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GLAISE de Franck Bouysse/ La Manufacture De Livres

 
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chouchou
Serial Killer : Patrick Bateman


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MessagePosté le: Mar Sep 05, 2017 10:53 am    Sujet du message: GLAISE de Franck Bouysse/ La Manufacture De Livres Répondre en citant





Mon ressenti:

Citation:
Ce qu’il advint de ces familles agrestes durant le premier conflit armé dans la partie occidentale du Massif central en la commune de St-Paul-de-Salers est évoqué dans ce récit pierre de silex. Les ravages des actions belliqueuses des hommes ont des répercussions mêmes dans des zones isolées, peuplées de terriens ancrés dans une certaine philosophie taiseuse et le rustique se conjugue avec un intangible quotidien. C’est cet équilibre qui est remis en cause, remis en cause par cette guerre monstrueuse, remis en cause par l’insertion de deux femmes troublant cette monotonie.

« Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin. Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes. Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette. L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes. »

Il ne se trouvera des sols assez sauvages et barbares pour éprouver si la matière de la création peut-être façonnée selon la volonté de l’homme ou si le cœur humain n’est qu’une autre sorte de glaise. Franck Bouysse aime à façonner le mot, le verbe. Il cherche à imager l’expression avec sa part de naturalisme et son attachement semble aussi solide envers notre terre nourricière que les hommes qui la peuplent. Le film sépia se déroule devant notre regard par sa plume reconnaissable. Et dans cette rudesse, cette âpreté, il tente et réussit à nous faire apercevoir le soleil, sa lumière qui guide et réchauffe les cœurs. Car dans ceux-ci il y a des tempêtes, le bouillonnement des émois, les bourgeons de sentiments incandescents. Son style, son écriture nous permettent d’entendre la mélodie d’un oiseau à la cime d’un arbre jamais planté. Le récit, comme les précédents, est réduit comme un écorché anatomique. On révèle que le visuel, on trace temporairement des lignes de vie qui sont fortes et burinées par le contexte historique et géographique.

Mais j’ai ressenti que l’auteur en gardait sous le godillot et refrénait son envie de développer le conte noir, à dessein probablement, mais sous ce « tricot » littéraire on sent, JE sens que l’on pourrait être face à un roman plus ample, allant au bout de son message. Le plaisir reste bel est bien là car la faculté de Franck Bouysse de vous embarquer dans son écriture, tel un Julien Gracq, surpasse le reste. Un grand livre est une livre écrit et non pas une belle histoire….

Le plomb du Cantal narré par un expressionniste brillant des mots !

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Celui qui affronte les monstres devra veiller à ce que, ce faisant, il ne devienne pas lui-même un monstre.
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norbert
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MessagePosté le: Mar Sep 05, 2017 9:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Présentation du livre :

Citation:


Au pied du Puy-Violent dans le Cantal, à Saint-Paul de Salers, dans la chaleur de ce mois d'août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre, là- bas, loin.
Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants, même si on pense revenir avant l'automne, les travaux de champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Victor toute juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin devenu son ami.
Dans une ferme voisine, c'est le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancœurs et à sa rage : une main atrophiée lors d'un accident l'empêche d'accomplir son devoir et d'accompagner les autres hommes.
Même son frère, celui de la ville, est parti à la guerre.
Il a envoyé Hélène et sa fille Marie se réfugier dans la ferme des Valette.

L'arrivée des deux femmes perdue va bouleverser l'ordre immuable de la vie dans ces montagnes.



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norbert
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MessagePosté le: Mer Sep 06, 2017 8:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Yan sur Encore du Noir :

Citation:

Glaise, de Franck Bouysse



La guerre, il y a ceux qui y vont et ceux qui restent derrière.
C’est de ceux-là dont parle Franck Bouysse dans Glaise, roman qui prend place dans l’année qui suit la mobilisation générale d’août 1914.


On est quelque part entre Saint-Paul-de-Salers et le Puy Violent dont la silhouette semble écraser le paysage et les hommes.
Trois fermes isolées sont là.
Il y a celle du vieux Léonard, qui vit avec sa femme Lucie, et celle des Lary dont le père, Victor, a dû partir, laissant derrière lui sa mère, Marie, sa femme, Mathilde, et son fils de quinze ans, Joseph.
Il y a enfin celle de Valette.
Il est resté, lui.
La faute à une main amputée de plusieurs doigts qui lui interdit de partir combattre avec son fils, Eugène.
Il est donc là, cette homme violent, sournois et avide de pouvoir, plus frustré encore que de coutume à cause de ce statut de réformé qui l’humilie.
Avec lui, sa femme, Irène, et puis, bien vite sa belle-sœur et sa nièce, Hélène et Anna, qui les rejoignent, le frère de Valette, mobilisé lui aussi, les jugeant plus à l’abri dans le Cantal qu’à la ville.


