sont très ténus car Lori Roy s’intéresse avant tout à ses personnages.
Elle les décrit tous avec une extrême précision, faisant de la description pointilleuse un outil pour retarder les révélations.
Au point même d’abuser parfois du procédé.
Par exemple, lors de l’affrontement final, alors qu’un des personnages est sur le point d’en flinguer un autre :

« Il ferme un oeil pour mieux viser. Les bottes de John se collent contre Annie. Leur bout noir est recouvert d’une couche de poussière laissée par la terre sèche, et l’un de ses lacets est défait. »


Annie est alors allongée par terre et Lori Roy décrit donc ce qu’elle voit, tout ce qu’elle voit dans les moindres détails.
Elle nous offre en quelque sorte les yeux de cette jeune fille.
A travers Annie, on sent ce que pouvait être une jeune fille dans l’Amérique rurale des années 50.
Ce Kentucky est encore peuplé de croyances et de superstitions, même si la religion elle-même n’a pas une place si importante.
Les gens n’ont pas d’indulgence les uns envers les autres, ils travaillent dur et ils boivent.
Tout se sait et surtout se retient.


Le drame familial qui se tisse lentement est très addictif.
Pas de doute que le lecteur veut savoir ce qui s’est passé dans la famille Crowley au moment de la disparition de Dale.
Le lecteur veut comprendre comment on est passé d’une situation à une autre.
Ma petite déception va aux systématismes d’écriture de Lori Roy.
Elle a parfois des tics et suit des règles qui sont celles du drame familial américain.


Je chipote bien sûr, J’irai mourir sur vos terres a beaucoup de qualités.
En plus de celles déjà évoquées, il faut souligner que c’est un beau roman de femmes, sur celles qui ont aussi construit l’Amérique, lui ont fait des enfants mais restent dans l’ombre de l’Histoire.



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MessagePosté le: Lun Mai 29, 2017 9:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> Le Coup de coeur du blog Songe d'une nuit d'été :

Citation:

J’irai mourir sur vos terres de Lori Roy



Avez-vous déjà terminé un roman avec l’impression qu’il poursuit encore son cours dans votre esprit ?
C’est ce qui m’est arrivé en lisant J’irai mourir sur vos terres de Lori Roy, un roman écrit comme on peint sur une toile…


Je revois encore les vives couleurs des champs de lavande de la famille Holleran, les reflets chatoyants dans les cheveux de Juna et les ombres au fond du puits au mystérieux domaine des Baine.
Il faut dire que ce thriller ou plutôt ce drame familial est une vraie réussite, que ce soit dans la trame narrative ou bien la complexité des personnages.
J’irai mourir sur vos terres m’a amené à un dépaysement total en me faisant côtoyer deux générations de femmes d’une petite ville du Kentucky.


Annie Holleran vient d’avoir quinze ans et demi, c’est un moment clé de sa vie car c’est le jour de son élévation.
En regardant au fond d’un puits elle pourra voir le visage de son futur époux, et ainsi quitter le monde des enfants pour celui des adultes.
Mais Annie n’est pas comme les autres filles du Comté de Hayden : elle possède le don.
Un pouvoir rare que possédait aussi sa tante Juna, une femme crainte par tous et qui fut à l’origine de l’exécution de Joseph Carl, l’aîné des Baine.
Une nuit, en contemplant dans le puits du domaine des Baine, Annie trouve un cadavre.
La dernière des Baine de Hayden est morte, est-ce le signe du retour de la maléfique Juna ?


« La plupart du temps le don est pareil à un murmure ou à un soupir, mais à mesure que se rapprochait le demi-anniversaire d’Annie, qui correspondra à son élévation, comme on dit ici, il s’est mis à grandir, et c’est à cause de ce quelque chose dans l’air qu’elle sursaute sans raison et qu’elle retient son souffle lorsqu’elle imagine entendre des mots qu’elle ne devrait pas. Toute sa vie – ce qui fera quinze ans et demi demain, jour de son élévation -, Annie Holleran a vécu dans la peur de devenir pareille à tante Juna. Toute sa vie, elle a vécu dans la peur de voir celle-ci rentrer à la maison. »


Des portraits de jeunes filles en fleur dans une réalité pas si fleurie


C’est une sacrée claque que je viens de recevoir !
Je ne m’attendais pas du tout à une telle histoire, parce que ce roman cache bien son jeu.
La couverture présageait du sanglant, un thriller percutant, mais ce fut différent.
Lori Roy écrit la violence avec la plus grande douceur.
C’est simple, en tant que lectrice j’ai eu le sentiment d’être présente à côté des personnages.
J’étais perturbée au départ, pas dans le mauvais sens du terme, loin de là – c’était original et différent de tout ce que j’ai pu lire dans le genre.


Les yeux noirs de Juna


Les hommes du roman sont inoubliables, et même parfois effrayants quand on les voit à travers les yeux féminins d’Annie et Sarah, la mère de cette dernière.
John Holleran, Abraham, le père de Sarah et Juna, Joseph Carl Baine et son frère Ellis ont tous un petit côté d’irrésistiblement attachants car ils sont ancrés dans le réel.
De ce fait, même quelques jours après avoir terminé le roman, j’ai toujours les noms des personnages en tête.
Mais à côté de ces hommes à la fois durs et simples dans leur authenticité, les personnages féminins ont la palme de la justesse selon moi.


Annie, Sarah et Juna sont toutes les trois stupéfiantes.
On alterne entre l’histoire raconté par Annie en 1936 et celle de sa mère Sarah au même âge, en 1952.
Du coup, même si le rythme traverse parfois des périodes d’accalmie, on ne s’ennuie pas car on a toujours l’espoir de voir ses questionnements résolus au chapitre suivant.
L’idée de l’élévation chez les jeunes filles m’a beaucoup interpellée, je ne sais pas si c’est une invention de l’auteure ou une tradition réelle, mais c’était brillant.
Tout le long, le contraste entre l’innocence d’Annie, ses peurs et ses espoirs, et la violence du monde des adultes s’est dessiné sous mes yeux.
Dans cette atmosphère étrange, Annie l’héroïne essaye de trouver son chemin à travers les secrets de sa famille.
Sarah nous dévoile son histoire en nous parlant de sa sœur Juna.
La terrifiante Juna…


En lisant la nuit à la faible lumière de la lampe de chevet, j’ai frissonné plus d’une fois en lisant ce nom.
Je suis une petite nature, mais la musique de la plume de Lori Roy compose un chant envoûtant qui m’a donné l’impression de me retrouver à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar.


Conclusion


J’irai mourir sur vos terres est un roman noir au goût exquis.
Un thriller familial inoubliable tissé avec les drames de deux familles – l’injuste soif de voyeurisme macabre d’une petite ville avec l’exécution de Joseph Carl Baine, et le passage douloureux d’une génération à une autre.
Il conte le destin un peu extraordinaire de jeunes filles ordinaires.
Je vous le recommande chaudement pour son admirable beauté.
Avec les premiers rayons du soleil, un bouquet de lavande à vos côtés, votre voyage dans le passé sera prêt à commencer...








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Le Serment des Limbes

MessagePosté le: Lun Sep 04, 2017 3:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Léa sur Lea Touch Book :

Citation:

J'irai mourir sur vos terres - Lori Roy



Je retrouve la plume de Lori Roy pour un nouveau roman qui est sans aucun doute son meilleur !


J'irai mourir sur vos terres est un roman qui possède une grande force narrative, il est à la fois addictif dans le style, passionnant dans l'intrigue, émouvant dans l'ensemble.
Au travers de la jeune Annie, le lecteur va découvrir l'histoire d'une famille déchirée par une histoire remontant à vingt ans.
Lori Roy alterne les époques pour nous dévoiler progressivement la vérité qui se cache derrière la légende de Juna.


J'ai aimé les deux périodes, les années 50 avec Annie, les années 30 avec Sarah et Juna, même si j'ai une préférence pour le personnage d'Annie.
Cette dernière va devoir mûrir, grandir subitement du fait de la découverte d'un cadavre ravivant les secrets familiaux.
Elle va ainsi s'adapter et évoluer au fil des pages pour apprendre à se protéger et à affronter les révélations qui s'enchaînent.
Cette histoire est extrêmement prenante du fait des nombreux mystères qui imprègnent ces terres.


De surcroit, j'ai trouvé que les protagonistes avaient un véritable charisme, une présence, et ils restent pendant longtemps dans nos esprits.
Il n'y a pas un seul temps mort, j'ai trouvé l'ensemble brillant car cela mélange une atmosphère angoissante digne d'un thriller à des émotions puissantes propres aux grandes épopées américaines.


En définitive, un très grand roman qu'il faut absolument lire pour (re)découvrir Lori Roy !











>> La chronique d'Alex sur Livres For Fun :

Citation:

J'irai mourir sur vos terres de Lori Roy



J'irai mourir sur vos terres est un véritable petit bijou, un voyage dans le temps, une claque monumentale !


On suit les aventures de Annie Holleran, jeune fille qui à l'aube de ses 16 ans veut découvrir dans le puits de ses voisins, le visage du futur homme de sa vie.
A la place, elle découvre la cadavre de Mme Baine, et c'est le début de la fin.
Fin de son innocence qui va l'entraîner à la découverte de son passé et surtout de ses origines : qui sont ses parents ?
Pourquoi tous les habitants du village craignent-ils son regard ?


D'une construction très maitrisée qui alterne le point de vue d'Annie avec celui de sa mère et de sa tante, ce récit étouffant prend le lecteur aux tripes.
Même si au départ, tout parait assez simple, on est happés par l'histoire de cette famille, rongée par les secrets, les rancoeurs, et les non-dits.
Toutes ces cachotteries qui sont responsables de la destruction de plusieurs destins, m'ont retenues captive de cette histoire, et on ne demande qu'à tourner la page pour en découvrir plus.
L'écriture est simple, directe et à l'image de l'ambiance, elle nous capte et nous retient.


Bouleversée par les émotions ressenties et par le destin hors du commun d'Annie, le crime devient par moment secondaire, tellement les personnages prennent le dessus.


En bref, ce polar d'ambiance, qui aborde les thèmes de l'enfance, du destin, et des secrets de famille, est à ajouter à vos bibliothèques et à découvrir de toute urgence !



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