Si la guerre est loin, elle est tout de même omniprésente.
L’absence des hommes, époux, pères, enfants, pèse sur ceux qui espèrent leur retour et craignent que celui-ci n’arrive jamais.
Et la violence, elle, est bien là, incarnée par Valette, ses frustrations et son besoin de montrer qu’il est désormais l’homme qui dirige ces terres isolées.
Cela encore plus à partir du moment où Joseph et Anna vont se rapprocher.
Un autre mâle est là.
Pire, il est le fils du voisin honni et lui non plus n’entend pas baisser les yeux devant Valette.
Il est même près de mettre la main sur ce dont Valette estime être sa propriété.
Dès lors, à travers les relations complexes qui lient tous ces personnages, un drame commence à se nouer.


Chronique d’une année guerre loin des champs de bataille, Glaise est un livre aux multiples facettes, à la fois roman d’initiation qui voit Joseph devenir un homme et découvrir l’amour en même temps que d’écrasantes responsabilités sous l’aile de Léonard, drame psychologique chargé d’une extrême tension et suspense qui, presque paradoxalement, prend le temps de se laisser porter par les saisons.
Franck Bouysse prend le temps d’installer et son décor et ses personnages – les deux étant extrêmement liés, les lieux beaux et âpres forgeant en partie ceux qui y habitent et s’imposant à ceux qui y viennent –, dressant ainsi un tableaux à la fois complexe et faussement clair duquel émergent peu à peu les zones d’ombres qui ne précipitent pas le drame mais le rendent immuable.


Glaise, d’une certaine manière, pour ceux qui ont lu les précédents romans de Franck Bouysse, est le juste équilibre entre la sécheresse de ton de Grossir le ciel et le foisonnement de l’écriture de Plateau.
Il en ressort un livre rugueux dans lequel les moments lumineux ne peuvent dissimuler un ciel d’orage prêt à frapper les misérables humains qui s’agitent sous lui, avec leurs espoirs, leurs regrets, leurs amours, leurs haines et leur déraisonnable aspiration à une forme d’immortalité malgré l’évidence de la fragilité de leurs vies.
Voilà sans conteste et de nouveau un très beau roman de Franck Bouysse.



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MessagePosté le: Mar Sep 12, 2017 8:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant




>> La chronique de Jean-Marc Laherrère sur Actu du Noir :

Citation:

Glaise



Après Grossir le ciel et Plateau, Franck Bouysse plonge le lecteur au début de la première guerre mondiale vécue par ceux qui restent dans Glaise.


Au cœur du Cantal, au-dessus de Salers, trois fermes.
Celle de Victor, sa mère Marie, son épouse Mathilde et leur fils Joseph, quinze ans.
Celle du vieux Léonard et de sa femme Lucie.
Et celle des Valette ; le père, homme aigri et violent, en veut à Léonard de ne pas lui avoir vendu les terres qu’il convoitait.

Août 1914, Victor et Eugène, le fils Valette sont appelés.
Le père, n’est pas mobilisé, la faute d’une main à laquelle il lui manque plusieurs doigts.
Une humiliation de plus pour lui, qui va le rendre d’autant plus frustré.

Quelques jours plus tard, Hélène et sa fille Anna arrivent chez Valette.
La femme et la fille de son frère parti sur le front, qui préfère les savoir à l’abri à la campagne que seules en ville.
Les deux femmes sont perdues dans cet environnement qui leur est totalement étranger, mais Anna, lumineuse, se rapproche de Joseph, ce qui décuple la rage de Valette.
Alors que loin de là les hommes meurent par milliers, pendant une année, le drame se prépare sous le Puy Violent.


Elle est dure la vie dans les hauteurs du Cantal au début du XX° siècle.
Dure parce que l’homme y est dépendant des éléments, du vent, du froid, de la pluie.
Dure parce qu’on y est isolé, loin de tout, encore plus loin l’hiver quand la neige recouvre tout.
Dure parce que l’on ne peut compter que sur sa famille et ses voisins, des voisins avec lesquels on n’est pas forcément en bons termes.
Dure comme les habitants, concentrés sur l’essentiel, fermés à ce qui vient d’ailleurs.
Encore plus dure quand la guerre enlève les hommes dans la force de l’âge, réquisitionne les bêtes, et que ceux qui restent doivent se partager le travail, dans la crainte de mauvaises nouvelles.


Et elle est encore plus dure pour Hélène et Anna que rien n’avait préparées à cela, et qui doivent faire face à l’hostilité et la violence d’un environnement qu’elles découvrent.


Mais elle peut aussi être belle et lumineuse, comme un ciel bleu sans nuage sur les montagnes, comme le chant de la rivière, comme la course de deux écureuils, comme l’amour absolu entre deux jeunes gens.


Un monde à la fois totalement clos humainement sur les trois familles et infiniment ouvert sur un ciel sans limite.
Un milieu qui concentre l’amour et les haines.


Franck Bouysse est le metteur en scène de ces vies.
Lentement mais surement, il fait monter la tension jusqu’à l’explosion inévitable.
Un livre magnifique qui rend merveilleusement l’âpreté, la rudesse, la violence et la beauté d’un monde.



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